Back to Iceland (Page 1)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Retour en Islande

Mousse

Nous retournons en Islande cinq ans après notre dernier voyage. Nous avons découvert l’Islande en 2003 par un tour de l’île sur la route N°1. Emballés par les paysages extraordinaires, nous y sommes retournés l’année suivante en louant un 4X4 pour explorer le désert intérieur.

Ont suivis des voyages en 2007 et à l’automne 2008, nous voulions voir l’Islande sous la neige en hivers. Puis un voyage en 2011 ayant la nostalgie de ce pays. En 2015 nous y retournons mais seulement deux jours car juste pour participer au marathon de Reykjavík.

En cet été 2020, nous y retournons profitant de la crise du COVID-19 et espérant que l’île ne soit pas envahie de touristes comme ces dernières années.

Nous faisons un test PCR COVID avant notre départ sachant qu’il sera refait à notre arrivée en Islande. Donc testés à l’aéroport, nous attendons le résultat à Reykjavík. La ville est particulièrement tranquille, très peu de touristes, les terrasses sont quasi désertes et il y a vraiment peu d’ambiance.

Vik.

Lupin

Résultats négatifs pour tous les deux, nous prenons la route le lendemain pour de nouvelles aventures.

Cette fois nous louons notre 4X4 chez un loueur islandais (Blue Rental Car), les tarifs sont plus avantageux et nous aurons un véhicule diesel avec beaucoup plus d’autonomie, point important pour parcourir le désert intérieur où les stations-services sont rares voire inexistantes.

Nissan X Trail.

Nous sommes début juillet et de nombreuses pistes demeurent fermées, nous aurons à modifier notre itinéraire fréquemment en consultant tous les jours le site officiel

(http://www.road.is/travel-info/road-conditions-and-weather/entire-iceland-road-conditions-map/ )

Au grès de l’ouverture des pistes, nous progressons vers notre premier but: le volcan Askja dans le centre-est.

Notre première étape nous conduit jusqu’à Vik.

Nous redécouvrons les paysages de la route N°1 avec les montagnes vertes et moussues, les cascades et les langues glaciaires.

Arrêt à Skógafoss, magnifique cascade que nous avons vu même en plein hiver, glacée.

En ce début de séjour islandais, nous avons un temps magnifique ... Nus sommes chanceux !

Au pied de la langue glaciaire Solheimajokull issue du Myrdalsjokull.

La ville de Vik.

A Vik, nous irons au camping et notre nuit sera troublée par les centaines d’oiseaux nichant dans la falaise au-dessus de notre tente mais aussi par l’absence de nuit. Nous sommes très au nord, proche du cercle polaire et même si le soleil se couche quelques heures, le ciel demeure très lumineux.

La luminosité ajoutée aux cris des oiseaux nichant dans la falaise ferons que notre première nuit sous tente sera quelque peu agitée.

Lakagígar.

Lave basalte

Des pistes étant encore fermées, nous décidons d’aller voir le Laki. Le site officiel du gouvernement islandais nous indique les pistes ouvertes ou fermées. Nous le consultons chaque jour et décidons de l itinéraire possible.

Mais depuis la veille une roue semble se dégonfler. Nous reprenons la route le dimanche avec un pneu à plat et nous utilisons la galette pour chercher un réparateur.

Mais c’est dimanche et tout est fermé. Nous finissons par trouver un kit de réparation dans une station-service et je répare le pneu avec une mèche.

Ma réparation tiendra jusqu’à la fin de notre séjour... Trop fort !

Nous poursuivons sur la route N°1 qui traverse de grandes plaines couvertes de champs de lave. Ces coulées sont très anciennes et recouvertes d'une épaisse couche de mousse. En marchant dessus, on a l'impression d'une moquettes extrêmement épaisse.

De la route N°1, nous prenons la piste qui nous mène au Lakagígar.

Le temps est splendide, il fait un beau soleil ce qui change de notre dernière visite sous la pluie et dans le brouillard !

Cette grande fissure éruptive, longue de 27 km, s’est ouverte en 1783 créant 115 cratères et déversant 14 km3 de lave sur une surface de 565 km2 de juin 1783 à février 1784.

Les cendres et gaz de ces éruptions ont perturbé le climat en Europe entraînant famines intempéries et seraient à l’origine de la révolution française.

En Islande, l'éruption provoque la plus grande catastrophe naturelle de ce pays, la Móðuharðindin.

Outre l'importante superficie noyée sous les laves, les cendres volcaniques contaminent les pâturages avec le fluor qu'elles contiennent. Une importante partie du cheptel du pays meurt d'intoxication, représentant la moitié des bovins ainsi que les trois quarts des ovins et des chevaux. Cette intoxication est provoquée par fluorose dentaire ou osseuse dues aux huit millions de tonnes de fluor contenues dans les cendres

Il s'ensuit une famine chez la population qui entraîne la mort de 9 336 personnes, soit entre 21 et 25 % de la population islandaise de l'époque, ainsi qu'un important exode. (source: Wikipédia) (Vue Google Maps)

Nous grimpons jusqu’au sommet de l'ancien volcan Laki et avons une vue panoramique sur toute la fissure éruptive qui passe par ce volcan.

A l’est, la fissure se prolonge jusqu’au Vatnajökull et à l’ouest en direction du  Mýrdalsjökull.

Nous poursuivons notre piste et redescendons en passant entre les cratères de la fissure éruptive. Vraiment chanceux pour cette journée où le temps est avec nous.

Nous repartons et franchissons notre premier gué … les doigts dans le nez !

S'en suit un second plus technique. Heureusement un panneau explique comment traverser et nous retrouvons la technique que nous utilisions les années précédentes.

Cette fois je n'aurais pas été mis à contribution ! ... L'eau est vraiment glacée.

Petit arrêt pour le canyon de Fjdrargljúfur où la rivière Fjdra a creusé une profonde gorge.

(Les noms islandais sont imprononçables pour nous latins!)

Nous terminerons notre journée à Skaftafell où nous trouvons une cabane pour la nuit.

Les hôtels en Islande sont hors de prix, nous avons donc prévu une tente au cas où nous ne trouverions pas d’hébergement dans nos prix.

Les campings sont très abordables, toujours bien équipés et d’une propreté irréprochable.

Il y a une variante avec les cabanes, souvent dans les campings. Elles proposent en général quatre à six couchages et on doit apporter notre sac de couchage.

Le seul resto du coin étant fermé, nous dînons avec nos provisions, la cabane étant équipée d’une kitchenette.

Back to Iceland (Page 2)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Egilsstaðir.

Glacier

Les pistes du sud en direction d’Askja étant toujours fermées, nous allons vers l'est, jusqu’à Egilsstaðir et y faisons une halte pour la nuit. Au départ de Skaftafell, nous allons voir une grande langue glaciaire issue du Mýrdalsjökull puis prenons la route N°1 en direction de l’Est.

Nous partons voir le Svínafeljökull, une langue glaciaire immense issue de la calotte polaire Mýrdalsjökull.

Petite balade matinale dans une fraîcheur glaciale. Nous bénéficions toujours d'un beau temps, rare en Islande.

Sur l'image satellite cette langue glaciaire est vraiment grande, mais au pied, c'est juste superbe et grandiose.

Un peu plus loin, toujours accessible de la route N°, Jökulsárlón, deux lacs proglaciaires issue eux aussi du Vatnajökull. Dans le premier, les eaux sont troubles et boueuses, le seconde présente de l'eau limpide avec beaucoup d'icebergs et parfois des phoques.

Petit détour pour grimper à la limite du Vatnajökull et marcher sur la glace.

La route grimpe très rapidement à partir de la côte avec de nombreux lacets et une pente dantesque.

Nous rencontrons quelques islandais venus avec leurs enfants pour faire un peu de ski. Vu le peu de touristes, les activités en moto-neige ne sont pas en service.

D'ici sont organisés des excursions sur le Vatnajökull pour découvrir cette immense calotte glaciaire.

De cette hauteur, nous avons une superbe vue panoramique sur la côte.

Le retour sur la côte est anxiogène car la pente est très prononcée et les freins chauffent terriblement même en utilisant le dispositif automatique de freinage. Nous nous arrêtons fréquemment pour admirer le paysage et laisser refroidir les disques de frein.

Nous longeons la côte par la route N°1 avec de grandes falaises qui surplombent l’océan, le décor est grandiose.

C’est une longue route jusqu’à Egilsstaðir où nous arriverons assez tard.

La ville par elle-même est assez dispersée, ne présente pas vraiment de centre et les habitations se répartissent le long des berges du lac Lögurinn.

Ce lac est alimenté par la rivière du même nom, la Lögurinn, qui prend sa source au front glaciaire de l'Eyjabakkajökull, une langue glaciaire du Vatnajökull. Cela explique la couleur boueuse, peu engageante de l’eau.

Notre guesthouse à Egilsstadir.

Nous poursuivrons notre route jusqu’à Egilsstaðir où nous logerons dans une jolie guesthouse.

Nous avons commencer par chercher des lieux de chutes en utilisant notre guide, mais finalement nous passons par Booking qui est très bien implanté en Islande et permet de trouver des logements, cabanes en connaissant le prix à l'avance.

Les islandais sont très connectés et à la pointe pour les moyens de payement. Ils n'utilisent que leur carte bancaire pour régler leurs achats et les transactions peuvent même se faire de portable à portable.

Askja.

Pierre ponce orange

Les aventures commencent vraiment aujourd’hui où nous partons pour le complexe volcanique d’Askja. Nous quittons les rives du lac Lögurinn pour rentrer dans le désert intérieur inhospitalier. C'est ce côté aventure que nous affectionnons particulièrement, non pas que nous aimons le risque, mais nous serons dans une zone où peu de touristes s'aventurent. Être seuls dans ce désert inhospitalier aux paysages superbes, mystérieux, peuplé d'Elfes et de Trolls.

Notre route nous conduit au barrage de Kárahnjúka qui était en construction lors de notre précédant passage.

Très décrié par les écologistes, cette immense retenue place l’Islande au premier plan des pays ayant réduit leur rejet de gaz à effet de serre. Mais une immense superficie de terre a été noyée par la mise en eau.

En Islande toute l’électricité est d’origine hydroélectrique (70%) et géothermique (30%). Seul le transport utilise des énergies fossiles bien que la production d’hydrogène est bien avancée et nous rencontrerons de nombreux véhicules électriques. La route N°1 comporte de nombreuses station-services pourvues de bornes de recharge rapide.

Nous franchissons, grâce à un pont, une rivière glaciaire en furie.

Elle s'est frayée un passage dans le basalte et un peu se rendre compte de la dureté de cette roche par le peu d'érosion qu'elles présentent.

Souvent ces rivières coulent dans ce type de goulet basaltique et en plaine on ne voit rien si ce n'est les embruns dégagés par les cascades.

Au détour de la piste, nous apercevons le volcan Herðubreið (Herdubreid).

C’est un volcan tabulaire ou tuya, il s’est formé lors de la période glaciaire sous la glace, d’où sa forme très caractéristique. Avec ses 1682 m d'altitude et 1000 m au-dessus de la plaine, c'est un repère que l'on voit de loin.

J'ai une véritable fascination pour ce volcan que je trouve magnifique et si exceptionnel par sa symétrie, sa hauteur et son emplacement dans cette immense plaine désertique. On le regarde et on sait où on se trouve.

C'est un phare majestueux du désert des Crimes ...

Nous sommes en plein désert Ódáðahraun, le désert des crimes et nous approchons d’Askja car le sol sombre est de plus en plus parsemé de pierre ponce beige qui illuminent.

Désert des crimes, car lorsqu’un malfaiteur était banni par les siens, il se réfugiait dans ce désert pour le reste de ses jours et l'hivers était terrible.

Même si la piste est longue et parsemée de gués, nous nous arrêtons souvent pour photographier le paysage, prendre le temps de nous imprégner du lieu. Admirer.

Mais on peut aussi chercher des cailloux, refermer les barrières, franchir un gué à pied pour repérer les grosses pierres.

Nous arrivons au refuge d’Askja et décidons de camper car la place en dortoir du refuge est à un prix prohibitif.

Payer plus cher que pour une cabane pour se retrouver en dortoir, un matelas par terre et en rang d'oignon, nous préférons camper (5 €) un peu loin du chantier pour être au calme.

Une fois la tente plantée, nous repartons pour explorer les champs de cendre et de lave du Bárðarbunga au niveau d’Holuhraun.

Le paysage est dantesque, la ponce beige et ce ciel plombé d'orage vers lequel nous nous dirigeons, nous nous arrêtons pour quelques photos.

La piste serpente dans un champ de cendre noire pour aboutir au lieu-dit Holuhraun. (Vue Google Maps)

Ici une grande fissure éruptive s’est ouverte et la lave issue du complexe volcanique Bardarbunga s’est déversée sur 85 km2 et une épaisseur de 70 m.

Plus de 1,4 Km3 de magma sont sortis de cette fracture entre la mi-août 2014 et fin février 2015.

Un parcours a été aménagé dans une partie du champ de lave. Ce n’est que blocs, crevasses, un vrai chaos et des panneaux recommandent de suivre le sentier balisé. De toute façon, difficile de marcher ailleurs !

Nous rentrons ensuite à notre campement où nous ferons un petit pique-nique avant d’aller dormir.

Back to Iceland (Page 3)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Randonnée à Askja.

Évaporite

Après notre petit déjeuner, nous plions bagages et tente pour aller randonner dans la caldeira d’Askja. Une piste nous conduit jusqu’au bord du lac Öskjuvatna qui remplit une petite partie de la caldeira et jouxte le cratère Viti.

Cette année, je ne me baignerai pas dans ses eaux turquoises car trop froides. En 2007 l’eau était à 23°C et cette baignade insolite était bien agréable.

Départ pour notre randonnée dans la caldeira d'Askja.

Du refuge, nous montons en voiture jusqu'au parking, point de départ de notre randonnée.

La caldeira est encore très enneigée et nous cheminerons en parti dans la neige.

Nous atteignons le cratère Viti en premier puis descendons vers le lac Öskjuvatna.

C’est l’éruption de 1875 qui éjecta, à partir du cratère Viti, 2,5 km3 de lave et notamment de ponce qui recouvrit la région sur des Km2.

Les berges du lac montrent des couches successives de cendre volcanique et racontent une partie de l’histoire éruptive de ce complexe.

On voit des couches de ponce claires et de basalte plus grossier et foncé qui alternent.

Le lac Öskjuvatna est d’un bleu profond, il est profond de 220 m. C’est l’effondrement de la chambre magmatique après éruption qui l’a formé.

Les années précédentes il y avait de la glace sur les rives. Là, il n’y a pas de glace mais une bonne partie de la caldeira reste enneigée.

Nous sommes début juillet et nous sommes bien couverts ! (Vue Google Maps)

L'extérieur de la caldeira d'Askja lors de notre retour.

Nous reprenons la route avec l’intention de poursuivre en direction du nord, mais avant nous faisons une boucle sur des pistes que nous ne connaissons pas.

Un peu de pluie lors de notre randonnée, mais nous retrouvons du beau temps en repartant.

Nous partons voir une formation bien étrange.

Skessugarður, le rempart de la Géante, est un amoncellement d’énormes blocs rocheux formant un véritable rempart.

Haut de 6 m et long de 300 m, il est l’œuvre d’un glacier ayant déposé les blocs dans une moraine pendant la période glaciaire. Puis une énorme inondation a emporté les pierres et blocs légers laissant en place les plus gros que l’eau n’a pas pu emporter.

Ce sont des blocs de porphyre, une roche volcanique très dure.

Nous escaladons les blocs pour nous rendre compte de la hauteur de cet amoncellement.

Arrivés au sommet, effectivement, nous sommes sur un mur de blocs de pierre impressionnant et isolé dans ce paysage assez plat.

Nous ne connaissions pas cette étrange formation et au pays des Trolls et des Elfes, nous découvrons qu'il y a aussi des Géantes et Géants.

L'Islande est vraiment un pays surprenant. (Vue Google Maps de cette formation)

Mais le folklore islandais évoque l’histoire de deux géantes qui pêchaient l’une dans l’océan, l’autre dans le lac.

Pour résoudre un conflit de territoire, elles construisirent cette muraille délimitant les terres de chacune.

Les Trolls et les Elfes sont très présents dans le folklore islandais et de nombreux lieux se prêtent bien à leur évocation par un coté surprenant ou mystérieux.

Nous continuons notre route en direction d'Húsavik, nous rencontrons de beaux chevaux islandais qui s’approchent de nous pour recevoir une caresse ou une poignée d’herbe fraîche.

Nous trouverons à nous loger dans un camping qui nous propose une chambre confortable mais sans fenêtres avec vue.

Nous irons nous laver dans les douches de la piscine. Peu onéreux et confortable, nous n’en demandons pas plus, d’autant que la bière est excellente au bar.

Chevaux islandais.

Akureyri.

Vagues dans le sable

Petite étape aujourd’hui dans le nord de l’Islande. Ici le soleil se couche juste après minuit puis se lève vers trois heures du matin et entre temps le ciel reste lumineux, la luminosité baisse à peine. Surprenant et un peu ennuyeux pour dormir sous la tente. Mais les cabanes et guesthouses sont maintenant équipées de rideaux occultant que nous n’avions pas lors des premiers voyages.

Le port d'Húsavik.

Nous commençons par Húsavik où nous nous arrêtons pour un petit café. Mais tout est fermé, pas un bar ou restaurant d'ouvert, pas de touriste, la ville semble comme endormie.

Après une courte balade dans les rues désertes, nous poursuivons notre route sur la côte nord.

Direction le champ géothermique de Námafjall. Cette zone comporte de nombreuses mares de boue, solfatares, fumeroles et sent l’œuf pourri dès que l’on sort de voiture.

Il y avait ici une exploitation de soufre pour la fabrication de poudre à canon.

Nous connaissons bien ce champ géothermique pour y être venu plusieurs fois. Je suis toujours fasciné par ces mares de boue avec les grosses bulles qui se crèvent avec un bruit caractéristique, ces évents où la vapeur fuse en sifflant. Ce champ étant en bordure de la route, il est très fréquenté et nous y retrouvons plein de touristes. Les gaz s'échappant sont chargés en sulfure d'hydrogène et dès le parking on sent l'odeur d’œuf pourri.

Nous poursuivons par un autre champ géothermique, celui de Krafla.

Une centrale électrique géothermique a été construite il y a quelques années et de nombreux puits de captage sont disséminés dans cette zone avec des pipelines de toutes les directions qui conduisent la vapeur jusqu’à la centrale.

Le cratère Viti à Krafla.

Nous en profitons pour visiter le champ de lave né de l’éruption de 1984. Ce fut une éruption fissurale et de nombreux cratères sont disséminés le long de la fracture.

La couche de lave est très importante et aujourd’hui encore ces champs fument avec l’eau de pluie qui s’infiltre.

Là encore, le paysage est tourmenté et on peut voir les différentes coulées de lave issues de la dernière éruption.

Un autre cratère nommé Viti (l'enfer) dans cet immense champ volcanique de Krafla. (Vue Google Maps)

Notre route nous mène jusqu’à Goðafoss. Cette chute d’eau est très importante dans l’histoire de l’Islande. En l’an 1000, les chefs de tribus sont partagés entre le christianisme et leur religion païenne. Le parlement islandais (l'Alþing) décide de suivre l'avis du diseur de loi Þorgeir Þorkelsson et adopte le christianisme. C’est dans cette chute que Þorgeir Þorkelsson jettera ses idoles adoptant de ce fait un nouveau et unique Dieu.

Nous avons connu cette cascade lors de notre premier voyage en 2003.

Il n’y avait pas de parking goudronné et encore moins d’emplacement pour les bus de touristes.

Cette période trouble de COVID aura au moins eu l’avantage de nous préserver des hordes de touristes et nous avons retrouvé une Islande sereine et tranquille.

Nous arrivons en fin d’après-midi à Akureyri, trouvons rapidement une guesthouse puis allons nous balader en ville. Très calme, bien peu de touristes mais notre pub est ouvert et nous en profitons pour une bonne bière dans ce lieu très cosy.

C’est un peu un pèlerinage ! Une ultime balade avant d’aller au resto puis nous regagnons notre guesthouse pour la nuit.

Après avoir trouvé une sympathique guesthouse dans les hauteur du centre ville, nous partons nous balader dans les rue et commençons par une bonne mousse dans notre Pub favori.

Puis nous partons revoir les rues du centre ville. Un peu désert, vraiment peu de touristes mais finalement ce sont les islandais qui visitent leurs pays et ils sont majoritaires.

Back to Iceland (Page 4)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Blonduos.

mare de boue

Nous resterons dans le nord de l’Islande cette journée en partant d’Akureyri et en suivant la côte. Encore une journée au ciel chargé de nuages mais sans pluie. Un temps islandais ! Nous suivons la côte en partant d’Akureyri et en longeant le fjord qui depuis quelques semaines est le théâtre d’une intense activité sismique. Pas de gros séismes que l’humain pourrait ressentir, mais des essaims sismiques assez localisés le long de la faille médio atlantique nord. La terre tremble et c’est le signe d’une activité volcano-tectonique pouvant aboutir à une éruption sous-marine et peut être la formation d’une nouvelle île.

Le responsable de la guesthouse d’Akureyri en a entendu parler mais nous ne voyons aucun panache de vapeur au large de cet immense fjord et encore moins de panaches cupressoïdes.

Il se produit le même phénomène à l’opposé de l’île, sur la péninsule de Reykjanes où de nombreux essaims sismiques s’y produisent et un volcan pourrait apparaître à deux pas de l'aéroport international !

En sortant d'Akureyri, nous passons devant la brasserie VIKING. Qu'elle belle dose de mousse!!! Mais je préfère les bières IPA et en Islande j'en trouverais d'excellentes ! La ÚL Fur, la EINSTÖK ....

Les montagnes de la péninsule de Flateyjarskagi. (Akureyri sur la droite)
No comment !

Nous passons par la petite ville de Sigulfjördur.

Comme toutes les villes côtières d’Islande, c’est l’industrie de la pêche qui fait vivre toute cette communauté.

Un petit arrêt pour un café avant de repartir. Les islandais aiment bien les couleurs vives au niveau de leur habitation. Proche du port, nous en avons un bel exemple.

Pour rejoindre l’autre fjord, nous essayons de passer par le col, la route figure sur la carte, mais sur place nous constatons qu’elle n’est plus carrossable. Nous empruntons alors deux tunnels très longs pour passer dans l’autre fjord.

Nous visitons une vieille ferme aux murs de tourbe et au toit gazonné. Les murs de tourbe jouent un rôle d’isolant surtout l’hiver où ici dans le nord les températures chutent énormément. Là en plein mois de juillet nous avons 14°c !

Nous trouverons une guesthouse accueillante pour la nuit.

Un peu perdue dans la campagne islandaise proche de Blonduos mais très calme et donnant une bonne idée de la vie islandaise à la campagne.

Il reste très peu de fermes construites en tourbe car ces constructions sont peu pérennes. Certaines, habitées jusqu'au débit du XXème siècle, ont pu être sauvées et restaurées.

Les bâtiments de la ferme Glaumbær ont été construits entre le XVIIIe et XIXe siècle. Ce style de construction en tourbe était universel dans les zones rurales d'Islande jusqu'en 1900 et était due à la pénurie de grands arbres. Une mince coque en bois constitue l’intérieur des pièces, les murs étant en tourbe, c’est-à-dire la couche de terres gazonnée découpée jusqu’aux racines puis empilées en quinconces. De même le toit était constitué du même matériau et la pente devait être bien calculée pour une bonne étanchéité et une pérennité.

Nous trouverons une guesthouse accueillante pour la nuit.

Située à quelques kilomètres de Blonduos, elle se retrouve isolée en plaine campagne islandaise ce qui donne une bonne idée de la vie islandaise loin des grandes agglomérations.

Après un petit apéro, nous dînerons en extérieur profitant de la clarté vespérale avant d'aller dormir.

Kerlingarfjöll.

Bactéries extrémophiles

Nous mettons le cap au sud pour visiter deux champs géothermiques, Hveravellir puis Kerlingarfjöll. Nous traversons les hautes terres du désert intérieur. Temps assez maussade  mais sans pluie, il fait environ 6°C, nous sommes en juillet ! Nous cheminons avec plaisir sur cette piste mythique qui traverse le désert central.

Nous mettons le cap au sud pour visiter deux champs géothermiques, Hveravellir puis Kerlingarfjöll.Nous traversons les hautes terres du désert intérieur. Temps assez maussade  mais sans pluie, il fait environ 6°C, nous sommes en juillet !

Hveravellir est un champ géothermique avec de petits geysers, des solfatares et beaucoup de sources chaudes dans lesquelles on peut se baigner. C’est aussi un camping où les randonneurs et cyclistes font volontiers une halte pour profiter des bains chauds.

Après cette visite, nous reprenons la piste pour traverser la plaine entre les deux calottes glaciaires de Langjökull et Hofsjökull  puis bifurquons vers Kerlingarfjöll.

C’est aussi un champ géothermique très étendu en plein milieu de collines de rhyolite d’un jaune lumineux.

Nous commençons par nous installer au camping puis partons en randonnée jusqu’au site géothermique.

Il y a encore de grands névés sur le sentier et une heure et demie plus tard nous arrivons en vue des premières fumeroles.

Ici nous retrouvons des évents de vapeurs, des solfatares mais aussi de petits ruisseaux aux eaux chaudes et sulfureuses peuplés de filaments de bactéries extrêmophiles. Ces bactéries se développent dans une eau parfois très chaude et chargée d’éléments toxiques pour d’autres espèces tels que des métaux lourds, de l’acide sulfurique ou du sulfure d’hydrogène. (Vue Google Maps)

Le temps n’est pas avec nous, pluie intermittente et brume qui se rajoute aux vapeurs des évents et solfatares.

Mais ce paysage est sublime, irréel et inquiétant avec tous ces panaches de vapeurs, les mares où l’eau bouillonne, les trous remplis de boue grise.

Nous connaissons bien ce lieu et nous nous en lassons pas, toujours extraordinaire et en prenant un peu de hauteur, le paysage est vraiment magnifique.

Ça fume un peu partout et les volutes de vapeur suivent les courbes des collines dorées de rhyolite.

Nous rentrons au camping par le même sentier qui maintenant se retrouve dans le brouillard on voit difficilement à 100m.

Mais heureusement qu’un balisage nous permet de suivre la piste sans nous égarer comme à l’aller où nous l’avons perdue en plein milieu d’un névé. Un retour sous la pluie aussi et nous irons nous réchauffer dans le refuge ... d’une bonne bière au chaud.

Back to Iceland (Page 5)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Le concert d'Àsgeir.

Dépôt orange

Après une nuit assez fraîche, nous passons par le refuge pour notre petit déjeuner et une bonne douche chaude avant de reprendre la piste. Mais nous faisons un détour pour visiter de nouveau ce beau champ géothermique. Il ne fait pas meilleur que la veille, toujours un peu de pluie intermittente, du brouillard mais ces mauvaises conditions météo mettent un peu plus de mystère.

Nous mettons le cap au sud toujours entre les calottes glaciaires de Langjökull et Hofsjökull, puis nous partons vers l’ouest pour continuer de longer le Langjökull.

La piste serpente au milieu de champs de lupins dont le bleu tranche avec la cendre volcanique d’un noir profond.

Cette plante, introduite en Islande depuis plusieurs années, est capable de pousser dans les cendres volcaniques permettant de stabiliser le terrain et le préparant pour d’autres espèces plus exigeantes.

Sur le basalte (les anciennes coulées de lave), ce sont essentiellement les mousses  qui se développent en premier et préparent le terrain pour les autres plantes.

Affiche sur la porte de la salle des fêtes de Hvolsvöllur.

Nous rejoignons la route N°1 et descendons jusqu’à Hvolsvöllur où se tient le concert d'Àsgeir le soir.

Nous trouvons une guesthouse puis allons en reconnaissance sur le lieu du concert. On entre, on écarte un rideau noir et c’est Àsgeir juste derrière qui nous regarde et retourne à ses occupations.

Nous avons acheté les places sur Internet mais on ne nous les demande pas à l’entrée.

C’est une salle des fêtes de petit village et l’ambiance est très détendue. Avec quelques canapés et chaises éparses, on croirait un salon s’il n’y avait pas un bar.

Tout en buvant une bière, nous attendons l’entrée des artistes. Le public est composé essentiellement d’islandais et quelques touristes.

 

Puis Àsgeir accompagné de son guitariste Júlíus traversent la salle pour prendre place et commencer le tour de chant.

Nous sommes sur un petit nuage de voir notre chanteur préféré à la voix si chaude et douce chanter les morceaux de son dernier album, morceaux composés en majorité par Júlíus qui l’accompagne tant à la guitare qu’au chant.

Derrière eux, des photos de paysages islandais défilent, paysages que nous connaissons pour la plupart.

Site officiel d'Àsgeir

Ecouter Àsgeir en sirotant une IPA, bien installé, un peu comme à la maison. Sur un petit nuage, une soirée inoubliable.

Le concert fini, nous faisons dédicacer l’album par Àsgeir mais aussi par Júlíus qui me reconnait en tant qu’ami sur Facebook. Nous ne pouvions pas espérer mieux !

Nous regagnions notre guesthouse pour une nuit sereine remplie de refrains Àsgeir et des paysages féériques de cette île extraordinaire.

Mýrdalsjökull.

Orgues basaltiques

Les pistes pour atteindre le Mýrdalsjökull sont enfin ouvertes et j’attendais ce moment avec impatience car je sais que les paysages que nous allons voir sont exceptionnels. Nous quittons notre guesthouse et prenons la piste en direction du Mýrdalsjökull, le ciel se dégage mais de gros nuages menaçants passent. Nous avons bon espoir d’avoir du soleil en arrivant près du glacier.

Nous arrivons par le côté nord du glacier, le relief est recouvert de mousse et tranche avec le sombre de la roche basaltique.

Nous rencontrons des randonneurs qui viennent de Landmannalaugar, la chance leur sourit car le soleil est revenu.

Nous traversons un gué et je vais en reconnaissance pour voir s’il est profond et s’il n’y a pas de grosses pierres dans le lit de la rivière. Cette année j’ai prévu des chaussures pour marcher dans l’eau et cela change tout. Même si l’eau est glacée, je n’ai aucun problème avec les pierres comme les années précédentes.

Ludo passe ce gué avec aisance, je remonte en voiture, change mes chaussures et mets le chauffage à fond sur mes pieds glacés.

Reconnaissance d'un gué, l'eau est glacée.

Nous atteignons une grande plaine plate de sable volcanique noir, la vue est dégagée et cette immensité est impressionnante.

Nous sommes tout proches du Mýrdalsjökull dont nous voyons les pentes enneigées. Nous traversons une toute petite rivière dont les rives sont couvertes de mousse vert fluo. Quel contraste entre ce vert fluo de la mousse et le sable noire volcanique.

Nous arrivons au niveau du volcan Mælifell, une montagne recouverte de mousse isolée au milieu de cette plaine de sable volcanique noir et en bordure du Mýrdalsjökull. (Vue Google Maps)

Et par chance il y a un merveilleux soleil qui éclaire ce paysage sublime. Nous sommes seuls et j’en profite pour faire voler mon drone. Manque d’expérience, je ne ferais pas les photos que j’escomptais faire.

Ludo m’a préparé un petit apéro pour fêter mes retrouvailles avec le Mælifell et lorsque je fini ma bière un orage éclate précipitant notre départ.

Quelques photos et vidéos avec le drone, puis recueillement devant cette merveille de la nature qui a bien voulu nous montrer son meilleure visage sous le soleil.

Le temps de boire une bière accompagnée d'une tartine de "caviar" et un orage nous pousse à nous mettre à l'abri et repartir.

Nous continuons notre piste, la pluie redouble puis fera place à du soleil.

Nous rencontrons de nouveau un gué et je repars explorer le lit de la rivière. Les islandais ont généralement des 4X4 avec d'énormes roues et passent où ils veulent sans aller explorer les gués ...

Nous prenons une piste que nous ne connaissions pas et découvrons une jolie cascade, Hólmsárfoss.

Nous redescendons vers la cote en direction de Vik et le soleil est revenu, nous en profitons pour aller explorer une petite vallée.

Nous arrivons au bout de la piste et découvrons un camping bien protégé par un cirque naturel et plein d’islandais. Tout autour de nous les roches volcaniques sont creusées de cavités, ont des formes étranges et ce paysage évoque vraiment la mythologie islandaise peuplée de trolls et d’elfes.

Nous trouverons à Vik une guesthouse ne payant pas de mine à l’extérieur mais très cosy, bien aménagée et chaleureuse à l’intérieur.

Back to Iceland (Page 6)

Le volcan Mælifell en bordure du glacier Mýrdalsjökull.

Hrauneyjar.

Roches dégradées

Aujourd’hui le ciel est plombé, bouché, bref on ne voit pas à 100 m ! Nous quittons notre sympathique guesthouse, direction Landmannalaugar. Dès que nous prenons un peu d’altitude, c’est encore pire car la pluie s’installe et la visibilité est encore plus réduite. C’est l’Islande ! Attends 5 minutes et il fera beau …. Un peu raté aujourd’hui.

La piste travers d’anciens champs de lave recouverts d’une épaisse couche de mousse et le climat de l’Islande prend tout son sens.

La mousse aime la pluie et nous en avons la preuve sous les yeux.

gorge d'Elgjá

Nous prenons la piste qui serpente dans la gorge d'Elgjá.

C’est en fait une fissure volcanique, très ancienne, très large (600 m), très longue (75 km) et profonde créée par la tectonique des plaques.

Les plaques nord-américaine et eurasienne, s’éloignant l’une de l’autre, sont à l’origine de cette immense faille et des 19,5 km3 de lave qui se sont répandus par cette fissure sur une superficie de 781 km2.

Vu le temps peu propice à une randonnée dans cette gorge, nous continuons en direction de Landmannalaugar.

A Landmannalaugar, nous ne nous arrêterons pas non plus car nous connaissons bien ce lieu aux paysages extraordinaires … sous le soleil !

Là, c'est complètement bouché et il pleut !

Nous continuons, toujours en direction du nord, et passons par la grande retenue hydraulique de Þórisvatn (ou Thórisvatn).

Le barrage était en construction lorsque nous y étions passés, maintenant ce barrage produit de l’électricité surtout pour la période hivernale.

Et nous voilà parvenus à Hrauneyjar, la dernière halte quand on prend la piste Sprengissandur (route F26) en direction du nord avant le désert des hautes terres.

Cet hôtel, restaurant, bar, station essence, nous à accueillit plusieurs fois lors de nos périples. C’est donc avec nostalgie que nous y retournons boire une petite mousse.

Après cette petite pausée nous reprenons la route et passons au pied du volcan Hekla.

C’est la terreur des volcanologues car les éruptions sont soudaines, pratiquement jamais précédées d’épisode sismique ou ces épisodes précédent de très peu l’éruption (30 minutes pour la dernière).

De plus ses éruptions sont intenses et entraînent des pollutions et décès dans le cheptel des agriculteurs.

Le volcan Hekla.

Visite d’une ancienne ferme et chapelle construites en tourbe puis nous trouvons une chambre dans une guesthouse dans le petit village juste à côté d’une piscine municipale.

Nous en profitons pour un petit bain dans le jacuzzi à 37°C ce qui est vraiment dans la culture islandaise.

Lieu de rencontre et de discussion, les islandais adorent se retrouver dans les eaux chaudes hiver comme été.

Retour sur Reykakjaik.

Boue séchée

Notre première halte est pour les chutes de Gulfoss situées sur la rivière Hvítá. Lors de nos premières visites, il n’y avait qu’un parking en terre battue avec quelques places. Aujourd’hui nous avons un grand parking goudronné et comportant de nombreuses places pour des bus. Mais tout en vide lorsque nous arrivons. C’est la crise COVID, vraiment très peu de touristes et cela est tout bénéfice pour nous.

Arrivés à Reykjavik, nous rendons notre 4X4 qui nous a vraiment donné satisfaction tout du long de nombre périple.

Cette année nous avons pris ce véhicule chez un loueur islandais. Des prix plus bas que les loueurs internationaux, la possibilité d’avoir une motorisation diesel pour plus d’autonomie. Seul bémol, le véhicule était neuf et trop luxueux pour notre utilisation. Un bon Toyota Hilux nous aurait entièrement satisfaits, mais bon, on ne va pas faire la fine gueule !

Nous avons trouvé une guesthouse en plein centre-ville dans la rue principale et nous partons en balade dans les rues et les places de la capitale.

Le tour est assez vite fait car Reykjavik est petite mais combien agréable de redécouvrir ces petites maisons typiques, la place principale juste à côté du parlement et de la cathédrale, l’opéra, Harpa.

Le lendemain, lorsque nous sortons de l’hôtel, deux jeunes filles chantent de l’opéra dans le hall d’entrée et artistes déambulent déguisés dans la rue.

Il manque tout de même les touristes car à Reykjavík aussi les rues sont clairsemées, il n’y a pas vraiment foule.

Des comédiens animent la rue principale sous l’œil amusé de quelques touristes.

3864 km parcourus, juste une crevaison, pas de galère. Plusieurs fois nous avons changé d'itinéraire car les pistes n'étaient pas encore ouvertes.

Notre parcours en Islande en juillet 2020.

Finalement ce voyage sera très réussi. Peu de touristes (plus de 2 millions l’année passée !) merci la crise COVID et du beau temps ce qui n’est pas gagné en Islande.

Nous avons trouvé rapidement et facilement un logement le soir venu. Les islandais toujours aussi adorables et, cerise sur le gâteau, nous avons pu assister au concert de nos islandais préférés, Àsgeir et Júlíus.

Nous prendrons notre vol de retour très tôt le lendemain avec un petit pincement au cœur, quand reverrons nous ces paysages merveilleux d’Islande ?

La Kora du Mont Kailash.

Le Mont Kailash au Tibet.

Retour au Tibet.

Om maṇi padme hūm, le mantra de la grande compassion.

Après un premier voyage au Tibet l’été 2009, où nous avions été éblouis par ce pays, ce peuple, cette culture millénaire, nous avons décidé d’y retourner l’année suivante pour un grand périple de trois semaines avec pour point d’orgue le pèlerinage du Mont Kailash.

Petite déception, nous n’aurons pas les mêmes guides et chauffeurs avec lesquels nous avions tant sympathisé. Mais nous ne serons pas déçus par ceux qui nous attendent à notre arrivée à l’aéroport de Lhassa.

Il est déjà tard lorsque nous atteignons Lhassa et nous installons à l’hôtel, mais nous ne pouvons nous  empêcher d’aller voir le Potala se dresser majestueusement dans le ciel d’un bleu profond et aller tourner en compagnie des pèlerins autour du Jokhang dans le centre ville. Nous constatons de nouveau avec émotion la grande ferveur et dévotion des tibétains qui tournent inlassablement en faisant tourner leur moulin à prières d'une main ou en se prosternant tout au long du parcours.

Notre hôtel étant proche du Potala, nous ne pouvons nous empêcher d'aller le saluer avant de regagner notre chambre. Avec ce ciel de nuit, il est encore plus magnifique et mystérieux.

Pendant deux jours nous resterons autour de Lhassa à visiter les monastères que nous n’avions pas vus le précédent voyage. C’est aussi pour nous acclimater à cette altitude de 3 600 m, nous qui venons du bord de mer. Notre longue route nous fera franchir des cols à plus de 5 000 m.

Départ, direction plein Ouest.

Aujourd'hui nous quittons définitivement Lhassa pour traverser d’Est en Ouest le haut plateau tibétain d’une altitude moyenne de 4500 m. Durant cette longue traversée nous verrons de splendides paysages et aurons quelques surprises comme un pont infranchissable, la perte d’une roue en roulant, l’aide pour sortir d’un bourbier des pèlerins en déshérence, nos chauffeurs et guides punis par les militaires chinois, un trajet se prolongeant tard dans la nuit complètement perdus parmi les routes en travaux.

Le Tibet nous a réservé bien des émotions, pas toujours agréables. Soupe avariée, toilettes d’une puanteur cadavérique, hôtels d’état  à la propreté douteuse où tout est déglingué.

En compagnie de notre guide Tempa (à gauche) et chauffeur Sampa (à droite).

Mais nous étions au Tibet, accompagnés d’un chauffeur et d’un guide tibétain et très rapidement des liens se sont tissés entre nous et une confiance mutuelle a scellé notre amitié.

Le départ à la fin de notre séjour a été très chargé en émotion. Que vont ils devenir, nous ne le saurons pas car la censure interdit les échanges de mail. Quand on peut en envoyer, on se rend compte qu'il est formaté "Tout va bien" De plus nous resterons très discrets pour surtout ne pas leur attirer d'ennuis. La répression est terrible, dix ans de prisons pour posséder une image du Dalaï-lama avec torture en prime.

La ville de Lhassa est peu à peu envahie par les chinois et les tibétains deviennent minoritaires dans leur pays. Depuis que la ligne de train rapide arrive au Tibet, ce phénomène ne fait que s'amplifier.

Notre guide, Tempa et notre chauffeur, Sampa, tous deux tibétains. Nous aurons l'occasion de revoir Tempa lors d'un troisième voyage au Tibet en novembre 2012.

Retrouvailles empruntes d'une grande émotion comme lorsque nous nous étions quittés car une grande complicité s'était établie entre nous. Je me souviens d'une soirée où nous avions bu pas mal de bières et nous avons ri aux larmes de nos pitreries. Tempa et Sampa ne se connaissaient pas avant ce voyage et pour eux aussi une grande complicité s'est établie entre eux à la fin de ce parcours.

En compagnie de notre guide Tempa (à gauche) et chauffeur Sampa (à droite).
Tempa et Sampa déposent à un col une banderole en offrande.

Grand contraste entre Lhassa très peuplée où nous déambulions parmi la foule et cette grande traversée du haut plateau tibétain quasi désertique avec quelques nomades rencontrés au hasard de notre route. Quelques habitations isolées ou des campements nomades perdus en plein désert. Les enfants qui devaient à notre rencontre et auxquels nous offrions quelques ballons. Nous sommes aussi allés boire un thé au beurre plusieurs fois chez certains habitants quand notre chauffeur voulait avoir des renseignements sur la route.

Au départ de Lhassa, nous avons déjeuné dans un restaurant. Le lendemain notre guide nous dit qu'on va s'arrêter pour déjeuner. Mais nous n'avons rien prévu.

C'est comme ça que nous avons partagé le repas de Tempa et Sampa. La fameuse Tsampa, la bouillie (ou pâte) de farine d'orge grillé délayée dans le thé au beurre de yak et du fromage de yak. Sampa dépose la farine et le fromage sur une peau fine et circulaire. Il referme la peau, secoue pour tout bien mélangé, ouvre la poche pour rajouter le thé au beurre referme et secoue, remue jusqu'à obtenir une pâte style sablée. Il nous en distribue des morceaux que nous accompagnons de thé au beurre en mangeant des pattes de poulet en conserve.

Tsampa pour notre repas et thé au beurre de yak.

A partir du lendemain, nous avons remplacé les pattes de poulet par des cuisses et quelques petits gâteaux achetés dans les villes que nous atteignions le soir pour aller à l'hôtel. A cette époque, le Tibet était en travaux. Construction de routes de toute part et parfois nous nous sommes arrêtés dans de petits restaurants de chantier abrités sous une tente au contact des ouvrières et ouvriers tibétains qui venaient se reposer et se réchauffer quelques instants.

Darchen.

 

Nous arrivons à Darchen en fin d’après-midi après 1 400 km de piste depuis Lhassa et allons nous installer dans un hôtel.

Cette petite bourgade est le point de départ du pèlerinage, la Kora du mont Kailash.

Nous commençons par nous installer à l'hôtel.

La bourgade de Darchen, point de départ de la Kora du Mont Kailash.
Le Mont Kailash.

Cette montagne sacrée est vénérée par les Bouddhistes, mais aussi les Böns (prononcer beun) les  Hindous et les Jains. Nous avons la chance de ne pas être en période de pleine lune ce qui limite les Hindous qui viennent par centaines, parfois plus de deux mille. Notre pèlerinage en sera plus clément et pour nous plus authentique.

Pour les Bouddhistes le mont Kailash est la demeure de Chenresig, le Bouddha de la compassion. Pour les Hindous il est le mont Meru, le centre du monde et la demeure de Shiva. Pour les Jains il est le mont Ashtapada où Rishabhadeva, fondateur de leur foi, atteignit le nirvana. Pour les Böns c’est la demeure de la déesse Sipaimen.

Tempa, notre guide, nous dit que nous allons rencontrer notre porteur et il faut préparer le sac à lui confier.

Nous trions donc les affaires qui nous serons nécessaires pour les trois jours de pèlerinage puis allons porter ce sac au porteur.

Surprise, le porteur est une femme et nous sommes honteux de faire porter par une femme notre sac. Mais Tempa nous dira qu’elle est habituée à porter ainsi les sacs des voyageurs et que c’est son gagne-pain.

Donc Sondja inspecte notre sac, discute en tibétain avec Tempa puis repart. Tempa nous dira que notre sac n’est pas très pratique à porter.

Notre porteuse, Sondja.
Les rues de Darshen quasi déserte. Quelques touristes seulement et les locaux qui jouent au billard.

Les rues de Darchen sont clairsemées, pas beaucoup de touristes.

Les locaux jouent au billard en pleine rue en buvant des bières. Nous dinons puis allons nous coucher.

Notre chambre donne coté toilettes et l’odeur est épouvantable, nous finissons par nous endormir.

Départ de Darshen.

Réveil tôt le matin, c’est le grand jour, nous partons faire la Kora! Nuit un peu agitée. Un peu inquiets tout de même car nous démarrons à 4 400 m d’altitude et un col à 5 600 m nous attend.

Tempa nous propose d’aller en voiture jusqu’à l’entrée de la vallée pour gagner 8 km sur le parcour.

Mais nous préférons partir de Darchen pour un parcours plus authentique. C'est aussi ce qui a plu à Tempa.

Départ de notre hôtel à Darchen. Sondja porte notre sac.
Les enfants de Sondja a qui nous avons offert des ballons avant notre départ.

Nous passons par la maison de Sondja et là elle transfère toutes nos affaires dans un sac de riz qu’elle portera dans le dos maintenu par une bandoulière.

C’est la façon traditionnelle de porter des charges et nous nous mettons en chemin après avoir dit au-revoir à ses enfants à qui nous avons offert quelques ballons.

La maison de Sondja est très modeste mais bien décorées, le plus pur style tibétains. C'est joyeux, intrigant et très colorés.

Ces enfants sont bien habillés et Sondja travaille toute la saison touristique.

Le sentier grimpe doucement vers l’entrée de la vallée de la Lha-chu, nous faisons une première halte au niveau d’un shorten décoré de drapeaux de prière.

La vue sur la chaîne de l’Himalaya est splendide et derrière nous, le sommet du Kailash pointe dans le ciel bleu.

Premier arrêt, le Mont Kailash est en vue.
Les pèlerins tibétains sur la Kora du Kailash.

Nous ne sommes pas seuls, de nombreux tibétains font eux aussi la Kora. C’est un moment très important dans leur vie spirituelle.

La Kora est un effort considérable tant physique que psychique et permet  d’acquérir des mérites pour espérer une meilleure renaissance dans le cycle des réincarnations.

Les pèlerins ont revêtus des habits traditionnels d’apparat, les femmes arborent des bijoux et des pierres précieuses dans leur coiffure.

Ils transportent leurs bagages à dos de mulet, cheval ou de yak. L’ambiance est détendue, de fête car c’est le début du pèlerinage.

Yaks accompagnant un pèlerin pour sa Kora.

Nous cheminons tranquillement, le sentier grimpe progressivement et cette ascension n’est pas difficile.

Nous arrivons à Tarboche où se dresse un grand mat de prières et Tempa nous expliquera qu’au printemps se déroule la fête de Sagadawa qui commémore l’illumination de Bouddha.

Sondja et Ludo main dans la main pour affronter le chemin de la Kora.

Au bout de quelques kilomètres Sondja s’empare du bâton  de marche de Ludo puis lui prend la main et je les vois repartir sur le sentier main dans la main. Ils effectueront ainsi la Kora, l'un proche de l’autre.

Nous avons confié à Tempa un petit appareil photo et lui avons demandé de prendre quelques photos des pèlerins car nous n’osons pas le faire pour ne pas les déranger. Lui saura le moment opportun pour faire ces clichés.

Nous progressons dans la vallée, elle se resserre et le sommet du Kailash est juste au-dessus de nous.

Sa masse est imposante, énorme pyramide de roche sombre couronnée d’un glacier dont la neige tranche avec la pierre.

Nous progressons bien sur le chemin de la Kora. Le Kailash juste au-dessus de nous.
Petite halte pour un thé au beurre avec Tempa et Sondja.

Nous faisons une pause sous une tente qui peut héberger des pèlerins mais aussi nous désaltérer.

Le propriétaire propose du thé au beurre de yak ou nature, nous l’accompagnerons de petits gâteaux.

Après cette halte, nous reprenons notre route et croisons un groupe de Böns qui marchent dans le sens inverse.

Pour eux c’est presque l’arrivée, alors que pour nous ce n’est que le commencement.

Les paysages qui nous entourent sont grandioses et je scrute les montagnes pour reconnaitre la nature de leurs roches tout en profitant de la quiétude de cette nature trompeuse.

Après environ six heures de marche nous arrivons au monastère de Dira-puk situé à 5060 m sur la rive droite de la Lha-chu.

Ces vingt-quatre premiers kilomètres auront été assez faciles. Nous étions bien acclimatés à l’altitude et avons marché tranquillement.

Nous irons dormir dans l’hostellerie du monastère de Dira-puk où on trouve quelques chambres au confort sommaire pourvues de plusieurs lits.

Nous passerons la fin de l’après-midi à nous reposer, explorer les environs, visiter le temple et sa grotte, rencontrer le moine dépositaire des lieux que connait Tempa.

Le temple se situe face au Kailash, Tempa nous le fera visiter de fond en comble ayant les clés données par le moine.

Hostellerie du monastère de Dira-puk, confort sommaire mais repos récupérateur.
Hostellerie du monastère de Dira-puk, quelques touristes.
Sur le toit du monastère de Dira-puk en compagnie du moine.

Il y a peu de touristes, presque aucun Hindous et les lieux sont vraiment très calmes.

Nous discuterons avec quelques touristes dont une française et prendrons une bière. Ici aussi il y a un billard en plein air et Tempa fera une partie en compagnie d’autres jeunes tibétains.

Nous nous reposons après cette première journée de marche.
Nous nous reposons après cette première journée de marche.
Et nous terminons cette journée par une petite mousse.

Le jour décline et une jolie teinte chaude enveloppe les sommets et j’en profite pour aller faire quelques photos en solitaire loin de l’agitation.

Ludo profite de cette quiétude.
Un jeune pèlerin curieux de voir des occidentaux en ces lieux.
Les yaks de trait se reposent, le jour décline.
Le mont Kailash se pare de jolies couleurs chaudes lors du coucher de soleil.

Nous dînons en puisant dans notre sac transporté par Sondja puis irons nous coucher.

Second jour de notre Kora.

Départ de nuit pour notre seconde étape, le mont Kailash dans la pénombre.

 

Au second jour de notre Kora, nous nous levons très tôt, bien avant le lever de soleil. Petit déjeuner où Tempa nous engage à prendre des forces pour le chemin à venir puis nous mettons en marche dans la nuit.

Le chemin est identique à celui de la veille, il grimpe doucement.

Mais je suis anxieux car un col à 5 600 m nous attend.

Tempa a emporté avec lui une petite bouteille d’oxygène au cas où nous en aurions besoin.

Nous partons donc d’une altitude de 5 060 m et devons gravir 600 m de dénivelé.

Nous entamons le raidillon qui mène au col de Drölma-la.
Le raidillon qui mène au col de Drölma-la, le souffle est un peu court.

Le soleil se lève et mon anxiété fait place à une grande exaltation, nous sommes près du but.

Nous arrivons au pied du raidillon qui grimpe jusqu'au col de Drölma-la.

Le rythme est plus lent, chaque pas est mesuré, anticipé car maintenant je ressens vraiment que l’air est plus tenu, plus rare.

Durant cette montée, nous passons devant une grande pierre plate suivie d’un petit cimetière. Avant de venir faire cette Kora, j’avais lu quelques récits et je reconnais ces cimetières des pèlerins morts en cours de route ce qui ne me rassure pas du tout.

Mais je comprends que ce sont essentiellement les pèlerins Hindous qui succombent à l’altitude car ils viennent d’un pays peu élevé, ne sont pas du tout sportifs et ont acheté tout leur équipement sur la route qui remonte du Népal, en témoignent leur baskets toute neuves.

Pendant l’ascension, Tempa utilisera la bouteille d’oxygène pour soulager quelques vieilles tibétaines à la peine.

Je suis admiratif de ces vielles femmes qui font encore ce pèlerinage malgré leur âge.

Les tibétains sont habitués à l’altitude, leur corps la supporte bien mieux que nous.

Le jour se lève illuminant le Mont Kailash.
L'inscription du haut est un mantra. Celui du bas est "Om maṇi padme hūm"

Malgré ce sentier pentu et tortueux, nous croisons quelques pèlerins qui effectuent la kora en s’allongeant de tout leur long puis se relevant, marchant la longueur de leur corps pour s’allonger de nouveau.

Pour eux, se prosterner,  cette pratique exténuante, leur permet d’acquérir  encore plus de mérites. Ils sont vêtus d’un épais tablier pour amortir les pierres quand ils s’allongent.

Faire la Kora en se prosternant équivaut à vingt Kora ordinaires et quand on arrive à 108, on gagne directement le nirvana. Donc il nous en restera 107 !

Au détour du sentier nous voyons les premiers drapeaux de prières ce qui signifie que nous arrivons au point culminant de la Kora, le col de Drölma-la à 5 650 m.

Finalement ce n’était pas si difficile que ça et je m’en veux d’avoir douté de ma condition physique.

De son côté Tempa nous dira qu’il est très agréablement surpris par notre ascension et pensait que nous mettrions beaucoup plus de temps pour arriver au col.

Arrivée au col de Drölma-la à 5 650 m.
Le col de Drölma-la 5 650 m, nous sommes fiers de nous.

Les pèlerins font une longue halte au col et nous accueillent par des « tashi délé » (bonjour).

Ceux qui arrivent au col crient « Ki ki so so laghyalo » (les Dieux sont victorieux, je suis parvenu au col).

Prières, offrandes, tout le monde fête cette arrivée au point culminant de leur parcours et se restaurent avant de reprendre le sentier.

La fierté d'être parvenu à une telle altitude, merci Sondja.
Au col de Drölma-la, encore une petite photo pour immortaliser cet instant.

L’ambiance est très conviviale, on retrouve toutes les générations de tibétains qui se restaurent, se rencontrent, discutent. C’est un peu irréel à cette altitude.

Au col de Drölma-la, moment de repos, de recueillement, de prières.
Au col de Drölma-la, les pèlerins font des offrandes.

Parmi les offrandes, de la farine d’orge grillée (base de la Stampa), des poudres d’herbes odorantes qu’ils font brûler et cela embaume tout l’air environnant.

Mais aussi de nouvelles guirlandes de drapeaux de prières qu’ils déploient et installent. Le sol en est recouvert.

Tempa est fier de nous, il est surpris de notre rapidité à gravir ce col.
Sondja et son amie.

Nous ferons plusieurs photos pour immortaliser cet instant en compagnie de Sondja et Tempa et une amie de Sondja.

Nous allions prendre le sentier pour redescendre l’autre versant quand Tempa nous dit que puisque nous avons aussi bien marché jusqu’au col en peu de temps, nous pourrions faire le reste de la Kora en une seule étape au lieu de deux.

L’étape intermédiaire ne présentant que peu d’intérêt et cela nous fera gagner une journée dans notre périple.

Nous acceptons sans penser à ce qui nous attend.

Chemin faisant, nous croisons des Böns, les femmes portent leurs parures composées de turquoise, corail rouge, coquillage.

Elles ont leur costume traditionnel avec invariablement le tablier au tissu rayé.

Tempa ayant dit que j’étais médecin, tout le monde me demande des médicaments et je distribue des comprimés de paracétamol jusqu’à épuisement de mon stock. Tempa me conseille de ne pas leur en donner de grosses quantités car ils vont prendre tout d'un coup !

Après le col de Drölma-la, la vallée de la Lam-chu Khir par laquelle nous redescendons.
Un groupe de femmes Bön qui montent vers le col.
Un tibétain en costume traditionnel.
Juste après le col de Drölma-la, un petit lac glacière.
Un couple de tibétains. Le mari égraine son chapelet. Madame avec le tablier et la parure sur ses cheveux.

Nous continuons notre périple par la vallée de la Lam-chu Khir.

Prairies verdoyantes qui contrastent avec les roches nues et acérées des montagnes qui la bordent.

Nous avons beaucoup de chance car très peu d’Hindous, presque uniquement des tibétains ce qui fait que notre Kora en sera plus authentique.

Nous ferons une halte pour déjeuner et nous reposer car le chemin est long.

Le temps est très variable mais la pluie n’est pas loin et nous ne ralentissons pour arriver à Darchen, nous passons par le monastère de Zuthl-puk sans nous arrêter puis par les gorges de la Dzong-chu.

Un arrêt bien venu pour pique-niquer et nous reposer un peu.
Sondja attend Ludo pour repartir.

Sondja attend systématiquement Ludo lorsqu’il s’arrête prendre quelques photos.

Le gamin rencontré au monastère de Dira-puk nous rejoint et je lui donne quelques ballons.

Je retrouve le gamin du monastère de Dira-puk.

Dernière ligne droite, nous cheminons dans la plaine de Darchen.

Nous sommes vraiment fatigués et nous languissons d’arriver au but.

Cette plaine est interminable et lorsque Darchen est en vue cela nous donne du courage pour arriver à la fin de notre Kora.

Le début des gorges de la Dzong-chu.

Après les gorges de Dzong-chu, nous entamons la longue plaine qui mène à Darchen.

Nous arrivons à Darchen vers dix-huit heures trente complètement exténués, marchant de façon automatique sans s’arrêter car pas sûr de pouvoir repartir.

Le tibétains nous dépassent sur le sentier vers Darchen.
Le descente vers Darchen. La route est longue, très longue !

Tempa nous conduit à notre hôtel pour récupérer nos bagages, nous remercions chaleureusement Sondja et lui offrons ce qu’il reste de nos vivres, la prenons dans nos bras mais ce n’est pas dans leur culture et nous la sentons gênée.

Ludo et moi garderons un souvenir impérissable de cette femme courageuse qui incarne le peuple tibétain et qui l'a accompagné durant toute cette Kora.

Nous sommes exténués, des zombies, nous marchons de façon automatique. Mais nous l'avons faite cette Kora, ces 32 km de retour à Darchen ont été vraiment difficiles pour nous. Que dire de ces tibétains qui la font en une journée et de ceux qui la font en se prosternant sur plusieurs jours !

Le lac Manasarovar .

Visite du monastère de Chiu gompa en compagnie de Tempa.

Nous partons à quelques kilomètres de là, sur les berges du lac Manasarovar où un hôtel est réservé, l’hôtellerie du monastère de Chiu.

Nous en profiterons pour nous reposer de cette longue marche en altitude.

Cela nous permet de revenir sur cette Kora du mont Kailash.

56 km de marche, 1000 m de dénivelé, un col à 5 650 m le tout en deux jours à altitude moyenne de 5 000 m.

Mais aussi toutes ces rencontres, ces pèlerins à la foi inébranlable qui font cette Kora en une journée ou bien en se prosternant ou encore en famille.

On touche là du doigt la culture tibétaine et le bouddhisme qui fait partie intégrante de leur vie.

Sur les rives du lac Manasarovar, nous ne ferons pas de Kora même si on peut faire le tour de ce lac sacré en trois jours. (80 km tout de même !)

Nous reprendrons des forces pour la fin du voyage en visitant le monastère de Chiu et logerons dans le refuge juste à côté.

Monastère de Chiu gompa, pierres avec des mantras.
Monastère de Chiu gompa avec le mont Kailash en fond.

Nous arrivons en fin d'après-midi dans l’hôtellerie du monastère de Chiu. Nous nous reposerons car les jambes ne peuvent plus nous porter.

Soirée en compagnie de Tempa et Sampa où nous boirons pas mal de bières.

Le lac Manasarovar se situe à 4 590 m d’altitude, il est voisin du lac Rakshatal (4 575 m). Le Manasarovar fait 20 km de large et 80 km de circonférence. Le Sutlej, le Brahmapoutre, l’Indus et le Karnali prennent leur source dans ses environs.

C’est un lac sacré pour les bouddhistes tibétains, les böns, les jaïns et les hindous.

Pour les bouddhistes tibétains, il représente les eaux primordiales de l’univers, et plusieurs pèlerins en font également le tour. Tout autour du lac se trouvent plusieurs monastères.

Monastère de Chiu gompa avec le Mont Kailash en fond.

Nous passons une journée entière à nous reposer sur les bords de ce lac sacré Nous visiterons le monastère de Chiu gompa et les environs de l'hôtellerie.

Le lac Manasarovar est une des plus grandes réserves d'eau douce du monde. 90 m de profondeur et 395 Km2. Dans ses environs prennent naissance les plus grands fleuve d'Asie.

Des pèlerins qui font la Kora du Manasarovar.

Le monastère de Chiu gompa est une halte dans le pèlerinage autour du lac Manasarovar.

Nous retrouvons les pèlerins avec leurs motos chinoises très robustes dans cet environnement hostile.

Les femmes en tenues traditionnelles, les hommes généralement habillés à l'occidentale.

Nous passerons la journée à nous promener autour du monastère et sur les bord du lac. Rencontre avec des enfants, des pèlerins et repos dans le restaurant de l'hôtellerie.

Les enfants tibétains.

Nous passerons du temps en compagnie de Tempa et Sampa mais irons aussi nous balader sur les rives du lac.

En fin d'après-midi, un énorme orage se forme vers le mont Kailash et se dirige vers nous. Nous faisons de nombreuses photos avant d'aller vite nous mettre à l'abri lorsque le déluge commence !

Tempa a revêtu le manteau traditionnel nomade et pavoise peu fier !

Nous passerons notre dernière soirée dans ce restaurant en compagnie de Tempa et Sampa.

Sampa ne parle pas anglais mais nous arrivons bien à nous comprendre et nous aurons de nombreux fou-rires en faisant des pitreries.

Tempa essaiera ce manteau traditionnel des nomades, manteau que nous aurons vu souvent chez les pèlerins lors de notre Kora.

Le lendemain nous nous levons avant le soleil ( cinq heures) car nous avons une très longue route. Finalement étant partis à six heures du matin, nous arriverons dans la ville étape à plus de une heure du matin complètement abasourdis par ce voyage dantesque.

Perte d'une roue, route barrée pour tir de mines, humiliation par les militaires chinois car nous avons roulé sur une route toute neuve au goudron encore chaud, complètement perdus au milieu des routes défoncées en construction et pour finir le restaurant de l'hôtel nous sert une soupe avariées.

Très dure journée ! Pour nous mais surtout pour Sampa, admiration.

Départ pour Zhangmu.

Tempa et Sampa ne se connaissaient pas avant notre départ. En trois semaines, une grande complicité s'est établie entre eux. Etant tous deux tibétains, ils nous auront fait profiter de la connaissance de leur pays, de leurs coutumes et rencontrer quelques nomades pour boire un bol de thé au beurre avec eux.

Nous poursuivrons notre retour deux jours durant en direction de la frontière Népalaise. Nous laisserons Tempa et Sampa à Zhangmu, ville frontalière, et traverserons le « Pont de l'Amitié » et tirant notre valise des larmes plein les yeux de quitter des amis chers dont on n'aura certainement jamais plus de nouvelles.

Nous déciderons, deux ans plus tard, de retourner voir le Tibet en plein hiver et insisterons auprès de notre agence pour avoir les mêmes guides et chauffeur.

Nous retrouverons avec émotions Tempa qui nous guidera durant cinq jours au travers des monastères et temples perdus dans les montagnes enneigées et glaciales.

Il nous donnera des nouvelles de Sampa qui ne fait plus chauffeur pour touristes mais plutôt de gros camions.

 

La grande complicité entre Tempa et Sampa. « N'aurais-tu pas un peu grossi Sampa ! »

Retour sur notre aventure.

Le Mont Kailash.

Cet article est pour moi une façon de les remercier et de leur rendre hommage. Il y a bien longtemps que je n'ai plus aucun mail de Sempa. Aux dernières nouvelles, il n'était plus guide car pas assez de touristes et travaillait dans un restaurant comme sa femme.

Leur conditions sont précaires et c'est une lutte perpétuelle pour survivre dans leur pays où ils sont devenus minoritaires.

 

Cette grande traversée du haut plateau tibétain avec la Kora du Kailash pour point d'orgue aura été le voyage d'une vie. Des paysages fantastiques, une minéralogie et géologie extraordinaire, même si je n'ai que quelques notions, des monastères et temples somptueux. Je n'ai pas parlé des fresque, peintures, sculptures dans les temples, des Bouddha se dressant dans chacun d'eux ... (peut être un prochain article)

L'épreuve que nous avons traversée en faisant la Kora du Mont Kailash, a été source d'une grande joie teintée d'humilité et fierté. Humbles car nous ne sommes que poussière face à l'immensité du Mont Kailash, centre du monde, demeure des Dieux. Fierté de l'avoir fait, d'avoir la santé et les conditions physiques pour réaliser ce pèlerinage en haute altitude. Et joie d'être si bien accueillis par ce peuple tibétain que nous garderons à jamais dans nos cœurs.

Les images de ces trois voyages son à voir sur mon site des photos de voyage  Tibet.

 

Pèlerins se prosternant devant le Jokhang à Lhassa.

Pour ces trois voyages, nous sommes passés par l'agence Asie Online que nous vous recommandons pour leur professionnalisme.

Le volcan Chaitèn

Dômes volcaniques dans la caldeira du volcan Chaitèn.

Éruption du volcan Chaitèn en mai 2008.

Apparition du premier dôme de lave.

Le Chaitén était considéré comme éteint jusqu'à son éruption débutée en mai 2008, la seule connue sur ce volcan s'étant produite vers 7400 av. J.-C.

Après une phase sismique, le Chaitén se réveille le 2 mai 2008 en émettant un important panache volcanique s'élevant à plus de 21 kilomètres d'altitude, se dirigeant vers l'Argentine et atteignant Buenos Aires.

Devant l'ampleur de l'éruption, les autorités pensent dans un premier temps au réveil du Michinmahuida mais se ravisent en constatant qu'il s'agit du Chaitén.

Une évacuation de 900 à 1 500 personnes vivant dans un rayon de trente kilomètres, notamment la ville de Chaitén, est préventivement effectuée. Les personnes déplacées sont transférées par bateau vers les villes de Puerto Montt et Quellón.

Éruption du volcan Chaitèn mai 2008 (photo: ANSA)
Vue aérienne du sommet du Chaitén le 23 janvier 2009. (Wikipédia - Sam Beebe)

Le 6 mai, devant l'éruption qui gagne en puissance, les autorités décident de l'évacuation totale de tous les habitants situés dans un rayon de cinquante kilomètres autour du volcan.

4 000 à 5 000 personnes sont ainsi déplacées de force.

Le panache volcanique, plus chargé en cendres et en téphras, atteints les trente kilomètres d'altitude et des nuées ardentes dévalent les pentes du volcan.

Les cendres tombées sur tout le secteur autour du volcan sont mobilisées par de fortes pluies, faisant entrer en crue les cours d'eau.

Ces lahars affectent partiellement la ville de Chaitén dont certains bâtiments sont totalement détruits tandis que d'autres sont ensevelis jusqu'à la moitié de leur hauteur. Cette activité volcanique de type plinienne se poursuit pendant tout le mois.

À partir du 26 mai, l'éruption perd en intensité, le panache volcanique ne s'élevant plus qu'entre trois et cinq kilomètres d'altitude.

L'ancien dôme de lave est alors partiellement recouvert par un nouveau au sommet duquel se trouve un cône pyroclastique couronné par un cratère.

La brèche dans le rebord sud de la caldeira est obstruée par des dépôts volcaniques. Les eaux récoltées dans la caldeira ne pouvant plus en sortir, elles forment deux petits lacs au pied du dôme de lave.

Ce dernier continue de rejeter un panache volcanique et des explosions plus puissantes forment des nuées ardentes qui détruisent environ 25 km2 de végétation sur les flancs du volcan.

À partir de la mi-juin, la proportion de vapeur d'eau dans le panache volcanique augmente et l'activité volcanique et sismique décroit puis se stabilise.

Colonne éruptive le 2 mai 2008, quelques heures après le début de l'éruption. (Wikiwand - Erupción del volcán Chaitén de 2008)

Le deuxième dôme de lave.

Vue le 26 juin 2008 de la ville de Chaitén évacuée et partiellement détruite par l'éruption du Chaitén visible au dernier plan. (Wikipédia)

Fin octobre, l'éruption connaît un regain d'intensité avec un panache qui ne s'élève pas plus significativement en altitude mais qui se charge en cendres.

Un survol du volcan début novembre permet de constater qu'un nouveau dôme de lave de 300 mètres de diamètre pour 150 mètres de hauteur et hérissé d'aiguilles se met en place dans le nord-est du dôme construit depuis mai.

Le dôme de lave construit à partir de mai est alors baptisé Domo Nuevo 1 et celui formé en novembre Domo Nuevo 2.

L'activité se stabilise ensuite avec un panache volcanique s'élevant entre un et trois kilomètres d'altitude environ.

Début décembre, les volcanologues constatent au cours d'un nouveau survol que l'ancien dôme de lave est complètement recouvert par le Domo Nuevo 1 et que l'activité volcanique se concentre sur le Domo Nuevo 2.

L'effondrement d'une partie du Domo Nuevo 1 le réactive et il reprend sa croissance conjointement au Domo Nuevo 2.

Une aiguille de lave commune à ces deux dômes se met d'ailleurs en place.

L'activité sismique s’accroît en avril et certains tremblements de terre atteignent une magnitude de 4,5.

Jusqu'en septembre, l'activité reste stable avec la poursuite de la croissance des deux dômes de lave qui se traduit par une instabilité des aiguilles présentes à leur sommet, dont certaines atteignent cent mètres de hauteur, ce qui occasionne des éboulements et des panaches volcaniques s'élevant entre un et trois kilomètres d'altitude.

Le troisième dôme de lave.

Alertés par les quelques habitants de Chaitén qui observent un panache volcanique plus important et plus gris qu'à l'accoutumée le 29 septembre 2009, les volcanologues effectuent un survol du volcan et constatent qu'un troisième dôme de lave s'est mis en place.

Ce nouveau dôme de lave est logé dans la dépression née de l'effondrement des Domo Nuevo 1 et Domo Nuevo 2 le 19 février.

Ils profitent du vol pour observer une dépression allongée dans le centre des deux premiers dômes de lave et la disparition de l'aiguille de lave centrale.

Le panache volcanique qui s'élève au-dessus du volcan naît de la réunion des panaches issus de la dépression centrale et du troisième dôme de lave.

L'activité volcanique se continue avec la même intensité précédent cet épisode et elle se poursuit toujours.

(Sources: Wikipédia,  Global Volcanism ProgramSmithsonian Institution )