Maroc – Flore du Djebel Saghro

Maroc flore du Saghro
Berbère Flag

La Flore du Djebel Saghro au Maroc.

Maroco Flag

Écologie de la Flore de l'Atlas.

Lors de mes trois séjours dans le Djebel Saghro au Maroc, j'ai tenté d'observer la maigre flore des zones désertiques d'altitude.

Le djebel Saghro constitue la zone la plus aride de la chaîne de l'Anti-Atlas. Il ne bénéficie pas, à la différence des zones situées plus à l'ouest, d'une humidité de l'air assez élevée du fait de l'éloignement de l'océan Atlantique. Les précipitations annuelles ne dépassent pas 100 mm au sud et 300 mm sur les sommets.

La végétation se présente de façon étagée entre la plaine et la montagne. Au premier étage (850 à 1 200 mètres), le doum (palmier nain) voisine avec le thuya de barbarie, le caroubier, l’olivier sauvage, le pistachier lentisque et le laurier–rose. Y abondent lavandes, cistes et genêts. Parfois, le thuya est associé à diverses sortes de genévriers. En moyenne montagne (1 000 à 2 000 mètres), l’humidité augmente et le chêne vert domine, mêlé de genévriers rouges.

Sur les hauts plateaux et les hautes vallées (2 000 à 2 500 mètres), les arbres disparaissent, remplacés par des genêts et des plantes buissonnantes. Le seul qui subsiste est le genévrier thurifère sur les versants nord ou ouest. En mars et jusqu’en juin, une pelouse humide apparaît sur les plateaux, égayée de narcisses. Seuls les coussinets épineux se maintiennent en haute montagne (à partir de 2 500 mètres) : l’alysson au feuilles grises, le buplèvre, le cytise de balancsa, un genêt à fleurs jaune, la sabine piquante.

Au–dessus de 3 600 mètres, les coussinets disparaissent et la végétation est absente. Le leucanthème de l’Atlas, une violette à feuilles épaisses, fleurit au sommet du Toubkal. La végétation a été dégradée par l’homme et ses troupeaux, au point de ne plus pouvoir se régénérer. Autrefois de belles chênaies devaient couvrir les versants de l’Atlas, aujourd’hui on tente de les reboiser, semble–t–il avec succès, avec des plantations de pins d’Alep.

 

Je n'ai bien sûr pas la prétention de faire un article exhaustif présentant la totalité de la flore du Saghro. Mais je présente ici certaines plantes, arbres rencontrées lors de mes treks et sur lesquelles nous avons parfois échangé avec mon guide Hammou, notamment sur leurs propriétés médicinales traditionnelles ou culinaires.

Pour les mordus, ce site Sahara Atlas, traite des végétaux du Maroc et de la bande saharienne.

Lawsonia inermis, Le Henné.

Parmi les plantes cultivées au Saghro, nous trouvons de nombreuses parcelles plantées de Henné et, en ce mois d'octobre, la récolte bas son plein.

Il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l'adoucissant. Au hammam, le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau où on le mélange au savon noir pour le répartir sur l'ensemble de la peau avant le rituel du gommage. Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation. En soin capillaire, il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique. Pour effectuer des tatouages lors de cérémonies comme les mariages.

Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Le Jujubier est très bien adapté aux zones arides, désertiques. Il supporte des conditions sévères de sécheresse, de vent et d'ensoleillement.

Nous verrons des essais de reboisement lors de nos randonnées journalières. Les sillons ont été creusés mais aucune plantules ne sera observées. Affaire à suivre ...

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Punica granatum, Grenadier.

Dans les zones cultivées, irriguées, j'ai aimé tout particulièrement les grenadiers. Arbustes magnifiques avec leurs fruits mûrs aux couleurs éclatantes.

Il est en général entouré d'amandiers, d'oliviers, de palmiers dattier, abricotiers, figuiers.

Punica granatum, Grenadier.
Punica granatum, Grenadier.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Comme le Jujubier, il s'adapte bien aux zones arides. Une utilisation importante est la lutte contre l'érosion des sols. Il renforce le sol et est utilisé pour le reboisement des pentes arides et escarpées ainsi que pour la prévention des glissements de terrain.

Le pistachier de l'Atlantique (Pistacia atlantica ) est planté comme arbre d'ornement, offrant un ombrage agréable et résistant à la sécheresse.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Le caroubier est lui aussi cultivé. Pour son aspect ornemental et l'ombre qu'il fournit dans les villes, mais aussi pour ses fruits, les gousses dont les graines sont riches en protéines et nourrissent le bétail. Le caroubier est une plante mellifère intéressante à une période (l'automne) où pollen et nectar se font rares.

Au Maroc, troisième pays producteur mondial de caroubes (2017), il est utilisé pour ses vertus médicinales car, grâce à sa teneur élevée en fibres, elle exerce un effet régulateur sur la fonction intestinale et est utilisée dans les cas de diarrhée ou de constipation chez les enfants. Elle est alors administrée sous forme de préparation instantanée, comme un chocolat chaud. La gomme de caroube est utilisée comme épaississant ou gélifiant en industrie alimentaire.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu dans certaines zones. Hammou me dira que certaines crêtes en étaient couvertes quand il était enfant.

C'est un arbre qui pousse extrêmement lentement et nous verrons quelques spécimens ayant plusieurs siècles.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Comme pour le Cyprès, trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Chamaerops humilis est un palmier nain dont la variété cerifera produit un feuillage gris bleuté. Cette espèce indigène se développe dans les montagnes de l'Atlas et on le retrouve ainsi dans le Djebel Saghro. Il est très rustique et se développe jusqu'à 1200 m d'altitude.

Il forme des touffes compactes et pousse dans les zones où il trouve de l'eau dans le sous-sol en suivant le trajet des ruisseaux ou sources. Il est communément appelé « doum » ou « alfa » par les locaux et est utilisé pour fournir des fibres végétales.

Hammou me dira qu'on peut consommé le cœur avec modération car présente une certaine toxicité.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Vitex agnus-castus, Arbre au poivre ou gattilier.

Utilisé comme condiment en remplacement du poivre.

Il est réputé calmer les ardeurs sexuelles et était notamment utilisé dans les matelas des lits médiévaux. On en tire d’ailleurs une épice nommée « poivre des moines ».

Les fruits du gattilier équilibrent la production de progestérone et d’œstrogène et viennent bloquer l’action des hormones androgènes, la testostérone par exemple. Son action progestéronique a été prouvée à travers de nombreuses études.

Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Il permet de lutter contre la désertification dans les zones arides. De par le peu d’exigences en eau qu'il requiert, et sa capacité à coloniser des milieux défavorisés, il est considéré comme l’arbre pionnier des surfaces sèches.

le bois présente un intérêt majeur comme combustible et comme bois de construction.

Les graines peuvent être mangées. L'Acacia faux-gommier présente un intérêt pastoral appréciable grâce aux feuilles, fruits et même épines qui pourront servir de fourrage pour le bétail, dont notamment les chèvres.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Espèce rustique, on le retrouve au Maroc où il supporte bien la sècheresse.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

La plante est utilisée comme remède pour le traitement des plaies cutanées, de l’asthme et de la bronchite. Au Maroc, le latex est appliqué extérieurement pour les furoncles et abcès et pour retirer les épines de la peau.

Des produits issus de Pergularia tomentosa sont utilisés en tant que dépilatoire.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

Haloxylon salicornicum.

Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

La plante est utilisée comme remède contre la toux, les maux de tête et les rhumatismes.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.
Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Cette plante colonise les premières pentes arides et ensoleillées de l'adret de l'Anti-Atlas et du Haut-Atlas.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Très souvent retrouvée dans le lit des rivières à sec, sur les chemins. Les fruits sphériques de 5 à 10 cm de diamètre (de la taille d'une petite orange), ressemblant à une petite pastèque, de couleur verte panaché de jaune clair, devient complètement jaune à maturité.

La chair légère, spongieuse, de couleur jaune orangé, est très amère et toxique. Les nombreuses graines ovoïdes et aplaties, de couleur variant de l'orange au brun noirâtre, sont comestibles.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Anvillea garcinii.

Anvillea garcinii
Anvillea garcinii

Deverra scoparia.

Cette Ombellifère fait partie de la pharmacopée traditionnelle des Touaregs pour le traitement de l’hépatite, du diabète et des infections urinaires en infusion et, en poudre, dans le traitement des morsures de vipères et de scorpions.

Son odeur de fenouil est utilisée dans la fabrication de fromages de chèvre.

Ses activités biologiques intéressent également la médecine moderne et de nombreuses études phytochimiques ont montré une grande richesse en huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antioxydantes, acaricides et anti-inflammatoires.

Deverra scoparia.
Deverra scoparia.
Deverra scoparia.

Launaea arborescens, Launée arborescente.

Launaea arborescens, Launée arborescente.
Launaea arborescens, Launée arborescente.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Ononis natrix, Bugrane gluante.

Cette plante aurait des propriétés diurétique, dépurative, utile contre les rhumatismes et en dermatologie contre certaines dermites.

Ononis natrix, Bugrane gluante.
Ononis natrix, Bugrane gluante.

Viscum cruciatum, Gui.

En médecine populaire, ses feuilles fraîches ou séchées sont reconnues pour leurs bienfaits sur divers troubles métaboliques (notamment le diabète et l'artériosclérose), les crises de goutte et les douleurs rhumatismales. Le gui est également apprécié pour son action régulatrice de la tension artérielle.

Ses propriétés hémostatiques en font un remède traditionnellement utilisé pour limiter les hémorragies, qu’elles soient intestinales, pulmonaires, menstruelles (ménorragies) ou nasales (épistaxis). Il joue un rôle préventif contre les accidents vasculaires cérébraux. Il a été employé pour atténuer les manifestations de l’épilepsie, grâce à ses effets antispasmodiques. Ces propriétés lui ont valu d’être utilisé dans l’accompagnement des affections impliquant des spasmes, comme l’asthme, les toux convulsives, la coqueluche ou encore les hoquets persistants.

Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.

Withania adpressa.

Cette espèce est utilisée dans certaines régions pour ses propriétés antioxydantes, antibactériennes et antifongiques.

Withania adpressa.
Withania adpressa.
Withania adpressa.

Maroc – Le Djebel Saghro – Randonnée de six jours

maroc djebel saghro
Berbère Flag

Trek au Djebel Saghro, Maroc.

Maroco Flag

Situation géographique.

En tamazight, Saghro signifie sécheresse , un nom approprié si l'on considère que le Jbel Saghro est la région montagneuse la plus sèche de tout le massif de l'Atlas.

Le djebel Saghro, orienté selon un axe SO-NE, est un prolongement oriental de l'Anti-Atlas, dont il est séparé par la vallée du Draâ . Au nord de la chaîne s'étend la vallée du Dadès, qui la sépare du massif du Haut Atlas.

Le point culminant de la chaîne est l'Amalou n'Mansour (2 712 m) , situé au sud-est d'Iknioun.

Situé à l'intérieur des terres, ce massif ne bénéficie pas des vents de l'océan Atlantique qui apportent de l'humidité aux chaînes de l'Anti-Atlas, plus à l'ouest, ainsi qu'aux autres chaînes exposées à l'océan, plus au nord. Les précipitations annuelles ne sont que de 100 mm sur les versants sud et de 300 mm aux sommets.

Paysage lunaire de plateaux, de pics, de canyons parcourus par des oueds, des forêts, le tout dominé par des pitons de basalte (necks).

Histoire géologique.

Son histoire géologique est très ancienne avec une alternance de phases volcaniques, de sédimentation puis d'érosion. Les premiers reliefs volcaniques sont constitués de trachytes et de rhyolites. Leur érosion a formé des conglomérats et des grès.

Il y a eu ensuite des périodes de sédimentation continentale, puis marine (gisements de trilobites). Le soulèvement de la période hercynienne donne la forme générale du massif. Plusieurs épisodes tectoniques avec issue de roches magmatiques (dolérites), puis volcaniques au Tertiaire avec libération de phonolithes se prolongent jusqu'à l'orée du Quaternaire. L'érosion complète la morphologie actuelle du massif.

Des mines sont exploitées sur le versant nord à Tiouit (or, argent) et Imiter (argent).

Arrivée à N’kob ( ⵏⵇⵓⴱ ):

J’arrive aux aurores à l’aéroport de Marseille pour un vol en direction de Ouarzazate, où je retrouve Moha, le taxi envoyé par Hammou.

Nous nous arrêtons à Ouarzazate pour acheter une carte SIM et avoir un peu de connexion, bien que je sais qu’une fois que nous serons dans les montagnes, je n’aurais plus de réseau, donc plus de data. Finalement, certains jours j'aurais un peu de connexion avec ma carte Maroc télécom. Hammou me dira que le réseau Inwi est plus présent au Saghro. J'aurais du le savoir !

Puis, nous partons pour N’Kob, à 135 Km de l’aéroport, 2 heures de trajet.

A N’kob, je retrouve l’hôtel Berber Nomad Kasbah et on m’attribue la même chambre. Je retrouve Hammou pour le déjeuner dans un petit resto de la rue principale puis retourne à l’hôtel pour une petite sieste réparatrice.

Une petite balade pour visiter une jolie casbah et les jardins de la palmeraie puis retour à l’hôtel pour le dîner, un tajine au poulet et citron excellent.

Hammou, mon guide.

C'est le troisième trek que je fais avec Hammou, mon guide. C’est un enfant du pays. Ses parents étaient nomades dans le Djebel Saghro, où il y a gardé les chèvres dans son enfance.

Il connaît toute cette région comme sa poche, me montrant les emplacements des camps nomades de ses parents, l’endroit où il est né, perdu dans les montagnes, les sources où ils venaient chercher l’eau ou faire boire le bétail, les villages et maisons de sa famille.

Hammou est intarissable sur les plantes, leur vertu médicinale ou alimentaire. Nous ramassons des cailloux et il en détermine la nature. Il m'indique les traces dans le sable, serpent, lézard, renard ...

Il a construit, sur sa propriété, un igloo pour accueillir les touristes et a pour projet d'en construire un second et aménager une terrasse face à un paysages superbe pour la détentes de ses convives.

Hammou est très impliqué dans les projets d'aide aux nomades du Saghro, d'écoles permettant la scolarisation des enfants sans qu'ils fassent trop de kilomètres pour trouver une classe. Il ne manque jamais d'apporter ses conseils et soutiens aux nomades que nous rencontrons.

C’est avec un grand plaisir que je le retrouve et me laisse guider dans ces paysages sublimes pour la troisième fois.

Si vous soutez le contacter, consulter sa fiche avec ses coordonnées.

Jour 1: De Tifrit ( ⵜⵉⴼⵔⵉⵜ ) à Daw ourir nzgigi ( ⴰⴳⵔⴷ ⵏⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏⵣⴳⵉⴳⵉ )

Après le petit déjeuner au Berber Nomad Kasbah, je retrouve Hammou et nous partons en voiture à 8 km pour démarrer notre trek. La mule est là ainsi que Hammou, le muletier et cuisinier durant notre trek. Tri de nos affaires et des provisions, chargement des paniers et leur placement sur le dos de l’animal et nous pouvons prendre la route.

Nous marcherons dans le lit d’une rivière à sec, cheminant dans les paysages désertiques. Comme toujours, lors de la marche, nous échangeons souvent avec Hammou. La rivière à sec, le manque de pluie, la chaleur excessive et les problèmes rencontrés par les agriculteurs de la région du Saghro qui ont bien du mal à faire prospérer leur travail dans les champs.

Nous ferons un arrêt à zgigi ( ⵣⴳⵉⴳⵉ ), dans le lit de la rivière pour notre pique-nique de midi. Hammou en profite pour faire boire sa mule. Petite sieste à l'ombre avant de repartir.

Nous rencontrons un groupe d’agriculteurs mettant en sac le henné récolté. Nous traversons des champs où il n’y a plus de culture, seulement des amandiers et quelques dattiers. Nous sommes en pleine récolte des dattes, les bouquets étant protégés des prédateurs par des filets. Nous en cueillons quelques unes, sucrées, juteuses, un délice.

Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu, et les agriculteurs ont beaucoup investi dans des forages pour irriguer leurs cultures. Mais Hammou me dira que la jeunesse a du mal à se projeter dans l’agriculture, les revenus étant très aléatoires.

Nous finissons, au bout de douze kilomètres, notre première journée de trek. A l’écart d’un village, nous nous installons sur les hauteurs dominant la rivière.

Fin d’après-midi paisible, un premier thé berbère en arrivant puis, après avoir monté nos tentes, les deux Hammou préparent le repas.

Notre premier campement.

Des enfants viennent nous voir et discutent beaucoup en amazigh. Ils sont scolarisés dans le village voisin où ils apprennent l’arabe littéraire et le français. Hammou déplore que l'amazigh ne soit pas au programme car c’est leur langue maternelle dont l’écriture est si belle. Les enfants retournent au village et nous nous mettons à table.

Jour 2: De Daw ourir nzgigi ( ⴷⴰⵡ ⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏ ⵣⴳⵉⴳⵉ ) à Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 2

Réveil tôt ce matin, juste après le lever du soleil. Petite toilette sous ma tente puis je rejoins les deux Hammou pour le petit déjeuner. C’est toujours un repas important au Maroc, il est copieux. Du pain grillé et miel, confiture, huile d’olive, fromage, omelette. Du café au lait juste pour moi alors qu'eux boivent du thé.

Je range mes affaires, remplit mon sac, replie ma tente et nous chargeons la mule en équilibrant bien les deux paniers. Rien ne traîne, nous levons le camp et partons sur les sentiers.

Nous étions à 1 300 mètres d’altitude et le sentier monte progressivement. Nous passons devant une grande bâtisse occupée par une famille, puis une école maternelle aux murs colorés, une autre ferme puis les pics typiques du Saghro pointent à l’horizon.

Les paysages sont arides, minéral. Nous cheminons comme la veille dans le lit d’une rivière à sec.

Arrêt pour déjeuner à Boygra ( ⴱⵓⵢⴳⵔⴰ ). Il y a toujours un thé pour commencer et aujourd’hui il est agrémenté d’une sorte de pizza qu’une paysanne nous à donner en même temps que quelques dattes et des grenades.

Il y a toujours un bon accueil sur la route lorsque nous rencontrons des nomades berbères. La majorité sont devenus sédentaires, occupant de grandes bâtisses où plusieurs familles coexistent. Nous sommes régulièrement invités pour un thé.

Ils vivent de l'élevage, surtout des chèvres, parfois des moutons, et de quelques cultures maraîchères ainsi que des arbres fruitiers.

Le repas terminé, nous faisons une petite sieste à l'ombre avant de repartir. Il fait assez chaud, plus de 27°c, le soleil est implacable et nous repartons en début d’après-midi.

Nous grimpons toujours, le Saghro nous entoure de ses formations majestueuses, imposantes, minérales.

Nous trouvons un emplacement adéquat pour notre camp. Nous avons demandé de l’eau à une famille avant d’atteindre les hauteurs. Nous sommes de nouveau installés dans le lit à sec d’une rivière, cette fois, de l’eau s’écoule en un mince filet ce qui suffira pour abreuver la mule et faire la vaisselle. Parmi les joncs, des grenouilles sautent dans l'eau et se cachent dans la vase.

On retrouve souvent des palmiers au bord des cours d'eau ainsi que les joncs et palmiers nains.

Nous avons atteint les 1 680 mètres d’altitude, il fait un peu plus frais ce soir. J'aurais un peu chaud dans mon duvet.

Une dernière infusion et je regagne ma tente. Un dernier coup d'œil au ciel étoilé, pas de pollution lumineuse, la voie lactée est magnifique. Peu avant 22 heures, la lune émerge derrière la montagne, le spectacle est magique.

Jour 3: De Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ ) à Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 3

Nous quittons notre campement après un copieux petit déjeuner. Nous empruntons un sentier qui longe la piste carrossable.

La plaine monte en pente douce vers des chaînes de grès qui barrent l’horizon. Les massifs rocheux sont sculptés par l’érosion et se découpent contre le ciel.

Aujourd’hui, un vent venu de l’Est, chargé de la poussière venue du désert, barre l’horizon. Cette brume estompe les sommets lointains rendant le paysage mystérieux. Aux Canaries, on appelle cette brume le Calima, et elle est bien présente aujourd’hui.

Nous suivons tantôt un sentier, tantôt la piste. Nous passons par un col à 2 052 m. Nous y rencontrons deux couples lyonnais qui explorent la région en quad. Petit arrêt pour discuter puis nous continuons la piste qui redescend. Nous rencontrons deux 4X4 de toulousains avec qui nous échangeons, ils sont un peu perdus. Hammou leur indiquera la bonne piste. C’est le premier jour où nous rencontrons des touristes.

Arrêt pour déjeuner près d’un point d’eau à Tagmout ( ⵜⴰⴳⵎⵓⵜ ). Il n’y a pas beaucoup d’ombre et nous ne ferons pas de sieste.

Hammou amène sa mule sur du sable où elle s'y roule pour un bon bain de poussière.

Nous repartons et traversons une chaîne montagneuse pour redescendre vers le village d'Assaka n'Ait Ouzzine.

Nous irons dans la famille Assaka, qui nous accueille, selon la tradition, avec un thé, accompagné, de dattes et d'amandes, de miel et huile d'olive et du pain.

Ma tente plantée dans la cour, j’en profite pour aller prendre une douche chaude. Un bonheur !

Hammou, le muletier, aidé des cuisinières de la famille, préparera un couscous que nous mangerons en compagnie de Mohamed, un des fils de la famille qui parle un français parfait.

Il tient la Guest House Ait Aamr (+212 710 708 966) où il accueille les touristes de passage.

Les discussions en Amazigh vont bon train. Hammou me donne de temps en temps des traductions.

Ils se donnent des nouvelles des uns et des autres, le Saghro est peu peuplé, tout le monde se connaît.

La Guest House Ait Aamr.

Mohamed Assaka parle avec Hammou de son gîte pour accueillir des touristes, des améliorations qu'il compte faire.

Belle étape, nous avons marché presque 18 km avec plus de 600 m de dénivelé positif comme négatif.

Durant notre marche, je discute toujours autant avec Hammou, sur les minéraux et les plantes rencontrés sur le sentier. Certaines plantes sont utilisées pour leur valeur médicinale ou culinaire. Nous passons aussi devant d’anciennes mines de quartz et barytine, et les pistes sont construites pour y accéder, un plus pour la région.

Encore une super journée avec de fantastiques paysages.


Guest House Ait Aamr

Contact : Mohamed Assaka (tel et WathsApp +212 710 708 966)

Jour 4: De Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ ) à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ )

Lever de soleil à Assaka.
Maroc Djebel Saghro trek jour 4

Je me lève un peu avant le lever de soleil, le village est encore endormi, seuls les coqs chantent.

C'est Hammou, le muletier, qui se lève en premier et commence à préparer le petit déjeuner. Nous le prenons tous ensemble, Mohamed Assaka nous rejoint et discute avec mes guides.

Je range mes affaires, démonte la tente pendant que les deux Hammou rangent, eux aussi, tout le matériel.

J'aide à charger la mule, puis nous quittons la Guest House Ait Aamr. Je remercie Mohamed Assaka pour son accueil et hospitalité et nous prenons le chemin en direction de l’Est.

Aujourd’hui, nous ne croiserons aucun touriste, quelques berbères dans des camps nomades, la région est vraiment peu peuplée.

Les paysages sont toujours aussi beaux et désertiques. Pas un seul arbre. Hammou me montrera une crête où il y avait, jadis, de grands genévriers. Ils ont tous été coupés pour faire du bois de construction. Ces arbres mettent des dizaines d'années à se développer, une perte pour cette nature difficile.

Nous passons sur de grandes zones où des sillons parallèles ont été creusés. Hammou me dit qu’un essai de reboisement avec des jujubiers est en cours. Ces arbustes sont bien adaptés aux terrains désertiques.

Des forages ont été faits pour apporter de l’eau aux familles nomades et aussi certainement pour irriguer ces plantations. Pour le moment, nous ne voyons rien, pas de plantules.

Au creux de certains vallons, des palmiers nains poussent. C'est le signe qu'il y a de l'eau à cet endroit, parfois uniquement souterraine.

Des roches en forme de champignon, érodées par le vent. Je retrouve aussi, tout au long des sentiers, des roches patinée. Leur surface est foncée, lisse et brillante. C'est l'action du vent chargé de sable qui poli leur surface.

Nous passons devant une source que j'avais vue lors de mon dernier trek. Elle a été bien aménagée avec un abreuvoir pour le bétail. L'eau est bien claire bien qu'un petit filet coule. Je ramasse un peu de menthe pour le thé.

Arrêt à Tinwayour ( ⵜⵉⵏ ⵡⴰⵢⵓⵔ). Nous déjeunons en plein soleil étant sur un plateau dépourvu d’ombre. Donc pas de sieste encore aujourd'hui.

Dans la descente, nous croisons une chèvre avec son cabri de quelques heures qui marche à peine. Nous nous approchons, mais elle nous regarde, inquiète. Nous ne les dérangeons pas plus.

Nous entamons une grande descente, raide, dans les pierres. Le sentier est difficile, mal marqué car peu de monde l'emprunte.

Vers le fond de la vallée, nous retrouvons un point d'eau. Il n'a pas plu depuis de nombreux mois, et le peu d'eau est capté pour irriguer quelques cultures.

Nous terminons notre journée de trek dans la vallée de Berkou, à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ). Nous nous installons sur les berges d'une rivière là encore à sec. Hammou ira chez de la famille pour se procurer de l'eau.

Nous avons marché 18 km avec un col à 1971 m, plus de 500 m de D+ et presque 800 m de D-.

Le sentier de la descente était en mauvais état, très raide et je suis toujours étonné de l’agilité de notre mule qui, guidée par Hammou, franchit tous les obstacles et progresse habilement là où je me dit que je vais bien finir par m’étaler.

On la sentait tout de même bien contente d’être arrivée et déchargée. Un sac d’avoine a été sa récompense bien méritée. Et elle sera abreuvée avant la préparation de notre repas.

Les deux Hammou cuisinent un tajine aux légumes pour ce soir et de la grenade en dessert. Je me régale.

Même s'ils n'ont pas apporté beaucoup d'ustensiles de cuisine, cocotte minute et plat à tajine, les repas sont toujours délicieux et ce n'est pas encore là que je perdrai du poids.

Jour 5: De Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ ) à Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ )

Une journée où les paysages sont exceptionnels ! Mais aussi un trek très long, 23 km. Ce sera la plus longue distance parcourue durant cette semaine au Maroc. Certainement ma plus belle journée de randonnée.

Maroc Djebel Saghro trek jour 5

Nous démarrons notre trek en suivant la rivière pratiquement à sec. Subsistent quelques mares envahies de têtards et de grenouilles qui plongent pour se cacher dans la vase.

Nous passons devant une vieille bâtisse qui appartenait au grand-père de Hammou. De là, nous montons vers un col, la vue sur les sommets est superbe. Hammou me fait voir des crêtes où nous pourrions faire un trek une prochaine fois.

Je lui donne, dès à présent, rendez-vous pour l'an prochain. La vue de cette montagne me donne vraiment très envie d'y parcourir les crêtes.

Du col, nous montons vers un plateau et atteignons les 1814 m d’altitude. De là, nous redescendons vers l'autre versant et je retrouve les formations vues lors de mes derniers treks.

On se croirait en Arizona. Des pics, des plateaux tabulaires, le paysage est magique et je ne m’en lasse toujours pas.

Des parois de grès sculptées, de larges plateaux aux falaises abruptes surplombant des roches rouges et orangées. Je reconnais les lieux de nos derniers passages, où nous avions campé ou déjeuné.

Nous poursuivons et arrivons chez Hammou, le muletier, à ighazoun (ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ) Il nous attendait pour le déjeuner. Arrivée un peu tardive, nous avons déjà marché 16 km.

Hammou apporte le thé puis un tajine aux légumes. Ils n'utilisent pas de poivre, comme condiment, mais de la poudre de cumin.

Un peu de repos avant de reprendre la route, puis une fois la mule chargée, nous nous mettons en marche.

Nous suivrons le cours d’une rivière à sec pour arrivée dans la famille de Hammou, mon guide, qui nous attendait.

Un thé, les deux frères et la belle-sœur discutent un moment, puis nous rejoignons l’igloo que Hammou a construit l'hiver dernier.

Très accueillant, l'espace est grand et confortable pour quatre personnes. Il y a un coin toilette et douche dans un autre local tout proche. La vue sur les montagnes en face est superbe et je conseille à Hammou de construire un espace de repos face à ce magnifique panorama.

Nous dînons devant l’igloo, je les laisserais en grande discussion tous les trois pour aller me reposer dans l'igloo.

Nous avons marché plus de 23 km aujourd’hui, je suis un peu vanné, un grand besoin de reposer mes jambes. Extraordinaire randonnée.

Jour 6: De Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ ) à Nkob ( ⵏⵇⵓⴱ )

Igloo de Hammou à Tifdassin . ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ
Maroc Djebel Saghro trek jour 6

Après un dernier chargement de la mule, nous nous mettons en marche. Nous suivons le cours de la rivière et passons par des terrasses de cultivées.

Outre les palmiers, amandiers, oliviers, grenadiers et autres arbres fruitiers, nous trouvons des jardins maraîchers où les semis d’hiver commencent à se développer. Des carottes, navets, coriandre, mais aussi de la luzerne et de l'alfalfa pour le bétail.

Rencontre avec quelques paysans qui viennent s’occuper de leurs cultures, notamment de l'irrigation de leur parcelle.

En chemin, nous glanons quelques dattes que nous dégustons sur place, elles sont sucrées, succulentes, j'en raffole. Hammou cueille aussi quelques grenades.

Nous rencontrons une équipe qui effectue des forages de prospection pour un futur barrage de 20 mètres de haut sur cette rivière.

Gros problèmes d’eau dans le Saghro, plusieurs épisodes de sécheresse ont entraîné un exode rural.

Depuis ma dernière venue il y a deux ans, j’ai pu voir le nombre de nouveaux forages et pompes pour puiser d’eau de la nappe phréatique. Beaucoup d’agriculteurs se sont équipés. Beaucoup de cultures sont maintenant irriguées par des dispositifs de gouttes à gouttes bien plus économes en eau.

Un peu plus loin, Hammou me montre quelques gravures rupestres puis un petit serpent qui se faufile sur les rochers.

Nous arrivons au terme de notre trek et retrouvons Hammou qui a déchargé sa mule et préparé le repas. Un petit thé à la menthe pour nous désaltérer, le chauffeur qui doit nous ramener à N’kob vient se joindre à nous.

Fin du repas, fin de l’aventure berbère, je remercie chaleureusement notre muletier qui va repartir chez lui avec sa mule déchargée. Nous rentrons, Hammou et moi, à N’Kob où je retrouve ma chambre à Berber Nomade Kasbah.

De retour à l'aéroport de Ouarzazate, on voit la centre solaire avec sa tour où les faisceaux des miroirs concentrent les rayons du soleil afin de faire chauffer un réservoir de sel et produire de l'électricité.

Totalité des Treks de 2023 et 2025.

En 2023, j'avais effectué un grand trek de six jours en compagnie de Hammou. J'ai retrouvé certains lieux où nous étions passés en 2025.

Cette année, nous aurons fait de plus grandes étapes, et j'ai adoré ces paysages immenses lors de ces longues randonnées, près de 100 km cette année dans des paysages sublimes !

Maroc Djebel Saghro trek 2025
Maroc Djebel Saghro treks 2025 et 2023

C’était un plaisir de rencontrer de nouveau tous ces nomades perdus dans les immensité du Saghro, leur accueil chaleureux, leur hospitalité, toujours prêts à vous servir un thé ou vous inviter à partager leur repas ou vous héberger pour la nuit. Hammou est très actif pour le développement du tourisme dans le Saghro, c'est toujours un petit supplément de revenu pour eux.

Rendez-vous pris pour l'an prochain, j'espère bien découvrir ces fameuses crêtes !

Espagne – Canaries – Flore de l’Île de La Palma

viola palmensis
Drapeau des Îles canaries.

Flore de l'île de La Palma

Spain Flag

Voici quelques plantes rencontrées lors de nos treks sur l'île de La Palma aux Canaries. Cet article n'a pas la prétention de présenter l'intégralité de la flore de La Palma. Juste quelques fleurs plantes, arbres, succulentes, pour ravir vos yeux. Alors régalez-vous 😉

Pour les mordus de botanique, la Flore des Canaries pour chaque îles est ICI.

La Laurisylve en Macaronésie.

Llaurisylve est un type de forêt subtropicale humide présente sur plusieurs des îles de la Macaronésie : Açores, Madère et îles Canaries. Elle présente des sols profonds et est caractéristique des versants septentrionaux soumis aux brumes des alizés, avec des précipitations annuelles de l’ordre de 500 à 1 100 mm d'eau et une température comprise entre 15 et 19 °C.

Ces forêts se composent principalement de lauracées à feuilles persistantes, pouvant atteindre jusqu’à 40 mètres de hauteur, et abritent un riche biotope de plantes de sous-bois, d’invertébrés, d’oiseaux (pigeon des lauriers endémique des Canaries) et de chauves-souris, dont certains sont endémiques.

La laurisylve couvrait à l’origine une grande partie des Açores et de Madère, ainsi qu'une partie des îles occidentales des îles Canaries, mais les forêts ont été grandement réduites par la coupe, le défrichage pour l’agriculture et le pâturage, ainsi que l’invasion d’espèces exotiques.

Aux îles Canaries, environ 100 km2 de laurisylves existent encore à La Palma, 60 km2 à Tenerife et plus de 20 km2 dans le parc national de Garajonay à La Gomera.

Les laurisylves de Macaronésie sont des reliques d’un type de végétation subtropicale humide qui couvrait à l’origine la plupart du bassin méditerranéen et la Macaronésie lorsque le climat de la région était plus chaud et humide, durant une grande partie de l'ère tertiaire.

Lors du lent refroidissement du climat mondial durant le Pliocène qui a causé un assèchement général, en particulier dans le bassin de la Méditerranée, les forêts de lauriers reculèrent progressivement, remplacées par des espèces plus résistantes à la sécheresse (sclérophylles), correspondant à la flore méditerranéenne classique actuelle, bien qu'elles survécurent dans de nombreuses régions.

Les dernières laurisylves sur le pourtour de la Méditerranée auraient disparu à la fin du Pléistocène, soit assez récemment à l'échelle de l'évolution, lors du dernier maximum glaciaire où le climat fut nettement plus froid et surtout beaucoup trop aride à basse altitude dans le Bassin méditerranéen.

Cependant quelques restes de la flore de ces forêts persistent encore dans les montagnes du sud de l’Espagne et du nord du Maroc.

L’emplacement des îles de la Macaronésie dans l’Atlantique Nord a atténué ces fluctuations climatiques, et maintenu durant tout ce temps un climat suffisamment humide et doux qui permit à ces forêts de persister jusqu’à nos jours.

La Laurisylve humide de La Palma.

Les Plantes Vivaces et Annuelles.

Geranium reuteri
Pericallis appendiculata var appendiculata
Pericallis papyracea
Rumex maderensis

Les Plantes Rupicoles.

Aichryson bollei
Aichryson laxum
Monanthes muralis

Les Arbres.

Apollonia barbujana
Erica arborescentes
Ilex canariensis poir
Laurus novocanariensis
Myrica (Morella) faya aiton
Ocotea feotens
Persea indica

Les Arbustes.

Crambe santosii
Gesnouinia arborea
Hypericum grandifolium

Les Fougères.

Adiantum reniforme
Asplenium heminionitis
Selaginella denticulata
Woodwardia radicans

Les Grimpantes.

Semele androgyna

Végétation de Pinède et Haute Montagne.

Ici les plantes sont adaptées à un écosystème plus sec et/ou plus froid. On les rencontre au niveau de Pinède, mais aussi sur les pentes en altitude.

Les Arbres et Arbustes.

Pinus canariensis
Chamaecytisus profilerus subsp proliferus
Cistus symphytifolius
Spartocystisus supranubius
Pterocephalus prophyranthus
Erysimum scoparius
Genista benehoavenis
Adenocarpus viscosus subsp spartioides

Les Plantes Vivaces et Annuelles.

Viola palmensis
Echium perezii
Echium gentianoides
Tolpis calderae
Argyranthemum haouarytheum
Descurainia gilva
Plantago webii
Plantago webii
Bencomia exstipulata

Végétation de fond de vallée, plantes hygrophytes, plantes rupicoles. (Barranco de Las Angustias)

Le paysage protégé du Barranco (ravin) de Las Angustias est le lieu de rencontre des ruisseaux permanents de la Caldeira et jouxte le parc national de la Caldeira de Taburiente.

Cet espace naturel d’exception est caractérisé par d’impressionnantes parois escarpées couvertes de végétation et des forêts luxuriantes de pins canariens, espèce endémique canarienne.

Les Arbres et Arbustes.

Pinus canariensis
Globularia salicilina
Gymnoscoparia cassinoides
Lobularia canariensis
Micromeria hyssopifolia
Arbutus canariensis

Les Plantes Vivaces et Annuelles.

Aeonium nobile
Aeonium arboreum subsp holochrysum
Sonchus hierrensis
Bystropognon origanifolius var palmensis

Brousses de succulentes, Forêt buissonnante thermophiles, plantes rupicoles, xérophytes. (Las Tricias)

Les plantes de cet environnement sec et aride se sont adaptées à la sècheresse, aux pluie limitées et aléatoires. Proches des côtes, le sol a parfois une teneur en sel plus élevée.  on retrouve donc des espèces aux besoins d'eau réduit, à la croissance lente bien que parfois spectaculaire comme pour ces spécimens des dragonniers multi centenaires que l'on peut observer à Las Tricias.

Les Arbres et Arbustes.

Dracaena dacro subsp dacro
Euphorbia lamarckii subsp wilpretii
Euphorbia balsamifera ait

Les Rupicoles.

Aeonium goochiae
Greenovia diplocycla
Aeonium canariensis subsp christii

Végétation côtière, Plantes Rupicoles, pionnières sur lapilli.

Les Rupicoles.

Aeonium davidbramwalli
Aeonium spathulatum
Aichryson bollei

Les Plantes Vivaces et Annuelles.

Artemisia canariensis
Bystropognon origanifolius var palmensis
Convolvulus floribunda
Lavandula canariensis
Micromeria herpyllomorha subsp palmero
Micromeria hyssopifolia
Periploca laevigata
Rumex lunaria
Silene pogonocalyx
Echium brevirame
Polycarpea aristataj

Cette semaine de treks sur l'île de La Palma, l'Isla Bonita, nous aura permis d'observer de nombreuses espèces végétales spécifiques aux Canaries, à la Macaronésie, ou même à l'île de La Palma elle-même.

Un regret, je n'ai pas pu photographier toutes ces merveilleuses plantes, mais, de retour à la maison, je constate que j'ai une bonne collection et cet article en est la preuve.

Un régal de parcourir ces sentiers en compagnie de Valérie qui ne manque jamais de nous signaler une espèce caractéristique, endémique, rare et nous fourni des commentaires sur son utilisation, son origine, les différences avec celle d'une autre île des Canaries, de la Macaronésie.

Espagne – Canaries – Trek sur l’Île de La Palma

Espagne, la Palma, volcan Tajogaite
Drapeau des Îles canaries.

La Palma.

Spain Flag

Situation Géographique de La Palma.

Les îles Canaries sont un archipel de l'océan Atlantique situé au large des côtes du Maroc. Les Canaries font partie de la Macaronésie, un ensemble géographique regroupant les territoires insulaires volcaniques des îles Canaries, de Madère, des Açores et du Cap-Vert situés à l'ouest et proches des côtes nord-africaines.

L'île de La Palma occupe la cinquième place en superficie et en population dans l'archipel des Canaries. De plus, c'est la deuxième île des Canaries en altitude, avec les 2426 m du Roque de los Muchachos.

La ville de Santa Cruz de La Palma est la capitale de l'île, bien que la municipalité la plus peuplée de l'île soit Los Llanos de Aridane.

Depuis 2002, l'île entière est une réserve de biosphère et, après Lanzarote et El Hierro, c'est la troisième île des Canaries à être reconnue avec cette protection par l'UNESCO .

La Palma possède également le Parc Naturel Cumbre Vieja, le Parc Naturel Las Nieves et une série d'entités protégées de taille et de degré de protection plus petits.

Au centre de l'île se trouve le parc national de la Caldera de Taburiente, où se trouve le plus grand cratère volcanique émergé du monde.

Éruption volcanique de 2021.

Dans le tiers nord de l'île de La Palma, se trouve une grande dépression d'effondrement et d'érosion  formant la Caldera de Taburiente. Du centre au sud, dans la Cumbre Vieja, se trouve une série de volcans parmi lesquels se distinguent les volcans San Antonio, San Juan et le Teneguía et le volcan Tajogaite, le dernier résultant de l'éruption de 2021.

La Palma, comme le reste des îles Canaries, est d'origine volcanique. L'âge géologique est estimé à deux millions d'années, l'un des plus jeunes de l'archipel. Elle est née d'un volcan sous-marin situé à 4000 m sous le niveau de la mer. L'activité volcanique est actuellement essentiellement localisée dans la partie sud de l'île.

La dernière éruption à La Palma commence le dimanche 19 septembre 2021 dans la commune d'El Paso. Il s'agit de la première éruption sur l'île depuis celle du Teneguía en octobre 1971 et la première dans l'archipel des Canaries, depuis l'éruption d'El Hierro de 2011.

L'éruption est déclarée officiellement terminée le 25 décembre 2021, après 85 jours, et a provoqué d'importantes destructions d'habitations, de bâtiments, de routes et d'installations. Un seul mort déploré mais beaucoup d'habitants ont été déplacés et leur habitations détruites.

Los Llanos de Aridane.

La Palma Los Llanos de Aridane

Nous arrivons tous en ordre dispersé à l'aéroport de Santa Cruz, puis à Los Llanos de Aridane par taxi commandé par notre guide.

Rendez-vous sur la Plaza de España pour un apéro et les présentations.

Puis Valérie, notre guide, nous conduit jusqu'à un restaurant de la ville pour diner et faire plus ample connaissance. Nous sommes sept en tout.

Nous repartons tous à nos hôtels respectifs.

Pico de Bejenado.

La Palma Caldeira de Taburiente

Premier jour de trek dans le Parc national de la Caldeira de Taburiente. Départ depuis le belvédère de la Cumbrecita.

Nous sommes au bord de la caldeira et notre vue embrasse une vallée profonde et encaissée. La progression se fait en longeant une crête et nous atteignons le Pic de Bejenado à 1854 m d'altitude.
Vue extraordinaire sur la caldeira de Taburiente et au loin, dans la direction opposée, la couche nuageuse qui passe par la crête et se déverse sur l'autre versant.

Du pico Bejenado, nous apercevons l'île de Tenerife avec le Teide dépassant de la mer de nuage, l'île de la Gomera et l'île de Hierro.

Nous voyons aussi l'impressionnante coulée de lave ainsi que le cratère du volcan Tajogaite responsable de l'éruption de 2021.

Durant notre randonnée, nous observerons la flore rupicole ainsi que des pétroglyphes en redescendant.

La flore que nous observerons durant nos randonnées fait l'objet d'un article à part que vous pouvez retrouver ici. En ce mois de mai, nous observerons beaucoup d'espèces en fleur pour notre plus grand plaisir.

La Palma Caldeira de Taburiente

Cubo de Galga.

La Palma Cubo de Galga

Randonnée en plein cœur du Parc Naturel de las Nieves, nous découvrons la Laurisylve, la forêt primaire dense caractéristique de la Macaronésie. Arrivés au Mirador de Somada Alta, Valérie, notre guide, nous donne des explications sur sa formation il y a quelques millions d’années et sa conservation exceptionnelle sur les îles des Canaries.

Nous redescendons par un chemin forestier tout en observant les arbres, des lauriers, et diverses espèces rupicoles.

Nous arriverons à San Bartolomé où nous attend notre taxi.

Un passage par les piscines naturelles de San Andrès (Charco Azul) pour une baignade dans une eau un peu fraîche mais parfaite pour nos muscles endoloris.

Le soir, repas dans un restaurant vénézuélien.

Roque de los Muchachos.

Nous commençons notre randonnée en progressant dans une pinède de pins des canaries qui nous amène sur les bords de la caldeira de Taburiente. Nous longeons toute la crête et atteignons les différents pics, Pico de la Cruz, puis Pico Fuente Nueva et finissons par celui de la Roque de los Muchachos.

Nous voyons le Pico de Bejenado que nous avions gravi deux jours auparavant. Côté mer, nous voyons le sommet du Teide de Tenerife dépassant de la mer de nuages.

Durant notre randonnée, nous pourrons observer d'autres espèces végétales dont les deux vipérines en fleur ainsi que des violettes, toutes endémiques de La Palma

En fin de trek, nous atteignons le belvédère de la Roque de los Muchachos et voyons les télescopes du parc de l'observatoire astronomique à 2420 m d'altitude.

Très belle randonnée sous un soleil éclatant en étant au-dessus des 2000 m d'altitude en permanence.

Volcan Tajogaite.

La Palma Volcan Tajogaite

Ce matin, nous avons rendez-vous avec Yann, guide accrédité du volcan Tajogaite, spécialiste de la volcanologie des Canaries et de celle de La Palma.

Nous commençons notre visite du site de la dernière éruption de 2021 en empruntant un sentier, au-dessus du nouveau volcan Tajogaite, qui serpente dans la pinède et les cendres de l'éruption de 1949 recouvertes par celle de 2021.

Notre guide nous explique la formation de l'île de La Palma depuis les fond océaniques, les phases éruptives et les effondrements ayant conduit à la topographie actuelle.

Ce sont des éruptions fissurales, où les cônes volcaniques s'alignent le long d'une faille orientée nord-sud, qui ont été responsables des destructions. En 2021, une grande partie de la zone urbanisée a été ensevelies par les cendres éjectées de cinq bouches éruptives mais aussi par les coulées de lave qui sont descendues jusqu'à la mer. Cette éruption ne s'est pas propagée plus au nord, épargnant le reste des habitations de Los Llanos.

La Palma Volcan Tajogaite

Les cendres de l'éruption de 2021 ont recouvert celles de l'éruption de 1949. Nous descendons progressivement vers les cônes volcaniques de 2021 en cheminant dans la pinède.

Nous traversons une zone où les pins rescapés de la dernière éruption sont en train de mourir car il y a des remontées de gaz toxiques depuis quelques mois. Nous passons devant une zone où des vapeurs s'élèvent au-dessus du tapi d'aiguilles de pin, notre guide nous demande de ne pas stationner et continuer rapidement notre chemin.

Arrivés proche du cône, des panaches de vapeur s'échappent des flancs blanchis par les dépôts de soufre, certaines zones dégagent encore beaucoup de chaleur.

La Palma Volcan Tajogaite
La Palma Volcan Tajogaite. Les cendres et coulées de lave ont recouvert une partie de l'agglomération.

Sur le cliché ci-dessus, nous pouvons voir l'étendue de la zone recouverte par les cendres et de coulées de lave. De très nombreuses habitations ont été recouvertes et détruites lors de l'éruption laissant de très nombreux habitants sans logement. Des exploitations agricoles ainsi que des zones industrielles ont été détruites.

Les craintes des volcanologues ont été que d'autres fissures éruptives ne s'ouvrent plus au nord affectant l'agglomération de Los Llanos de Aridane.

le Poris de la Candeleria.

La Palma le Poris de la Candeleria

Nous poursuivons nos visites par une curiosité de la Plamas, le Poris de la Candeleria. C'est à l'origine un petit village et port naturel lové dans une caverne naturelle creusée dans les parois volcaniques.

Aux temps où les échanges ne se faisaient que par la mer, il n'y avait pas de route, ce petit port était le moyen pour les agriculteurs de vendre les produits de leurs cultures et élevages.

Maintenant, ce sont de petites habitations estivales. Notre taxi a emprunté une route étroite pour arriver au parking, descendant plus de 600 m depuis la route nationale. Nous continuons la descente à pied sur presque 80 m.

Les dragonniers de las Tricias.

La Palma les dragonniers de las Tricias

Puis nous partons randonner un peu plus loin, à Las Tricias, pour observer de remarquables spécimens de dragonniers.

Cette plante particulière, qui n'est pas un arbre au sens botanique du terme, est de plus en plus rare dans le paysage des îles des Canaries.

Elle a été utilisée comme plante fourragère et son aspect très décoratif fait qu'elle se retrouve dans de nombreux jardins actuellement, ce qui sauvegarde l'espèce.

Nous verrons quelques spécimens âgés de plusieurs siècles bien qu'il soit difficile de les dater. La plante émet des ramifications, après la floraison, tous les quinze ans environs. En comptant les ramifications à partir du tronc, on peut avoir un âge approché du spécimen.

Nous finissons notre journée par une dégustation de vins locaux et un repas chez une vigneronne ayant repris l'exploitation familiale et travaillant en bio.

Barranco de las Angustias.

La Palma Barranco de las Angustias. La Cascada colorada.

Randonnée dans le Barranco de Las Angustias, aux portes du Parc National de la Caldera de Taburiente. Nous suivons le lit de la rivière en passant parfois sur les hauteurs par des sentiers.

Entourés de hautes falaises, nous sommes dans de splendides paysages très sauvages et notre guide nous montre plusieurs espèces d'arbustes, d'herbacées et crassulacées endémiques des Canaries et de La Palma. (détails des espèces rencontrées dans l'article qui leurs est consacré)

Nous atteignons la Cascade de los Colores aux eaux pétrifiantes et ferrugineuses, fin du sentier. Ce sont ces eaux qui colorent la rivières en aval.

Nous observerons aussi sur le parcours des formations géologiques exceptionnelles, des pillows lava, ou laves en coussins, formées dans les profondeurs océaniques lors de l'édification de l'île de La Palma. Ces formations sont remontées à la surface lors d'une phase de surrection de la structure volcanique par intrusion de grandes quantités de magma sous l'édifice.

Ces formations, érodées, se trouvent dans le lit de la rivière ainsi que dans les parois rocheuses.

Retour en taxi qui nous emmènera à Tazarote, en bord de plage, pour notre détente puis le resto du soir.

Routes des Volcans.

La Palma La Route des Volcans

Une randonnée plus difficile que les autres jours mais nous offrant des vues spectaculaires.

Nous débutons notre randonnée au refuge del Pilar par le GR131/E7 cheminant dans la pinède de pins des Canaries qui monte et rejoint la dorsale de l'île de La Palma en contournant le Pic de Birigoyo. Nous sommes en plein dans le Parc Naturel de la Cumbre Vieja.

Tout au long de notre parcours, nous découvrons les cratères des volcans ayant donné des éruptions durant les temps historiques.

Au point culminant, nous sommes au pied de la montagne Nambroque et le sentier serpente entre les cônes volcaniques avec de superbes vues sur les côtes, la mer de nuages où persent les sommets des autres îles, Ténérife avec le Téide, la Goméra et El Hierro.

Nous descendrons jusqu'à la Montana del Fueco et retrouvons notre taxi au niveau du Pino de Santo Domingo. Un pin des Canaries aux proportions remarquable, 5,20 m de circonférence et 21 m de haut, qui a survécu aux incendies et au déboisement.

En chemin, nous observons quelques plantes remarquables.

Salinas de Fuencaliente.

La Palma Salinas de Fuencaliente

Nous terminons notre journée par la visite des Salines de Fuencaliente. C'est une entreprise familiale de production de sel de mer créée en 1967 par Don Fernando Hernandez avec l'aide de Don Luis Rodriguez, expert en extraction de sel marin.

Le mode d'extraction est naturel, inspirée du modèle des salines de Lanzarote. La précipitation des cristaux de sel par évaporation due à l'effet du soleil et du vent, garantit la qualité du sel marin de Teneguía et peut être considéré comme un produit 100% écologique. La pureté de l'océan Atlantique à La Palma ainsi que la richesse minérale du sol volcanique de l'île contribuent à l'obtention d'un sel d'une qualité exceptionnelle, riche en minéraux.

Dans les petits bassins des salines de Fuencaliente, entre 7 et 8 récoltes sont réalisées par an, grâce à un travail laborieux, produisant un sel fin et de haute qualité qui répond aux caractéristiques d'un produit biologique.

Nous profiterons de cette fin d'après-midi pour nous offrir quelques rafraîchissements à la terrasse de l'établissement avant de retourner à Los Llanos de Aridane pour notre dernier repas du soir. Nous décidons de retourner au restaurant vénézuélien que nous avions bien apprécié.

Ainsi se termine notre semaine de randonnées à La Palma organisée par Valérie. Nous étions sept participants, l'entente était amicale, détendue.

L'île de la Palma est vraiment magnifique et se prête bien aux excursions en cette fin de printemps où la végétation est luxuriante et très fleurie et les températures acceptables ainsi que les conditions climatiques car nous n'avons pas eu de pluie.

Le contraste entre les zones humides, au vent, et celles sous le vent bien plus arides, est saisissant. Ces deux climats, sec ou humide, conditionnent le paysage par les différents types de végétation.

Cette île, au volcanisme actif, réserve certainement bien des problèmes à ses habitants. Souhaitons que les prochaines éruptions épargnent les zones habitées.

Maroc – Haut Atlas, Le Djebel Toubkal.

Le Djebel Toubkal.

Le Maroc.

Le Djebel Toubkal.

Berbère Flag

ⵜⵓⴳⴳ ⴽⴰⵍ

Berbère Flag

Situation géographique.

Le Djebel Toubkal est le sommet culminant du Haut Atlas avec une altitude de 4 167 m.

Le Haut Atlas est une chaîne montagneuse marocaine orientée sud-ouest/nord-est. Cette chaîne appartient au massif de l'Atlas marocain qui en compte aussi deux autres, le Moyen Atlas et l'Anti-Atlas.

L’Atlas est le massif le plus élevé d'Afrique du Nord. Il forme une immense barrière d'environ 750 km de longueur qui délimite le Maroc saharien du Maroc atlantique et méditerranéen.

Le Haut Atlas se divise en trois entités différentes, d'ouest en est, le Haut Atlas occidental, le Haut Atlas central et le Haut Atlas oriental.

Le Haut Atlas occidental est le massif le plus ancien, son point culminant est le Djebel Toubkal à 4 167 m d'altitude.

Le parc national de Toubkal est créé en 1942 en raison de la biodiversité et de la richesse naturelle du djebel Toubkal.

Arrivée à Marrakech.

Je prends un vol Royal Air Maroc de Marseille à Marrakech. A l'arrivée Mohamed, notre guide, m’attend à la sortie de l'aérogare. Nous restons pour attendre une autre voyageuse et je trouve un coin où je me protège de la chaleur, il fait 45°C cet après-midi à Marrakech !

Mini bus jusqu’à l’hôtel où je retrouve Yanis avec qui je partage la chambre. Nous restons dans la fraîcheur de la chambre et en sortons pour aller dîner. Je trouve un petit resto loin du tumulte de la place Djemal Afna qui nous servira une pastilla. Retour à l’hôtel, nous n’avons pas vu d’autres participants au trek. Le guide nous a juste indiqué qu’il ferait une petite réunion à 8 heures avant de partir.

Premier jour de trek. De Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Haut Atlas.
Premier jour de trek, de Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Lever, petit déjeuner à l'hôtel puis nous descendons avec nos bagages pour rejoindre les autres participants du groupe. Nous sommes dix, trois femmes et sept hommes.

Le mini bus, bien rempli de nos bagages et matériel de bivouac, nous mène d’abord dans un village où notre cuisinier fera le plein de victuailles pendant que nous prenons tranquillement un café. Nous sommes déjà à 1000 m d’altitude et il fait bien moins chaud qu'à Marrakech. Nous repartons et nous arrêtons à Imi Oughlad, point de départ de notre trek, où nous attend l’équipe de muletiers. Ils sont six accompagnés de leur mule.

Nous ferons une première étape de 13 Km avec 764 m de dénivelé positif en arrivant à Tizi Oussem, premier campement du trek.

Cette première étape aura été très éprouvante pour le cadet du groupe, malade, n'arrêtant pas de vomir tout le long du sentier, il a vraiment de la peine à progresser. Les jus d’orange ou un repas contaminé consommés la veille à Marrakech l'auront rendu malade. Il n’est vraiment pas en forme et à un moment nous craignons qu’il ne puisse poursuivre l'aventure. Avec une des filles du groupe, nous l’aidons, le soutenons du mieux que nous pouvons. Un arrêt opportun pour grignoter, nous réhydrater puis nous poursuivons sur le sentier.

Nous finissons par atteindre le lieu du bivouac, au pied d'un village, où les muletiers ont déjà dressé nos tentes, la tente du mess ainsi que la cuisine. Un thé à la menthe de bienvenue, puis repos bien mérité, surtout pour notre malade qui part se reposer sous sa tente. Le groupe se retrouve et nous faisons connaissance avant de dîner. Marouan, le cuisinier nous a préparé une soupe puis un couscous excellent. Melon et orange en dessert puis chacun rejoint sa tente pour la nuit.

Le lendemain, nous verrons que ce village a subit de très gros dégâts lors du séisme de 2023. De nombreuses maisons, construites en pisé, sont inhabitables ou détruites et les villageois sont installés dans des tentes provisoires en redoutant le prochain hiver qui arrive. Lors de l'arrêt, pendant que nous buvions un café, quelques hommes sont venus nous raconter les décès qu'ils ont eu dans leur famille.

Second jour de trek. De Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Second jour de trek, de Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Beaucoup d'ascension cette seconde journée, plus de 1000 m de dénivelé positif sur une distance de 9 Km. Au niveau du groupe, nous faisons connaissance et, vu que deux pères sont venus avec leur fils, tout le monde pensait que j'étais le père de notre cadet. Ce dernier commence à récupérer mais a toujours des nausées et difficultés à digérer.

Nous commençons donc par une belle montée sur une courte distance. Il fait chaud et un arrêt chez un marchand de jus d’orange et de boissons est bienvenu. Le meilleur Coca-Cola de leur vie pour certains !

Puis nous repartons vers la cascade annoncée par Mohamed.

La chute d'eau n'est pas très importante mais c’est toujours un beau spectacle que de voir toute cette humidité dans ces contrées si arides. Seul le fond des vallées est verdoyant avec de nombreuses cultures en espaliers rendues possibles par les canaux d’irrigation acheminant l’eau des torrents.

Nous repartons et prenons une autre vallée qui nous permettra d’atteindre notre second campement. Les tentes sont déjà montées, le repas est prêt et nous buvons un thé à la menthe, le fameux « Whisky berbère » . Nous aurons marché un peu plus de 5 heures dans la chaleur.

Après le déjeuner nous prenons un peu de repos sous nos tentes car il fait très chaud. Vers les 17 heures, nous partons avec Muriel et Clément pour une excursion jusqu’aux crêtes visibles depuis le campement d'où nous dominons les villages d'Aroumd et Imlil, terme de notre trek marocain. Encore une belle ascension de 460 m sur 4,5 Km.

La descente sera plus compliquée car nous avons manqué le sentier de retour et nous nous sommes perdus dans les pentes couvertes de genévriers au milieu de la rocaille. Il ne fallait pas suivre les chèvres !

Retour au campement pour un thé à la menthe bien désaltérant suivi du repas avec un tajine aux légumes. Nous mangeons vraiment bien, Marouan nous gâte. Un renard viendra nous rendre visite, attiré par la nourriture.

Petite soirée autour du feu avant de rejoindre nos tentes.

Balade jusqu'aux crêtes.

Vue du haut des crêtes, au-dessus de notre campement.
Clément, Muriel et moi en haut des crêtes.

Troisième jour de trek. De Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous sommes pratiquement à 3000 m d'altitude.
Troisième jour de trek, de Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous partons un peu plus tôt ce matin car le trajet est difficile. Nous reprenons le sentier pris la veille pour notre petite balade vers les crêtes, puis rapidement nous bifurquons vers l’ouest pour contourner le massif et prendre de la hauteur. Le sentier serpente et nous conduit au pied d’un grand éboulis que nous grimpons en lacets.

Nous avons déjà gravi près de 400 m arrivés au pied de ces éboulis et la fin du sentier, tout en haut, nous parait bien loin. Nous distinguons à peine les mules qui y arrivent. Nous aurons gravi 600 m dans ces lacets en arrivant au col à 3509 m et plus de 1000 m depuis notre départ.

Plusieurs pauses avant d’atteindre le col pour grignoter des fruits secs et boire. Heureusement le ciel est un peu couvert et il ne fait pas trop chaud et nous prenons de l'altitude.

Le sentier continue jusqu’au refuge Neltner à 3107 m. Nos muletiers ont installé le campement un peu plus bas sur une grande plate-forme et Marouan a préparé le repas.

3000 m dépassés !

Un thé à la menthe avant de déjeuner puis le temps se gâte et il se met à pleuvoir. Je passe un peu de temps sous la tente avant d’aller acheter de l’eau en compagnie de Claude et son fils Jean-Christophe. On prendra un café avant de repartir.

De nouveau je passe du temps sous la tente car il pleut toujours et je profite d’une accalmie pour aller prendre une bonne douche chaude au refuge. Le temps demeure incertain avec quelques gouttes de pluie de temps en temps.

Nous prenons notre repas sous la tente mess puis une partie du groupe joue aux cartes avant d'aller se coucher. Le ciel s'est dégagé lorsque je vais dormir mais j'entendrais un peu de pluie sur la toile durant la nuit. J'appréhende la montée vers le sommet le lendemain sous la pluie ...

3000 m dépassés !

Quatrième jour de trek: Le Djebel Toubkal 4 167m.

Derniers mètres avant le sommet.
Quatrième jour de trek. Ascension jusqu'au sommet 4 167 m.

Départ très tôt ce matin car nous avons un chemin difficile pour atteindre le sommet. Heureusement, le ciel est bien dégagé ce matin et la lune apparait clairement au-dessus des crêtes. Ce sera notre plus grand dénivelé positif, 1112 m, pour un peu plus de 9 Km.

Nous partons un peu avant 6 heures avec nos lampes frontales en file indienne sur le sentier. Dès le départ nous grimpons. Le chemin, déjà bien raide, nous enchaînons raidillons sur raidillons entre-coupés de faux plats. L’ascension durera 3 heures et demi avec deux petits arrêts sur le parcours. Nous ne sommes pas seuls, de nombreux groupes nous précèdent ou nous suivent. Le Toubkal est très fréquenté en ce mois d'août et nous avons pu nous en rendre compte par les nombreux touristes dans les deux refuges et terrains de campement alentours.

Les derniers mètres pour atteindre le sommet nous font comprendre que le Toubkal se mérite. Nous aurons gravi 1112 m en 9 Km.

La vue est splendide même si le ciel est un peu brumeux. Le soleil s’est levé durant notre ascension illuminant les roches sombres du massif de belles teintes chaudes.

Au Nord et à l'Ouest, des sommets escarpés sombres. Au sud et vers l'Est, des plaines désertiques aux teintes orangées lumineuses. C'est magnifique.

Nous passons un bon moment à nous photographier trop heureux de notre exploit. Je mitraille tout azimut pour garder des souvenirs du but ultime de ce trek.

Nous nous déplaçons pour laisser aux autres groupes l’espace au sommet et nous installons un peu plus bas pour un petit casse-croûte bien mérité.

Puis nous entamons la descente par un autre itinéraire choisi par Mohamed.

Il nous conduit, pour ceux qui le souhaitent, en haut d’un petit pic offrant une superbe vue sur la vallée et le désert au loin. Dans les années 60 un avion s’est craché sur ce pic laissant en contre bas une myriade de débris. Seul l’épave du moteur est resté accroché au pic.

Nous reprenons notre descente. Le sentier est plein de pierres et de gravillons rendant la progression difficile et très physique. Un moment d’inattention et c’est la glissade assurée. Deux heures et demi de descente, nous arrivons à notre camp de base fourbus.

Marouan, le cuisinier, a déjà dressé la table et le thé à la menthe nous attend accompagné de beignets et de confiture de patate douce. Tout le monde se régale, la confiture ainsi que les beignets disparaissent rapidement. Marouan nous en prépare de nouveau, ils disparaissent aussi vite.

Après une bonne douche au refuge, tout le monde se repose ou joue aux cartes. J'apprécie cette bonne entente au sein du groupe rapidement apparue. Belle complicité entre Jean-Philippe et son fils Gautier. Les filles, Saïda, Céline et Muriel, s'entendent bien. Yanis a bien récupéré.

Cinquième jour de trek. Du refuge à Aroumd.

Cinquième jour de notre trek.

Ce matin nous quittons notre campement du refuge du Toubkal pour redescendre. Lever un peu tard, petit déjeuner pendant que les muletiers démontent nos tentes et rangent le matériel dans les paniers avant de charger les mules.

Une photo avec l'ensemble des participants, muletiers, cuisinier et guide. Nous remercions les muletiers pour leur engagement, nous ne les reverrons plus.

Nous prenons la route, de la descente tout du long par un sentier assez praticable, pas trop pentu. Nous marchons un peu plus de 10 km pour 1220 m de dénivelé négatif en 4 heures.

Nous arrivons au village d’Aroumd où se trouve le gîte qui nous accueille. Installation dans les chambres, un thé berbère puis le repas préparé par Marouan.

Après-midi à se reposer pour ma part tandis que Mohamed emmène une partie du groupe visiter le village et une jolie cascade. Toujours quelques extra avec Mohamed !

Pour notre dernier repas, Marouan nous a préparé un tajine au poulet délicieux. Nous aurons toujours bien mangé durant ce séjour.

Sixième et dernier jour de trek. De Aroumd à Imlil.

Dernière étape de notre trek, d'Aroumd à Imlil.

Courte étape aujourd'hui pour rejoindre le mini-bus qui nous ramènera à Marrakech. Mais c'est sans compter sur l'imagination de Mohamed qui nous fait prendre un joli sentier passant dans la végétation et nous abritant du soleil de plomb pour rallier Aroumd à Imlil où nous attend le chauffeur. De plus nous profitons d'une jolie vue sur les villages environnants.

Un peu plus de deux heures de routes pour rejoindre Marrakech où nous nous installons dans le même hôtel qu'à l'arrivée. Nous remercions chaleureusement Mohamed, notre guide, ainsi que  Marouan qui nous a régalé tout le long de ce trek par ses plats traditionnels délicieux. Nous reverrons plusieurs fois Mohamed pour connaitre les modalités de retour, l'horaire du mini bus nous conduisant à l'aéroport.

Dans l'après-midi, j'accompagne Claude, Jean-Christophe et Muriel dans le Souk pour quelques achats et le soir nous déjeunons tous ensemble dans un restaurant typique de Marrakech. Nous partageons nos derniers moments marocains avant que chacun ne reparte pour la métropole, Bretagne, Savoie, région parisienne ou le sud, des souvenirs plein la tête.

Le lendemain matin, je profite de quelques heures avant mon vol pour aller visiter le Jardin Majorelle ainsi que les musées Berbère et Yves Saint Laurent en compagnie de Yanis.

L'intégrale du trek Djebel Toubkal.

L'intégralité de notre trek pour l'ascension du Djebel Toubkal.

J'ai vraiment apprécié cette semaine marocaine. L'organisation sans faille de l'équipe conduite par Mohamed. L'installation des bivouacs avec nos tentes prêtes, les repas copieux et délicieux, la sécurité assurée par cette équipe connaissant parfaitement le terrain et qui veillait sur nous jour et nuit.

Mais aussi cette harmonie et bonne entente au sein de notre groupe, une grande solidarité et complicité entre nous dans les efforts comme dans les moments de détente.

Vous pouvez nous envoyer vos demandes de renseignements, commentaires, en cliquant sur ce lien qui renvoie au formulaire de contact pour nos voyages. Alors, n'hésitez pas !

Bonus. Les bons petits plats de Marouan !

Marouan, notre cuisinier, nous aura régalés tous les jours de bon plats de la cuisine marocaine. Soupe, pour nous réchauffer, caloriques pour nos efforts d'ascension, gourmands pour notre plaisir.

Merci Marouan !