Maroc – Le Djebel Saghro – Randonnée de six jours

Berbère Flag

Trek au Djebel Saghro, Maroc.

Maroco Flag

Situation géographique.

En tamazight, Saghro signifie sécheresse , un nom approprié si l'on considère que le Jbel Saghro est la région montagneuse la plus sèche de tout le massif de l'Atlas.

Le djebel Saghro, orienté selon un axe SO-NE, est un prolongement oriental de l'Anti-Atlas, dont il est séparé par la vallée du Draâ . Au nord de la chaîne s'étend la vallée du Dadès, qui la sépare du massif du Haut Atlas.

Le point culminant de la chaîne est l'Amalou n'Mansour (2 712 m) , situé au sud-est d'Iknioun.

Situé à l'intérieur des terres, ce massif ne bénéficie pas des vents de l'océan Atlantique qui apportent de l'humidité aux chaînes de l'Anti-Atlas, plus à l'ouest, ainsi qu'aux autres chaînes exposées à l'océan, plus au nord. Les précipitations annuelles ne sont que de 100 mm sur les versants sud et de 300 mm aux sommets.

Paysage lunaire de plateaux, de pics, de canyons parcourus par des oueds, des forêts, le tout dominé par des pitons de basalte (necks).

Histoire géologique.

Son histoire géologique est très ancienne avec une alternance de phases volcaniques, de sédimentation puis d'érosion. Les premiers reliefs volcaniques sont constitués de trachytes et de rhyolites. Leur érosion a formé des conglomérats et des grès.

Il y a eu ensuite des périodes de sédimentation continentale, puis marine (gisements de trilobites). Le soulèvement de la période hercynienne donne la forme générale du massif. Plusieurs épisodes tectoniques avec issue de roches magmatiques (dolérites), puis volcaniques au Tertiaire avec libération de phonolithes se prolongent jusqu'à l'orée du Quaternaire. L'érosion complète la morphologie actuelle du massif.

Des mines sont exploitées sur le versant nord à Tiouit (or, argent) et Imiter (argent).

Arrivée à N’kob ( ⵏⵇⵓⴱ ):

J’arrive aux aurores à l’aéroport de Marseille pour un vol en direction de Ouarzazate, où je retrouve Moha, le taxi envoyé par Hammou.

Nous nous arrêtons à Ouarzazate pour acheter une carte SIM et avoir un peu de connexion, bien que je sais qu’une fois que nous serons dans les montagnes, je n’aurais plus de réseau, donc plus de data. Finalement, certains jours j'aurais un peu de connexion avec ma carte Maroc télécom. Hammou me dira que le réseau Inwi est plus présent au Saghro. J'aurais du le savoir !

Puis, nous partons pour N’Kob, à 135 Km de l’aéroport, 2 heures de trajet.

A N’kob, je retrouve l’hôtel Berber Nomad Kasbah et on m’attribue la même chambre. Je retrouve Hammou pour le déjeuner dans un petit resto de la rue principale puis retourne à l’hôtel pour une petite sieste réparatrice.

Une petite balade pour visiter une jolie casbah et les jardins de la palmeraie puis retour à l’hôtel pour le dîner, un tajine au poulet et citron excellent.

Hammou, mon guide.

C'est le troisième trek que je fais avec Hammou, mon guide. C’est un enfant du pays. Ses parents étaient nomades dans le Djebel Saghro, où il y a gardé les chèvres dans son enfance.

Il connaît toute cette région comme sa poche, me montrant les emplacements des camps nomades de ses parents, l’endroit où il est né, perdu dans les montagnes, les sources où ils venaient chercher l’eau ou faire boire le bétail, les villages et maisons de sa famille.

Hammou est intarissable sur les plantes, leur vertu médicinale ou alimentaire. Nous ramassons des cailloux et il en détermine la nature. Il m'indique les traces dans le sable, serpent, lézard, renard ...

Il a construit, sur sa propriété, un igloo pour accueillir les touristes et a pour projet d'en construire un second et aménager une terrasse face à un paysages superbe pour la détentes de ses convives.

Hammou est très impliqué dans les projets d'aide aux nomades du Saghro, d'écoles permettant la scolarisation des enfants sans qu'ils fassent trop de kilomètres pour trouver une classe. Il ne manque jamais d'apporter ses conseils et soutiens aux nomades que nous rencontrons.

C’est avec un grand plaisir que je le retrouve et me laisse guider dans ces paysages sublimes pour la troisième fois.

Si vous soutez le contacter, consulter sa fiche avec ses coordonnées.

Jour 1: De Tifrit ( ⵜⵉⴼⵔⵉⵜ ) à Daw ourir nzgigi ( ⴰⴳⵔⴷ ⵏⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏⵣⴳⵉⴳⵉ )

Après le petit déjeuner au Berber Nomad Kasbah, je retrouve Hammou et nous partons en voiture à 8 km pour démarrer notre trek. La mule est là ainsi que Hammou, le muletier et cuisinier durant notre trek. Tri de nos affaires et des provisions, chargement des paniers et leur placement sur le dos de l’animal et nous pouvons prendre la route.

Nous marcherons dans le lit d’une rivière à sec, cheminant dans les paysages désertiques. Comme toujours, lors de la marche, nous échangeons souvent avec Hammou. La rivière à sec, le manque de pluie, la chaleur excessive et les problèmes rencontrés par les agriculteurs de la région du Saghro qui ont bien du mal à faire prospérer leur travail dans les champs.

Nous ferons un arrêt à zgigi ( ⵣⴳⵉⴳⵉ ), dans le lit de la rivière pour notre pique-nique de midi. Hammou en profite pour faire boire sa mule. Petite sieste à l'ombre avant de repartir.

Nous rencontrons un groupe d’agriculteurs mettant en sac le henné récolté. Nous traversons des champs où il n’y a plus de culture, seulement des amandiers et quelques dattiers. Nous sommes en pleine récolte des dattes, les bouquets étant protégés des prédateurs par des filets. Nous en cueillons quelques unes, sucrées, juteuses, un délice.

Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu, et les agriculteurs ont beaucoup investi dans des forages pour irriguer leurs cultures. Mais Hammou me dira que la jeunesse a du mal à se projeter dans l’agriculture, les revenus étant très aléatoires.

Nous finissons, au bout de douze kilomètres, notre première journée de trek. A l’écart d’un village, nous nous installons sur les hauteurs dominant la rivière.

Fin d’après-midi paisible, un premier thé berbère en arrivant puis, après avoir monté nos tentes, les deux Hammou préparent le repas.

Notre premier campement.

Des enfants viennent nous voir et discutent beaucoup en amazigh. Ils sont scolarisés dans le village voisin où ils apprennent l’arabe littéraire et le français. Hammou déplore que l'amazigh ne soit pas au programme car c’est leur langue maternelle dont l’écriture est si belle. Les enfants retournent au village et nous nous mettons à table.

Jour 2: De Daw ourir nzgigi ( ⴷⴰⵡ ⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏ ⵣⴳⵉⴳⵉ ) à Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 2

Réveil tôt ce matin, juste après le lever du soleil. Petite toilette sous ma tente puis je rejoins les deux Hammou pour le petit déjeuner. C’est toujours un repas important au Maroc, il est copieux. Du pain grillé et miel, confiture, huile d’olive, fromage, omelette. Du café au lait juste pour moi alors qu'eux boivent du thé.

Je range mes affaires, remplit mon sac, replie ma tente et nous chargeons la mule en équilibrant bien les deux paniers. Rien ne traîne, nous levons le camp et partons sur les sentiers.

Nous étions à 1 300 mètres d’altitude et le sentier monte progressivement. Nous passons devant une grande bâtisse occupée par une famille, puis une école maternelle aux murs colorés, une autre ferme puis les pics typiques du Saghro pointent à l’horizon.

Les paysages sont arides, minéral. Nous cheminons comme la veille dans le lit d’une rivière à sec.

Arrêt pour déjeuner à Boygra ( ⴱⵓⵢⴳⵔⴰ ). Il y a toujours un thé pour commencer et aujourd’hui il est agrémenté d’une sorte de pizza qu’une paysanne nous à donner en même temps que quelques dattes et des grenades.

Il y a toujours un bon accueil sur la route lorsque nous rencontrons des nomades berbères. La majorité sont devenus sédentaires, occupant de grandes bâtisses où plusieurs familles coexistent. Nous sommes régulièrement invités pour un thé.

Ils vivent de l'élevage, surtout des chèvres, parfois des moutons, et de quelques cultures maraîchères ainsi que des arbres fruitiers.

Le repas terminé, nous faisons une petite sieste à l'ombre avant de repartir. Il fait assez chaud, plus de 27°c, le soleil est implacable et nous repartons en début d’après-midi.

Nous grimpons toujours, le Saghro nous entoure de ses formations majestueuses, imposantes, minérales.

Nous trouvons un emplacement adéquat pour notre camp. Nous avons demandé de l’eau à une famille avant d’atteindre les hauteurs. Nous sommes de nouveau installés dans le lit à sec d’une rivière, cette fois, de l’eau s’écoule en un mince filet ce qui suffira pour abreuver la mule et faire la vaisselle. Parmi les joncs, des grenouilles sautent dans l'eau et se cachent dans la vase.

On retrouve souvent des palmiers au bord des cours d'eau ainsi que les joncs et palmiers nains.

Nous avons atteint les 1 680 mètres d’altitude, il fait un peu plus frais ce soir. J'aurais un peu chaud dans mon duvet.

Une dernière infusion et je regagne ma tente. Un dernier coup d'œil au ciel étoilé, pas de pollution lumineuse, la voie lactée est magnifique. Peu avant 22 heures, la lune émerge derrière la montagne, le spectacle est magique.

Jour 3: De Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ ) à Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 3

Nous quittons notre campement après un copieux petit déjeuner. Nous empruntons un sentier qui longe la piste carrossable.

La plaine monte en pente douce vers des chaînes de grès qui barrent l’horizon. Les massifs rocheux sont sculptés par l’érosion et se découpent contre le ciel.

Aujourd’hui, un vent venu de l’Est, chargé de la poussière venue du désert, barre l’horizon. Cette brume estompe les sommets lointains rendant le paysage mystérieux. Aux Canaries, on appelle cette brume le Calima, et elle est bien présente aujourd’hui.

Nous suivons tantôt un sentier, tantôt la piste. Nous passons par un col à 2 052 m. Nous y rencontrons deux couples lyonnais qui explorent la région en quad. Petit arrêt pour discuter puis nous continuons la piste qui redescend. Nous rencontrons deux 4X4 de toulousains avec qui nous échangeons, ils sont un peu perdus. Hammou leur indiquera la bonne piste. C’est le premier jour où nous rencontrons des touristes.

Arrêt pour déjeuner près d’un point d’eau à Tagmout ( ⵜⴰⴳⵎⵓⵜ ). Il n’y a pas beaucoup d’ombre et nous ne ferons pas de sieste.

Hammou amène sa mule sur du sable où elle s'y roule pour un bon bain de poussière.

Nous repartons et traversons une chaîne montagneuse pour redescendre vers le village d'Assaka n'Ait Ouzzine.

Nous irons dans la famille Assaka, qui nous accueille, selon la tradition, avec un thé, accompagné, de dattes et d'amandes, de miel et huile d'olive et du pain.

Ma tente plantée dans la cour, j’en profite pour aller prendre une douche chaude. Un bonheur !

Hammou, le muletier, aidé des cuisinières de la famille, préparera un couscous que nous mangerons en compagnie de Mohamed, un des fils de la famille qui parle un français parfait.

Il tient la Guest House Ait Aamr (+212 710 708 966) où il accueille les touristes de passage.

Les discussions en Amazigh vont bon train. Hammou me donne de temps en temps des traductions.

Ils se donnent des nouvelles des uns et des autres, le Saghro est peu peuplé, tout le monde se connaît.

La Guest House Ait Aamr.

Mohamed Assaka parle avec Hammou de son gîte pour accueillir des touristes, des améliorations qu'il compte faire.

Belle étape, nous avons marché presque 18 km avec plus de 600 m de dénivelé positif comme négatif.

Durant notre marche, je discute toujours autant avec Hammou, sur les minéraux et les plantes rencontrés sur le sentier. Certaines plantes sont utilisées pour leur valeur médicinale ou culinaire. Nous passons aussi devant d’anciennes mines de quartz et barytine, et les pistes sont construites pour y accéder, un plus pour la région.

Encore une super journée avec de fantastiques paysages.


Guest House Ait Aamr

Contact : Mohamed Assaka (tel et WathsApp +212 710 708 966)

Jour 4: De Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ ) à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ )

Lever de soleil à Assaka.
Maroc Djebel Saghro trek jour 4

Je me lève un peu avant le lever de soleil, le village est encore endormi, seuls les coqs chantent.

C'est Hammou, le muletier, qui se lève en premier et commence à préparer le petit déjeuner. Nous le prenons tous ensemble, Mohamed Assaka nous rejoint et discute avec mes guides.

Je range mes affaires, démonte la tente pendant que les deux Hammou rangent, eux aussi, tout le matériel.

J'aide à charger la mule, puis nous quittons la Guest House Ait Aamr. Je remercie Mohamed Assaka pour son accueil et hospitalité et nous prenons le chemin en direction de l’Est.

Aujourd’hui, nous ne croiserons aucun touriste, quelques berbères dans des camps nomades, la région est vraiment peu peuplée.

Les paysages sont toujours aussi beaux et désertiques. Pas un seul arbre. Hammou me montrera une crête où il y avait, jadis, de grands genévriers. Ils ont tous été coupés pour faire du bois de construction. Ces arbres mettent des dizaines d'années à se développer, une perte pour cette nature difficile.

Nous passons sur de grandes zones où des sillons parallèles ont été creusés. Hammou me dit qu’un essai de reboisement avec des jujubiers est en cours. Ces arbustes sont bien adaptés aux terrains désertiques.

Des forages ont été faits pour apporter de l’eau aux familles nomades et aussi certainement pour irriguer ces plantations. Pour le moment, nous ne voyons rien, pas de plantules.

Au creux de certains vallons, des palmiers nains poussent. C'est le signe qu'il y a de l'eau à cet endroit, parfois uniquement souterraine.

Des roches en forme de champignon, érodées par le vent. Je retrouve aussi, tout au long des sentiers, des roches patinée. Leur surface est foncée, lisse et brillante. C'est l'action du vent chargé de sable qui poli leur surface.

Nous passons devant une source que j'avais vue lors de mon dernier trek. Elle a été bien aménagée avec un abreuvoir pour le bétail. L'eau est bien claire bien qu'un petit filet coule. Je ramasse un peu de menthe pour le thé.

Arrêt à Tinwayour ( ⵜⵉⵏ ⵡⴰⵢⵓⵔ). Nous déjeunons en plein soleil étant sur un plateau dépourvu d’ombre. Donc pas de sieste encore aujourd'hui.

Dans la descente, nous croisons une chèvre avec son cabri de quelques heures qui marche à peine. Nous nous approchons, mais elle nous regarde, inquiète. Nous ne les dérangeons pas plus.

Nous entamons une grande descente, raide, dans les pierres. Le sentier est difficile, mal marqué car peu de monde l'emprunte.

Vers le fond de la vallée, nous retrouvons un point d'eau. Il n'a pas plu depuis de nombreux mois, et le peu d'eau est capté pour irriguer quelques cultures.

Nous terminons notre journée de trek dans la vallée de Berkou, à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ). Nous nous installons sur les berges d'une rivière là encore à sec. Hammou ira chez de la famille pour se procurer de l'eau.

Nous avons marché 18 km avec un col à 1971 m, plus de 500 m de D+ et presque 800 m de D-.

Le sentier de la descente était en mauvais état, très raide et je suis toujours étonné de l’agilité de notre mule qui, guidée par Hammou, franchit tous les obstacles et progresse habilement là où je me dit que je vais bien finir par m’étaler.

On la sentait tout de même bien contente d’être arrivée et déchargée. Un sac d’avoine a été sa récompense bien méritée. Et elle sera abreuvée avant la préparation de notre repas.

Les deux Hammou cuisinent un tajine aux légumes pour ce soir et de la grenade en dessert. Je me régale.

Même s'ils n'ont pas apporté beaucoup d'ustensiles de cuisine, cocotte minute et plat à tajine, les repas sont toujours délicieux et ce n'est pas encore là que je perdrai du poids.

Jour 5: De Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ ) à Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ )

Une journée où les paysages sont exceptionnels ! Mais aussi un trek très long, 23 km. Ce sera la plus longue distance parcourue durant cette semaine au Maroc. Certainement ma plus belle journée de randonnée.

Maroc Djebel Saghro trek jour 5

Nous démarrons notre trek en suivant la rivière pratiquement à sec. Subsistent quelques mares envahies de têtards et de grenouilles qui plongent pour se cacher dans la vase.

Nous passons devant une vieille bâtisse qui appartenait au grand-père de Hammou. De là, nous montons vers un col, la vue sur les sommets est superbe. Hammou me fait voir des crêtes où nous pourrions faire un trek une prochaine fois.

Je lui donne, dès à présent, rendez-vous pour l'an prochain. La vue de cette montagne me donne vraiment très envie d'y parcourir les crêtes.

Du col, nous montons vers un plateau et atteignons les 1814 m d’altitude. De là, nous redescendons vers l'autre versant et je retrouve les formations vues lors de mes derniers treks.

On se croirait en Arizona. Des pics, des plateaux tabulaires, le paysage est magique et je ne m’en lasse toujours pas.

Des parois de grès sculptées, de larges plateaux aux falaises abruptes surplombant des roches rouges et orangées. Je reconnais les lieux de nos derniers passages, où nous avions campé ou déjeuné.

Nous poursuivons et arrivons chez Hammou, le muletier, à ighazoun (ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ) Il nous attendait pour le déjeuner. Arrivée un peu tardive, nous avons déjà marché 16 km.

Hammou apporte le thé puis un tajine aux légumes. Ils n'utilisent pas de poivre, comme condiment, mais de la poudre de cumin.

Un peu de repos avant de reprendre la route, puis une fois la mule chargée, nous nous mettons en marche.

Nous suivrons le cours d’une rivière à sec pour arrivée dans la famille de Hammou, mon guide, qui nous attendait.

Un thé, les deux frères et la belle-sœur discutent un moment, puis nous rejoignons l’igloo que Hammou a construit l'hiver dernier.

Très accueillant, l'espace est grand et confortable pour quatre personnes. Il y a un coin toilette et douche dans un autre local tout proche. La vue sur les montagnes en face est superbe et je conseille à Hammou de construire un espace de repos face à ce magnifique panorama.

Nous dînons devant l’igloo, je les laisserais en grande discussion tous les trois pour aller me reposer dans l'igloo.

Nous avons marché plus de 23 km aujourd’hui, je suis un peu vanné, un grand besoin de reposer mes jambes. Extraordinaire randonnée.

Jour 6: De Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ ) à Nkob ( ⵏⵇⵓⴱ )

Igloo de Hammou à Tifdassin . ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ
Maroc Djebel Saghro trek jour 6

Après un dernier chargement de la mule, nous nous mettons en marche. Nous suivons le cours de la rivière et passons par des terrasses de cultivées.

Outre les palmiers, amandiers, oliviers, grenadiers et autres arbres fruitiers, nous trouvons des jardins maraîchers où les semis d’hiver commencent à se développer. Des carottes, navets, coriandre, mais aussi de la luzerne et de l'alfalfa pour le bétail.

Rencontre avec quelques paysans qui viennent s’occuper de leurs cultures, notamment de l'irrigation de leur parcelle.

En chemin, nous glanons quelques dattes que nous dégustons sur place, elles sont sucrées, succulentes, j'en raffole. Hammou cueille aussi quelques grenades.

Nous rencontrons une équipe qui effectue des forages de prospection pour un futur barrage de 20 mètres de haut sur cette rivière.

Gros problèmes d’eau dans le Saghro, plusieurs épisodes de sécheresse ont entraîné un exode rural.

Depuis ma dernière venue il y a deux ans, j’ai pu voir le nombre de nouveaux forages et pompes pour puiser d’eau de la nappe phréatique. Beaucoup d’agriculteurs se sont équipés. Beaucoup de cultures sont maintenant irriguées par des dispositifs de gouttes à gouttes bien plus économes en eau.

Un peu plus loin, Hammou me montre quelques gravures rupestres puis un petit serpent qui se faufile sur les rochers.

Nous arrivons au terme de notre trek et retrouvons Hammou qui a déchargé sa mule et préparé le repas. Un petit thé à la menthe pour nous désaltérer, le chauffeur qui doit nous ramener à N’kob vient se joindre à nous.

Fin du repas, fin de l’aventure berbère, je remercie chaleureusement notre muletier qui va repartir chez lui avec sa mule déchargée. Nous rentrons, Hammou et moi, à N’Kob où je retrouve ma chambre à Berber Nomade Kasbah.

De retour à l'aéroport de Ouarzazate, on voit la centre solaire avec sa tour où les faisceaux des miroirs concentrent les rayons du soleil afin de faire chauffer un réservoir de sel et produire de l'électricité.

Totalité des Treks de 2023 et 2025.

En 2023, j'avais effectué un grand trek de six jours en compagnie de Hammou. J'ai retrouvé certains lieux où nous étions passés en 2025.

Cette année, nous aurons fait de plus grandes étapes, et j'ai adoré ces paysages immenses lors de ces longues randonnées, près de 100 km cette année dans des paysages sublimes !

Maroc Djebel Saghro trek 2025
Maroc Djebel Saghro treks 2025 et 2023

C’était un plaisir de rencontrer de nouveau tous ces nomades perdus dans les immensité du Saghro, leur accueil chaleureux, leur hospitalité, toujours prêts à vous servir un thé ou vous inviter à partager leur repas ou vous héberger pour la nuit. Hammou est très actif pour le développement du tourisme dans le Saghro, c'est toujours un petit supplément de revenu pour eux.

Rendez-vous pris pour l'an prochain, j'espère bien découvrir ces fameuses crêtes !