Trek 2026 dans le Djebel Saghro.
N'Kob.
Je retourne, cette année encore, faire une semaine de trek dans de Djebel Saghro en compagnie d'Hamou, mon guide.
J'ai déjà fait de nombreux treks dans l'Anti-Atlas avec lui en 2022, 2023 et 2025, les paysages sont somptueux, désertiques comme j'apprécie tant. La géologie est complexe mais fascinante.
Cette année, nous prévoyons de gravir l'Amlal, un sommet de l'Anti-Atlas à 2530 m d'altitude.
J'atterris à l'aéroport de Ouarzazate en fin d'après-midi et la route jusqu'à N'kob montre plusieurs rivières avec de l'eau et des éboulements sur le bas-côté réduisant la route à une seule voie. Le chauffeur me dira qu'il y a eu de gros orages avant mon arrivée.
Mais cette année, tout ne se passe pas comme les années précédentes, le mauvais temps s'invite dans notre parcours et Hamou modifiera plusieurs fois notre itinéraire. Nous ne feront pas de deuxième sommet.
À mon arrivée, il me confirme les orages et les dégâts qu'ils ont occasionné dans la région de N'Kob.
Cette année, je descends à La Perle de Saghro, une Kasbah très bien restaurée dans N'Kob avec une terrasse panoramique sur la ville et les alentours. Très bien reçu, la chambre agréable et fonctionnelle, la cuisine succulente, le service impeccable.
Hamou me rejoint et me présente les itinéraires auxquels il a pensé pour nos randonnées. C'est mon quatrième séjour de trek avec lui, et il veut me faire découvrir des sentiers que je ne connais pas encore. Je fais donc mon choix parmi les propositions qu'il me présente et nous nous donnons rendez-vous le lendemain pour commencer notre trek.
De Handour ( ⵃⵏⴷⵓⵔ ) à Ighazoun ( ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ ).
Hamou passe me prendre à l'hôtel et, en voiture, nous partons jusqu'à Handour, début de notre trek. Le chauffeur continue la route jusqu'à Ighazoun n'imlas, chez Hamou le muletier, pour lui confier nos bagages et tout le matériel de campement.
Nous arrivons chez Hamou pour le déjeuner avant de repartir tous les trois pour la suite de notre randonnée. La mule est chargée, les deux paniers sont bien équilibrés pour qu'elle passe sur les étroit sentiers. Je m'aperçois que la mule est en fait un mulet, et Hamou me dira qu'il est nouveau. C'est vrai qu'il semble plus jeune.
Nous traversons quelques jardins le long de la rivière et en profitons pour goûter quelques dattes bien mûres. Un régal, elles sont à point.
Je suis étonné de voir tant d'eau dans la rivière, les dernières pluies en sont responsables. Et les crapauds sautent dans tous les sens lorsqu'on s'approche des marres remplies de têtards.
Au détour d'un sentier, nous croisons des enfants qui jouent sur la piste, et le garçon accepte d'être photographié.
Finalement nous arrivons à Ighazoun pour établir notre campement. C'est un emplacement que nous avions déjà utilisé lors d'un précédent trek, et je plante ma tente au même endroit, face à la vallée.
De Ighazoun ( ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ ) à Amlal ( ⴰⵎⵍⴰⵍ ).
Ce matin nous avons une grande randonnée à faire jusqu'au sommet de l'Amlal, à 2 530 m d'altitude. Depuis notre campement, nous mettrons quatre heures et demi pour arriver au sommet avec plus de 1 300 m de dénivelé positif.
Nous avons une vue extraordinaire sur le Djebel Saghro et ses formations si particulières. En chemin, nous voyons des grillons, crapauds et un vieux genévrier pluri centenaire. Il n'en reste plus beaucoup, coupés pour faire du bois de charpente.
Nous redescendrons de 700 m pour établir notre campement dans une vieille habitation de montagne inoccupée. Je plante ma tente dans la cour et nous dînons à l'abri dans la pièce inoccupée. Nous aurons marcher 15 km en un peu plus de huit heures lors de cette journée.
Je reste étonné de voir autant d'eau dans les rivières, les orages des jours précédents ont bien arrosé la région. Nous passons au pied d'une source entourée de verdure et de palmiers nains en plein désert.
C'est Hamou, notre muletier, aidé d'Hamou mon guide, qui préparent le dîner. Ce soir je dormirais, comme le veille, sous le tente. J'ai prévu de bien me couvrir car les nuits sont froides à cette altitude.
De Amlal ( ⴰⵎⵍⴰⵍ ) à Imi N'Werg ( ⵉⵎⵉ ⵏ ⵡⴰⵔⴳ ).
Aujourd'hui, courte étape de 13 Km et 644 m de D+. Mais la pluie s'est invitée sur notre parcours. Certes, une petite bruine, mais il a fallu réajuster le chargement de la mule et surtout le protéger de la pluie.
Au début de notre parcours, je remarque une grande faille qui traverse le flanc de la montagne rappelant que ces paysages sont soumis aux mouvements des plaques tectoniques. Le Saghro, dans l'Anti-Atlas, est un massif très ancien et un paradis pour les géologues.
La mule, très agile, gravit sans difficultés les sentiers. Je suis toujours surpris par cette mule qui passe par tous les terrains, rien ne l'arrête. Le chargement, quoique volumineux n'est pas lourd du tout.
Le paysage est assez bouché par cette bruine qui tombe doucement, mais cela ne durera pas. Le ciel se dégage peu à peu.
Au détour du sentier, nous tombons sur une partie plate entièrement recouverte d'un fin gazon. Hamou me dit que c'est le «Golf du Saghro», et c'est très étonnant de voir cette pelouse verte au milieu de ce paysage désertique. Un chien de berger veut jouer avec nous et Hamou lui court après pour le faire aboyer gaiement.
Un arrêt chez un parent éloigné d'Hamou qui nous offre le thé accompagné de dattes, pain et huile d'olive. Tout deux discuterons longuement.
Nous arrivons dans une autre famille qui nous accueille. Cette nuit je ne campe pas, nous dormirons bien à l'abri. Il faut monter sur les hauteurs pour avoir de la connexion. Cette année j'ai pris une carte SIM Inwi qui est plus présent dans le Saghro, mais pour capter la 4G, il faut quelques efforts, 100 m...
De Imi N'Werg ( ⵉⵎⵉ ⵏ ⵡⴰⵔⴳ ) à Ait Mrssid ( ⴰⵢⵜ ⵎⵔⵚⵉⴷ ).
La météo étant assez incertaine, Hamou prévoit toujours une solution pour pouvoir s'abriter en cas de trop mauvais temps. Aujourd'hui, c'est une petite étape. Nous marcherons une quinzaine de kilomètres avec assez peu de dénivelé, 328 m. Nous empruntons, sur une bonne partie du trajet, des pistes.
Passage dans le village d'Ikniouen pour quelques achats de nourriture, et un peu plus loin pour acheter du pain. Pendant que le pain finit de cuire, on nous fait patienter avec un thé, du pain tout chaud et de l'huile d'olive. C'est la tradition.
Nous finissons notre randonnée et logerons à l'arrière d'un restaurant qui loue des pièces. Nous passerons donc la nuit à l'abri. Le temps étant encore très perturbé.
Avant le coucher de soleil, nous faisons une petite balade sur les hauteurs pour dominer le paysage et avoir de belles vues. Le coucher de soleil se produit en même temps qu'une légère averse et nous aurons un joli arc-en-ciel sur fond de montagne.
De Ait Mrssid ( ⴰⵢⵜ ⵎⵔⵚⵉⴷ ) à Bab N'Ali ( ⴱⴰⴱ ⵏⵓ ⵄⵍⵉ ).
Grosse étape aujourd'hui. Nous marcherons 20,33 km. Peu de dénivelé positif, 465 m, mais un gros dénivelé négatif puisque nous descendrons presque 1200 m.
La météo annonce de gros orages et Hamou préfère suivre la route goudronnée pour pouvoir nous faire aider le cas échéant.
En partant de notre gîte, nous passons par un champ de culture du safran. Quelques fleurs sont ouvertes. Puis un campement de nomade un peu plus loin avec un troupeau de chèvres.
Puis du col nous voyons la mine de Tiouit. C'est un gisement polymétallique principalement aurifère, cuprifère et argentifère. Le veille, nous sommes passés à côté d'une usine de traitement du minerai qui suscite des craintes de la part de la population sur les risques de pollution des rivières et des nappes phréatiques alentour. L'eau étant bien rare, elle doit être protégée.
Nous passons à nouveau un col puis descendons dans la vallée. Au détour du sentier, Hamou tombe nez à nez avec un serpent. Une vipère de Maurétanie ou vipère de l'Atlas responsable de la moitié des envenimations au Maroc. La mort due à une morsure de serpent n'est pas rare au Maroc. Les centres hospitaliers sont éloignés et pas toujours pourvu d'antisérum. Nous la laissons filer et elle disparait dans une fente de la roche. Même très dangereuse, elle son utilité au sain de la nature.
En chemin, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un petit restaurant avec une superbe vue panoramique sur des formations rocheuses en colonnes. En attendant le repas, je pars vers le bord du ravin photographier ces formations. Des locaux se sont installés au niveau du point de vue pour faire cuire des brochettes en profitant de ce paysage d'exception.
Nous continuons et longeons toujours la route en prenant quelques raccourcis quand c'est possible. Des nuages orageux commencent à s'accumuler à l'horizon. Un troupeau d'ânes sauvages s'écartent rapidement à notre passage et nous observent à distance, peu habitués à voir des randonneurs.
Nous finissons notre trek en faisant étape à l'hôtel Berber Nomade de Bab N'Ali que nous connaissons déjà. C'est là que nous étions passés avec Ludo lors de notre premier trek. Depuis, ils ont construits d'autres bungalows et l'aménagement est très soigné. Chambre agréable et douche bien venue.
Un gros orage se prépare puis éclate en fin d'après-midi, heureusement, nous sommes bien abrités. La pluie tombe en trombe pendant plus d'une heure. Tonnerres et éclairs zébrant le ciel, coupure d'électricité, c'est le déluge.
De Bab N'Ali ( ⴱⴰⴱ ⵏⵓ ⵄⵍⵉ ) à Ighazoun N'imlas ( ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ ⵏ ⵉⵎⵍⴰⵙ ).
Il a plu en soirée et une bonne partie de la nuit. Pendant le petit déjeuner, j'entend le grondement de la rivière qui passe en bas de l'hôtel.
Une fois préparé, la mule chargée, nous quittons l'hôtel et prenons la route.
Il nous faut, dans un premier temps, traverser la rivière. Le niveau d'eau boueuse n'est pas très élevé et le courant assez modéré. C'est toutefois assez dérangeant de ne pas voir où on pose les pieds.
Nous la traversons tous les quatre, avec la mule, sans difficulté puis nous nous dirigeons vers Bab N'Ali, les formations rocheuses spectaculaires.
Nous passons devant les deux formations dont les sommets pointent vers le ciel.
Le paysage désertique, quelques palmiers, les tours rocheuses qui pointent vers le ciel, c'est superbe.
Plus loin, avec Hamou, nous grimpons sur une grande formation rocheuse qui nous permet de dominer toute la vallée. Nous voyons les formations de Bab N'Ali au loin avec le ciel chargé de nuages noirs et les sommets montagneux vers l'horizon. Nous restons un bon moment à profiter de ce beau paysage. Notre vue porte à 360°
Puis nous continuons notre randonnée vers Ighazoun N'imlas. Les paysages sont superbes sur fond de ciel orageux. Une ambiance mystérieuse nous entoure perturbée par le vent d'orage qui se lève.
La pluie finit par s'inviter une partie de notre chemin, mais c'est plus une bruine qui ne nous ralentit pas, ne nous trempe pas.
Le paysage est toujours aussi extraordinaire. Des formations rocheuses sur le du sol ressemble à un carrelage complexe.
Nous redescendons vers le village d'Ighazoun N'imlas où habite Hamou notre muletier. Nous traversons une grande plaine où on trouve quelques zones cultures.
Hamou nous attend pour déjeuner. Le tajine est prêt, nous le dégusterons après un bon thé chaud.
Nous aurons marché 13,5 Km en 4 heures 20 avec 428 m de D+. Nous descendrons un peu plus de 500 m.
Le chauffeur qui nous avait conduit à Handour, le lieu de départ de notre trek, est venu prendre notre matériel de campement et nos bagages pour les ramener à N'Kob. Il s'appelle lui aussi Hamou, prénom très courant dans le Saghro berbère.
Il nous attendra un peu plus loin quand nous aurons rejoint Handour, le départ du trek de cette année. Il aura alors traversé la rivière au niveau d'un radier en construction.
Après déjeuner, je me repose un peu, mais Hamou, mon guide, vient me prévenir qu'il nous faut reprendre la route rapidement car l'eau de la rivière est en train de monter et nous devons la franchir pour rejoindre le chauffeur qui lui ne peut plus revenir en arrière. L'eau est déjà trop haute pour sa voiture.
De Ighazoun N'imlas ( ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ ⵏ ⵉⵎⵍⴰⵙ ) à Handour ( ⵃⵏⴷⵓⵔ ).
En effet, lorsque nous arrivons au bord de la rivière l'eau a envahit tout le lit. Notre muletier nous a accompagné pour nous indiquer l'endroit où la rivière est la plus large, la moins profonde. Mais il y a vraiment trop de courant et nous renonçons à traverser ici.
Avant de le quitter, je remercie Hamou pour ce dernier trek fait en sa compagnie et celle de sa mule. Son organisation, sa cuisine, car c'était le plus souvent lui qui préparait nos plats, et sa bienveillance sur mon confort.
Puis nous descendons la rivière en direction du radier. Ce dernier étant en construction, la rivière a été rétrécie pour permettre les travaux et de ce fait le courant est vraiment fort.
On voit l'eau remonter, le long des plots sur le bord opposé, en belles gerbes. Là encore il y a trop de courant pour pouvoir franchir cette masse d'eau.
Nous continuons donc à descendre et Hamou téléphone au chauffeur qui, de l'autre côté, essaie de venir à notre rencontre.
Il a trouvé un passage où la rivière est beaucoup plus large et le courant acceptable. Il vient à notre rencontre et je me rends compte qu'il n'y a pas beaucoup de profondeur.
L'eau reste en dessous du genou. Nous finissons par franchir la rivière avec beaucoup de précautions et atteindre l'autre rive. Toujours aussi inquiétant de ne pas voir où le pied se pose. Parfois du sable, de la vase ou des cailloux assez désagréables sous mes pieds nus.
De là, nous finissons notre trek en allant jusqu'à Handour, le point de départ. Le chauffeur nous conduit jusqu'à N'Kob où je retrouve La Perle de Saghro et la patronne qui nous attendait.
Retour à N'Kob.
Encore une belle semaine de trek en compagnie des deux Hamou qui forment une bonne équipe. Cette année, nous avons marché un peu plus de cent kilomètres, et c'est la première fois que nos randonnées sont perturbées par la pluie.
Je viens randonner au Maroc toujours à la même période, mais cette année est bien plus humide que les précédentes, du moins les orages sont plus précoces. Nous aurons tout de même eu bien de la chance car nous ne nous sommes jamais retrouvés sous les orages en difficultés.
Les paysages de l'Anti-Atlas et du Saghro sont toujours aussi merveilleux et envoutant. Toujours autant d'interrogations sur certaines roches vues durant notre périple, le mystère reste entier sur leur nature ...
Retrouver ci-dessous mes trois derniers treks dans le Saghro. Hamou a veillé à me faire découvrir, au fil des années, le pays de son enfance de Nomade Berbère, me contant ses souvenirs et anecdotes durant nos marches, me montrant les lieux où il a vécu avec sa famille, des campements, des grottes où ils se sont réfugiés lors de mauvais temps, de pistes impraticables, d'inondations. Un pays chargé d'histoires. Merci Hamou pour ces superbes randonnées.










































































































































