Le Laos, au fil du Mékong (2cde partie).

Laos au fil du Mékong
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Le Laos, au fil du Mékong.

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Trek dans les montagnes.

Laos, trek dans les montagnes du Nord.

Départ de Luang Prabang.

Après le petit déjeuner à l’hôtel de Luang Prabang, nous prenons un tuk-tuk pour la gare ferroviaire assez loin du centre ville. De là, le train qui va de Luang Prabang à Muang Xai, soit environ 170 km. C'est un genre de TGV construit par les chinois.

À Muang Xai, nous prenons le taxi, réservé par Ludo auprès d'une agence, qui nous emmène dans le nord, à Phongsaly par une route en très mauvais état. Plus de six heures de voiture pour environ 240 km. On a l'impression que la route est en travaux tout le long sans voir aucun engin de terrassement.

Un arrêt à Pak Nam Noy pour déjeuner. Nous sommes dans le Laos profond...

Nous arrivons à Phongsaly bien fatigué par ce voyage. Nous payons et remercions notre chauffeur qui veut absolument rentrer chez lui et faire tout ce trajet dans l'autre sens en pleine nuit. Il a bien du courage !

Nous trouvons un hôtel. Nous nous installons dans «la chambre VIP» de l'hôtel en nous demandant ce que peuvent bien être les autres. Bon, c'est propre et il y a du chauffage et une douche fonctionnelle.

Nous ressortons pour dîner.

Phongsaly n’est plus la capitale de la province et les resto sont très limités tout comme le tourisme et les touristes. Nous trouverons finalement un resto et y dînerons en compagnie d’un couple de suisse bien sympathique. La patronne nous montre une vitrine réfrigérée en nous demandant ce que l'on veut manger. Les plats sont bons mais le tarif un peu excessif, mais vu que nous n'avions pas d'autre choix !

Par contre ici les températures sont bien plus basses et nous mettrons nos deux polaires pour essayer de nous réchauffer.

1er jour de trek.

L'agence, chez qui nous avons commandé ce trek, nous envoie un chauffeur pour nous transporter jusqu’au lieu de départ du trek. Notre guide, Boun Hong, arrive en bus et, après les présentations, nous commençons la randonnée.

Nous suivons une piste jusqu’à un premier village, Ban Sala-ebe, où nous déjeunerons. Puis nous empruntons un sentier dans la forêt et arrivons à un second village, Ban Bounphieng, où nous ferons étape.

Dans la forêt, nous enduisons nos chaussures de produit anti-moustique pour éviter que les sangsues ne s'accrochent et montent sur les jambes. C'est assez efficace. J'en enlèverai une tout de même.

Nous avons marché 14,6 km avec plus de 500 m de dénivelé, belle randonnée.

Laos 1er jour de trek montagnes du Nord

Nous sommes dans un village Akha, une ethnie venue du Yunnan, le Sud-Ouest de la chine, venue se réfugier dans le nord du Laos. L'histoire de cette tribu est assez vague car leur langue, appartenant à la famille tibéto-birmane, est uniquement orale.

Des écrits de missionnaires étrangers nous permettent de savoir que les Akhas ont commencé leur migration en Birmanie. Ensuite, ils se sont dirigés vers le nord de la Thaïlande, l’extrême nord du Laos, et sont allés jusqu’au nord-ouest du Vietnam, pour fuir la guerre civile qui sévissait alors en Birmanie au début du XIXème siècle.

La religion Akha - zahv, souvent décrite comme un mélange de l'animisme et du culte des ancêtres, souligne le lien des Akha avec la terre et leur place dans le monde naturel et les cycles de la Nature.

Notre guide, Boun Hong, appartient à cette ethnie et discute dans ce dialecte avec les villageois et nos hôtes.

Il y a beaucoup d'animations. Les femmes occupées aux tâches ménagères, à la cuisine et à hurler sur les gamins qui courent dans tous les sens, rient, se poussent, jouent et tombent en se mettant à crier à plein poumons, ou à se chamailler.

Les pères ne sont pas en reste et participent à la cacophonie générale, espérant remettre un peu d’ordre un hurlant pour couvrir l’ensemble. L'ambiance n'est pas vraiment reposante mais en devient cocasse.

Nous dînerons dans un calme tout relatif. Les hommes d’un côté autour de la petite table basse, et dans la cuisine, les femmes avec les enfants qui sont moins agités car bien trop occupés à manger.

Le repas se compose toujours de riz, accompagné d'une omelette, d'haricots verts, feuilles vertes comme les épinards, du poisson, du poulet, des cacahuètes. Toujours épicés, les mets sont excellents. Vraiment, on ne fera pas de régime au Laos.

Pendant la rando, nous avons vu des cabanes où ils distillent de l'alcool. Le chef de famille nous offrira quelques dés à coudre, ce soir je ne serais pas complètement pété !

La nuit tombe rapidement, nous dînons très tôt et nous couchons de bonne heure. Auparavant, nous ferons une petite sortie nocturne. Le ciel est splendide, il y a énormément d'étoiles car il n'y a pas d'éclairage public à des kilomètres. Le voute céleste noir d'encre est parsemée de millier d'étoiles.

Nuit calme. Nous utilisons plusieurs couvertures car il ne fait vraiment pas chaud. Par contre les coqs chanteront alors que le soleil est bien loin de vouloir se lever ...

2cd jour de trek.

Laos 2cd jour de trek montagnes du Nord.

Nous nous réveillons, puis prenons un copieux petit déjeuner, c'est un véritable repas. Les enfants jouent déjà dehors et les autres sont partis à l'école. Ambiance sereine.

Avant de quitter ce village, nous passons par l’école. La maîtresse discute avec Boun Hong, elle s'occupe de plusieurs niveaux dans la même classe.

Puis nous traversons la rivière par le même pont suspendu qu’à l’arrivée. Nous empruntons une piste sur 9 km et rejoignons un véhicule, commandé par notre guide, qui nous transporte pour la seconde partie de la randonnée. (Partie en pointillés sur le tracé).

Nous commençons par pique-niquer au bord du chemin en nous installant sur un petit abri surélevé en bord de champ. Notre guide, Boun Hong, a tout prévu. Des feuilles de bananiers pour faire les plats et les assiettes et des baguettes en bambou. C'est excellent comme toujours, il a même prévu la poudre de piment car «No Spicy, No Happy !». Très agréable moment.

Puis nous suivons un sentier en pleine forêt tropicale que le guide dégage au coupe-coupe. Cette portion ne comporte pas de sangsue, nous sommes rassurés. J'en retrouverais tout de même une accrochée au mollet, le pantalon plein de sang.

Nous finissons par rejoindre une piste carrossable qui nous mènera au village où nous passerons la nuit. Je ne trouve pas de nom à ce village sur Maps.

Ici, c’est plus calme, peut-être moins d’enfants, ceux que l’on voit viennent nous observer en nous souriant.

Quatre générations d’Akha vivent sous le même toit, et là encore, le chef de famille dînera avec nous tandis que les femmes resteront dans la cuisine.

L’alcool est servi dans des bols et les doses sont bien plus conséquentes. En fin de repas, les femmes viennent participer à la conversation de notre guide avec la famille, toujours en dialecte akha.

J'en profiterai pour me faire masser, un massage akha assez tonique et bienfaisant pratiqué par une des femmes. Je suis bien relaxé.

Nous nous couchons très tôt comme la veille, l’alcool aidant à trouver le sommeil même si le chemin vers la chambre m’a paru bien compliqué !

3ème jour de trek.

Comme les autres matins, nous sommes réveillés par les chants d’une multitude de coqs, des poules et de leur progéniture qui se chamaillent, de chiens qui affirment leur territoire, d'oies qui trompètent pour réclamer leur pitance, de cochons qui grognent pour ne pas être oubliés par la fermière.

La cuisine s’anime, les enfants aussi, c’est jour d’école.

Nous savons déjà que ce sera une courte étape, pas difficile. D’ailleurs nous nous levons assez tard, 7 heures au lieu de 6h30. Nous prenons un petit déjeuner en terrasse avec une vue imprenable sur les cochons dans leur mangeoire, les oies et les canards dans leur enclos. Des poules suivies de leurs poussins tentent de gravir l’escalier espérant un peu de grain.

Les chiens, eux, courent dans tous les sens, espérant grappiller quelques déchets sous les tables tout en surveillant leur territoire d’éventuels intrus.

Aujourd'hui il y a un brouillard assez dense, on ne voit pas bien loin. Toute la campagne baigne dans une sorte de mystère.

Nous nous mettons en route, d’abord en visitant le village et son école. Notre guide discute un peu avec un maître d’école qui s’occupe de trois niveaux dans sa classe comme celui de la classe adjacente.

Nous empruntons une piste et marchons un peu plus de neuf kilomètres. En fin de matinée le brouillard disparaît lentement et le soleil essai de percer les nuages.

Un arrêt pour un pique-nique comme la veille, puis nous retrouvons le chauffeur qui nous conduit à Booneua où se trouve notre hôtel. Nous remercions chaleureusement Boun Hong, notre guide, puis allons nous installer dans notre chambre d'hôtel. Une bonne douche chaude sera la bienvenue !

Bière et repas dans un resto juste à côté. La petite ville est très vite visitée.

Descente de la rivière Nam Ou.

De Booneua à Muang Khua.

Route de Booneua à Muang khua, Ban Yo

Ludo s'était entendu avec le même chauffeur qu'à l'aller pour qu'il vienne nous prendre à Booneua et nous conduise à Muang Khua où nous prenons le lendemain un bateau pour descendre la rivière Nam Ou.

Encore six heures de route (environ 170 km) pour atteindre cette petite bourgade. La route semble en travaux qui s’éternisent avec des passages en très mauvais état.

Nous repassons par Pak Nam Noy, bourgade au carrefour des trois routes où nous déjeunerons.

Sur le marché, nous voyons les paysannes en habits traditionnels qui vendent leur production.

C'est un carrefour et ce sont surtout des laotiens qui achètent les produits avec ces insectes, larves et vers ainsi que les brochettes de rat et de boyaux.

Route Booneua à Muang Khua à 1300 m d'altitude.

Arrivés à Muang Khua, installation dans un joli hôtel avec vue sur la rivière Nam Ou puis nous partons à la découverte de ce joli village situé sur la route qui mène au Viet Nam et sur la rivière qui descend à Luang Prabang.

Nous allons dans un restaurant proche de l'hôtel pour profiter du panorama et retrouver un peu de calme face à la rivière. J'en profite pour écrire le résumé journalier de nos aventures sur mon Chromebook. Puis nous partons visiter le petit village.

Nous arrivons dans le centre du village au moment de la sortie des écoles, et les enfants nous interpellent, nous font des grimaces et des sourires.

Passage par un petit pont suspendu au-dessus de la rivière Nam Phak qui se jette dans la Nam Ou.

Muang Khua.

Laos Muang Khua

Beaucoup de monde dans les rues qui sont très animées. Nous retrouvons de nouveau des paysannes en habits traditionnels qui vendent leur production sur le trottoir.
Nous trouvons un petit resto pour une bière et rencontrons de nouveau le couple de suisse que nous avions vu à Phongsaly.

Ils se sont joints à un groupe pour faire trois jours de trek dans les montagnes et doivent prendre le bateau eux aussi.

En fin d'après midi nous revenons dans ce resto pour dîner avant de rentrer à notre hôtel.

Laos Muang Khua

Tak Bat de Muang Khua.

Ludo se lève de bonne heure pour assister au Tak Bat de Muang Khua.

Cette fois pas de touristes, uniquement les locaux qui font les offrandes. C'est beaucoup plus authentique.

De Muang Khua à Muang Ngoi Neua.

Laos Départ de Muang Khua.

Ce matin, nous quittons Muang Khua par la rivière Nam Ou en empruntant le bateau public. Ludo achète les billets juste avant de partir, pas possible de les prendre avant.

Le temps de trajet étant beaucoup plus court par la rivière que par la route et surtout beaucoup plus agréable, vu l'état des routes !

Au départ, nous ne sommes que des touristes, une dizaine. Les suisses sont du voyage.

Puis une laotienne nous rejoint de l’autre côté de la rivière. Et durant le parcours, plusieurs Laotiens montent dans la barque avec leur chargement. Nous les prenons sur les embarcadères de petits villages. En général ils sont chargés, sacs, cartons ...

Finalement le bateau est plein. Entre les passagers et les sacs et les cartons, il n'y a vraiment plus de place.

Quatre heures de navigation pour atteindre le barrage sur la rivière Nam Ou.

Durant toute la descente de la rivière Nam Ou, nous voyons les berges couvertes de forêt tropicale se reflétant dans les eaux calmes. C'est à la fois beau, reposant et apaisant, même si le moteur à l'arrière est un peu bruyant. Bon, on ne peut pas tout avoir.

Nous croisons quelques villages, les enfants jouent au bord de la rivière et se précipitent vers le bateau lorsque nous accostons. Ils y a toujours une grosse effervescence à notre arrivée.

Plusieurs maisons ou temple ont été en partie noyés lors de la montée des eaux du barrage. Il n'y a pas eu de destruction volontaire, ça reste en l'état sans intervenir.

Débarquement des passagers et des bagages avant le barrage. Puis court transfert sur un véhicule à plateau jusqu’à l’embarcadère au pied du barrage, où nous attend un second bateau.

Nous poursuivons notre trajet toujours sur la rivière Nam Ou, il ne reste que les touristes à bord.

Sur la seconde partie du trajet, les reliefs sont de plus en plus karstiques avec des pitons recouverts de forêt tropicale luxuriante.

Muang Ngoi Neua.

Une heure et demie plus tard nous débarquons à Muang Ngoi Neua.

Nous allons nous installer dans le bungalow réservé par Ludo. Il est très joli, avec une superbe vue sur les montagnes. Le panorama est magnifique lors du couché de soleil.

Nous commençons par une bonne bière sur la terrasse de l'hôtel surplombant la rivière, puis nous allons nous balader dans la rue principale, puis nous prenons des rues latérales et explorons le reste du village. Le temple, les petites maisons en bois.

À Muang Ngoi Neua, de notre bungalow, la vue est splendide sur les collines karstiques où, le matin, les nuages s’accrochent en remontant lentement vers le sommet.

Trek dans la jungle.

Aujourd’hui, nous allons faire un petit trek dans la jungle que nous avons commandé dès notre arrivée la veille.

Petit déjeuner en terrasse avec vue sur la rivière, puis notre jeune guide nous attend pour prendre une barque et remonter la rivière Nam Ou sur quelques kilomètres.

Nous démarrons de la berge et nous enfonçons dans la forêt. Nous marcherons un peu plus de 9 km avec 470 m de dénivelé positif.

Belle randonnée en pleine forêt tropicale, les bouquets de bambous géants, les arbres immenses, le foisonnement de la végétation et les falaises karstiques qui nous surplombent. Superbe décor.

Nous traversons la rivière pour déjeuner dans un restaurant, puis une visite au village des tisserands et enfin retour à l’hôtel.

Phanoi Viewpoint.

Dans l’après-midi, nous grimperons au Phanoi Viewpoint qui surplombe le village de Muang Ngoi Neua. Encore un beau dénivelé plein d'escaliers.

Superbe vue sur la rivière et les pitons karstiques.

Nong Khiaw.

Le Tak Bat de Muang Ngoi Neua.

Laos le Tak Bat de Muang Ngoi Neua

Avant de quitter Muang Ngoi Neua, Ludo se lève aux aurores pour participer au Tak Bat de ce village.

L'épouse de notre hôtelier a préparer le riz en offrande ainsi que le tapis et l'écharpe.

Très heureux de pouvoir participer une fois de plus à ce rituel, encore un moment mémorable pour Ludo !

De Muang Ngoi Neua à Nong Khiaw.

Ce matin, nous reprenons le bateau à Muang Ngoi Neua et descendons la Nam Ou jusqu’à Nong Khiaw.

Nous débarquons, rejoignons l’hôtel que Ludo a réservé puis allons visiter cette ville. La rivière la sépare en deux et nous explorons une partie, trouvons un bar pour une bière puis un resto pour le déjeuner.

Retour à l’hôtel, petite sieste pour ma part, j’ai choppé un bon rhume. Nous sommes étonnés par les températures basses qu’il règne ici. Dans le nord, nous comprenions, mais là, en discutant avec les autres touristes, tout le monde a froid.

Nong Khiaw, Phadeng Peak Viewpoint.

À 15 heures, nous partons pour une belle randonnée, le Phadeng Peak Viewpoint.

Un sentier plein d'escaliers permet d’attendre un point de vue surplombant la ville. 550 m d’ascension pour un peu plus de 7 km en tout. En fait ça monte en permanence !

Nous emprunterons un autre sentier pour le retour qui se révèlera ardu dans la toute dernière partie. Mais belle randonnée tout de même, très sportive.

Puis nous terminons la soirée en ville en trouvant un très bon resto. Excellente nourriture dans un cadre magnifique.

Nong Khiaw, Phathok Caves, Ban Man da Caves et Village Museum.

Aujourd’hui, on la joue un peu plus cool. Après le petit déjeuner, nous partons voir Phathok Caves, des grottes qui servaient de refuge pendant la guerre secrète des USA contre le Laos (période contemporaine à la guerre au Vietnam).

Nous continuons et voyons d’autres grottes, Ban Man da Caves et le village Museum avec du matériel militaire et des fragments de bombes. Assez émouvant et bien présenté. Le Laos a été le pays le plus bombardé durant cette triste période.

Retour à Nong Khiaw, déjeuner.

Repos hôtel puis balade le long de la rivière Nam Ou. Nous marchons assez loin, jusqu'à un petit village.

Nous rencontrons un pêcheur qui nous propose un retour en petite barque à moteur.

Nous aurons tout de même bien marché toute la journée sans trop de dénivelé, donc plus cool.

Dîner en ville, c’est particulièrement calme, très peu de touristes.

Retour à Luang Prabang.

Laos Luang Prabang. Sur les rives du Mékong.

Journée de transition. Un tuk-tuk vient nous prendre à l’hôtel pour la gare routière de Nong Khiaw.

Nous empruntons un minibus qui nous conduit jusqu'à la gare routière de Luang Prabang.

Voyage assez pénible, quatre heures sur des routes en très mauvais état, bringuebalés à l’arrière du bus. Bien content d’arriver.

Nous prenons un tuk-tuk pour le centre ville et rejoignons notre hôtel.

Balade dans Luang Prabang, passage dans un temple lors de la prière du soir, soirée resto.

Très heureux de revoir cette merveilleuse ville.

Laos Luang Prabang. Sur les rives du Mékong.

Maroc – Le Djebel Saghro – Randonnée de six jours

maroc djebel saghro
Berbère Flag

Trek au Djebel Saghro, Maroc.

Maroco Flag

Situation géographique.

En tamazight, Saghro signifie sécheresse , un nom approprié si l'on considère que le Jbel Saghro est la région montagneuse la plus sèche de tout le massif de l'Atlas.

Le djebel Saghro, orienté selon un axe SO-NE, est un prolongement oriental de l'Anti-Atlas, dont il est séparé par la vallée du Draâ . Au nord de la chaîne s'étend la vallée du Dadès, qui la sépare du massif du Haut Atlas.

Le point culminant de la chaîne est l'Amalou n'Mansour (2 712 m) , situé au sud-est d'Iknioun.

Situé à l'intérieur des terres, ce massif ne bénéficie pas des vents de l'océan Atlantique qui apportent de l'humidité aux chaînes de l'Anti-Atlas, plus à l'ouest, ainsi qu'aux autres chaînes exposées à l'océan, plus au nord. Les précipitations annuelles ne sont que de 100 mm sur les versants sud et de 300 mm aux sommets.

Paysage lunaire de plateaux, de pics, de canyons parcourus par des oueds, des forêts, le tout dominé par des pitons de basalte (necks).

Histoire géologique.

Son histoire géologique est très ancienne avec une alternance de phases volcaniques, de sédimentation puis d'érosion. Les premiers reliefs volcaniques sont constitués de trachytes et de rhyolites. Leur érosion a formé des conglomérats et des grès.

Il y a eu ensuite des périodes de sédimentation continentale, puis marine (gisements de trilobites). Le soulèvement de la période hercynienne donne la forme générale du massif. Plusieurs épisodes tectoniques avec issue de roches magmatiques (dolérites), puis volcaniques au Tertiaire avec libération de phonolithes se prolongent jusqu'à l'orée du Quaternaire. L'érosion complète la morphologie actuelle du massif.

Des mines sont exploitées sur le versant nord à Tiouit (or, argent) et Imiter (argent).

Arrivée à N’kob ( ⵏⵇⵓⴱ ):

J’arrive aux aurores à l’aéroport de Marseille pour un vol en direction de Ouarzazate, où je retrouve Moha, le taxi envoyé par Hammou.

Nous nous arrêtons à Ouarzazate pour acheter une carte SIM et avoir un peu de connexion, bien que je sais qu’une fois que nous serons dans les montagnes, je n’aurais plus de réseau, donc plus de data. Finalement, certains jours j'aurais un peu de connexion avec ma carte Maroc télécom. Hammou me dira que le réseau Inwi est plus présent au Saghro. J'aurais du le savoir !

Puis, nous partons pour N’Kob, à 135 Km de l’aéroport, 2 heures de trajet.

A N’kob, je retrouve l’hôtel Berber Nomad Kasbah et on m’attribue la même chambre. Je retrouve Hammou pour le déjeuner dans un petit resto de la rue principale puis retourne à l’hôtel pour une petite sieste réparatrice.

Une petite balade pour visiter une jolie casbah et les jardins de la palmeraie puis retour à l’hôtel pour le dîner, un tajine au poulet et citron excellent.

Hammou, mon guide.

C'est le troisième trek que je fais avec Hammou, mon guide. C’est un enfant du pays. Ses parents étaient nomades dans le Djebel Saghro, où il y a gardé les chèvres dans son enfance.

Il connaît toute cette région comme sa poche, me montrant les emplacements des camps nomades de ses parents, l’endroit où il est né, perdu dans les montagnes, les sources où ils venaient chercher l’eau ou faire boire le bétail, les villages et maisons de sa famille.

Hammou est intarissable sur les plantes, leur vertu médicinale ou alimentaire. Nous ramassons des cailloux et il en détermine la nature. Il m'indique les traces dans le sable, serpent, lézard, renard ...

Il a construit, sur sa propriété, un igloo pour accueillir les touristes et a pour projet d'en construire un second et aménager une terrasse face à un paysages superbe pour la détentes de ses convives.

Hammou est très impliqué dans les projets d'aide aux nomades du Saghro, d'écoles permettant la scolarisation des enfants sans qu'ils fassent trop de kilomètres pour trouver une classe. Il ne manque jamais d'apporter ses conseils et soutiens aux nomades que nous rencontrons.

C’est avec un grand plaisir que je le retrouve et me laisse guider dans ces paysages sublimes pour la troisième fois.

Si vous soutez le contacter, consulter sa fiche avec ses coordonnées.

Jour 1: De Tifrit ( ⵜⵉⴼⵔⵉⵜ ) à Daw ourir nzgigi ( ⴰⴳⵔⴷ ⵏⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏⵣⴳⵉⴳⵉ )

Après le petit déjeuner au Berber Nomad Kasbah, je retrouve Hammou et nous partons en voiture à 8 km pour démarrer notre trek. La mule est là ainsi que Hammou, le muletier et cuisinier durant notre trek. Tri de nos affaires et des provisions, chargement des paniers et leur placement sur le dos de l’animal et nous pouvons prendre la route.

Nous marcherons dans le lit d’une rivière à sec, cheminant dans les paysages désertiques. Comme toujours, lors de la marche, nous échangeons souvent avec Hammou. La rivière à sec, le manque de pluie, la chaleur excessive et les problèmes rencontrés par les agriculteurs de la région du Saghro qui ont bien du mal à faire prospérer leur travail dans les champs.

Nous ferons un arrêt à zgigi ( ⵣⴳⵉⴳⵉ ), dans le lit de la rivière pour notre pique-nique de midi. Hammou en profite pour faire boire sa mule. Petite sieste à l'ombre avant de repartir.

Nous rencontrons un groupe d’agriculteurs mettant en sac le henné récolté. Nous traversons des champs où il n’y a plus de culture, seulement des amandiers et quelques dattiers. Nous sommes en pleine récolte des dattes, les bouquets étant protégés des prédateurs par des filets. Nous en cueillons quelques unes, sucrées, juteuses, un délice.

Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu, et les agriculteurs ont beaucoup investi dans des forages pour irriguer leurs cultures. Mais Hammou me dira que la jeunesse a du mal à se projeter dans l’agriculture, les revenus étant très aléatoires.

Nous finissons, au bout de douze kilomètres, notre première journée de trek. A l’écart d’un village, nous nous installons sur les hauteurs dominant la rivière.

Fin d’après-midi paisible, un premier thé berbère en arrivant puis, après avoir monté nos tentes, les deux Hammou préparent le repas.

Notre premier campement.

Des enfants viennent nous voir et discutent beaucoup en amazigh. Ils sont scolarisés dans le village voisin où ils apprennent l’arabe littéraire et le français. Hammou déplore que l'amazigh ne soit pas au programme car c’est leur langue maternelle dont l’écriture est si belle. Les enfants retournent au village et nous nous mettons à table.

Jour 2: De Daw ourir nzgigi ( ⴷⴰⵡ ⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏ ⵣⴳⵉⴳⵉ ) à Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 2

Réveil tôt ce matin, juste après le lever du soleil. Petite toilette sous ma tente puis je rejoins les deux Hammou pour le petit déjeuner. C’est toujours un repas important au Maroc, il est copieux. Du pain grillé et miel, confiture, huile d’olive, fromage, omelette. Du café au lait juste pour moi alors qu'eux boivent du thé.

Je range mes affaires, remplit mon sac, replie ma tente et nous chargeons la mule en équilibrant bien les deux paniers. Rien ne traîne, nous levons le camp et partons sur les sentiers.

Nous étions à 1 300 mètres d’altitude et le sentier monte progressivement. Nous passons devant une grande bâtisse occupée par une famille, puis une école maternelle aux murs colorés, une autre ferme puis les pics typiques du Saghro pointent à l’horizon.

Les paysages sont arides, minéral. Nous cheminons comme la veille dans le lit d’une rivière à sec.

Arrêt pour déjeuner à Boygra ( ⴱⵓⵢⴳⵔⴰ ). Il y a toujours un thé pour commencer et aujourd’hui il est agrémenté d’une sorte de pizza qu’une paysanne nous à donner en même temps que quelques dattes et des grenades.

Il y a toujours un bon accueil sur la route lorsque nous rencontrons des nomades berbères. La majorité sont devenus sédentaires, occupant de grandes bâtisses où plusieurs familles coexistent. Nous sommes régulièrement invités pour un thé.

Ils vivent de l'élevage, surtout des chèvres, parfois des moutons, et de quelques cultures maraîchères ainsi que des arbres fruitiers.

Le repas terminé, nous faisons une petite sieste à l'ombre avant de repartir. Il fait assez chaud, plus de 27°c, le soleil est implacable et nous repartons en début d’après-midi.

Nous grimpons toujours, le Saghro nous entoure de ses formations majestueuses, imposantes, minérales.

Nous trouvons un emplacement adéquat pour notre camp. Nous avons demandé de l’eau à une famille avant d’atteindre les hauteurs. Nous sommes de nouveau installés dans le lit à sec d’une rivière, cette fois, de l’eau s’écoule en un mince filet ce qui suffira pour abreuver la mule et faire la vaisselle. Parmi les joncs, des grenouilles sautent dans l'eau et se cachent dans la vase.

On retrouve souvent des palmiers au bord des cours d'eau ainsi que les joncs et palmiers nains.

Nous avons atteint les 1 680 mètres d’altitude, il fait un peu plus frais ce soir. J'aurais un peu chaud dans mon duvet.

Une dernière infusion et je regagne ma tente. Un dernier coup d'œil au ciel étoilé, pas de pollution lumineuse, la voie lactée est magnifique. Peu avant 22 heures, la lune émerge derrière la montagne, le spectacle est magique.

Jour 3: De Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ ) à Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 3

Nous quittons notre campement après un copieux petit déjeuner. Nous empruntons un sentier qui longe la piste carrossable.

La plaine monte en pente douce vers des chaînes de grès qui barrent l’horizon. Les massifs rocheux sont sculptés par l’érosion et se découpent contre le ciel.

Aujourd’hui, un vent venu de l’Est, chargé de la poussière venue du désert, barre l’horizon. Cette brume estompe les sommets lointains rendant le paysage mystérieux. Aux Canaries, on appelle cette brume le Calima, et elle est bien présente aujourd’hui.

Nous suivons tantôt un sentier, tantôt la piste. Nous passons par un col à 2 052 m. Nous y rencontrons deux couples lyonnais qui explorent la région en quad. Petit arrêt pour discuter puis nous continuons la piste qui redescend. Nous rencontrons deux 4X4 de toulousains avec qui nous échangeons, ils sont un peu perdus. Hammou leur indiquera la bonne piste. C’est le premier jour où nous rencontrons des touristes.

Arrêt pour déjeuner près d’un point d’eau à Tagmout ( ⵜⴰⴳⵎⵓⵜ ). Il n’y a pas beaucoup d’ombre et nous ne ferons pas de sieste.

Hammou amène sa mule sur du sable où elle s'y roule pour un bon bain de poussière.

Nous repartons et traversons une chaîne montagneuse pour redescendre vers le village d'Assaka n'Ait Ouzzine.

Nous irons dans la famille Assaka, qui nous accueille, selon la tradition, avec un thé, accompagné, de dattes et d'amandes, de miel et huile d'olive et du pain.

Ma tente plantée dans la cour, j’en profite pour aller prendre une douche chaude. Un bonheur !

Hammou, le muletier, aidé des cuisinières de la famille, préparera un couscous que nous mangerons en compagnie de Mohamed, un des fils de la famille qui parle un français parfait.

Il tient la Guest House Ait Aamr (+212 710 708 966) où il accueille les touristes de passage.

Les discussions en Amazigh vont bon train. Hammou me donne de temps en temps des traductions.

Ils se donnent des nouvelles des uns et des autres, le Saghro est peu peuplé, tout le monde se connaît.

La Guest House Ait Aamr.

Mohamed Assaka parle avec Hammou de son gîte pour accueillir des touristes, des améliorations qu'il compte faire.

Belle étape, nous avons marché presque 18 km avec plus de 600 m de dénivelé positif comme négatif.

Durant notre marche, je discute toujours autant avec Hammou, sur les minéraux et les plantes rencontrés sur le sentier. Certaines plantes sont utilisées pour leur valeur médicinale ou culinaire. Nous passons aussi devant d’anciennes mines de quartz et barytine, et les pistes sont construites pour y accéder, un plus pour la région.

Encore une super journée avec de fantastiques paysages.


Guest House Ait Aamr

Contact : Mohamed Assaka (tel et WathsApp +212 710 708 966)

Jour 4: De Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ ) à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ )

Lever de soleil à Assaka.
Maroc Djebel Saghro trek jour 4

Je me lève un peu avant le lever de soleil, le village est encore endormi, seuls les coqs chantent.

C'est Hammou, le muletier, qui se lève en premier et commence à préparer le petit déjeuner. Nous le prenons tous ensemble, Mohamed Assaka nous rejoint et discute avec mes guides.

Je range mes affaires, démonte la tente pendant que les deux Hammou rangent, eux aussi, tout le matériel.

J'aide à charger la mule, puis nous quittons la Guest House Ait Aamr. Je remercie Mohamed Assaka pour son accueil et hospitalité et nous prenons le chemin en direction de l’Est.

Aujourd’hui, nous ne croiserons aucun touriste, quelques berbères dans des camps nomades, la région est vraiment peu peuplée.

Les paysages sont toujours aussi beaux et désertiques. Pas un seul arbre. Hammou me montrera une crête où il y avait, jadis, de grands genévriers. Ils ont tous été coupés pour faire du bois de construction. Ces arbres mettent des dizaines d'années à se développer, une perte pour cette nature difficile.

Nous passons sur de grandes zones où des sillons parallèles ont été creusés. Hammou me dit qu’un essai de reboisement avec des jujubiers est en cours. Ces arbustes sont bien adaptés aux terrains désertiques.

Des forages ont été faits pour apporter de l’eau aux familles nomades et aussi certainement pour irriguer ces plantations. Pour le moment, nous ne voyons rien, pas de plantules.

Au creux de certains vallons, des palmiers nains poussent. C'est le signe qu'il y a de l'eau à cet endroit, parfois uniquement souterraine.

Des roches en forme de champignon, érodées par le vent. Je retrouve aussi, tout au long des sentiers, des roches patinée. Leur surface est foncée, lisse et brillante. C'est l'action du vent chargé de sable qui poli leur surface.

Nous passons devant une source que j'avais vue lors de mon dernier trek. Elle a été bien aménagée avec un abreuvoir pour le bétail. L'eau est bien claire bien qu'un petit filet coule. Je ramasse un peu de menthe pour le thé.

Arrêt à Tinwayour ( ⵜⵉⵏ ⵡⴰⵢⵓⵔ). Nous déjeunons en plein soleil étant sur un plateau dépourvu d’ombre. Donc pas de sieste encore aujourd'hui.

Dans la descente, nous croisons une chèvre avec son cabri de quelques heures qui marche à peine. Nous nous approchons, mais elle nous regarde, inquiète. Nous ne les dérangeons pas plus.

Nous entamons une grande descente, raide, dans les pierres. Le sentier est difficile, mal marqué car peu de monde l'emprunte.

Vers le fond de la vallée, nous retrouvons un point d'eau. Il n'a pas plu depuis de nombreux mois, et le peu d'eau est capté pour irriguer quelques cultures.

Nous terminons notre journée de trek dans la vallée de Berkou, à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ). Nous nous installons sur les berges d'une rivière là encore à sec. Hammou ira chez de la famille pour se procurer de l'eau.

Nous avons marché 18 km avec un col à 1971 m, plus de 500 m de D+ et presque 800 m de D-.

Le sentier de la descente était en mauvais état, très raide et je suis toujours étonné de l’agilité de notre mule qui, guidée par Hammou, franchit tous les obstacles et progresse habilement là où je me dit que je vais bien finir par m’étaler.

On la sentait tout de même bien contente d’être arrivée et déchargée. Un sac d’avoine a été sa récompense bien méritée. Et elle sera abreuvée avant la préparation de notre repas.

Les deux Hammou cuisinent un tajine aux légumes pour ce soir et de la grenade en dessert. Je me régale.

Même s'ils n'ont pas apporté beaucoup d'ustensiles de cuisine, cocotte minute et plat à tajine, les repas sont toujours délicieux et ce n'est pas encore là que je perdrai du poids.

Jour 5: De Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ ) à Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ )

Une journée où les paysages sont exceptionnels ! Mais aussi un trek très long, 23 km. Ce sera la plus longue distance parcourue durant cette semaine au Maroc. Certainement ma plus belle journée de randonnée.

Maroc Djebel Saghro trek jour 5

Nous démarrons notre trek en suivant la rivière pratiquement à sec. Subsistent quelques mares envahies de têtards et de grenouilles qui plongent pour se cacher dans la vase.

Nous passons devant une vieille bâtisse qui appartenait au grand-père de Hammou. De là, nous montons vers un col, la vue sur les sommets est superbe. Hammou me fait voir des crêtes où nous pourrions faire un trek une prochaine fois.

Je lui donne, dès à présent, rendez-vous pour l'an prochain. La vue de cette montagne me donne vraiment très envie d'y parcourir les crêtes.

Du col, nous montons vers un plateau et atteignons les 1814 m d’altitude. De là, nous redescendons vers l'autre versant et je retrouve les formations vues lors de mes derniers treks.

On se croirait en Arizona. Des pics, des plateaux tabulaires, le paysage est magique et je ne m’en lasse toujours pas.

Des parois de grès sculptées, de larges plateaux aux falaises abruptes surplombant des roches rouges et orangées. Je reconnais les lieux de nos derniers passages, où nous avions campé ou déjeuné.

Nous poursuivons et arrivons chez Hammou, le muletier, à ighazoun (ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ) Il nous attendait pour le déjeuner. Arrivée un peu tardive, nous avons déjà marché 16 km.

Hammou apporte le thé puis un tajine aux légumes. Ils n'utilisent pas de poivre, comme condiment, mais de la poudre de cumin.

Un peu de repos avant de reprendre la route, puis une fois la mule chargée, nous nous mettons en marche.

Nous suivrons le cours d’une rivière à sec pour arrivée dans la famille de Hammou, mon guide, qui nous attendait.

Un thé, les deux frères et la belle-sœur discutent un moment, puis nous rejoignons l’igloo que Hammou a construit l'hiver dernier.

Très accueillant, l'espace est grand et confortable pour quatre personnes. Il y a un coin toilette et douche dans un autre local tout proche. La vue sur les montagnes en face est superbe et je conseille à Hammou de construire un espace de repos face à ce magnifique panorama.

Nous dînons devant l’igloo, je les laisserais en grande discussion tous les trois pour aller me reposer dans l'igloo.

Nous avons marché plus de 23 km aujourd’hui, je suis un peu vanné, un grand besoin de reposer mes jambes. Extraordinaire randonnée.

Jour 6: De Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ ) à Nkob ( ⵏⵇⵓⴱ )

Igloo de Hammou à Tifdassin . ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ
Maroc Djebel Saghro trek jour 6

Après un dernier chargement de la mule, nous nous mettons en marche. Nous suivons le cours de la rivière et passons par des terrasses de cultivées.

Outre les palmiers, amandiers, oliviers, grenadiers et autres arbres fruitiers, nous trouvons des jardins maraîchers où les semis d’hiver commencent à se développer. Des carottes, navets, coriandre, mais aussi de la luzerne et de l'alfalfa pour le bétail.

Rencontre avec quelques paysans qui viennent s’occuper de leurs cultures, notamment de l'irrigation de leur parcelle.

En chemin, nous glanons quelques dattes que nous dégustons sur place, elles sont sucrées, succulentes, j'en raffole. Hammou cueille aussi quelques grenades.

Nous rencontrons une équipe qui effectue des forages de prospection pour un futur barrage de 20 mètres de haut sur cette rivière.

Gros problèmes d’eau dans le Saghro, plusieurs épisodes de sécheresse ont entraîné un exode rural.

Depuis ma dernière venue il y a deux ans, j’ai pu voir le nombre de nouveaux forages et pompes pour puiser d’eau de la nappe phréatique. Beaucoup d’agriculteurs se sont équipés. Beaucoup de cultures sont maintenant irriguées par des dispositifs de gouttes à gouttes bien plus économes en eau.

Un peu plus loin, Hammou me montre quelques gravures rupestres puis un petit serpent qui se faufile sur les rochers.

Nous arrivons au terme de notre trek et retrouvons Hammou qui a déchargé sa mule et préparé le repas. Un petit thé à la menthe pour nous désaltérer, le chauffeur qui doit nous ramener à N’kob vient se joindre à nous.

Fin du repas, fin de l’aventure berbère, je remercie chaleureusement notre muletier qui va repartir chez lui avec sa mule déchargée. Nous rentrons, Hammou et moi, à N’Kob où je retrouve ma chambre à Berber Nomade Kasbah.

De retour à l'aéroport de Ouarzazate, on voit la centre solaire avec sa tour où les faisceaux des miroirs concentrent les rayons du soleil afin de faire chauffer un réservoir de sel et produire de l'électricité.

Totalité des Treks de 2023 et 2025.

En 2023, j'avais effectué un grand trek de six jours en compagnie de Hammou. J'ai retrouvé certains lieux où nous étions passés en 2025.

Cette année, nous aurons fait de plus grandes étapes, et j'ai adoré ces paysages immenses lors de ces longues randonnées, près de 100 km cette année dans des paysages sublimes !

Maroc Djebel Saghro trek 2025
Maroc Djebel Saghro treks 2025 et 2023

C’était un plaisir de rencontrer de nouveau tous ces nomades perdus dans les immensité du Saghro, leur accueil chaleureux, leur hospitalité, toujours prêts à vous servir un thé ou vous inviter à partager leur repas ou vous héberger pour la nuit. Hammou est très actif pour le développement du tourisme dans le Saghro, c'est toujours un petit supplément de revenu pour eux.

Rendez-vous pris pour l'an prochain, j'espère bien découvrir ces fameuses crêtes !

Maroc – Haut Atlas, Le Djebel Toubkal.

Le Djebel Toubkal.

Le Maroc.

Le Djebel Toubkal.

Berbère Flag

ⵜⵓⴳⴳ ⴽⴰⵍ

Berbère Flag

Situation géographique.

Le Djebel Toubkal est le sommet culminant du Haut Atlas avec une altitude de 4 167 m.

Le Haut Atlas est une chaîne montagneuse marocaine orientée sud-ouest/nord-est. Cette chaîne appartient au massif de l'Atlas marocain qui en compte aussi deux autres, le Moyen Atlas et l'Anti-Atlas.

L’Atlas est le massif le plus élevé d'Afrique du Nord. Il forme une immense barrière d'environ 750 km de longueur qui délimite le Maroc saharien du Maroc atlantique et méditerranéen.

Le Haut Atlas se divise en trois entités différentes, d'ouest en est, le Haut Atlas occidental, le Haut Atlas central et le Haut Atlas oriental.

Le Haut Atlas occidental est le massif le plus ancien, son point culminant est le Djebel Toubkal à 4 167 m d'altitude.

Le parc national de Toubkal est créé en 1942 en raison de la biodiversité et de la richesse naturelle du djebel Toubkal.

Arrivée à Marrakech.

Je prends un vol Royal Air Maroc de Marseille à Marrakech. A l'arrivée Mohamed, notre guide, m’attend à la sortie de l'aérogare. Nous restons pour attendre une autre voyageuse et je trouve un coin où je me protège de la chaleur, il fait 45°C cet après-midi à Marrakech !

Mini bus jusqu’à l’hôtel où je retrouve Yanis avec qui je partage la chambre. Nous restons dans la fraîcheur de la chambre et en sortons pour aller dîner. Je trouve un petit resto loin du tumulte de la place Djemal Afna qui nous servira une pastilla. Retour à l’hôtel, nous n’avons pas vu d’autres participants au trek. Le guide nous a juste indiqué qu’il ferait une petite réunion à 8 heures avant de partir.

Premier jour de trek. De Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Haut Atlas.
Premier jour de trek, de Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Lever, petit déjeuner à l'hôtel puis nous descendons avec nos bagages pour rejoindre les autres participants du groupe. Nous sommes dix, trois femmes et sept hommes.

Le mini bus, bien rempli de nos bagages et matériel de bivouac, nous mène d’abord dans un village où notre cuisinier fera le plein de victuailles pendant que nous prenons tranquillement un café. Nous sommes déjà à 1000 m d’altitude et il fait bien moins chaud qu'à Marrakech. Nous repartons et nous arrêtons à Imi Oughlad, point de départ de notre trek, où nous attend l’équipe de muletiers. Ils sont six accompagnés de leur mule.

Nous ferons une première étape de 13 Km avec 764 m de dénivelé positif en arrivant à Tizi Oussem, premier campement du trek.

Cette première étape aura été très éprouvante pour le cadet du groupe, malade, n'arrêtant pas de vomir tout le long du sentier, il a vraiment de la peine à progresser. Les jus d’orange ou un repas contaminé consommés la veille à Marrakech l'auront rendu malade. Il n’est vraiment pas en forme et à un moment nous craignons qu’il ne puisse poursuivre l'aventure. Avec une des filles du groupe, nous l’aidons, le soutenons du mieux que nous pouvons. Un arrêt opportun pour grignoter, nous réhydrater puis nous poursuivons sur le sentier.

Nous finissons par atteindre le lieu du bivouac, au pied d'un village, où les muletiers ont déjà dressé nos tentes, la tente du mess ainsi que la cuisine. Un thé à la menthe de bienvenue, puis repos bien mérité, surtout pour notre malade qui part se reposer sous sa tente. Le groupe se retrouve et nous faisons connaissance avant de dîner. Marouan, le cuisinier nous a préparé une soupe puis un couscous excellent. Melon et orange en dessert puis chacun rejoint sa tente pour la nuit.

Le lendemain, nous verrons que ce village a subit de très gros dégâts lors du séisme de 2023. De nombreuses maisons, construites en pisé, sont inhabitables ou détruites et les villageois sont installés dans des tentes provisoires en redoutant le prochain hiver qui arrive. Lors de l'arrêt, pendant que nous buvions un café, quelques hommes sont venus nous raconter les décès qu'ils ont eu dans leur famille.

Second jour de trek. De Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Second jour de trek, de Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Beaucoup d'ascension cette seconde journée, plus de 1000 m de dénivelé positif sur une distance de 9 Km. Au niveau du groupe, nous faisons connaissance et, vu que deux pères sont venus avec leur fils, tout le monde pensait que j'étais le père de notre cadet. Ce dernier commence à récupérer mais a toujours des nausées et difficultés à digérer.

Nous commençons donc par une belle montée sur une courte distance. Il fait chaud et un arrêt chez un marchand de jus d’orange et de boissons est bienvenu. Le meilleur Coca-Cola de leur vie pour certains !

Puis nous repartons vers la cascade annoncée par Mohamed.

La chute d'eau n'est pas très importante mais c’est toujours un beau spectacle que de voir toute cette humidité dans ces contrées si arides. Seul le fond des vallées est verdoyant avec de nombreuses cultures en espaliers rendues possibles par les canaux d’irrigation acheminant l’eau des torrents.

Nous repartons et prenons une autre vallée qui nous permettra d’atteindre notre second campement. Les tentes sont déjà montées, le repas est prêt et nous buvons un thé à la menthe, le fameux « Whisky berbère » . Nous aurons marché un peu plus de 5 heures dans la chaleur.

Après le déjeuner nous prenons un peu de repos sous nos tentes car il fait très chaud. Vers les 17 heures, nous partons avec Muriel et Clément pour une excursion jusqu’aux crêtes visibles depuis le campement d'où nous dominons les villages d'Aroumd et Imlil, terme de notre trek marocain. Encore une belle ascension de 460 m sur 4,5 Km.

La descente sera plus compliquée car nous avons manqué le sentier de retour et nous nous sommes perdus dans les pentes couvertes de genévriers au milieu de la rocaille. Il ne fallait pas suivre les chèvres !

Retour au campement pour un thé à la menthe bien désaltérant suivi du repas avec un tajine aux légumes. Nous mangeons vraiment bien, Marouan nous gâte. Un renard viendra nous rendre visite, attiré par la nourriture.

Petite soirée autour du feu avant de rejoindre nos tentes.

Balade jusqu'aux crêtes.

Vue du haut des crêtes, au-dessus de notre campement.
Clément, Muriel et moi en haut des crêtes.

Troisième jour de trek. De Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous sommes pratiquement à 3000 m d'altitude.
Troisième jour de trek, de Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous partons un peu plus tôt ce matin car le trajet est difficile. Nous reprenons le sentier pris la veille pour notre petite balade vers les crêtes, puis rapidement nous bifurquons vers l’ouest pour contourner le massif et prendre de la hauteur. Le sentier serpente et nous conduit au pied d’un grand éboulis que nous grimpons en lacets.

Nous avons déjà gravi près de 400 m arrivés au pied de ces éboulis et la fin du sentier, tout en haut, nous parait bien loin. Nous distinguons à peine les mules qui y arrivent. Nous aurons gravi 600 m dans ces lacets en arrivant au col à 3509 m et plus de 1000 m depuis notre départ.

Plusieurs pauses avant d’atteindre le col pour grignoter des fruits secs et boire. Heureusement le ciel est un peu couvert et il ne fait pas trop chaud et nous prenons de l'altitude.

Le sentier continue jusqu’au refuge Neltner à 3107 m. Nos muletiers ont installé le campement un peu plus bas sur une grande plate-forme et Marouan a préparé le repas.

3000 m dépassés !

Un thé à la menthe avant de déjeuner puis le temps se gâte et il se met à pleuvoir. Je passe un peu de temps sous la tente avant d’aller acheter de l’eau en compagnie de Claude et son fils Jean-Christophe. On prendra un café avant de repartir.

De nouveau je passe du temps sous la tente car il pleut toujours et je profite d’une accalmie pour aller prendre une bonne douche chaude au refuge. Le temps demeure incertain avec quelques gouttes de pluie de temps en temps.

Nous prenons notre repas sous la tente mess puis une partie du groupe joue aux cartes avant d'aller se coucher. Le ciel s'est dégagé lorsque je vais dormir mais j'entendrais un peu de pluie sur la toile durant la nuit. J'appréhende la montée vers le sommet le lendemain sous la pluie ...

3000 m dépassés !

Quatrième jour de trek: Le Djebel Toubkal 4 167m.

Derniers mètres avant le sommet.
Quatrième jour de trek. Ascension jusqu'au sommet 4 167 m.

Départ très tôt ce matin car nous avons un chemin difficile pour atteindre le sommet. Heureusement, le ciel est bien dégagé ce matin et la lune apparait clairement au-dessus des crêtes. Ce sera notre plus grand dénivelé positif, 1112 m, pour un peu plus de 9 Km.

Nous partons un peu avant 6 heures avec nos lampes frontales en file indienne sur le sentier. Dès le départ nous grimpons. Le chemin, déjà bien raide, nous enchaînons raidillons sur raidillons entre-coupés de faux plats. L’ascension durera 3 heures et demi avec deux petits arrêts sur le parcours. Nous ne sommes pas seuls, de nombreux groupes nous précèdent ou nous suivent. Le Toubkal est très fréquenté en ce mois d'août et nous avons pu nous en rendre compte par les nombreux touristes dans les deux refuges et terrains de campement alentours.

Les derniers mètres pour atteindre le sommet nous font comprendre que le Toubkal se mérite. Nous aurons gravi 1112 m en 9 Km.

La vue est splendide même si le ciel est un peu brumeux. Le soleil s’est levé durant notre ascension illuminant les roches sombres du massif de belles teintes chaudes.

Au Nord et à l'Ouest, des sommets escarpés sombres. Au sud et vers l'Est, des plaines désertiques aux teintes orangées lumineuses. C'est magnifique.

Nous passons un bon moment à nous photographier trop heureux de notre exploit. Je mitraille tout azimut pour garder des souvenirs du but ultime de ce trek.

Nous nous déplaçons pour laisser aux autres groupes l’espace au sommet et nous installons un peu plus bas pour un petit casse-croûte bien mérité.

Puis nous entamons la descente par un autre itinéraire choisi par Mohamed.

Il nous conduit, pour ceux qui le souhaitent, en haut d’un petit pic offrant une superbe vue sur la vallée et le désert au loin. Dans les années 60 un avion s’est craché sur ce pic laissant en contre bas une myriade de débris. Seul l’épave du moteur est resté accroché au pic.

Nous reprenons notre descente. Le sentier est plein de pierres et de gravillons rendant la progression difficile et très physique. Un moment d’inattention et c’est la glissade assurée. Deux heures et demi de descente, nous arrivons à notre camp de base fourbus.

Marouan, le cuisinier, a déjà dressé la table et le thé à la menthe nous attend accompagné de beignets et de confiture de patate douce. Tout le monde se régale, la confiture ainsi que les beignets disparaissent rapidement. Marouan nous en prépare de nouveau, ils disparaissent aussi vite.

Après une bonne douche au refuge, tout le monde se repose ou joue aux cartes. J'apprécie cette bonne entente au sein du groupe rapidement apparue. Belle complicité entre Jean-Philippe et son fils Gautier. Les filles, Saïda, Céline et Muriel, s'entendent bien. Yanis a bien récupéré.

Cinquième jour de trek. Du refuge à Aroumd.

Cinquième jour de notre trek.

Ce matin nous quittons notre campement du refuge du Toubkal pour redescendre. Lever un peu tard, petit déjeuner pendant que les muletiers démontent nos tentes et rangent le matériel dans les paniers avant de charger les mules.

Une photo avec l'ensemble des participants, muletiers, cuisinier et guide. Nous remercions les muletiers pour leur engagement, nous ne les reverrons plus.

Nous prenons la route, de la descente tout du long par un sentier assez praticable, pas trop pentu. Nous marchons un peu plus de 10 km pour 1220 m de dénivelé négatif en 4 heures.

Nous arrivons au village d’Aroumd où se trouve le gîte qui nous accueille. Installation dans les chambres, un thé berbère puis le repas préparé par Marouan.

Après-midi à se reposer pour ma part tandis que Mohamed emmène une partie du groupe visiter le village et une jolie cascade. Toujours quelques extra avec Mohamed !

Pour notre dernier repas, Marouan nous a préparé un tajine au poulet délicieux. Nous aurons toujours bien mangé durant ce séjour.

Sixième et dernier jour de trek. De Aroumd à Imlil.

Dernière étape de notre trek, d'Aroumd à Imlil.

Courte étape aujourd'hui pour rejoindre le mini-bus qui nous ramènera à Marrakech. Mais c'est sans compter sur l'imagination de Mohamed qui nous fait prendre un joli sentier passant dans la végétation et nous abritant du soleil de plomb pour rallier Aroumd à Imlil où nous attend le chauffeur. De plus nous profitons d'une jolie vue sur les villages environnants.

Un peu plus de deux heures de routes pour rejoindre Marrakech où nous nous installons dans le même hôtel qu'à l'arrivée. Nous remercions chaleureusement Mohamed, notre guide, ainsi que  Marouan qui nous a régalé tout le long de ce trek par ses plats traditionnels délicieux. Nous reverrons plusieurs fois Mohamed pour connaitre les modalités de retour, l'horaire du mini bus nous conduisant à l'aéroport.

Dans l'après-midi, j'accompagne Claude, Jean-Christophe et Muriel dans le Souk pour quelques achats et le soir nous déjeunons tous ensemble dans un restaurant typique de Marrakech. Nous partageons nos derniers moments marocains avant que chacun ne reparte pour la métropole, Bretagne, Savoie, région parisienne ou le sud, des souvenirs plein la tête.

Le lendemain matin, je profite de quelques heures avant mon vol pour aller visiter le Jardin Majorelle ainsi que les musées Berbère et Yves Saint Laurent en compagnie de Yanis.

L'intégrale du trek Djebel Toubkal.

L'intégralité de notre trek pour l'ascension du Djebel Toubkal.

J'ai vraiment apprécié cette semaine marocaine. L'organisation sans faille de l'équipe conduite par Mohamed. L'installation des bivouacs avec nos tentes prêtes, les repas copieux et délicieux, la sécurité assurée par cette équipe connaissant parfaitement le terrain et qui veillait sur nous jour et nuit.

Mais aussi cette harmonie et bonne entente au sein de notre groupe, une grande solidarité et complicité entre nous dans les efforts comme dans les moments de détente.

Vous pouvez nous envoyer vos demandes de renseignements, commentaires, en cliquant sur ce lien qui renvoie au formulaire de contact pour nos voyages. Alors, n'hésitez pas !

Bonus. Les bons petits plats de Marouan !

Marouan, notre cuisinier, nous aura régalés tous les jours de bon plats de la cuisine marocaine. Soupe, pour nous réchauffer, caloriques pour nos efforts d'ascension, gourmands pour notre plaisir.

Merci Marouan !

Espagne – Trek sur la Grande Canarie.

Grande Canarie

La Grande Canarie.

Situation Géographique de la Grande Canarie.

Les îles Canaries sont un archipel de l'océan Atlantique situé au large des côtes du Maroc. Les Canaries font partie de la Macaronésie, un ensemble géographique regroupant les territoires insulaires volcaniques des îles Canaries, de Madère, des Açores et du Cap-Vert situés à l'ouest et proches des côtes nord-africaines.

L'archipel des îles Canaries est le plus grand et le plus peuplé de la Macaronésie.

Grande Canarie, deuxième île la plus peuplée de cet archipel avec la plus grande ville, Las Palmas de Grande Canarie, qui est aussi la capitale de la province de Las Palmas et cocapitale avec Santa Cruz de Tenerife de la communauté autonome des îles Canaries. En outre, Las Palmas de Gran Canaria est la plus grande ville des îles Canaries et forme l'une des dix zones métropolitaines les plus peuplées d'Espagne.

La Grande Canarie est parfois comparée à un continent en miniature en raison de la diversité de ses paysages et de ses climats. Elle  a été reconnue par l'Unesco en tant que réserve de biosphère. De forme circulaire, l'île culmine au pic de las Nieves qui s'élève à 1 950 mètres d'altitude.

Localisées au large de la côte nord-est de l'Afrique, à l'ouest du Maroc, les Canaries sont formées par une chaîne de volcans qui ont grandi sur la croûte océanique atlantique. Ces îles sont un exemple typique de ce que l'on appelle un volcanisme de point chaud.

Agüimes, Gran Canarias.

Je me suis inscrit sur un voyage en groupe Huwans de 6 jours sur l’île de Gran Canarias où nous effectuerons plusieurs treks. Nous traverserons de beaux paysages dans une nature préservée essentiellement aride.

Vol de Marseille à Madrid puis à Las Palmas. Un taxi m’attend et m’amène à l’hôtel dans la soirée. Il y a carnaval à Agüimes, les rues autour de l’hôtel sont très animées, remplies de joyeux fêtards et le bruit de la fête résonne dans la chambre, vais-je trouver le sommeil ? (finalement oui !)

Je n’ai vu personne pour le moment, ils sont tous arrivés avant moi et il n’y a que Jérôme, un ami de Marseille qui arrivera dans la nuit.

Valérie, notre guide, a créé un groupe WhatsApp pour nous donner tous les renseignements utiles lors de notre arrivée et durant ce séjour.

La Vallée profonde de Guayadeque.

Début de notre randonnée, nous descendons du village d’Agüimes pour emprunter le GR 131. Nous remontons le Barranco de Guayadeque, une vallée aride creusée dans le basalte où quelques cultures sont présentes grâce à des canaux d’irrigation.

Une brume enveloppe le paysage, et notre guide nous dira que c’est la Calima qui est très présente aujourd’hui. L’air est très chargé de micro particules, ce qui est assez mauvais pour nos poumons.

De nombreuses habitations troglodytes sont construites dans les cavernes naturelles de basalte. La végétation est très jolie, beaucoup de succulentes, d’espèces endémiques bien adaptées au climat sec de l'île.

Une halte à Casa Cueva Canaria où nous pique-niquerons. Un arrêt dans un petit magasin pour voir les pièces creusées dans la roche et acheter du miel local.

Nous finissons notre trek à Cuvea de Bartolo où, dans un grand restaurant les galeries sont creusées et très longues, le tout est vraiment impressionnant. Fin du trek et nous filons au village de Tejeda où se situe notre hôtel.

La Vallée de Tejeda, Culata.

Aujourd’hui nous sommes en zone violette pour la Calima. C’est de la poussière venue d’Afrique, du Sahara, avec des particules très fines qui passent dans le sang. La météo locale donne des couleurs en fonction de la quantité de particules fines et violet correspond à un niveau très élevé. Donc notre guide a modifié l’ordre de nos excursions pour faire celle d’aujourd’hui qui ne fait que descendre dans la vallée ce qui limitera nos efforts.

Nous partons du village de Tejeda en minibus jusqu’à la crête de Cruz de Tejeda qui domine la vallée.

Belle vue sur les pitons de Roque Nublo et Roque Bentayga. Nous cheminons dans des paysages arides et la vue est époustouflante sur les pitons. La végétation avec de nombreuses succulentes, euphorbes et arbustes est magnifique. Valérie nous expliquera l'adaptation de ces plantes au climat aride, se mettant en dormance en attendant les prochaines pluies.

En passant à La Culata, nous rencontrons un vigneron qui nous fera goûter son vin et admirer sa maison dans le style du Facteur Cheval pendant que son épouse reprise une chemise. Il nous montrera le couteau traditionnel de son Grand-Père au manche ouvragé.

Un arrêt au village de La Culata sur la place de l’église pour le pique-nique et un café au bar du coin puis nous rejoignons notre hôtel à Tejeda.

Donc toute petite randonnée de 7,5 km au centre de la Grande Canarie avec un minimum d’effort mais de belles vues et une flore qui m'a beaucoup intéressé.

Roque Nublo, Piton sacré.

Mirador del Pico de los Pozos de la Nieve.
Le Roque Nublo et le Teide de Ténériffe.

Aujourd’hui, nous passons au pic de las Nieves, le sommet de la Grande Canarie à 1950 m d’altitude. Malgré un peu de Calima, nous pouvons voir le sommet de l’île de Ténériffe, le Teide, qui culmine à 3 715 mètres d'altitude au-dessus de cette brume.

Puis en minibus, nous rejoignons le départ de notre randonnée pour cheminer dans les pinèdes de pins de Canaries et voir de superbes paysages façonnés par les différentes périodes volcaniques. Nous grimpons jusqu’au Roque Nublo, monolithe de basalte de 80 mètres culminant à 1814 mètres d’altitude. Dans l'Antiquité, le Roque Nublo était utilisé comme un lieu de culte par les Guanches. Nous verrons aussi deux réserves d’eau dont le niveau est très bas. Les Canaries aussi sont en manque d’eau due au réchauffement climatique.

Pour continuer nos efforts, nous essayerons une petite randonnée mais choisissons le mauvais sentier dès le départ. Nous reviendrons au point de départ et appellerons notre guide pour qu’elle nous envoie un taxi pour retourner à l'hôtel. Rando ratée, mais l’apéro n’attend pas !

Grande Canarie, Roque Nublo.

Artenara et ses villages troglodytes.

Grande Canarie, Vallée Tejeda.

Au départ de notre randonnée, nous commençons par une belle côte avant d’atteindre des crêtes et un sentier moins sportif. Nous atteignons le col de la Degollada de las Palmas et la vue sur les paysages est splendide, nous embrassons toute la vallée.

Nous quittons le sentier pour aller voir, en bordures de falaise, des grottes aborigènes préhispaniques. Certaines contiennent des symboles féminins sous la forme d’un triangle pointe vers le bas. Nous trouvons aussi de petites cavités creusées dans la roche au sol pourvues d’un sillon qui auraient été utilisées pour des offrandes, on pense au dieu de la pluie.

Nous continuons notre randonnée et profitons de l’ombre de la pinède pour notre pique-nique et une petite sieste. En fin de repas, quatre chevaux nous rendent visite et cherche de quoi manger en sentant nos sacs.

Nous arrivons au village d’Artenara pour visiter un petit musée ethnographique sur les habitations troglodytes et la vie qui s’y organisait au siècle dernier. Tout le long de nos randonnées, nous verrons de très nombreuses habitations troglodytes dont de très nombreuses sont encore aménagées pour être habitables.

Nous visitons aussi l’Ermita de la Cuevita, creusé dans la roche au XVIIIe siècle et abritant une chapelle.

Un petit rafraîchissement avant de reprendre notre minibus et nous diriger vers Agaete.

Grande Canarie, Vallée Tejeda.

La Vallée d’Agaete.

Nous démarrons notre randonnée par un sentier très raide qui nous conduit au niveau d’un plateau et de là nous descendons vers un village troglodyte à flanc de falaise. Dans la gorge, lors de notre ascension, trois moulins se succèdent, signe qu’il y avait beaucoup d’eau pour les faire fonctionner jadis. Les meules sont encore présentent ainsi que la boiserie qui les recouvrait.

Durant notre ascension, nous aurons une vue panoramique sur la vallée d’Agaete et la végétation, fournie, remonte sur les falaises. Notre vue porte jusqu'à la mer et la ville d'Agaete.

La vallée est bien verte, l’humidité est plus présente sur ce versant. Nous pouvons voir de nombreuses plantes endémiques des Canaries et même de la Grande Canarie.

Notre guide nous fait découvrir des habitations troglodytes assez récentes, nous continuons de descendre vers des habitations encore occupées principalement pour les week-ends.

Arrivés au niveau de la place de l’église, nous découvrons le refuge tenu par Nicolas, un italien amoureux de l’île, qui l’a créé pour accueillir les randonneurs. Pique-nique sur la place puis nous continuons notre descente vers le village de San Pedro pour visiter une Finca qui produit du café, des fruits tropicaux, vignes et agrumes. Dégustation d’un café à l’arôme subtile avant de reprendre le taxi pour retourner à l’hôtel à Puerto de las Nieves.

La Réserve de Biosphère du Sud-Ouest.

Avec notre minibus, nous descendons vers le sud de la Grande Canarie. Cette route passe par de nouveaux tronçons récents et de nombreux tunnels pour sécuriser le tracé et le rendre plus sûr. Gigantesques travaux. Nous nous arrêtons au mirador del Balcon pour un superbe panorama et quelques photos de notre groupe.

Notre vue porte jusqu’à la ville d’Agaete sur notre droite. À gauche, nous voyons la « queue du Dragon » formations rocheuse issue d’une ancienne coulée basaltique se jetant dans l’océan et que nous pouvions voir de la plage d'Agaete. À l'intérieur des terres, nous voyons les champs de serres de Las Tabladas, cultures de tomates et bananes essentiellement utilisant l'eau de nombreux forages.

Notre guide nous fait observer des lichens accrochés aux rochers, Rocella canariensis ou Orchilla. Ces lichens servaient à la fabrication du colorant pourpre, très utilisé par le clergé.

Nous reprenons la route et arrivons au début de notre randonnée.

Nous partons du col au-dessus de la ville de Tasarte, pour descendre la vallée et remonter sur une crête qui domine la ville de Mogan. Nous sommes en pleine réserve de biosphère et nous retrouvons les plantes des zones arides qui ici sont protégées. Au-dessus de nous, nous voyons des zones colorées en bleu et rouille qui correspondent au bord d'une très ancienne caldeira formée lors de la première phase volcanique de l'édification de l'île.

Dans les temps géologiques, le volcan central de la Grande Canarie a explosé puis la chambre magmatique s'est effondrée constituant une immense caldeira avant que l'activité volcanique ne reprenne et recouvre l'ancienne caldeira d'épaisses couches de basalte et de cendre, laissant apparaître ces minéraux riches en fer ferreux (bleu) et ferrique (rouille).

Nous descendons ensuite sur le village de Venegueta pour notre pique-nique et un petit café sur la place du village. En repartant, nous verrons une euphorbe cactiforme spectaculaire faisant la fierté de ce village. Un seul pied de cette euphorbe s'étend et recouvre une très grande surface. (voir l'article sur la botanique)

Fin du séjour, retour à Agüimes,

Avant de rejoindre Agüimes, nous passons par le Mirador de Mastopalmas pour admirer les dunes. Notre guide nous fournira toutes les explications pour comprendre cette formation.

La seule explication retenue par les scientifiques est le séisme de 1755 à Lisbonne. Ce séisme a mobilisé une énorme quantité de sable en créant des remous dans les fonds marins, sable qui, avec les courants océaniques, s'est déposé au sud de la Grande Canarie. Puis le vent venu de l'Est à permis la formation des dunes.

Cet espace est protégé car la zone lacustre attenante accueille de très nombreux volatiles qui y trouvent un site propice à leur nidification.

Nous profiterons de la plage en bout de presqu'île pour un petit bain dans les vagues rafraîchissantes avant de rejoindre Agüimes pour notre dernière soirée.

Nous dînons avec notre guide, Valérie, et la remercions pour son organisation sans faille, toutes les explications sur la flore, la faune et la géologie de la Grande Canarie et de l'archipel canarien. Elle a su insuffler un dynamisme à notre groupe avec beaucoup de bienveillance et une bonne dose d'humour. Nous la quittons avec regret en se promettant de rester en contact.

Cette complicité et camaraderie au sein de ce groupe aura été pour moi une bouffée de bonheur exceptionnel car peu rencontrée dans les nombreux groupes de voyage auxquels j'ai participé. Merci à toutes et tous !

Les Aborigènes des îles Canaries.

Grande Canarie, Idole Guanche.
Grande Canarie, Idole Guanche.

Les traces d’une première colonisation humaine des îles semblent remonter aux environs de 500 avant l’ère chrétienne. Les Guanches, (en berbère ⵉⴳⵡⴰⵏⵛⵉⵢⵏ), sont les seuls indigènes qui vivaient dans les Îles Canaries. Ce sont les seuls Berbères à n'avoir pas été islamisés. Leur civilisation a disparu, mais a laissé des traces dans la culture canarienne et quelques vestiges. Une étude réalisée en 2017 sur des momies guanches montre que leur ADN est originaire d’Afrique du Nord et plus particulièrement du peuple berbère. Les Berbères qui peuplaient l’Afrique du Nord auraient traversé l’Atlantique à plusieurs reprises à partir des côtes sud du Maroc. Il persiste des témoignages de la langue guanche dans certaines expressions et les noms de famille.

L’organisation sociale et politique diffère selon les îles. De l’autocratie héréditaire à autorité élue. La culture est propre à chaque île mais l’habitat se fait dans les grottes naturelles, parfois des habitations en pierre sèche. L’économie reposait sur l’élevage et la culture de céréales et légumineuses. Les outils étaient en pierre et ils fabriquaient des poteries.

La religion est basée sur des dieux et déesses vivant au sommet des montagnes. Le dieu de la pluie est très présent sur Ténériffe. Le Soleil, la Terre, la Lune et les étoiles sont aussi vénérés. La croyance en un dieu suprême et aux Démons est générale. La momification est très répandue. Sur grande Canarie, les pitons rocheux (Roque Nublo, Roque Bentayga) sont des symboles masculins, et on retrouve des inscriptions en forme de triangle symbolisant le féminin dans certaines habitations troglodytes. La Vénus guanche est exposée au musée de Las Palmas sur Grande Canarie. (source Wikipédia)

Le volcanisme des Canaries.

Grande Canarie, carte géologique.

(pour les mordus de volcanologie)

Localisées au large de la côte nord-est de l'Afrique, à l'ouest du Maroc, les Canaries sont formées par une chaîne de volcans qui ont grandi sur la croûte océanique atlantique. Ces îles sont un exemple typique de ce que l'on appelle un volcanisme de point chaud.

Un point chaud représente une remontée de matériel issu de la fusion partielle du manteau terrestre. Ce phénomène est lié à la présence d'une anomalie thermique très profonde, qui engendre un puissant courant de convection.

Le matériel mantellique ainsi réchauffé, moins dense, va remonter sous la forme d'un panache qui va impacter la croûte sous-jacente. L'origine profonde du panache, sa racine, fait qu'un point chaud est généralement considéré comme fixe. Cette activité magmatique est ainsi déconnectée du mouvement des plaques lithosphériques qui circulent au-dessus.

Le magmatisme de point chaud se traduit par une intense production de laves qui va construire des édifices volcaniques sur le plancher océanique qui, lui, bouge d'un mouvement lent mais continu, en accord avec la tectonique des plaques. On observe donc la formation d'une série de volcans, dont le tracé témoigne du mouvement de la plaque lithosphérique au-dessus du point chaud.

C'est ce mouvement différentiel qui explique l'architecture de l'archipel des Canaries. L'âge des îles diminue en effet d'Est en Ouest. Les îles de Lanzarote et de Fuerteventura sont ainsi les plus vieilles, puis viennent successivement, Gran Canaria, Tenerife, La Gomera, La Palma et El Hierro. Ces 7 îles principales sont escortées par de nombreux îlots et édifices sous-marins.

Les îles de La Palma et El Hierro sont actuellement directement localisées au-dessus du point chaud, ce qui explique l'intense activité volcanique qui s'y déroule régulièrement, et notamment l'éruption récente du volcan Cumbre Vieja.

Cependant, cela n'empêche pas les îles plus anciennes de connaître de nouveaux épisodes volcaniques, comme ce fut le cas pour Lanzarote en 1824. Ces manifestations magmatiques récentes (on parle de phase de rajeunissement) seraient liées à la proximité du panache mantellique et à des cellules de convection secondaires, qui étendent la zone d'influence du point chaud. La présence, à proximité, de la marge continentale africaine pourrait également apporter une complexité à ce système magmatique.

Le volcanisme de point chaud des Canaries a débuté il y a environ 70 millions d'années, mais les premières îles de l'archipel n'ont émergé que relativement récemment, il y a 20 millions d'années, donnant naissance à Lanzarote et Fuerteventura. Les îles de La Palma et El Hierro sont bien plus jeunes et n'ont que 1,8 et 1,2 million d'années, respectivement. (Source Futura Sciences)

Volcanisme de la Grande Canarie :

(là, il faut s'accrocher !)

Gran Canaria a une forme circulaire avec des dimensions approximatives de 46 km de diamètre et repose sur un fond océanique à 4 000 m de profondeur. Son altitude maximale est le Pico de las Nieves, avec 1 950 m, situé au centre de l'île. Sa formation remonte à 15 - 14 million d’années. Il n’y a actuellement aucune activité volcanique.

Sur l'île, il existe deux domaines bien marqués : le domaine du Sud-Ouest qui est géologiquement le plus ancien, et le domaine du Nord-Est, occupé par les plus récentes éruptions volcaniques stromboliennes. (< 3 Ma). On suppose que les deux domaines sont séparés par une faille.

Son histoire géologique commence il y a 14 million d'années (Ma) avec l'émission rapide d'un volume important (> 1000 Km3) de coulées basaltiques, qui ont construit un bouclier volcanique, avec des hauteurs maximales de 2 000 m et un diamètre similaire à celui de l'île actuelle. Le centre de l’édifice se trouvait à l'ouest du village de Tejeda.

Les éruptions intenses, de type pliniennes, ont entraîné une vidange brutale de la chambre magmatique avec pour conséquence son effondrement et la formation d’une caldeira d’effondrement (Caldera de Tejeda, 20 X 16 km) Cette caldeira s’est progressivement remplie par des éruptions successives postérieures et une intense injection de dyke a formé des feuillets coniques concentriques dans la partie centrale située en-dessous de Roque Bentayga. Les éruptions ont continué avec de grandes quantités de phonolites et de couches pyroclastiques de cendre.

Puis un intense processus d'érosion a réduit tous les reliefs de l'île pour former une puissante formation sédimentaire de sables et de conglomérats alluviaux appelée Formation Détritique de Las Palmas. C’est la fin du premier cycle.

Puis, le Cycle Roque Nublo (de 5-4,5 à 3,5-3 Ma) avec la formation d’un stratovolcan de 3500 m d’altitude au centre de l’île. Interviennent ensuite de violentes explosions à l’origine des épais dépôts de brèches d’ignimbrite qui entraînent un effondrement latéral de l’édifice.  Lors des étapes finales de ce cycle, de nombreux dômes ou pitons font intrusion dans les zones centrales de l'île. Ils s’étendent sur une zone d’Artenara jusqu’à Valsequillo.

Puis, le cycle Nublo post-Roque (3,2 Ma) est caractérisé par l'émission pratiquement continue de magmas par des éruptions stromboliennes essentiellement dans la partie NE de l’île constituant des dépôts de 500 m d’épaisseur.

Le Cycle Récent correspond aux dernières éruptions survenues sur l'île avant la conquête de l'archipel au XVe siècle, situés dans la moitié NE de l’île, formant des groupements de cônes stromboliens. Episode ayant duré moins de 300 000 ans, remplissant les vallées existantes et datés 3075 ans.

Il existe dans la moitié SE de La Isleta une fissure éruptive de 2,5 km de long, de direction NE, qui se poursuit à travers la mer, comme un axe de rift naissant. (Source Institu Geografica Nacional)

Maroc – Six jours dans le Djébel Saghro

Six jours de trek dans le Djébel Saghro

Le Maroc.

Six jours dans le Djébel Saghro.

Berbère Flag

ⵚⴹⵉⵚ ⵏ ⵡⵓⵙⵙⴰⵏ ⴳ ⵓⴷⵔⴰⵔ ⵏ ⵚⴰⵖⵕⵓ

Berbère Flag

Arrivée au Maroc, aéroport de Ouarzazate.

Départ de Marseille pour Ouarzazate par un vol Ryanair. A l'aéroport je suis attendu par le chauffeur commandé par mon guide Hamou, direction N'Kob à quelques 140 Km. Mais avant de quitter Ouarzazate, je change quelques euros et achète une carte SIM plus un forfait 4G avec 10 Go de data pour le séjour (12 €).

Longue route jusqu'à N'Kob, je tente un peu de conversation avec le chauffeur mais il n'est pas très bavard. Arrivée à N'Kob, installation dans la maison d'hôte Berber Nomad Kasbah. J'ai la même chambre que l'année dernière.

Hamou passe dans la soirée pour préparer l'itinéraire de notre trek, on repassera en partie où nous étions allés l'an passé.

Et il me parle de l'Association Nomade Saghro pour le Développement qui s'occupe de la vie des nomades dans le Djébel Saghro. Création de gîtes, d'écoles, aménagement des sources d'eau, fournir des métiers à tisser pour la fabrication de tapis par les femmes. Promouvoir un tourisme solidaire et responsable de l’environnement.

Repas à l'hôtel.

Premier jour, Ighazzoun.

Départ le lendemain pour notre trek, nous partons de Handour et c'est en voiture que nous nous y rendons depuis N’Kob. Le muletier arrive, il se nomme Hamou lui aussi. Mule chargée, nous nous mettons en marche.

Courte étape jusqu'à 13 heures pour un arrêt repas. Les deux Hamous préparent une salade marocaine et dans un plat à tajine une omelette aux légumes. De délicieuses mandarines en dessert.

Petite sieste car il fait chaud, puis nous reprenons la route pour une courte distance. Nous aurons marché 8 km le matin et 5 l'après-midi.

Nous nous arrêtons chez notre muletier à Ighazzoun qui fait gite d'étape. Je vais dormir dans une petite pièce et sur un bon matelas.

Repas du soir avec un couscous poulet et des grenades en dessert. Bon repas et surtout les grenades que je ne consomme pas souvent.

Second jour de trek. Igli.

Matin du second jour.

Je me réveille un peu tôt pour ranger mes affaires et me doucher. Eau chaude, impeccable !, puis je fini mon paquetage.

Petit déjeuner vers huit heures, nous chargeons la mule et nous partons Hamou et moi. Nous passerons par un sentier qui rejoint l’habitation nomade que nous avions vu le l’an passé. Nous y prendrons un thé, Hamou discute avec le propriétaire. Certainement l'éloignement explique que la femme du propriétaire se tienne dans l'embrasure de la porte et participe à la conversation.

La veille, chez notre muletier, je n'ai pratiquement pas vu de femmes. Elles se tenaient toutes dans l'autre partie de l'habitation et n'apparaissaient pratiquement jamais. J'ai vu le frère, un gamin qui a dîné avec nous, une gamine, point de femme.

En fin d'après-midi, je suis sorti par une autre porte, apparemment celle du coin des femmes, et à mon retour j'ai voulu emprunter la même porte. Pendant que je tournais la clé pour ouvrir cette porte, j'ai entendu de grandes exclamations d'une femme qui semblait très perturbée par mon initiative. J'ai donc fait le tour pour entrer par la porte donnant sur le coin des hommes. La séparation entre les sexes est donc une règle peu transgressée ! Les femmes se tiennent dans une pièce, la même que dans la partie masculine, en quelque sorte symétrique. Mais toujours décalées par rapport à la porte de sorte qu'on ne les voie jamais.

Nous repartons et passons par un sentier nous menant au sommet des formations rocheuses qui ferment le cirque. Superbe vue, c'est grandiose. On continue un moment à suivre la crête, puis nous descendons dans un vallon où Hamou a installé le bivouac et prépare le repas. A l'abri du vent, nous faisons encore un bon repas. Un peu de repos avant de repartir.

J'aide à charger la mule et nous prenons un sentier qui traverse le massif montagneux. Sur le chemin, un cimetière musulman. Les tombes sont orientées est-ouest de façon à ce que le défunt ait la tête vers la Mecque. Un tas de pierres recouvre la tombe et des pierres plus longues à la tête et au pied positionnées à la verticale. Pas d'inscription, pas de signe distinctif, tout le monde est enterré de la même façon. Le cimetière paraît abandonné, mais c'est la tradition. Ce sont les nomades du coin qui sont enterrés là. Ce qui importe c'est de savoir que quelqu'un est enterré ici, l'aspect de la tombe importe peu. Hamou me montrera aussi des tumulus correspondant à des tombes avant l'arrivée des arabes et de l'Islam, soit il y a mille cinq cents ans.

Nous traversons toujours le massif, rencontrons des habitations abandonnées. Hamou m'expliquera que les habitants étaient trop isolés et que la maladie avait eu raison de cette famille. Un peu plus loin une petite source, l'eau étant littéralement le symbole de la vie dans ces contrées.

Nous croisons une grosse habitation et des enfants se précipitent pour étaler des babioles à vendre aux touristes. Minéraux, bracelets, couverts dont le manche en bois a été sculpté, petits pendentifs. J'achète mon second, j'en avais pris un lors du thé. Nous continuons, un puits avec une eau stagnante bonne pour les animaux et le potager. Puis au détour du sentier, nous longeons un petit ruisseau aux eaux limpides et fraîches. Là, la source est conséquente, elle remplit un grand bassin avant d'alimenter le ruisseau. Aussi les cultures sont bien plus abondantes.

Continuant le sentier, nous arrivons à Igli où nous avions campé l'année précédente. Nous aurons marché 16 Km.

Il y a de nombreuses tentes, un groupe Alibert s'y trouve, une bonne douzaine de français.

Nous nous réfugions dans la partie bâtie, prendrons le thé dans la cour pendant que notre muletier prépare le repas du soir. Plutôt que de planter ma tente, Hamou me propose de dormir dans la pièce suivante du bâtiment. Elle est grande et je m'établis dans un coin sur un matelas. Grand luxe, tranquille pour la nuit, à l'abri du vent et du froid.

Un thé puis le repas du soir toujours aussi délicieux. Un tajine poulet citron avec beaucoup de légumes, je me régale. Après le repas, je discute un bon moment avec Hamou et on refait le Monde …

Nous avons marché 16 km aujourd'hui dans des paysages fabuleux. Belle journée qui a comblé mon désir de revoir la beauté du Djébel Saghro. Ces butes, crêtes rocheuses, sont merveilleuses à la lumière du soleil couchant sur fond de ciel rougeoyant.

Après le repas du soir,  nous nous sommes installés dans la cour avec Hamou, face à un ciel étoilé sans lune, la voie lactée lumineuse, Vénus ou Mars rouge et bien distincte face à nous. Je suis sur un petit nuage …

Troisième jour de trek. Tagragra.

Au-dessus d'Igli.

Réveil un peu plus tard, pas grand-chose à ranger et surtout pas de douche ce matin. Petit déjeuner, chargement de la mule et nous partons.

Que de la montée ce matin, nous grimpons de notre campement d'Igli jusqu'aux crêtes que nous dépassons et poursuivons toujours en montant. Le point culminant sera un petit sommet à 2635 m. 885 m de dénivelé positif sur 9 km en cinq heures. Grosse matinée. Quand nous rejoignons Hamou le muletier, nous bouclons notre onzième kilomètre.

Hamou nous a fait des légumes cuits à la cocotte-minute, il cuisine très bien. C'est simple, goûteux avec des épices. Ce n’est pas encore ici que je vais commencer un régime ! Pour moi, il y a trop à manger. Mais ont un bon coup de fourchettes.

J'aurais parfois du mal à les suivre sur les sentiers. Même la mule est difficile à suivre. Toute tranquille qu'elle à l'air, c'est d'un rythme constant qu'elle avale les mauvais sentiers plein de pierres. Parfois je l'observe lors de passages difficiles. Là où je manque de me casser cent fois la figure sur les innombrables pierres en travers du chemin, elle hésite parfois, puis franchit le passage de façon déterminée toujours à un bon rythme. Nous aurons marché 11 km ce matin.

Après le repas, un peu de repos puis le même rituel du chargement de la mule en remplissant les deux paniers du bric-à-brac de la cuisine, sacs, vivres, ma valise … et par-dessus les matelas et couvertures. Tout un art pour équilibrer la pauvre bête mais c'est son karma ! Cet après-midi, beaucoup de descente, plus de 500 m sur 9 km en presque 3 heures.

Nous arrivons à Tagragra après 9 km. Nous nous invitons dans la famille de Mimoune et les deux Hamou discutent la fin d'après-midi avec le propriétaire tout en préparant le repas du soir. Encore un repas entre hommes, les femmes restent dans l'habitation principale. Hamou me dira que c'est lorsqu’il y a des invités, surtout des étrangers, que les femmes ne se montrent pas. Habituellement, la famille prend le repas ensemble.

Discussion avec Hamou sur les us et coutumes locales et sur le monde en général. Il me parlera de l'Association Nomade Saghro pour le Développement d'aide dont il est membre et des difficultés qu'il rencontre dans l'organisation de ses actions en montagne. Les familles sont souvent très isolées, de longues distances les séparent. Donner un peu d'autonomie aux femmes n'est pas une mince affaire et pas toujours bien vu des hommes. Et développer un tourisme qui apporte à la population locale n'est pas simple non plus. Lenteur, manque de budget, il faut convaincre, surtout les hommes.

Dans une société où l'homme est le chef de famille, décide de tout et tient les cordons de la bourse, les femmes n'ont pas droit au superflu.

Mais cela dépend beaucoup des familles qui bien souvent sont plus "ouvertes" et la femme a une place plus grande en société tout en respectant les traditions.

Grosse journée aujourd'hui, plus de 20 km, mais j'adore marcher ! Je devrais bien dormir. A part le chien qui aboie de temps en temps (oui, il finira bien par se laisser) le silence règne, juste le souffle intermittent du vent sur la muraille à côte de ma tente.

Quatrième jour de trek. Foudoud.

Finalement les chiens ont beaucoup aboyé et le vent a bien soufflé, mais j'ai tout de même passé une bonne nuit en ayant un peu froid. J'ai eu la flemme de prendre une petite polaire et enfiler le pantalon de jogging. Ce soir j'y penserai si je campe.

Petit déjeuner, chargement de la mule, les préparatifs sont toujours un peu longs avant de se mettre en marche. Nous descendons toujours cette vallée assez encaissée aux roches noires découpées et à la maigre végétation dans ce paysage aride. Le ciel est bien brumeux ce matin et nous aurons cette brume toute la journée.

Nous sommes invités à boire un thé dans une famille. La bâtisse est grande et un peu en hauteur avec une superbe vue sur une clue et ses hautes falaises. La rivière est à sec et l'agriculteur se plaint du manque de pluie.

Avec le thé berbère, on nous sert du pain que l'on trempe dans de l'huile d'olive. Il ne faut pas mordre le pain et le retremper, ça ne se fait pas. De même que traditionnellement on mange avec les doigts en formant une boulette de nourriture au creux de la paume qu'on ingurgite sans toucher la bouche. Lors du couscous chez Hamou, le plat est placé au centre de la table et chacun se sert avec une cuillère, ustensile utilisé car il y a des invités et surtout moi, l'étranger. On boit en faisant couler l'eau d'une bouteille dans la bouche sans toucher le goulot des lèvres.

Il y a aussi des dattes mais étant en altitude (1700 m) elles sont assez maigres. Hamou offre des cacahuètes, il y a toujours un échange. En partant, le propriétaire m'offre des figues sèches craquantes.

Nous continuons notre chemin, passons un col et redescendons dans une autre vallée.

Arrêt près d'une petite rivière où un filet d'eau remplit quelques mares. Des grenouilles et même des poissons ce qui ne manque pas de me surprendre. Il doit toujours y avoir un peu d'eau. Hamou est obnubilé par les sources qu'il voudrait protéger, amélioré pour prévoir des arrêts lors de ses treks.

L'association Nomade développe aussi des gîtes chez les agriculteurs pour leur amener des touristes et donc un peu de revenu. L'aspect éducatif est aussi au programme, les enfants doivent souvent faire un long chemin pour se rendre à l'école et certains sont hébergés dans de la famille plus proche d'une école.

A Tagragra, l'aîné des enfants était en vacances à la maison et ce matin il partait dans la famille pour se rapprocher du collège. Sa sœur, plus jeune, va à l'école mise en place par l'association Nomade. Il ne manque plus qu'à trouver l'instituteur qui leur fera classe. Très généreux Hamou et jamais à court d'idées.

A l'abri au bord la rivière, Hamou cuisine puis nous déjeunons.

Pendant le repas, j'explore les mares de cette petite rivière. Elles sont remplies de grenouilles qui se précipitent dans l'eau dès que j'approche. Et pour les plus limpides, plein de petits poissons. Cette rivière n'a de l'eau que ce court trajet marqué par une végétation dense mais réduite, la transition se faisant immédiatement avec le désert aride.

Pas de repos, nous repartons pour deux petits kilomètres et une belle côte qui nous emmènent chez Hamou. Nous aurons marché 10,5 km aujourd'hui.

Oui, le troisième, Hamou notre hôte et ses deux filles. Sa femme visitant de la famille, sera absente. Hamou, mon guide me dira qu'ils sont certainement les trois seuls Hamou de tout le Saghro. Hamou, notre cuistot muletier, se marre.

Hamou prépare donc le thé pour recevoir ses invités, les filles rentrent les chèvres et je monte ma tente. Ce soir je dors couvert, je me suis un peu gelé la nuit précédente, nous sommes à 1 700 m, je vais garder mes chaussettes et ma polaire.

Ils ont l'habitude de dîner assez tard. Après un énième thé, nous mangeons de la soupe. Puis re thé, puis plus d'une bonne heure plus tard, les filles apportent le couscous. Il est servi dans un grand plat et tout le monde autour pioche à la grosse cuillère. La coutume voudrait qu'on mange avec la main en faisant des boulettes. Autant dire que je peux tout mettre à la machine … Mais je campe !

Tout le monde, les filles, notre hôte et nous même, partageons ce repas très convivial. Je suis content de dîner en compagnie de ces filles qui rient beaucoup aux plaisanteries de leur père et d'Hamou.

Le partage est très important chez les berbères. L'hôte offre toujours quelque chose et l'invité fait de même. Hamou sort toujours quelques biscuits, amandes, raisins secs même aux personnes rencontrées sur le parcours. Il me dira que c'est encore plus marqué ici dans les montagnes du Saghro.

Ce soir c'est très calme. On n'entend un peu les chèvres, mais elles sont assez discrètes. Comme le chien, qui n'a aboyé que trois fois. Par contre les Hamou discutent bien. Hamou parle beaucoup de l'Association Nomade, où et comment mettre en place un abri pour les touristes de passage. Mais je vois bien que Hamou pense à son lit et Hamou se demande ce qu'il va nous cuisiner demain ...

Cinquième jour de trek. Tawhyyant.

Hamou nous propose du pain frais.

Donc en attendant que le pain cuise, nous allons chercher de l'eau au puits près de la rivière. Hamou conduit son âne tandis que Hamou guide sa mule et je pars donc avec Hamou qui connaît les lieux comme sa poche.

Nous descendons jusqu'à la rivière où se trouve la source alimentant la famille. Nous continuons avec mon guide car il veut me faire voir un grand bassin qui était rempli par la rivière jadis, durant son enfance et où il pêchait des barbeaux. Là, il reste un petit bassin qui recueille un filet d'eau qui fait le bonheur des grenouilles.

Nous remontons par un autre chemin en escaladant un peu la falaise et arrivons au niveau du four à pain où une des filles fait cuire les galettes. Nous repartirons avec du pain frais.

Après le repas, descente dans la vallée.

Nous sommes prêts, la mule est chargée, et nous prenons la route. On remonte un peu la vallée jusqu'à la casbah De Imi n Ighissi vue la veille puis nous bifurquons dans une autre vallée. Un point d'eau avec une végétation très fournie. Des figuiers, lauriers roses, roseaux.

Le chemin devient difficile car il prend une gorge étroite et il faut aménager certains passages pour que la mule passe. Je suis toujours surpris par l'agilité de cette bête. Elle franchit des obstacles impressionnants. La gorge débouche sur un vaste plateau, nous sommes à 1960 m.

Nous trouvons un endroit pour déjeuner. J'en profite pour aller jusqu'à un petit pic rocheux qui surplombe le paysage. On voit jusqu'à Ighli au loin, quel chemin parcouru ! En attendant le déjeuner, je profite du peu de réseau pour voir un peu les messages. Il y a du vent et du soleil, je brûle …

On reprend le sentier et descendons dans l'autre vallée. Nous nous installons chez la famille de Moha,  nomades qui occupent un emplacement où vivait la famille de Hamou, mon guide.

Le dernier frère ayant occupé les lieux est parti pour la ville il y a quelques années. La vie nomade est vraiment difficile avec des hivers froids, des étés caniculaires, le manque d'eau, l'isolement qui pose vraiment problème lors de maladie. C'est pour cela que Hamou œuvre dans l'Association Nomade, essayant de leur faciliter la vie.

Ce soir je suis encore sous la tente et ne manquerai pas de me couvrir. Les deux Hamou ont la leur, il n'y a pas de pièce pour les accueillir. La famille a une grande tente nomade, c'est la première fois que j'en vois une dans le Saghro. Hamou me dira qu’ils sont là depuis deux semaines avec leur fille et belle fille.

Ce soir, repas berbère sous la tente nomade. Grande tente rectangulaire faite d'une bâche en laine des animaux de la ferme. Ici poils de chèvres et laine de mouton. L'espace est divisé en deux, le côté des hommes où on reçoit les invités. L'autre côté est occupé par les femmes, les deux filles et leur mère. Il y a le fils qui reste aux côtés de sa femme et leur bébé. Très jeune couple d'une vingtaine d'années. Les femmes participent aux discutions, surtout l'épouse de Moha qui plaisante beaucoup.

Repas traditionnel avec un couscous légumes. On voit bien que ce n'est pas l'opulence, repas qui apporte des calories avant tout. Hamou a aussi cuisiné des légumes que nous partagerons. Mais repas toujours animé, Moha, notre hôte aura beaucoup d'humour comme Hamou la veille. Beaucoup de plaisanteries et on voit qu'ils ont plaisir à recevoir du monde.

Hamou me dira que l'isolement pèse beaucoup l'hiver, ils sont parfois coupés du reste du pays par une tempête de neige ou des orages diluviens qui endommagent les chemins.

Après le repas, traditionnellement on s'installe autour d'un feu et on joue au jeu des énigmes qu'il faut bien entendu deviner. Il n'y a pas de feu mais Hamou se prête au jeu avec l'épouse de Moha qui lui soumettra plusieurs énigmes ... Je vais me coucher.

Fin du trek, retour à Handour.

Au loin Amguene N'Sfia et la plaine agricole.

Après notre rituel du petit déjeuner et le chargement de la mule, nous nous mettons en route. Le ciel est bien couvert et nous aurons un peu de pluie, juste pour embêter. Nous redescendons dans la vallée, au détour du sentier, j'aperçois un village en contre-bas, c'est Amguene N'Sfia. C'est là que nous nous dirigeons, nous allons déjeuner chez un des frères d'Hamou mon guide. Le plus jeune est présent avec sa petite fille et son épouse. Il y a aussi sa belle-sœur, épouse du plus âgé absent. Repas familial puis nous reprenons la route.

En chemin, Hamou me fera part des difficultés pour faire changer les choses. Il veut développer une culture avec irrigation gouttes à gouttes pour économiser l'eau qui se fait de plus en plus rare avec la sécheresse. Mais il se heurte aux réticences de ses frères qui préfèrent une agriculture traditionnelle avec les canaux d'irrigation qui gaspillent l'eau. Les puits sont souvent recreusés ou remplacés par un forage plus profond et le coût qui en résulte.

Nous cheminons tant tôt dans le lit de la rivière, tant tôt dans les cultures qui la bordent. On s'arrête souvent pour grappiller quelques dattes, quel délice ! Je n'aurais jamais mangé autant de grenades et de dattes douces et moelleuses. Mais faute de pluie et d'entretien, les palmeraies s'étiolent.

Ayant eu un peu de pluie, Hamou me dit que c’est idéal pour les scorpions qui en général sortent pour chasser. Une petite pause dans le lit de la rivière, et en me retournant j’aperçois une bestiole sur un rocher. Un scorpion !

Un dernier petit raidillon et nous arrivons à Handour où le chauffeur, qui nous avait déposés lors du départ, est là pour nous ramener à N'Kob.

On décharge la mule et rempli la petite fourgonnette. Je dis au-revoir à notre muletier en le remerciant pour la bonne cuisine qu'il nous a concocté durant une semaine et son efficacité à diriger sa mule lors des passages difficiles. Il lui faudra deux bonnes heures pour regagner son domicile. Vraiment content d'avoir fait tout ce périple en sa compagnie, il ne parlait pas beaucoup en français, mais nous nous comprenions.

Un au-revoir à notre mule pour avoir transporter tout notre attirail sans faillir. Même si elle semblait très chargée, Hamou son maître a toujours veiller à ce que les paniers soient bien équilibrés et bien disposés sur son dos. Je ne l'ai jamais vue en difficulté, la charge étant correcte pour elle et j'avais peine à la suivre ! Ciao belle mule ...

Arrivée au gite Berber Nomade Kasbah, je rejoins ma chambre pour une bonne douche avant de ressortir pour boire un dernier verre avec Hamou.

De l'importance de faire appel aux locaux.

Ce trek a été pour moi un enchantement. Des paysages somptueux, le Saghro est sauvage et c'est un paradis pour les passionnés de géologie. Une immersion totale dans la culture nomade, prendre conscience de leurs conditions de vie, leurs coutumes. Et Hamou m'aura beaucoup donné d'explications, d'anecdotes sur la vie qu'il a passé dans le Saghro de son enfance. Il connait chaque lieu, chaque famille, chaque tribu. Parfois avec beaucoup d'émotion comme dans ce dernier campement qui était autrefois celui de sa famille. Finalement son frère a quitté les lieux pour s'installer plus bas dans le village. De son enfance loin de ses parents trop éloignés de l'école ou du lycée. De ses années à l'université d'Agadir en fac de géographie et d'histoire.

C'était un trek assez physique certains jours, mais Hamou peut très bien adapter les étapes et faire un circuit plus court. Son action auprès des nomades pour apporter un peu d'autonomie aux femmes, des écoles aux enfants, des revenus aux familles est louable et témoigne d'une grande générosité.

Privilégiez cette authenticité plutôt que ces grosses agences qui soupaient les guides et n'apportent rien aux familles nomades, vous ne serez pas déçus !

ⵜⴰⵏⵎⵎⵉⵔⵜ ⵉⵎⴷⴷⵓⴽⴰⵍ ⵉⵔⵃⵃⴰⵍⵏ, ⵙ ⵜⴰⵖⵣⵉ ⵏ ⵢⵉⵎⴰⵏ ⵉⵡⴼⴳⴰⵏ ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ.ⵜⵢⴷⴷⵓⴽⵍⴰ.

Merci mes amis nomades. Longue vie au peuple Berbère. Amitiés.

Tracé global de notre trek dans le Saghro.

Notre Trek, trajet dans le Saghro.

Vidéos de chaque étapes.

Maroc – Trois jours de randonnée dans le Djebel Saghro.

Djebel Saghro

Le Maroc.

Randonnée dans le Djebel Saghro

ⵜⴰⵏⵢⵓⴷⴷⵓⵜ ⴳ ⵉⴷⵓⵔⴰⵔ ⵏ ⵚⴰⵖⵔⵓ

Arrivée au Maroc et transfert à N'Kob.

Mimou nous accueille à Berber Nomad Kasbah.

Dès notre arrivée à Ouarzazate, un taxi envoyé par l'hôtel nous conduit à N'Kob où nous logerons à la Berber Nomad Kasbah. Mimoun nous accueille et nous visitons la petite ville de N Kob et ses nombreuses kasbah.

Le soir, notre guide Hamou, vient pour mettre au point l'itinéraire que nous suivrons et voir avec lui ce que nous devons emporter pour trois jours. Le matin, nous partons pour notre point de départ où nous attendent Zaid et Ahmed, le cuisinier et son aide de camp ainsi que leur deux mules pour porter matériel et bagages.

Le soleil brille, il fait très beau en cette fin du mois de mars mais la température est très fraîche.

 

Nous sommes accueillis par ⴰⵎⴰⴷⴰⵏ ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ (Le peuple Berbère).

Premier jour de trek.

Nous commençons notre trek conduits par Hamou tandis que nos aides, Zaid et Ahmed, partent de leur coté avec les mules.

Nous cheminons dans le lit d'une petite rivière que nous remontons à travers de belles gorges. Puis nous débouchons sur des cultures et les aiguilles du Saghro nous apparaissent au loin.

C'est le début du printemps dans le Saghro et les cultures d'orge, de luzerne verdissent le paysage. Les amandiers ne sont plus en fleur mais déjà les embryons d'amande sont présents et le reste des arbres présentent des feuilles naissantes donnant au paysage une douceur réconfortante. Îlots de verdure cernés par l'aridité des montagnes environnantes.

Hamou, notre guide au Maroc dans le Djébel Saghro.

Nous rejoignons Zaid et Ahmed qui  préparent le repas et installent la natte sur laquelle nous le prendrons. Notre cuisinier nous préparera une salade de crudité et un  tajine. Malgré la précarité de l'installation, nous ferons un bon repas équilibré et savoureux.

Nous repartons et grimpons toujours en direction du col en passant sous une grande falaise. Arrivé au col à 2200 m, nous redescendons en direction de notre campement à 1 700 m d'altitude, l'équipe logistique étant déjà arrivée et prépare le repas du soir.

La redescente du col est fabuleuse avec un panorama fantastique sous une lumière de fin de journée qui met en valeur le grès rouge des falaises.

Nous arrivons à notre campement en fin d'après-midi. Plus de 7 heures de randonnée, 18 km de parcourus avec plus de 700 m de dénivelé positif ... Belle balade !

Mais Hamou a su nous ménager, bon rythme, poses régulières et nos discussions sur la faune, la flore, les minéraux vraiment inintéressantes, un bon guide connaissant bien le Saghhro, sa région natale.

A notre arrivée au campement, le repas était en préparation, le thé nous attendait sous une tente pour nous abriter du vent mais aussi de la fraîcheur pour ne pas dire du froid. Nous montons notre tente et installons le couchage. Repas copieux et délicieux. De nouveau un thé en fin de repas. Nuit de repos dans un silence absolu car bien loin de tout village ou ville. Ciel limpide et très étoilé, pas de pollution  lumineuse, des myriades d'étoiles, merveilleux !

Second jour de trek.

Nous traversons de somptueux paysages.
Le matin au petit déjeuner.

Après une nuit de repos, nous prenons notre petit-déjeuner entourés d'un somptueux paysage. Comme pour les repas de midi et du soir, nous ne manquons vraiment de rien. Grosses crêpes, café, vache-qui-rit, confitures... Nous prenons des forces pour la suite du trek.

Nous rangeons nos affaires, refaisons nos sacs, démontons notre tente et nous nous mettons en route. Nous croisons un campement de nomades et leur troupeau de chèvres.

De notre campement, nous remontons sur un plateau pour changer de vallée.

Chemin faisant, j'observe les pierres et le Saghro est un paradis pour un géologue en herbes que je suis. Les terrains sont très âgés, entre 400 et 350 millions d'années. On y observe de beaux cristaux de cristal de roche mais aussi des nodules dont l'intérieur est rempli de cristaux ou du poudre noire très fine.

Bien que claire semée, nous sommes au printemps et de nombreuses plantes sont en fleur et ce sont adaptées à ce climat aride. Bien que la température oscille entre 6°c le matin et un peu moins de 20°c dans la journée, Hamou me dira qu'en plein été, elles atteignent facilement 40° à 45°c

Nous traversons de somptueux paysages.

Nous finissons par arriver au campement du déjeuner déjà aménagé par notre équipe logistique. A l'ombre des beaux amandiers, nous prenons notre repas au bord d'un champ d'orge. Un peu de repos puis nous repartons en suivant le cours d'une petite rivière.

Nous croisons Zaid et Ahmed sur leur mules qui se dirigent vers le campement du soir que nous atteignons en fin d'après midi.

Nous traversons de somptueux paysages.

Notre second campement est proche d'un petit village et les enfants viennent curieux d'avoir la visite d'étrangers.

Confection d'un pain à la berbère.

Zaid et Ahmed préparent déjà le repas du soir et nous assistons à la fabrication de pain cuit à la berbère sur des pierres chaudes.

Composé de farine de blé, de maïs et de semoule, Zaid pétrit énergiquement la pâte et la laisse reposer pendant qu'il prépare le foyer pour la cuisson.

Des pierres sont bien rangées, un feu est allumé dessus pour les chauffer. Puis débarrassées de la cendre, Zaid étale le pâton dessus. Avec des branches de palmier il faire cuire le dessus du pâton pour y déposer des graviers afin qu'ils n'y collent pas. Puis un feu est allumé au-dessus pour cuire le pain.

Une fois cuit, les graviers sont enlevés, la cendre balayée et le pain retiré.

Nous passons à table !

Lors de cette seconde journée de trek, nous aurons parcouru 18,8 km en 5 heures environ et nous sommes passés de 1840 m à 1 302 m d'altitude. Petite journée !

Troisième jour de trek.

Aiguilles dans le Djebel Saghro.

Après le petit déjeuner, nous reprenons notre route après avoir plié nos affaires, fait nos sacs, rangé la tente. En chemin nous rencontrons un jeune garçon qui vend de petites décorations en laine colorée, j'en ai déjà achetées plusieurs pour ma sacoche photo.

Nous empruntons le lit de la rivière avant de monter vers un plateau. De fabuleuses aiguilles rocheuses commencent à apparaître. Nous cheminons jusqu'à un camp de nomades perdu dans une immensité entourés de barres d'aiguilles magnifiques.

Hamou discute avec les femmes et nous sommes invités à boire un thé. Le mari est parti avec un fils pour travailler aux champs et les femmes s'occupent des chèvres et brebis mais aussi du linge.

Quelques photos durant la préparation du thé et j' hallucine, leur petite maison en pierres sèches est au centre d'un cirque d'aiguilles en demi cercle ouvert sur une vallée immense !

C'est la "Petite Maison dans la prairie" façon berbère, ici c'est désertique, c'est minéral, c'est vrai.

Et à la fois aussi très terrifiant de ce dire que cette famille vit ici dans un froid glacial, neige en hivers, une canicule durant tout l'été ( jusqu'à 45°c) Les femmes vont parfois loin et bas pour trouver de l'eau.

La vie doit être bien rude dans ce paradis visuel.

Un petit billet pour remercier la famille et nous repartons en direction de la grande vallée. Tout le long de ce trek, j'ai souvent le regard qui observe les pierres et terrains que nous rencontrons et je ne suis pas déçu par ce que je vois. Des granites très particuliers, des roches avec des géodes incluses, un régal !

Sur le plateau, un camp de nomades dans un paysage fabuleux.

Durant le trajet, on peu observer une immense faille où on voit bien son trajet rectiligne qui remonte la pente et ce n'est donc pas la trace de l'érosion hydrique mais bien une faille tectonique.

Des photos avec Hamou, des enclos pour bétails et bien sûr des aiguilles. Ici la pierre est d'un beau ton saumon, jaunâtre et est constituée d'un pudding (ou conglomérat) avec de gros galets inclus dans une gangue.

Nous arrivons en vue du campement du déjeuner. Zaid et Ahmed ont déjà tout préparé et lorsque nous arrivons, on nous sert un thé berbère à la menthe accompagné de cacahuètes. A la fin du repas, nous remercions et disons au-revoir à Ahmed qui rentre chez lui. Puis nous reprenons le sentier de retour.

Aiguilles dans le Djebel Saghro.

Nous finissons notre trek au même point de départ. Nous remercions Zaid et rentrons à notre hôtel en voiture.

Lors de cette troisième étape, nous avons marché 18,8 km en 5 heures en passant de 1703 m à 1380 m d'altitude. Le total de notre trek en 3 jours, 53 km. Assez content de cette merveilleuse balade dans le Saghro.

Arrivés à notre hôtel, Minoum nous dit que nous sommes invités dans la famille du propriétaire de l'hôtel pour déguster un couscous en compagnie de 5 autres clients de l’hôtel. Ambiance bon enfant, les discussions vont bons train et nous comprenons bien qu'ici nous sommes en territoire berbère et non pas arabe.

3 jours de trek, 53 Km de parcourus.

Ainsi se terminent notre séjour à N'Kob et nos trois jours de trek. Un accueil chaleureux et des paysages de folies, nous qui aimons particulièrement les contrées désertiques, ces montagnes sans végétation où la Terre est à nu et expose ses merveilles.

Le lendemain, nous repartons pour Ouarzazate et nous récupérons notre véhicule de location pour de nouvelles aventures.

Je vous invite à visionner l'autre site, celui des photos, où il y a plus de photos ainsi que des commentaires sur notre voyage au Maroc.