Le Laos, au fil du Mékong.
Trek dans les montagnes.
Départ de Luang Prabang.
Après le petit déjeuner à l’hôtel de Luang Prabang, nous prenons un tuk-tuk pour la gare ferroviaire assez loin du centre ville. De là, le train qui va de Luang Prabang à Muang Xai, soit environ 170 km. C'est un genre de TGV construit par les chinois.
À Muang Xai, nous prenons le taxi, réservé par Ludo auprès d'une agence, qui nous emmène dans le nord, à Phongsaly par une route en très mauvais état. Plus de six heures de voiture pour environ 240 km. On a l'impression que la route est en travaux tout le long sans voir aucun engin de terrassement.
Un arrêt à Pak Nam Noy pour déjeuner. Nous sommes dans le Laos profond...
Nous arrivons à Phongsaly bien fatigué par ce voyage. Nous payons et remercions notre chauffeur qui veut absolument rentrer chez lui et faire tout ce trajet dans l'autre sens en pleine nuit. Il a bien du courage !
Nous trouvons un hôtel. Nous nous installons dans «la chambre VIP» de l'hôtel en nous demandant ce que peuvent bien être les autres. Bon, c'est propre et il y a du chauffage et une douche fonctionnelle.
Nous ressortons pour dîner.
Phongsaly n’est plus la capitale de la province et les resto sont très limités tout comme le tourisme et les touristes. Nous trouverons finalement un resto et y dînerons en compagnie d’un couple de suisse bien sympathique. La patronne nous montre une vitrine réfrigérée en nous demandant ce que l'on veut manger. Les plats sont bons mais le tarif un peu excessif, mais vu que nous n'avions pas d'autre choix !
Par contre ici les températures sont bien plus basses et nous mettrons nos deux polaires pour essayer de nous réchauffer.
1er jour de trek.
L'agence, chez qui nous avons commandé ce trek, nous envoie un chauffeur pour nous transporter jusqu’au lieu de départ du trek. Notre guide, Boun Hong, arrive en bus et, après les présentations, nous commençons la randonnée.
Nous suivons une piste jusqu’à un premier village, Ban Sala-ebe, où nous déjeunerons. Puis nous empruntons un sentier dans la forêt et arrivons à un second village, Ban Bounphieng, où nous ferons étape.
Dans la forêt, nous enduisons nos chaussures de produit anti-moustique pour éviter que les sangsues ne s'accrochent et montent sur les jambes. C'est assez efficace. J'en enlèverai une tout de même.
Nous avons marché 14,6 km avec plus de 500 m de dénivelé, belle randonnée.
Nous sommes dans un village Akha, une ethnie venue du Yunnan, le Sud-Ouest de la chine, venue se réfugier dans le nord du Laos. L'histoire de cette tribu est assez vague car leur langue, appartenant à la famille tibéto-birmane, est uniquement orale.
Des écrits de missionnaires étrangers nous permettent de savoir que les Akhas ont commencé leur migration en Birmanie. Ensuite, ils se sont dirigés vers le nord de la Thaïlande, l’extrême nord du Laos, et sont allés jusqu’au nord-ouest du Vietnam, pour fuir la guerre civile qui sévissait alors en Birmanie au début du XIXème siècle.
La religion Akha - zahv, souvent décrite comme un mélange de l'animisme et du culte des ancêtres, souligne le lien des Akha avec la terre et leur place dans le monde naturel et les cycles de la Nature.
Notre guide, Boun Hong, appartient à cette ethnie et discute dans ce dialecte avec les villageois et nos hôtes.
Il y a beaucoup d'animations. Les femmes occupées aux tâches ménagères, à la cuisine et à hurler sur les gamins qui courent dans tous les sens, rient, se poussent, jouent et tombent en se mettant à crier à plein poumons, ou à se chamailler.
Les pères ne sont pas en reste et participent à la cacophonie générale, espérant remettre un peu d’ordre un hurlant pour couvrir l’ensemble. L'ambiance n'est pas vraiment reposante mais en devient cocasse.
Nous dînerons dans un calme tout relatif. Les hommes d’un côté autour de la petite table basse, et dans la cuisine, les femmes avec les enfants qui sont moins agités car bien trop occupés à manger.
Le repas se compose toujours de riz, accompagné d'une omelette, d'haricots verts, feuilles vertes comme les épinards, du poisson, du poulet, des cacahuètes. Toujours épicés, les mets sont excellents. Vraiment, on ne fera pas de régime au Laos.
Pendant la rando, nous avons vu des cabanes où ils distillent de l'alcool. Le chef de famille nous offrira quelques dés à coudre, ce soir je ne serais pas complètement pété !
La nuit tombe rapidement, nous dînons très tôt et nous couchons de bonne heure. Auparavant, nous ferons une petite sortie nocturne. Le ciel est splendide, il y a énormément d'étoiles car il n'y a pas d'éclairage public à des kilomètres. Le voute céleste noir d'encre est parsemée de millier d'étoiles.
Nuit calme. Nous utilisons plusieurs couvertures car il ne fait vraiment pas chaud. Par contre les coqs chanteront alors que le soleil est bien loin de vouloir se lever ...
2cd jour de trek.
Nous nous réveillons, puis prenons un copieux petit déjeuner, c'est un véritable repas. Les enfants jouent déjà dehors et les autres sont partis à l'école. Ambiance sereine.
Avant de quitter ce village, nous passons par l’école. La maîtresse discute avec Boun Hong, elle s'occupe de plusieurs niveaux dans la même classe.
Puis nous traversons la rivière par le même pont suspendu qu’à l’arrivée. Nous empruntons une piste sur 9 km et rejoignons un véhicule, commandé par notre guide, qui nous transporte pour la seconde partie de la randonnée. (Partie en pointillés sur le tracé).
Nous commençons par pique-niquer au bord du chemin en nous installant sur un petit abri surélevé en bord de champ. Notre guide, Boun Hong, a tout prévu. Des feuilles de bananiers pour faire les plats et les assiettes et des baguettes en bambou. C'est excellent comme toujours, il a même prévu la poudre de piment car «No Spicy, No Happy !». Très agréable moment.
Puis nous suivons un sentier en pleine forêt tropicale que le guide dégage au coupe-coupe. Cette portion ne comporte pas de sangsue, nous sommes rassurés. J'en retrouverais tout de même une accrochée au mollet, le pantalon plein de sang.
Nous finissons par rejoindre une piste carrossable qui nous mènera au village où nous passerons la nuit. Je ne trouve pas de nom à ce village sur Maps.
Ici, c’est plus calme, peut-être moins d’enfants, ceux que l’on voit viennent nous observer en nous souriant.
Quatre générations d’Akha vivent sous le même toit, et là encore, le chef de famille dînera avec nous tandis que les femmes resteront dans la cuisine.
L’alcool est servi dans des bols et les doses sont bien plus conséquentes. En fin de repas, les femmes viennent participer à la conversation de notre guide avec la famille, toujours en dialecte akha.
J'en profiterai pour me faire masser, un massage akha assez tonique et bienfaisant pratiqué par une des femmes. Je suis bien relaxé.
Nous nous couchons très tôt comme la veille, l’alcool aidant à trouver le sommeil même si le chemin vers la chambre m’a paru bien compliqué !
3ème jour de trek.
Comme les autres matins, nous sommes réveillés par les chants d’une multitude de coqs, des poules et de leur progéniture qui se chamaillent, de chiens qui affirment leur territoire, d'oies qui trompètent pour réclamer leur pitance, de cochons qui grognent pour ne pas être oubliés par la fermière.
La cuisine s’anime, les enfants aussi, c’est jour d’école.
Nous savons déjà que ce sera une courte étape, pas difficile. D’ailleurs nous nous levons assez tard, 7 heures au lieu de 6h30. Nous prenons un petit déjeuner en terrasse avec une vue imprenable sur les cochons dans leur mangeoire, les oies et les canards dans leur enclos. Des poules suivies de leurs poussins tentent de gravir l’escalier espérant un peu de grain.
Les chiens, eux, courent dans tous les sens, espérant grappiller quelques déchets sous les tables tout en surveillant leur territoire d’éventuels intrus.
Aujourd'hui il y a un brouillard assez dense, on ne voit pas bien loin. Toute la campagne baigne dans une sorte de mystère.
Nous nous mettons en route, d’abord en visitant le village et son école. Notre guide discute un peu avec un maître d’école qui s’occupe de trois niveaux dans sa classe comme celui de la classe adjacente.
Nous empruntons une piste et marchons un peu plus de neuf kilomètres. En fin de matinée le brouillard disparaît lentement et le soleil essai de percer les nuages.
Un arrêt pour un pique-nique comme la veille, puis nous retrouvons le chauffeur qui nous conduit à Booneua où se trouve notre hôtel. Nous remercions chaleureusement Boun Hong, notre guide, puis allons nous installer dans notre chambre d'hôtel. Une bonne douche chaude sera la bienvenue !
Bière et repas dans un resto juste à côté. La petite ville est très vite visitée.
Descente de la rivière Nam Ou.
De Booneua à Muang Khua.
Ludo s'était entendu avec le même chauffeur qu'à l'aller pour qu'il vienne nous prendre à Booneua et nous conduise à Muang Khua où nous prenons le lendemain un bateau pour descendre la rivière Nam Ou.
Encore six heures de route (environ 170 km) pour atteindre cette petite bourgade. La route semble en travaux qui s’éternisent avec des passages en très mauvais état.
Nous repassons par Pak Nam Noy, bourgade au carrefour des trois routes où nous déjeunerons.
Sur le marché, nous voyons les paysannes en habits traditionnels qui vendent leur production.
C'est un carrefour et ce sont surtout des laotiens qui achètent les produits avec ces insectes, larves et vers ainsi que les brochettes de rat et de boyaux.
Arrivés à Muang Khua, installation dans un joli hôtel avec vue sur la rivière Nam Ou puis nous partons à la découverte de ce joli village situé sur la route qui mène au Viet Nam et sur la rivière qui descend à Luang Prabang.
Nous allons dans un restaurant proche de l'hôtel pour profiter du panorama et retrouver un peu de calme face à la rivière. J'en profite pour écrire le résumé journalier de nos aventures sur mon Chromebook. Puis nous partons visiter le petit village.
Nous arrivons dans le centre du village au moment de la sortie des écoles, et les enfants nous interpellent, nous font des grimaces et des sourires.
Passage par un petit pont suspendu au-dessus de la rivière Nam Phak qui se jette dans la Nam Ou.
Muang Khua.
Beaucoup de monde dans les rues qui sont très animées. Nous retrouvons de nouveau des paysannes en habits traditionnels qui vendent leur production sur le trottoir.
Nous trouvons un petit resto pour une bière et rencontrons de nouveau le couple de suisse que nous avions vu à Phongsaly.
Ils se sont joints à un groupe pour faire trois jours de trek dans les montagnes et doivent prendre le bateau eux aussi.
En fin d'après midi nous revenons dans ce resto pour dîner avant de rentrer à notre hôtel.
Tak Bat de Muang Khua.
Ludo se lève de bonne heure pour assister au Tak Bat de Muang Khua.
Cette fois pas de touristes, uniquement les locaux qui font les offrandes. C'est beaucoup plus authentique.
De Muang Khua à Muang Ngoi Neua.
Ce matin, nous quittons Muang Khua par la rivière Nam Ou en empruntant le bateau public. Ludo achète les billets juste avant de partir, pas possible de les prendre avant.
Le temps de trajet étant beaucoup plus court par la rivière que par la route et surtout beaucoup plus agréable, vu l'état des routes !
Au départ, nous ne sommes que des touristes, une dizaine. Les suisses sont du voyage.
Puis une laotienne nous rejoint de l’autre côté de la rivière. Et durant le parcours, plusieurs Laotiens montent dans la barque avec leur chargement. Nous les prenons sur les embarcadères de petits villages. En général ils sont chargés, sacs, cartons ...
Finalement le bateau est plein. Entre les passagers et les sacs et les cartons, il n'y a vraiment plus de place.
Quatre heures de navigation pour atteindre le barrage sur la rivière Nam Ou.
Durant toute la descente de la rivière Nam Ou, nous voyons les berges couvertes de forêt tropicale se reflétant dans les eaux calmes. C'est à la fois beau, reposant et apaisant, même si le moteur à l'arrière est un peu bruyant. Bon, on ne peut pas tout avoir.
Nous croisons quelques villages, les enfants jouent au bord de la rivière et se précipitent vers le bateau lorsque nous accostons. Ils y a toujours une grosse effervescence à notre arrivée.
Plusieurs maisons ou temple ont été en partie noyés lors de la montée des eaux du barrage. Il n'y a pas eu de destruction volontaire, ça reste en l'état sans intervenir.
Débarquement des passagers et des bagages avant le barrage. Puis court transfert sur un véhicule à plateau jusqu’à l’embarcadère au pied du barrage, où nous attend un second bateau.
Nous poursuivons notre trajet toujours sur la rivière Nam Ou, il ne reste que les touristes à bord.
Sur la seconde partie du trajet, les reliefs sont de plus en plus karstiques avec des pitons recouverts de forêt tropicale luxuriante.
Muang Ngoi Neua.
Une heure et demie plus tard nous débarquons à Muang Ngoi Neua.
Nous allons nous installer dans le bungalow réservé par Ludo. Il est très joli, avec une superbe vue sur les montagnes. Le panorama est magnifique lors du couché de soleil.
Nous commençons par une bonne bière sur la terrasse de l'hôtel surplombant la rivière, puis nous allons nous balader dans la rue principale, puis nous prenons des rues latérales et explorons le reste du village. Le temple, les petites maisons en bois.
À Muang Ngoi Neua, de notre bungalow, la vue est splendide sur les collines karstiques où, le matin, les nuages s’accrochent en remontant lentement vers le sommet.
Trek dans la jungle.
Aujourd’hui, nous allons faire un petit trek dans la jungle que nous avons commandé dès notre arrivée la veille.
Petit déjeuner en terrasse avec vue sur la rivière, puis notre jeune guide nous attend pour prendre une barque et remonter la rivière Nam Ou sur quelques kilomètres.
Nous démarrons de la berge et nous enfonçons dans la forêt. Nous marcherons un peu plus de 9 km avec 470 m de dénivelé positif.
Belle randonnée en pleine forêt tropicale, les bouquets de bambous géants, les arbres immenses, le foisonnement de la végétation et les falaises karstiques qui nous surplombent. Superbe décor.
Nous traversons la rivière pour déjeuner dans un restaurant, puis une visite au village des tisserands et enfin retour à l’hôtel.
Phanoi Viewpoint.
Dans l’après-midi, nous grimperons au Phanoi Viewpoint qui surplombe le village de Muang Ngoi Neua. Encore un beau dénivelé plein d'escaliers.
Superbe vue sur la rivière et les pitons karstiques.
Nong Khiaw.
Le Tak Bat de Muang Ngoi Neua.
Avant de quitter Muang Ngoi Neua, Ludo se lève aux aurores pour participer au Tak Bat de ce village.
L'épouse de notre hôtelier a préparer le riz en offrande ainsi que le tapis et l'écharpe.
Très heureux de pouvoir participer une fois de plus à ce rituel, encore un moment mémorable pour Ludo !
De Muang Ngoi Neua à Nong Khiaw.
Ce matin, nous reprenons le bateau à Muang Ngoi Neua et descendons la Nam Ou jusqu’à Nong Khiaw.
Nous débarquons, rejoignons l’hôtel que Ludo a réservé puis allons visiter cette ville. La rivière la sépare en deux et nous explorons une partie, trouvons un bar pour une bière puis un resto pour le déjeuner.
Retour à l’hôtel, petite sieste pour ma part, j’ai choppé un bon rhume. Nous sommes étonnés par les températures basses qu’il règne ici. Dans le nord, nous comprenions, mais là, en discutant avec les autres touristes, tout le monde a froid.
Nong Khiaw, Phadeng Peak Viewpoint.
À 15 heures, nous partons pour une belle randonnée, le Phadeng Peak Viewpoint.
Un sentier plein d'escaliers permet d’attendre un point de vue surplombant la ville. 550 m d’ascension pour un peu plus de 7 km en tout. En fait ça monte en permanence !
Nous emprunterons un autre sentier pour le retour qui se révèlera ardu dans la toute dernière partie. Mais belle randonnée tout de même, très sportive.
Puis nous terminons la soirée en ville en trouvant un très bon resto. Excellente nourriture dans un cadre magnifique.
Nong Khiaw, Phathok Caves, Ban Man da Caves et Village Museum.
Aujourd’hui, on la joue un peu plus cool. Après le petit déjeuner, nous partons voir Phathok Caves, des grottes qui servaient de refuge pendant la guerre secrète des USA contre le Laos (période contemporaine à la guerre au Vietnam).
Nous continuons et voyons d’autres grottes, Ban Man da Caves et le village Museum avec du matériel militaire et des fragments de bombes. Assez émouvant et bien présenté. Le Laos a été le pays le plus bombardé durant cette triste période.
Retour à Nong Khiaw, déjeuner.
Repos hôtel puis balade le long de la rivière Nam Ou. Nous marchons assez loin, jusqu'à un petit village.
Nous rencontrons un pêcheur qui nous propose un retour en petite barque à moteur.
Nous aurons tout de même bien marché toute la journée sans trop de dénivelé, donc plus cool.
Dîner en ville, c’est particulièrement calme, très peu de touristes.
Retour à Luang Prabang.
Journée de transition. Un tuk-tuk vient nous prendre à l’hôtel pour la gare routière de Nong Khiaw.
Nous empruntons un minibus qui nous conduit jusqu'à la gare routière de Luang Prabang.
Voyage assez pénible, quatre heures sur des routes en très mauvais état, bringuebalés à l’arrière du bus. Bien content d’arriver.
Nous prenons un tuk-tuk pour le centre ville et rejoignons notre hôtel.
Balade dans Luang Prabang, passage dans un temple lors de la prière du soir, soirée resto.
Très heureux de revoir cette merveilleuse ville.



















































































































































