Tadjikistan – La route du Pamir. De Douchanbé à Zong.

Tadjikistan, Zong.
Drapeau du Tadjikistan.

Le Tadjikistan.

La Route du Pamir.

Situation géographique.

Le Tadjikistan est un pays montagneux d'Asie centrale, sans accès à la mer. Sa capitale est Douchanbé.

Il est limitrophe du Kirghizistan au nord-nord-est, de la Chine à l'est, de l'Afghanistan au sud-sud-ouest et de l'Ouzbékistan à l'ouest.

C'est le seul État issu de l'ancienne Asie centrale soviétique où la langue dominante n'est pas une langue turcique mais perse, le tadjik parlé en Iran et au Tadjikistan. Les Tadjiks, qui forment le groupe ethnique majoritaire (84 % de la population), appartiennent à la famille des peuples iraniens. Dans le nord du pays, on retrouve des kirghiz.

Les frontières actuelles du Tadjikistan remontent à la création de la République socialiste soviétique (RSS) du Tadjikistan en 1929 au sein de l'Union soviétique, par séparation de la République socialiste soviétique autonome (RSSA) du Tadjikistan initialement créée au sein de la RSS d'Ouzbékistan.

L'éclatement de l'URSS en 1991 entraîna la naissance d'un État tadjik indépendant, à l'instar de toutes les autres républiques socialistes soviétiques.

La guerre civile qui s'ensuivit dura de 1992 jusqu'en 1997. Aujourd'hui encore, les conséquences en sont sensibles, et le Tadjikistan reste l'État le plus pauvre de l'ex-URSS, malgré une croissance soutenue et des richesses naturelles importantes mais encore peu exploitées (potentiels hydroélectrique, agricole, touristique).

Depuis 1994, le pays est dirigé par le président Emomali Rahmon, sous lequel le respect des droits de l'homme reste une question problématique. Mais il a su négocier une paie civile et le pays est maintenant apaisé et sûr. Son portrait est affiché sur tous les bâtiments publics.

Notre parcours.

Il existe plusieurs « Route du Pamir ». La route M41 est une route qui traverse le massif du Pamir en Asie centrale. Longue de 1 252 kilomètres, elle relie Och au Kirghizistan au nord-est à Mazar-e-Sharif en Afghanistan au sud-ouest en passant par le Tadjikistan et l’est de l’Ouzbékistan. Elle a été créée par les Soviétiques en 1932, à l'époque de Staline.

Nous partons de Douchanbé par la M41, puis nous emprunterons la route qui longe la frontière afghane à partir de Khorog car beaucoup plus belle avec ses paysages de montagnes en longeant la rivière Panj et ses gorges étroites. A Khargush nous quittons la vallée de la Panj pour emprunter la vallée de la rivière Pamir et aller au nord en direction du lac Karakul.

A partir Karakul, nous revenons par la piste de la vallée du Bartang traversant le Plateau d'altitude du Pamir jusqu'à Rouchan. Nous avons parcouru environ 2300 km.

Nous avons conçu ce voyage en collaboration avec une agence ouzbek. Nous avions rencontré le directeur de cette agence, Sherzod, en Ouzbékistan lorsqu'il accompagnait un groupe de français.

Vous pouvez nous envoyer vos demandes de renseignements, commentaires, en cliquant sur ce lien qui renvoie au formulaire de contact pour nos voyages. Alors, n'hésitez pas !

Douchanbé.

Nous prenons un vol Marseille - Istanbul puis, après une escale de trois heures, un second vol Istanbul - Douchanbé où nous arrivons vers les 1 heures du matin. Passage par la police des frontières et nous retrouvons notre guide et notre chauffeur qui nous conduisent à notre hôtel.

Courte nuit puis Feruza, notre guide, nous emmène visiter la ville avec les principaux monuments, le marché couvert, le parc Rudaki. Déjeuner au restaurant puis nous visitons le Musée National des Antiquités retraçant les découvertes lors des fouilles du pays, de la préhistoire jusqu’aux périodes antiques. De très belles fresques découvertes à Panjikent (VIe-VIIe siècle), statuettes, bijoux et un immense Bouddha couché, le clou de la visite pour nous. Feruza est la Conservatrice du Musée de Pandjikent, nous pourrons donc compter sur elle lors des visites des sites historiques.

Le reste de la journée est libre, nous rentrons à l’hôtel à pied tout en traversant et visitant la ville. Pas vraiment de centre historique, énormément de constructions nouvelles la plupart du temps au détriment des vieux quartiers. Il y a des construction de partout !

Nous retrouvons Feruza et Nios, notre chauffeur, pour dîner au resto avant de rentrer à l’hôtel. Repas sympathique en terrasse, nous dégustons un Korutob et un Palov.

Kalaikhum.

Tadjikistan, Lac Nourek.

Nous rentrons dans le vif du sujet en empruntant la M41, la route du Pamir. Douchanbé étant à environ 800 m d’altitude, nous empruntons une route pour un col à presque 2000 m d’altitude et passons par le lac Nourek, un lac artificiel alimentant une usine hydroélectrique. Le barrage Rogoun en construction en amont de la rivière Vakhch, équipé d’une centrale hydroélectrique devrait fournir, à terme en 2025, 80% de l’électricité au pays et pouvoir en exporter vers l’Afghanistan et le Pakistan.

Déjeuner à Kulob puis nous empruntons la portion de la route du Pamir qui longe la frontière avec l’Afghanistan et qui longe la rivière Panj. Le long de la route nous croisons des patrouilles de militaires et des murets pour s'abriter des tirs de la rive afghane ... pas très rassurant. Des garnisons sont implantées régulièrement le long de la frontière.

Tadjikistan, peu après Chilishtak.

Nous trouvons les paysages somptueux même si Feruza nous dit que plus loin ils sont encore plus beaux. Vallée étroite, sommets enneigés, nous suivons la rivière Panj aux eaux tumultueuses et passons de nombreux postes de police où nos visas et autorisations pour le Pamir seront contrôlés, quand ce n’est pas la police de la route qui contrôle notre chauffeur.

Nous arrivons en fin d’après-midi, après 8 heures de route, dans la localité de Kalaikhum et nous nous installons au Karon Palace.

Cette petite bourgade vit essentiellement du tourisme vu le nombre impressionnant d'hôtels. C’est une étape bien pratique sur la longue route qui nous attend. Balade dans la rue principale, exploration vite fait des alentours, puis dîner avec nos guide et chauffeur en terrasse au bord du torrent déchaîné.

Tadjikistan, aux alentours de Anjirob i bolo.

Khorog.

Étape difficile aujourd'hui ! Pour passer avant que les travaux de la route ne débutent, nous démarrons à 4h30. Mais, hélas, alors que nous pensions qu’ils débutaient à 8 heures, il est 7h30 et la route est déjà bloquée par une pelleteuse. Nous patienterons près de deux heures avant de pouvoir repartir. Une petite balade pour se dégourdir les jambes puis nous repartons pour être arrêtés quelques kilomètres plus loin une bonne heure. Nous finissons enfin par arriver à Khorog. Les travaux routiers sont sous la direction de contre-maîtres chinois. La Chine construit beaucoup au Tadjikistan.

Nous avons tout du long longé la rivière Panj, toujours aussi tumultueuse. Ce n’est que quelques kilomètres avant Khorog qu’elle s’étale dans la vallée devenue bien plus large et ressemble un lac aux eaux apaisées.

Durant notre traversée, la vallée du Panj est toujours aussi étroite, les cimes parfois enneigés des montagnes nous dominent, avec en dessous de beaux alpages vert tendre. Même si beaucoup d’eau coule dans la Panj, les versants sont souvent désertiques, rien ne pousse, pas un arbre, seules quelques parcelles cultivées sont vertes car irriguées. Les alpages sont plus en altitude ou lorsque les pentes sont plus douces.

Tadjikistan, La route du Pamir. Vallée de la Panj.

Nous longeons toujours la frontière afghane où une piste suit la vallée, parallèle à la notre. Nous verrons quelques villages entourés de verdures, de nombreuses rivières descendant des vallées latérales pour irriguer les cultures et les villages. Peu de véhicules en face, des marcheurs, mobylettes, des ânes, parfois un 4X4.

Partis de Kalaikhum à 1200 m, nous montons progressivement jusqu’à 2000 m à notre arrivée à Khorog. Nous aurons mis 12 heures pour y parvenir.

Khorog, capitale du Haut-Badakhchan, compte 35 000 habitants. Nous sommes installés dans un petit hôtel familial convivial et tranquille.

Balade pour explorer cette petite ville puis nous retrouvons Feruza et Nios pour dîner dans un restaurant ouzbek très bruyant. Dans les restaurants, en plus de la salle principale, il y a de nombreuses "alcôves" avec des rideaux pour privatiser l'espace à manger.

Soirée sur la terrasse en haut de notre hôtel tenue par des jeunes, ambiance sympathique.

Aujourd’hui, nous restons à Khorog pour visiter la ville en compagnie de Feruza.

Nous commençons par la visite du jardin botanique situé sur les hauteurs de la ville. Très belle vue, nous sommes à 2200 m d’altitude. C’est un des jardins botanique les plus haut du monde, mais mis à part ce record, l'entretien laisse un peu à désirer. Feruza me dira que dans les années 80 il était bien plus beau.

Puis nous redescendons et visitons le musée de la ville. Là encore le manque de moyen est criant même si de nombreux objets sont présentés. Assez insolites pour certains comme le premier piano droit arrivé dans le Haut-Badakhchan, le panier de la championne de ramassage de pomme de terre du Kolkhoze. Mais la guide locale parait d’un enthousiasme à toute épreuve, commentant chaque pièces, Feruza nous donnant la traduction. Portrait de Lénine et Staline, anciens documents militaires …

Nous allons ensuite voir le marché de la ville. C’est plus un bazar qu’un marché. On y trouve un peu de tout, vêtements, accessoires, pain, épices et fruits secs.

Déjeuner en terrasse puis, avec Ludo, nous prenons un taxi pour Barsem. C’est une autre vallée dont la route est en construction là aussi par des sociétés chinoises. Bien sûr la route est barrée à cause des travaux.

Retour à Khorog pour passer la fin d’après-midi tranquille et voir le reste de la ville, le parc très animé, manège, marchands de glace.

Ishkashim.

Notre route de Khorog à Ishkashim.

Nous reprenons la route ce matin et continuons de longer la frontière afghane et la rivière Panj. La route est en assez bon état et nous progressons assez vite. Traversée de petits villages, arrêt pour visiter une petite station thermale où l’eau des sources chaudes a des vertus thérapeutiques notamment pour les yeux.

Sur la route, Nios s’arrête devant une maison où il y a de nombreuses voitures garées et plein de monde dans la propriété. Les propriétaires nous invitent pour partager un Palov, le plat traditionnel Tadjik. Nous sommes accueillis et nous déjeunons au milieu des invités. L’accueil et l'hospitalité des tadjiks n’est plus à démontrer et nous le vérifierons tout le long du voyage.

Nous arrivons à Ishkashim et nous installons dans un gîte familial. Ce sera le moins chaleureux de notre séjour. Après-midi de balade dans le village et sur les hauteurs. Dîner en ville.

Yamg.

Nous sommes samedi matin et il y a un marché juste à la frontière afghane, en zone neutre, sur un îlot au milieu de la rivière Panj qui est très large à cet endroit.

Nous quittons Ishkashim et franchissons la grille qui conduit à un pont donnant accès à la zone du marché.

Des militaires tadjiks enregistrent nos passeports et l’autorisation pour la Pamir, puis nous cheminons jusqu’au marché.

Les afghans arrivent petit à petit et étalent leurs marchandises. Il n’y a que des hommes qui portent le vêtement traditionnel. Très bruns et souvent aux yeux bleus, ils sont très typés. Rien d'extraordinaire dans les marchandises exposées si ce n’est le prix assez bas comme la qualité. Les tadjiks ne sont pas très riches mais les afghans encore moins. Nous finirons par acheter un chapeau afghan et un gros savon. Feruza trouvera un joli foulard turquoise. Quelques échanges avec des Afghans parlant anglais mais c’est très limité.

Nous quittons le marché et reprenons la route, ou plutôt une des routes du Pamir, celle qui longe la rivière Panj et la frontière afghane.

Un arrêt pour voir les ruines d’une très ancienne forteresse, Qah Qaha. Il ne reste pas grand chose de ce bastion sur la route de la soie, On profitera d’une superbe vue sur la vallée.

C'est un monument du IVe siècle après J.-C., datant de l'époque de Kushan. C'est la deuxième fortification notable construite au Wakhan pour sécuriser le Pamir occidental après le fort de Yamchun. La forteresse de Kaahka doit son nom au héros légendaire et au roi des Siahpushes-Qanqaha. Les Siahpushes sont des adorateurs du feu, portent des robes noires et suivent le culte zaroastien. La forteresse sécurisait cette partie de la route de la soie du Wakhan et bloquait l'accès aux vallées fertiles de Shohdara et de Gunt aux envahisseurs étrangers.La forteresse sécurisait cette partie de la route de la soie du Wakhan et bloquait l'accès aux vallées fertiles de Shohdara et de Gunt aux envahisseurs étrangers.

Nous arrivons à Yamg et déjeunons à la table du gîte avant d’aller nous installer.
Après déjeuner, nous allons visiter le petit musée du Sufi Muborak Kadam, savant, théologien, poète et voyageur. Par rapport à celui de Khorog, il est très bien entretenu, décoré et, même s' il y a peu d’objets, ils sont bien mis en valeur. C’est l’épouse de notre hôte qui guide la visite, Feruza traduisant. Notre hôte a lui même beaucoup contribuer à la réalisation de ce musée et était instituteur à l’école du secteur.

Après cette visite nous décidons d’aller nous balader en cherchant notre chemin par rapport à un itinéraire vu sur MAPS.ME. Nous finirons tout de même à faire une jolie balade, aidés par des villageois qui nous voyaient chercher notre chemin.

Les montagnes qui nous entourent sont vraiment magnifiques !

Vue de la forteresse de Yamchun.

Le lendemain, petit programme. Nous commençons par la visite de la forteresse de Yamchun. Nous montons jusqu’à 3000 m d’altitude depuis le fond de la vallée. Encore un superbe point de vue sur les montagnes afghanes qui nous fond face. Feruza nous donnera les explications sur l’histoire, de sa création jusqu’à l’invasion des arabes où elle déclina.

La forteresse de Yamchun (ou de Zamr-i-Atash-Parast, de Kafir-Qala) est une forteresse des adorateurs du feu, les Zhoroastriens et est peut-être le monument le plus impressionnant et le plus ancien de Wakhan, construit au sommet de la falaise surplombant le vallée. La construction de la forteresse Yamchun remonte au 3e siècle avant JC et est un peu plus ancienne que la forteresse Kah-Kakha. Autrefois, cette forteresse avait deux fonctions : contrôler la circulation des personnes et des marchandises à travers la vallée du Wakhan et assurer la défense en cas de raids.

Il s'agissait certainement de la plus grande fortification de défense de l'ancien Wakhan. Le fort a joué un rôle clé sur la Route de la Soie menant du Pamir à la Bactriane, à l'Inde, à l'Iran, en contrôlant le trafic, les marchandises et la sécurité dans la région. La forteresse de Yamchun surplombe de vastes étendues du corridor de Wakhan et de vastes sections des montagnes de l'Hindu Kush, dans les territoires afghans les plus septentrionaux.

Nous reprenons la route pour les sources chaudes de Bibi Fatima. Nous nous dévêtons et profitons d’une eau à 40° pendant une bonne demi-heure. Étonnés de voir qu’en pays musulman on se baigne nu, alternance d’horaires pour les hommes et les femmes. Ces sources chaudes sont très appréciées et nous serons quelques touristes au milieu des locaux à barboter.

Déjeuner en plein air dans un gîte puis retour à notre pension.

Nous décidons d’effectuer une petite randonnée et gravir le versant Tadjik pour profiter de beaux points de vu. Deux heures et demi de randonnée, je voulais dépasser la côte des 3000 m en partant de 2760 m. Retour au gîte un peu fourbus mais content de cet effort. Le contraste des zones cultivées verdoyantes et de la montagnes à la roche brute est magnifique.

Zong.

Le Stupa Bouddhiste.

Aujourd’hui peu de route pour cette étape. Nous commençons par la visite d’un Stupa, monument bouddhiste.

Le bouddhisme a été introduit par la route de le soie qui passait par le Pamir. Il s’est répandu dans le sud du Tadjikistan et le nord de l’Afghanistan. Les fouilles archéologiques n’ont pas retrouvé beaucoup d’objets. Quelques statues conservées au musée de Douchanbé et de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Nous avions vu a Douchanbé le grand Bouddha couché retrouvé dans cette région.

Nous reprenons la route et nous arrêtons à Langar pour visiter un site présentant des pétroglyphes. Il faut vraiment être motivés car il y a 250 m de dénivelé sur 1 km pour les atteindre.

Ces pétroglyphes présentent essentiellement des scènes de chasses où on distingue un personnage avec un arc et des mouflons pourvus de leurs grandes cornes. Il est dommage que de nombreux visiteurs aient voulus laisser leur traces, ce qui dénature ces remarquables artefacts préhistoriques. De plus la vue sur la vallée est magnifique !

Nous arrivons à Zong pour nous installer dans un gîte. Léger repas, un peu de repos, puis avec Ludo, nous décidons de faire une petite randonnée sur les hauteurs.

C’est assez rare de trouver des chemins qui montent sur les reliefs. Nous remarquons que ces sentiers démarrent souvent du cimetière local. Ici une belle piste monte sur les hauteurs, traversant un petit village, des champs et plantations. Nous irons jusqu’à la côte 3100 m pour nous habituer à l’altitude.

Nous dominons la vallée. Le ciel est très nuageux, chargé, et des orages éclatent dans les vallées latérales. Un vent chargé de poussière remonte la vallée principale et se répand sur les pentes des montagnes. Les paysages deviennent très mystérieux, envoûtants, surréalistes.

Redescente en passant dans le petit village, des gamins jouent dans un champ, un peu plus bas des ados font une partie volley-ball. Retour à l’hôtel où nous retrouvons Feruza avec qui nous discutons. Repas au gîte.

J’ai acheté une carte SIM Tadjik pour avoir la 4G avec un opérateur local, mais le réseau est assez aléatoire sur la route du Pamir et depuis deux jours la connexion est très irrégulière pour ne pas dire inexistante. Quelques messages finissent par passer … Ce serons les derniers.

Ouzbékistan – Samarcande.

Samarcande.

L'Ouzbékistan.

Samarcande.

Arrivée à Samarcande.

Arrivés à Samarcande, nous nous installons dans un hôtel en plein centre ville, juste à coté de la Mosquée Bibi-Khanoun que nous pouvons admirer du restaurant de l'hôtel lors du petit déjeuner.

Éléna, notre guide francophone, est venue nous prendre à l'hôtel et nous commençons par visiter les médersas du Réghistan.

Ancienne étape sur la Route de la Soie entre la Chine et la Méditerranée, ville phare de l'Orient à l'époque où Tamerlan en était le maître, elle suscite le rêve à la vue de ses minarets, médersa, mosquées. Samarcande est l'une des plus ancienne ville habitées d'Asie centrale.

Elle était connue sous son nom grec de « Marakanda » à l'époque d'Alexandre le Grand en 329 av. J.-C. Avec Boukhara, Samarcande fait partie des plus anciennes villes habitées d'Asie centrale.

Samarcande a abrité des communautés religieuses diverses et est devenue le foyer de plusieurs religions telles que le bouddhisme, le zoroastrisme, l'hindouisme, le manichéisme, le judaïsme, l'Église de l'Orient et l'islam. Actuellement, le courant majoritaire musulman est Sunnite et l'Ouzbékistan est reconnue comme un état laïque tolérand.

(Les commentaires sont tirés essentiellement de wikipédia)

Le Réghistan.

Réghistan signifie « place sablonneuse » en persan. Cette place est entouré de trois médersas :

    • La médersa d'Ulugh Beg.
    • La médersa Cher-Dor.
    • La médersa Tilla-Qari.

Le Reghistan était une place publique où les gens se rassemblaient pour entendre les proclamations royales, annoncées par des explosions dans d'énormes tuyaux de cuivre appelés dzharchis ainsi qu'un lieu d'exécutions publiques (d'où la présence du sable).

Le Reghistan était le cœur de l'ancienne ville de la dynastie timouride de Samarcande. La place était considérée comme le centre de la Renaissance timouride.

L'ensemble des trois médersas est considéré comme un exemple unique de l'art de l'urbanisme et de la conception architecturale de la place principale de la ville.

Nous commençons nos visite avec Éléna par la médersa d'Ulugh Beg.

La médersa d'Ulugh Beg.

La médersa d'Ulugh Beg est l'une des plus vastes d'Asie centrale. Ulugh Beg a davantage investi dans l'enseignement que dans la construction de mosquées et de mausolées, à l'inverse de son grand-père Tamerlan. Il y aurait d’ailleurs enseigné l'astronomie, sujet rappelé par les étoiles disposées sur le pishtak (portail) du bâtiment.

Une inscription calligraphique de style coufique indique que cette magnifique façade est deux fois plus haute que le ciel, et lourde au point que l'échine de la terre en est écrasée.

De part et d'autre du portail, deux salles d'études à coupole occupent les angles. La cour intérieure, carrée, est percée de quatre iwans (salle voûtée) dans le prolongement des axes. Les entrées des cellules des élèves sont disposées sur les deux étages dans la cour, de part et d'autre des iwans.

Des minarets sont disposés aux angles des façades. Une mosquée occupe l'espace situé entre les deux salles d'études au fond de la cour.

La médersa Tilla-Qari.

La médersa Tilla-Qari (Couverte d'or) est également construite sous Yalangtouch. Elle assure en fait les fonctions de médersa et de mosquée du vendredi pour la ville.

La façade extérieure présente la particularité d'offrir, de part et d'autre du pishtak (portail en forme d’arc), les deux rangées de cellules avec leurs ouvertures et des colonnes torsadées.

Tout le côté ouest est occupé par la mosquée, la partie centrale étant formée par une salle à coupole comprenant le mihrab (niche indiquant la Mecque), avec des motifs de kundal (reliefs dorés sur fond bleu, d'où le nom donné à la médersa), des panneaux imitant les tapis, des muqarnas (motifs en « boite à œuf » dans la voûte).

La médersa Cher-Dor.

La médersa Cher-Dor (« qui porte des lions ») a été construite par Yalangtouch, « en miroir » (koch) de la médersa d'Ulugh Beg, antérieure.

Elle a pris la place d'un khanaqah (maison de savants religieux) édifié auparavant par Ulugh Beg.

Elle est flanquée de minarets d'angle sur un modèle identique à la médersa d'Ulugh Beg. Les dômes élancés de part et d'autre du pishtak permettent de supposer qu'il en était de même, à l'époque, pour son vis-à-vis.

L’ensemble du bâtiment s'inspire de la disposition générale de son vis-à-vis, mais on n'y retrouve ni la mosquée, ni les salles disposées à l'arrière.

Le pishtak décoré de mosaïques colorées présente un exemple peu fréquent d'art figuratif dans l'islam, avec des fauves chassant des daims, des disques solaires à visage humain.

Photos historiques.

Dans une des madrassas, un petit musée présente des photos historiques montrant l'état de divers monuments avant leur restauration.

On se rend compte du travail de titan qu'il a fallut développer pour obtenir ce que nous voyons de nos jours.

Une des photos montre le redressement d'un des minaret.

Gour Emir, le Mausolée de Tamerlan.

Le Mausolée Gour Emir est le lieu de sépulture de Tamerlan (connu sous le nom de Timour) et de sa descendance. Il occupe une place importante dans l'histoire de l'architecture persane, précurseur et modèle des grandes sépultures mogholes.

Un premier mausolée a été construit en 1401, du vivant de Tamerlan, par son petit-fils préféré et successeur désigné, Muhammad Sultan, pour y abriter la dépouille de son grand-père.

Ce mausolée était un ensemble architectural construit autour d'une cour intérieure bordée de quatre iwan. À l'est se dressait une madrasa, tandis qu'à l'ouest s'élevait une khanaka où se trouvait une mosquée à coupole. La construction était entourée de quatre minarets. Aujourd'hui, il ne reste que les traces des fondations de ce mausolée, le portail encore richement décoré où subsiste l'inscription en persan « Construit par le faible esclave Mohamed, fils de Mahmoud d'Ispahan » et une partie de l'iwan clôturant la cour intérieure du côté sud.

Mais Muhammad Sultan est tué lors d'une campagne en Perse en 1403 et Tamerlan fit alors construire un autre mausolée qu'il désirait le plus beau qui soit.

En 1405, Tamerlan meurt et son corps embaumé de musc et de camphre est secrètement enterré aux côtés de Muhammad Sultan dans la khanaka du premier ensemble, situé juste devant le Gour Emir. (Le crane de Tamerlan a été retrouvé par des archéologues russes).

Tamerlan repose aux pieds de son maître spirituel le cheik Mir-Said-Bereke, suivant sa volonté. Deux des fils de Tamerlan, Shah Rukh et Miran Shah, ainsi que son petit-fils l'architecte, Ulugh Beg reposent aussi dans ce mausolée.

En réalité, les sept pierres tombales sont des cénotaphes qui indiquent l'emplacement des véritables tombes situées dans une crypte au-dessous fermée aux visiteurs.

Ce monument est somptueux, surtout les décorations intérieures très impressionnantes.

Fin des visites avec notre guide, nous retournons à l'hôtel pour récupérer de la chaleur de la journée avant de repartir pour reprendre quelques photos et dîner sur la terrasse d'un restaurant derrière le Réghistan.

Chakhrisabz, le Palais Ak-Saray de Timour.

Après notre petit déjeuner à l'hôtel, nous partons pour Chakhrisabz (village natal de Tamerlan) en passant par le col de Takhta Katacha (1700 m). Nous nous arrêtons voir le marché aux épices, plantes médicinales et fromages séchés (goût très fort !)

Après un petit café en compagnie d'Éléna et Wali, nous continuons vers Chakhrisabz pour visiter le Palais Ak-Saray (le Palais Blanc).

Le palais a été réalisé au début de la période timuride (1380, 1396 et 1404), sous le règne de Tamerlan. Ce Palais d'été était immense, une description assez précise en est donnée par les récits de Ruy Gonzáles de Clavijo, ambassadeur espagnol auprès de Timour.

Le palais est aujourd'hui en ruines. Il reste un immense portail, initialement haut de 71 m, flanqué de deux tours cylindriques reposant sur des bases octogonales et mesurant actuellement 44 m. La voûte, aujourd'hui effondrée, large de 22,5 m, était la plus grande d'Asie centrale. Derrière le portail se trouvait une cour avec un bassin, revêtue de dalles blanches, d'environ 100 mètres de côté, ceinturée d'arcades richement décorées. Une inscription sur le portail, « Si tu doutes de notre pouvoir, regarde nos bâtiments », était destinée à impressionner le visiteur étranger. Une superbe reconstitution, faite par un artiste local, donne une bonne idée du bâtiment qui était gigantesque.

Nous continuons nos visites à Chakhrisabz.

Le complexe de Dorus Saodat.

Parallèlement au palais Ak-Saray, fût construit le complexe Dorus Saodat.

De ce complexe n'ont survécu jusqu'à nos jours que deux constructions: le mausolée de Jahangir et la crypte de Temur, où il n'a jamais été enterré.

En 1376, son fils aîné Jahangir, meurt subitement à l'âge de 22 ans. Il devait succéder à son père. Le corps de Jahangir, décédé à Samarcande, a été amené à Shakhrisabz pour y être enterré. Au-dessus de la tombe du prince héritier fut érigé un mausolée, avec une médersa attenante, qui devint le centre philosophique et spirituel du complexe.

Sur le territoire du complexe Dorus Saodat, on a retrouvé la crypte de Temur. C'est l'une des constructions les plus remarquables et majestueuses de l'époque d'Amir Temur. Le complexe Dorus Saodat reste l'un des ensembles architecturaux les plus romantiques et mystérieux de Shakhrisabz.

Le Complexe Dorout Tilavat.

Le Complexe Dorout Tilavat comprend :

    • La mosquée Kok Gumbaz.
    • Le mausolée Chamseddin Kulal.
    • Le mausolée Goumbazi-Sayyidan.

La mosquée Kok Gumbaz a été construite en 1437 par Ulugh Beg pour rendre hommage à son père, Shah Rukh. (Le plus jeune des quatre fils de Tamerlan.) Le bâtiment principal est constitué d'une salle carrée d'environ 12 m de côté, qui soutient la coupole par l'intermédiaire de trompes d'angles. Trois des axes de la salle donnent sur des ouvertures, le quatrième étant constitué par le mihrab. Le tambour de la coupole porte l'inscription en carreaux émaillés blancs : « La souveraineté appartient à Allah, la richesse appartient à Allah ».

Le mausolée Chamseddin Kulal a été édifié en 1372-1374 par Timur. Chamseddin Kulal était un soufi, conseiller spirituel de Taragay, le père de Timur.

Le mausolée Goumbazi-Sayyidan, (1437-1438), avait pour fonction d'abriter les sépultures des parents et descendants d'Ulugh Beg. Il a la forme d'un cube surmonté d'une coupole reposant sur un tambour. Sur la façade principale, on peut voir des restes de mosaïques en briques bleues et blanches, sur un fond de briques ordinaires de couleur ocre.

Fin de nos visites avec notre guide, retour à l'hôtel pour nous rafraîchir avant de repartir dans Samarcande bynight pour des photos et retourner dîner dans notre restaurant terrasse préféré. Chaude journée, j'ai eu un peu de mal à suivre cette visite ! Nous avons eu au moins 38°c si ce n'est plus.

Passage chez le boulanger.

Avant de commercer nos visites, Éléna nous emmène chez un boulanger en pleine fabrication de son pain. Il nous dira qu'il a déjà livré la première fournée et fabrique la suivante.

Le pâton est déposé sur un "coussin" pour le plaquer et le coller sur les parois chaudes du four chaud pour le faire cuire. La vidéo est renversante !

Nous repartons avec un pain tout chaud et délicieux pour visiter la mosquée Bibi-Khanoum juste à côté.

La Mosquée bibi Khanoum.

La mosquée Bibi-Khanym, ou Bibi-Khanoum doit son nom à l'une des femmes de Tamerlan. La construction s’effectue de 1399 à 1404. Elle est considérée comme l'un des monuments emblématiques d'Asie centrale.

Ses dimensions sont de 167 m de long pour 109 m de large et permettait d’accueillir plus de 10.000 fidèles. Sa façade intègre un iwan (portail) monumental atteignant à lui seul une hauteur de 35 m de haut, entièrement orné de carreaux de céramique formant des motifs géométriques variés, ainsi que des versets coraniques.

Les deux minarets, aujourd'hui découronnés, s'élevaient à l'origine à près de 50 m de hauteur. La mosquée est couronnée d'une coupole surhaussée couverte de céramique turquoise.

Mais la construction fût trop rapide et a entraîné des dégradations, et le tremblement de terre de 1897 signe la fin de l’édifice. Plusieurs campagnes de restauration ont été menées afin de préserver au mieux le sanctuaire. Ce n’est qu’en 1968 que les premières reconstructions ont débutés pour atteindre une restauration quasi complète en 2003 en utilisant des techniques de construction pour que l’édifice résiste mieux aux séismes fréquents dans la région. Dans la galerie ci-contre, un panneau montre l'édifice en ruine et une maquette.

Le marché de Samarcande.

Puis un petit tour pour découvrir l'immense marché de Samarcande. Nous visitons les diverses parties et passons d'étal en étal.

Éléna en profite pour faire quelques courses et nous pour ramener quelques souvenirs. Nous sommes accompagnés par Alexandra, la fille d'Éléna qui doit assurer une de nos visites. Ambiance détendue, notre guide est truculente et nous rions beaucoup.

Après ce passage au marché et un petit café, nous continuons nos visites.

Besoin d'un guide francophone pour visiter l'Ouzbékistan ? Voici le WhatsApps d'Éléna: +998 93 338 31 85. Je vous la recommande.

La Nécropole Chakh-i-Zinda.

J'exagère si je dis que c'est le "clou" de notre voyage, mais franchement ce lieu est extraordinaire par le nombre de monuments somptueux. Les mausolées sont très beaux avec des mosaïques et majoliques parfois très anciennes d'une grande beauté. Le seul souci c'est avoir assez de recul pour une jolie photo. Je vous laisse voir ces merveilles ci-dessous.

Nous entrons dans le sanctuaire et l'Imam entame une prière. Quelle beauté !

Nous rencontrons beaucoup de femmes voilées dans ce lieu, mais c'est un lieu sacré et ce sont des pèlerins qui viennent essentiellement pour prier. Dans la ville, peu de femmes sont voilées.

L'ensemble Shah-i-Zinda comprend des mausolées et d'autres bâtiments rituels des XIe - XVe et XIXe siècles. Le complexe Shah-i-Zinda s'est formé sur huit siècles (du XIe au XIXe) et comprend aujourd'hui plus de vingt bâtiments.

L'ensemble comprend trois groupes de structures : inférieure, moyenne et supérieure reliées par des passages en forme de dôme à quatre arches appelées localement chartak.

Les premiers édifices datent des XIe-XIIe siècles. Le corps principal initial - le complexe Kusam-ibn-Abbas - est situé dans la partie nord-est de l'ensemble. Il se compose de plusieurs bâtiments. Le plus ancien d'entre eux, le mausolée et la mosquée Kusam-ibn-Abbas (XVIe siècle).

Le groupe supérieur de bâtiments se compose de trois mausolées se faisant face. Le plus ancien est le mausolée de Khodja-Akhmad (1340).

Le groupe intermédiaire comprend les mausolées du dernier quart du XIVe siècle et première moitié du XVe siècle et concerne les parents de Timur , des aristocrates, des militaires et des membres du clergé.

Près de l'escalier se trouvent les bâtiments les mieux proportionnés du groupe inférieur. C'est un mausolée à double coupole du début du XVe siècle. Ce mausolée est consacré à Kazi Zade Rumi et construit par Ulugh Beg. La porte d'entrée principale de l'ensemble (Darvazakhana ou le premier chartak) tournée vers le sud a été construite de 1434 à 1435 sous Ulugbek.

L'Observatoire astronomique d'Ulugh Beg.

Après nos visites de la nécropole Chak-i-Zinda, nous alors tous déjeuner. Repas très sympathique, presque familial où nous dégustons le plat national Ouzbek, le Plov.

Éléna nous dira que c'est un plat qui est plutôt d'origine Tadjik, les nomades du désert. Puis nous partons pour l'Observatoire astronomique d'Ulugh Beg et c'est Sacha qui nous commentera cette visite.

L'Observatoire astronomique a été édifié au début du XVe siècle (vers 1429) par le gouverneur de cette ville, le prince-astronome Ulugh Beg. Il y travailla avec quelque soixante-dix mathématiciens et astronomes aboutissant à la publication des tables sultaniennes, dont la précision resta inégalée pendant deux siècles.

L'équipe calcula les positions de 1018 étoiles ; un certain nombre d'entre elles, non décrites jusque-là, gardent le nom qu'on leur a donné alors. Ces tables étaient très utiles aux caravaniers pour se déplacer dans le désert la nuit.

Cette  tranchée d'environ deux mètres de large a été creusée dans une colline le long de la ligne méridienne où l'arc était tracé et permettait de déterminer le midi exact. Ce sextant mesurait onze mètres de long et la hauteur de trois étages de haut, mais il a été construit sous terre pour le protéger des tremblements de terre.

Gradué sur toute sa longueur, c'était le plus grand cadran de l'époque, avec un rayon de 40,4 m. Il servait à l'observation du Soleil, de la Lune et d'autres corps célestes. Les astronomes travaillant à Samarcande pouvaient déterminer le midi exact de chaque jour en fonction de la hauteur du Soleil de midi, de la distance au zénith et de la déclinaison. Les tables sultaniennes ont répertorié des paramètres planétaires améliorant les coordonnées de 1 018 positions d'étoiles.

En fin d'après-midi, après nos dernières visites, nous prenons la direction de l'église Orthodoxe de Samarcande pour qu'Éléna dépose une petite bougie nous souhaitant un bon voyage car juste après nous allons à la gare pour prendre le "TGV" Ouzbek pour Tachkent.

Des au-revoir sur le quai de la gare la larme à l’œil car nous avons tissé une certaine amitié avec notre guide et je suis triste de la quitter. Le voyage se passe sans encombre avec un petit en-cas distribué gratuitement aux voyageurs. Ce train est très confortable, il roule moins vite que notre TGV français mais nous arrivons en soirée à Tachkent sans avoir vu le temps passer.

Le soir nous retrouvons l'hôtel de Tachkent et repartons découvrir la ville.

Ainsi se termine ce merveilleux voyage en Asie-Centrale avec son lot de découvertes, de monuments, de paysages et cet accueil inoubliable des Ouzbeks.

Nous remercions chaleureusement tous nos guides pour leur professionnalisme et leur accueil chaleureux.

Les routes historiques de la soie en Asie.

Ouzbékistan – Boukhara.

Boukhara.

L'Ouzbékistan

Boukhara, la ville Noble.

Nous quittons Khiva et Wali, notre chauffeur, nous conduit à Boukhara en traversant le désert Kizyl Koum.

Située sur la Route de la soie, Boukhara a plus de 2 000 ans. C'est l'exemple le plus complet d'une ville médiévale d'Asie centrale dont le tissu urbain est resté majoritairement intact, avec de nombreux monuments dont la célèbre tombe d'Ismaël Samani, chef-d'œuvre de l'architecture musulmane du Xe siècle, et de nombreuses médersa du XVIIe siècle.

Boukhara a longtemps été un centre économique et culturel important de l’Asie centrale. L’ancienne cité perse a été le centre majeur de la culture islamique durant de nombreux siècles et est devenue un centre culturel majeur du Califat au VIIIe siècle.

À l’exception de quelques vestiges importants datant de la période antérieure aux invasions mongoles de Gengis Khan en 1220 et de Timour en 1370, la vieille ville est un témoin de l’urbanisme et de l’architecture de la période chaybanide des rois ouzbeks, à partir du début du XVIe siècle. La citadelle, reconstruite au XVIe siècle, marque le centre civique de la ville depuis ses origines.

Les monuments importants encore debout comprennent la célèbre tombe d’Ismail Samanai du Xe siècle. De la période karakhanide du XIe siècle le minaret de Poi-Kalyan, une grande partie de la mosquée Magoki Attori et du mausolée Chashma Ayub. La madrassa Ulugbek est un héritage des Timourides. Aux Chaybanides sont dus: l’ensemble de Poi-Kalyan, l’ensemble de Lyabi-Khauz, la madrassa Kosh et la madrasa Gaukushon dans l’ensemble de Hodja-Kalon.

Les édifices ultérieurs comprennent des madrasas monumentales: Taki Sarafon (Coupole des changeurs), Taki-Tilpak-Furushan (Coupole des chapeliers), Tim-Bazzazan et Tiro-Abdullah-Khan.

Au début du XVIIe siècle, de belles constructions sont venues s’y ajouter, dont une nouvelle grande mosquée, Magoki Kurns (1637) et l’imposante madrassa Abdulazziz-Khan (1652).

Nous arrivons à notre hôtel en centre ville et nous nous installons. Puis notre guide francophone, Marie, nous attend pour repartir et commencer nos visites de la ville. Nous commençons par la Mosquée Kalon.

Tous les monuments importants de Boukhara sont inscrits au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

La Mosquée Kalon.

La mosquée Kalon ou Kalan, « grande mosquée », est l'ancienne mosquée principale de Boukhara. Construite au début du XVIe siècle, sous les Chaybanides, à l'emplacement d'une ancienne mosquée du vendredi, elle pouvait accueillir 12000 fidèles.

Par ses dimensions, elle est la plus importante mosquée, après celle de Bibi-Khanoum à Samarcande. Cette mosquée est utilisée pour la prière du vendredi car très spacieuse.

Elle est en restauration et les parties visitables sont limitées.

Le minaret adjacent est le symbole de la ville de Boukhara.

la Médersa Mir-i Arab.

La médersa Mir-i Arab  est toujours en activité au sein du complexe Po i Kalon. Comme tous les sites historiques de Boukhara, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, depuis 1993.

Elle est interdite à la visite car encore en activité avec de nombreux étudiants.

Construite au début du XVIe siècle par le cheikh Abdoullah Yamani, chef religieux soufi d'origine yéménite et guide spirituel de l'émir de Boukhara, Ubaid-Allah Shah (1487-1540).

De sa fondation au début des années 1920 (date de sa fermeture), cette médersa était l'une des plus prestigieuses d'Asie centrale. C'est ici qu'enseigna l'un des plus fameux maîtres tadjiks en philosophie islamique, Ahmad Donich Boukhari (1827-1897).

En 1945, après de longues tractations, la médersa est rendue à l'étude des sciences musulmanes

la Médersa Abdoullaziz-Khan.

La médersa Abdoullaziz-Khan fut construite en 1652-1654 par son fondateur du même nom.

Elle fait partie d'un ensemble architectural symétrique avec la médersa Oulough Beg (1417), implanté à l'est du bazar des joailliers.

Sa décoration extérieure est en partie inachevée car le khan a été détrôné alors que la décoration de la médersa n'était pas terminée. Le portail d'entrée, ainsi que les portails donnant sur la cour intérieure, sont recouverts de carreaux bleus et jaunes (ce jaune lumineux étant utilisé pour la première fois à Boukhara) où l'on retrouve des motifs traditionnels, tels que le vase du bonheur. On retrouve ce même vase en relief dans la cour intérieure.

La médersa est décorée de mosaïques, de majoliques en relief, de tuiles vernissées, de marbre ciselé, de fresques d'albâtre, de gantch (bois ciselé) et de feuilles d'or. C'est donc un sommet de l'art architectural d'Asie centrale. L'on peut remarquer, contrairement à la tradition architecturale islamique, des représentations figurées et un plus grand réalisme du décor floral et végétal. Outre les cellules et les parties communes, la médersa comprend une petite mosquée d'hiver et une mosquée d'été.

la Médersa d'Ulugh Beg.

La médersa d'Ulugh Beg (ou d'Oulougbeg) a été édifiée en 1417 par Ulugh Beg (1409 - 1449), souverain, astronome, petit-fils de Timour (Tamerlan).

L'édifice date de l'apogée de l'architecture d'Asie centrale. C'est aussi la plus ancienne des trois médersas construites sous Ulugh Beg.

Elle se trouve en face de la médersa Abdoullaziz Khan.

Etant en activité, elle ne se visite pas.

la Mosquée Magoki-Attari.

La mosquée Magoki-Attari est un édifice médiéval datant du XIIe au XVIe siècle. Il s'agit de l'édifice le plus ancien parmi ceux conservés à Boukhara. Six piliers rectangulaires massifs divisent son espace en 12 parties, l'ensemble étant recouvert de coupoles. Au milieu du mur occidental est placé une mihrab (sanctuaire permettant aux fidèles de prier en direction de la Mecque). La base du bâtiment se trouve à plus de 4,50 m en dessous du niveau actuel du sol actuel.

La mosquée a deux entrées. Celle du sud a été dégagée par la restauration des années 1934-1935. Son portail (dont l'arche principale n'a pas été conservée) est orné d'une sculpture en terre cuite avec des inserts de gantch (gypse et argile) sculptés et une inscription en majolique bleue sur l'archivolte de l'arc intérieur de l'entrée. Ce décor unique par sa beauté remonte sans doute au XIIe siècle, à l'époque des Qarakhanides, quand Boukhara était un des plus grands centres de constructions architecturales de l'est. L'entrée orientale a la forme traditionnelle d'un petit portail et a été construite au XVIe siècle et reconstruite dans sa forme actuelle au début du XXe siècle.

Nous continuons nos visites dans Boukhara.

La Médersa Nadir Devonbegui.

La médersa Nadir Devonbegui ou médersa Nadir Divan-Beg se situe dans l'ensemble architectural du Liab i Khaouz  datant du XVIe -XVIIe siècle.

Le Liab i Khaouz est une place centrale dans la ville de Boukhara où plusieurs bâtiments sont regroupés autour d’un bassin qui apporte de la fraîcheur en été.

Cette médersa a été édifiée par le khan Imam Quli pour servir de caravansérail, mais a ensuite été utilisé comme médersa.

Le portail est décoré de mosaïques représentant deux daims tenus dans les serres de deux oiseaux mythologiques Simorgh qui regardent le soleil. Des vestiges de mosaïques subsistent également sur les façades latérales.

Nous terminons nos visites avec Marie et rentrons nous reposer à l'hôtel avant de repartir voir Boukhara bynight. Nous reprendrons nos visites avec notre guide le lendemain.

Le Tchor Minor, ou médersa de Khalif Niazkhoul.

Le Tchor Minor (du persan : « quatre minarets »), ou médersa de Khalif Niazkhoul, est un édifice construit en 1807 sur les fonds d'un riche marchand turcoman, Khalif Khoudoïd.

La médersa est construite au départ autour d'une cour, dont deux côtés sont réservés aux cellules des étudiants (59 à l'époque) en science coranique, avec un bassin (haouz) et un iwan servant de portail d'entrée à la mosquée de la médersa. Celle-ci était dirigée par le cheikh soufi Khalif Niazkhoul.

Il ne reste plus aujourd'hui que quelques cellules. Le pavillon d'entrée qui subsiste de la médersa fait toute la particularité de l'ensemble, car il est surmonté de tours aux quatre angles dont chacune est couronnée d'une coupole turquoise et symbolise une ville : La Mecque, Ourguentch, Termez et Denaou.

Le mausolée des Samanides.

Le mausolée des Samanides, ou tombeau d'Ismaïl Ier est situé au centre du parc de la culture et des loisirs autrefois parc Sergueï Kirov.

Construit vers 900, c'est l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture funéraire islamique dont il est l'un des plus anciens exemples. De forme carré et surmonté d'une coupole, il est entièrement construit en brique. Son décor a pour particularité d'imiter le tressage d'une vannerie. Les quatre faces sont identiques et symbolisent la terre et la stabilité.

Le monument faisait partie, à l'origine, d'une plus grande nécropole, dont il ne subsiste plus rien sauf un petit cimetière. Il est ainsi le seul témoignage bâti de l'ère des Samanides sur le territoire de l'oasis de Boukhara. C'est aussi l'une des premières structures encore existantes entièrement construites en briques d'argile cuites.

C'est l'un de mes monuments préférés, vraiment sublime par sa sobriété et par le jeu mathématique de l'agencement des briques. Comme tous les monuments de Boukhara, il est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

La mosquée Bolo Haouz.

La mosquée Bolo Haouz (« près du bassin ») a été construite en 1712, en face de la citadelle d'Ark dans le quartier du Régistan.

Elle abritait l’un des étangs les plus importants de Boukhara. Des porteurs d’eau travaillaient sur place recueillant de l’eau pour les quartiers résidentiels et les bazars.

Elle servait, avant le rattachement à la Russie bolchévique (1920), de mosquée du Vendredi où venait prier l'émir de Boukhara. Vêtu de ses plus beaux costumes, le souverain abandonnait sa forteresse pour prier et expier ses péchés sous le dôme de Bolo Haouz.

En 1917, devant l'iwan (servant d'entrée d'honneur), ont été rajoutées des colonnes de bois peint allongées exagérément pour constituer avec une toiture en bordure une salle de prière d'été. Les chapiteaux sont ornés de muqarnas colorés.

La mosquée a été réaffectée au culte depuis une vingtaine d'années et est utilisée le vendredi. L'intérieur de la mosquée est typique du style du tournant du XIXe siècle et du XXe siècle.

Le petit minaret a été construit en 1917. Notre guide regrettera les jets du bassin qui troublent la surface et empêche la réflexion sur l’eau.

La citadelle d'Ark.

La Citadelle Ark est la forteresse de Boukhara. Les plus anciennes traces trouvées sont une enceinte fortifiée datant du Ve siècle av. J.-C, lorsque la colline artificielle où se trouve Ark fut construite. En effet, le paysage est complètement plat, aucun relief.

Cette forteresse a été détruite et reconstruite plusieurs fois. Le premier souverain à avoir ordonné la construction de Ark était un dénommé Biden.

Cette colline, ceinte de remparts hauts de 16 à 20 m et couvrant une superficie de 4 hectares est aujourd’hui l’emplacement du plus ancien bâtiment de Boukhara, sa citadelle.

Elle fut toujours le centre du pouvoir politique et culturel de la région. Elle comportait une bibliothèque extrêmement riche, la ville était à cette époque l’une des plus grandes du monde musulman.

Détruite par Gengis Khan en 1220, puis reconstruite par les Chaybanides, première dynastie ouzbèk au tout début du XVIe siècle.

La citadelle actuelle n’est qu’une petite partie de ce qu’avait pu être l’ancienne. Après la conquête de Boukhara par l’armée rouge en 1920, Ark fut gravement endommagée mais on dit que l’émir de l’époque détruisit aussi des bâtiments dits « compromettants ». Le harem n’existe donc plus. On trouve encore une mosquée du vendredi qui abrite un musée, mais également la mosquée Ul’dukhtaron, conservée malgré les destructions ainsi qu'une prison.

La vie à Boukhara.

Marie, notre guide francophone à Boukhara.

Ainsi se termine nos visites à Boukhara. Nous remercions chaleureusement Marie, notre guide, pour tous les renseignements, explications qu'elle nous a donné sur cette magnifique ville.

Au cours de nos visites, nous passerons par le marché haut en couleurs, bien achalandé avec des produits « exotiques » pour nous. Du sucre candi, des thés et tisanes, de superbes légumes.

Lors des deux soirées passées à Boukhara, nous irons dîner sur la place Lyabi Hauz. Cette place est occupée par un bassin et le soir les jets d'eau sont mis en marche et permettent de rafraîchir agréablement cette place. On y retrouve la vie nocturne de Boukhara autour de restaurants, les soirées sont très animées !

De nombreux restaurants y sont établis et nous y dînerons chaque soir. L'ambiance est très festive avec un chanteur, de la musique (très forte!!!) et quelques animations pour les enfants. Les ouzbeks sont très joyeux et toujours prêts à faire la fête. Ils sont aussi très chaleureux et bienveillants, toujours prêts à discuter avec vous, les marchands de souvenirs ne font que vous proposer leur marchandise sans insister ce qui est très agréable !

Agréable séjour à Boukhara, le lendemain, Wali passe nous prendre pour nous conduire à Samarcande où de nouvelles découvertes nous attendent.

Bonus.

Ouzbékistan – Mer d’Aral

Mer d'Aral, Moynak.

L'Ouzbékistan.

République du Karakalpakstan.

La Mer d'Aral en Ouzbékistan.

Moynak.

Arrivés à Tashkent en Ouzbèkistan, nous prenons un vol le lendemain pour Noukous, ville de la république du Karakalpakstan, territoire autonome de l'Ouzbékistan. Puis, le lendemain, partons en 4X4 avec un guide pour Moynak qui était au bord de la mer d'Aral.

Moynaq était un port du sud de la mer d'Aral, doté d'une économie active liée à la pêche et à la mise en conserve du poisson.

Suivant les ordres de Lénine, les pêcheurs de Moynaq jouèrent un grand rôle dans la lutte contre la famine russe de 1921-1922. Des milliers de tonnes de poissons furent envoyées en URSS pour nourrir la population. Un guide nous dira qu'ils ont "presque vider" la mer d'Aral de ses poissons tellement la pêche fut intensive.

Aujourd'hui, Moynaq est l'un des témoins de la catastrophe environnementale que subit la région en raison du retrait de la mer d'Aral, qui se trouve à quelque 35 km au nord et n'est plus visible à l'horizon depuis l'ancien port. Un « cimetière de bateaux », comprenant une dizaine de carcasses rouillées, et un petit musée attestent de l'ampleur de la catastrophe actuelle et de la richesse passée. La vidéo du Musée est très intéressante.

La mer d'Aral est un lac d'eau salée d'Asie centrale occupant la partie basse de la dépression touranienne ou aralo-caspienne au milieu d'espaces désertiques. Elle est partagée entre le Kazakhstan au nord et l'Ouzbékistan au sud. Elle tire son nom du mot kazakh Aral qui signifie « île » en référence aux milliers d'îles qui la couvraient.

Dans les années 1960, la mer d'Aral, encore alimentée par les puissants fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, formait la quatrième plus vaste étendue lacustre du monde, avec une superficie de 66 458 km2. En 2000, cette superficie était divisée par deux. Cet assèchement, dû au détournement des deux fleuves pour produire du coton en masse, est une des plus importantes catastrophes environnementales du XXe siècle. En août 2005 s'est achevée la construction de la digue de Kokaral qui sépare la petite partie nord de la mer d'Aral au Kazakhstan, la Petite mer d'Aral, du reste de la dépression, la préservant ainsi de l'assèchement. Depuis lors, la partie sud initialement appelée Grande Aral ne reçoit presque plus d'eau de surface. En grande partie asséchée, elle est généralement divisée en trois lacs principaux : un profond bassin occidental, parfois relié à un bassin oriental peu profond et souvent à sec, et le petit lac de Barsakelmes.

Six pays se partagent le bassin de la mer d’Aral : Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Turkménistan et Afghanistan. Alimenté par deux affluents principaux, l’Amou-Daria et le Syr-Daria, le bassin versant de ce lac d’eau salée compte 17 752 glaciers pour une superficie d’environ 1 549 000 km2.

L'ancien port de Moynak avec les épaves de bateau de pêche.

Les rives de la mer d'Aral étaient variées malgré leur caractère désertique.

La rive orientale était caractérisée par son relief sablonneux  et une série de longues baies étroites parsemées d'îlots.

Elle s'opposait ainsi au littoral occidental, d'un profil rectiligne, dominé par de hautes falaises (190 m pour les plus élevées) battues par les flots.

La rive septentrionale correspondait à la limite sud du plateau argilo-sableux de Tourgaï, s'élevant jusqu'à 178 m au-dessus du rivage et découpé de baies profondes.

Entre ses diverses parties, au nord-est et au sud, les vastes deltas du Syr-Daria et de l'Amou-Daria, prenaient l'aspect de vastes espaces plans qui progressaient rapidement grâce au déversement abondant des eaux limoneuses.

Les eaux de la mer d'Aral se caractérisaient par une grande limpidité et un bleu intense, elles étaient peu salées (10 à 11 ‰ de taux de salinité moyen, 14 ‰ au sud-est).

Leur température suivait le rythme des saisons en raison de la faible profondeur. L'été, elles pouvaient atteindre 26°C à 27°C en surface (mais seulement 1°C à 3°C dans les fonds de la côte occidentale). L'hiver, les températures étant négatives, la mer était entièrement prise par les glaces, parfois jusqu'au début du mois de mai.

Les précipitations sont faibles dans cette région au climat aride (entre 130 et 140 mm/an en moyenne), l'évaporation est très élevée (de l'ordre de 1000 mm/an) mais l'apport des deux grands fleuves tributaires permettait à la mer d'équilibrer son bilan hydrologique.

Le niveau des eaux a beaucoup varié au cours de l'histoire. Jusqu'au XVIe siècle, la mer d'Aral était reliée à la mer Caspienne par l'intermédiaire de l'Ouzboï et son niveau d'eau baissait car son principal fleuve tributaire, l'Amou-Daria, empruntant le lit de cet ancien cours d'eau, aujourd'hui à sec,  et allait déverser la majeure partie de ses eaux dans cette grande mer intérieure qu'est la Caspienne.

Le cours de l'Amou-Daria fut détourné voilà 400 ans (par les khans de Khiva car le fleuve charriait des sables aurifères) et ses eaux rejoignirent la mer d'Aral dont le niveau s'éleva. Une nouvelle baisse fut enregistrée entre 1850 et 1880, mais les eaux remontèrent de 3 m entre cette dernière date et 1960.

Dès 1918, les autorités de l’URSS procédèrent au détournement de ses principaux affluents « afin d’irriguer des zones désertiques de l’Ouzbékistan pour y implanter des rizières et des champs de coton. »

Le coton a un intérêt stratégique en plus de sa qualité de fibre textile. En effet, le coton est de la cellulose permettant la fabrication de la Nitro-cellulose, explosif. Mais l'huile extraite des graines de coton permet aussi la fabrication d'explosif ce qui aurait motiver l'augmentation de la production de cette plante.

Au début des années 1960, les économistes soviétiques décidèrent d’intensifier la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan. Les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria furent privés d'une partie de leurs eaux pour irriguer les cultures par plusieurs canaux dont celui de Karakoum. Ainsi à partir de 1960, entre 20 et 60 km3 d'eau douce furent détournés chaque année.

Le manque d'apport en eau assécha alors peu à peu la mer dont le niveau baissait de 20 à 60 cm par an. Depuis 1971, une partie des eaux de l'Amou-Daria est orientée vers le Darjalyk, un ancien bras du fleuve menant vers le bassin du Sary Kamysh, un lac asséché qui a été ainsi reconstitué et plus récemment vers le lac de l'âge d'or.

La séparation entre la Petite mer au nord et la Grande mer au sud date de 1989. L'évolution a d'abord laissé présager la disparition totale de la seconde à l'horizon 2025, avant que des travaux d'aménagement ne soient opérés. En 2007, on constate que le niveau de la Petite mer d'Aral a remonté spectaculairement, plus vite que ne l'espéraient les experts chargés du dossier et la pêche a repris depuis 2006.

Peter Zavialov décèlerait un lien entre la hausse de la mer Caspienne et l’abaissement de la mer d’Aral. Pour Chilo, académicien russe, ce sont les fonds des mers (Caspienne et Aral) qui seraient très friables... et un historien Bunyatov démontre que ce lac aurait déjà agonisé quatre fois au cours des siècles. Allant dans ce sens, des analyses contradictoires sur la mort programmée pour 2025 de la mer d’Aral ont été publiées récemment.

Plusieurs guides nous ont aussi relaté que les essais nucléaires souterrains de l'URSS, sur une petite île de la mer d'Aral, avaient entraîné des fissures dans le sous-sol et que l'eau de la mer d'Aral se seraient écoulées dans la mer Caspienne située plus bas par infiltration. Information non confirmée.

Les quantités gigantesques de pesticides qui, jadis, étaient charriées par les deux fleuves tributaires de la mer et se sont déposées au fond du bassin de l’Aral ainsi que le sel laissé par les eaux se retirant, se sont retrouvées, au fur et à mesure que l’évaporation progressait, à l’air libre en raison des vents violents. Ils ont provoqué une forte hausse du taux de mortalité infantile (parmi les plus élevés du monde aujourd'hui), une augmentation du nombre des cancers et des cas d’anémies, ainsi que le développement d'autres maladies respiratoires directement reliés à l’exposition à des produits chimiques, phénomènes confirmés par des études de l’Organisation mondiale de la santé. (Sources Wikipédia)

Un de nos guide nous a relaté une tempête de sel, les vents violents soulevant sel et sable pour le déposer, tel de la neige, sur toute une région de l'Ouzbékistan.

Nous continuerons notre route en direction du plateau d'Oustyurt pour rejoindre un camp de yourtes.

Le Plateau d'Oustyurt.

Nous quittons Moynak pour cheminer plusieurs heures en 4X4 sur l'ancien fond de la Mer d'Aral.

Nous arrivons sur le haut plateau d'Oustyrut qui domine la Mer d'Aral que nous voyons au loin. Le chemin est long et heureusement que nous bénéficions de la clim dans la voiture car il fait très très chaud !

Nous traversons un champ gazier où nous verrons de nombreux derricks et tête de puits de gaz. Mais l'Ouzbékistan doit importer du gaz Russe car ses réserves sont épuisées en partie. Un projet avec le Kirghizstan permettrait de relancer la prospection.

Puis la piste monte jusqu'au plateau d'Oustyrut pour une vue époustouflante sur les rivages de la Mer d'Aral avec le camp de yourtes en contre-bas que l'on doit rejoindre pour la nuit.

Mais avant d'y aller, nous descendons jusqu'au rivage pour une baignade.

Baignade dans la mer d'Aral.

Après des heures de piste, nous descendons vers les rivages de la Mer d'Aral.

Elle est bleu et un peu trouble et les premiers mètres ne sont pas très engageants car les pieds s'enfoncent dans une argile collante, visqueuse et noire. Je persévère malgré le dégoût et l'argile fait place à du sable plus agréable à fouler.

L'eau est très salé, elle brûle la langue et on flotte très bien, un peu moins que dans la Mer Morte. La salinité actuelle serait de 160‰ contre 35‰ pour le Pacifique et 39‰ en Méditerranée et 300‰ pour la mer Morte. Avec une telle salinité, toutes les espèces de poissons ont disparurent, même les raies introduites, ne subsiste que le plancton. L'eau est chaude, baignade agréable, rafraîchissante.

Après cette belle baignade, nous remontons pour nous installer dans une yourte du camp.

Camp de yourtes.

Après une bonne douche, nous nous installons dans une yourte. Il fait très chaud et nous allons nous désaltérer sur le bord du plateau en admirant la mer d'Aral.

Puis nous passons à table où nous dégustons notre premier Plov. Ce plat à bas de riz pilaf, de carottes jaunes, pois chiche et viande de mouton est un plat des nomades Ouzbeks. Il est parfumé avec du cumin. C'est très bon. Le repas traditionnel se compose d'entrée avec des crudités, tomates, concombres, aubergines et poivrons frits.

Puis généralement il y a une soupe et le plat principal qui est un Plov ce soir. Des fruits en dessert ou des pâtisseries orientales assez sucrées mais succulentes.

Le soleil se couche lors de la fin du repas, occasion de faire quelques clichés et de gravir la colline surplombant le camp.

L'Ouzbékistan est un pays à majorité musulmane mais nous n'aurons pas trop de difficulté pour trouver de la bière. D'ailleurs au cours du voyage, on nous sollicitera plusieurs fois pour trinquer avec un verre de Vodka. La présence des russes des années durant a laissé quelques coutumes persistantes.

Étant face à l'Est, nous nous levons très tôt pour assister au lever de soleil. Moment magique où le disque solaire apparaît peu à peu au dessus de l'horizon, une renaissance dans ce désert hostile.

Puis nous attendons que tout le monde se lève pour prendre notre petit déjeuner. Dans cette attente, je me couvre car ce matin il fait plutôt frais.

Puis nous reprenons notre route et remontons sur le plateau d'Oustyurt.

Le Caravansérail de Kurgancha Kala.

Nous atteignons les ruines du Xe siècle du caravansérail de Kurgancha Kala, forteresse sur la route de la soie. C'était le quatrième plus important dans le désert d'Aralkum. Il ne reste plus grand chose de ce complexe commercial. C'était aussi la cité du Royaume de Khorezm où les habitants étaient sédentaires.

Nous continuons sur le plateau d'Oustyurt.

Le Village de Kubla-Oustyurt.

Le 4X4 s'arrête sur une piste d'atterrissage adjacente à un petit village. Nous partons explorer les rues désertes bordées de maisons le plus souvent en mauvais état mais aux jardins bien entretenus. En bordures, deux chameaux nous regardent passer.

Dans les cours des maisons nous voyons d'antiques motos parfois équipées de side-car. Des enfants jouent dans les cours, quelques adultes passent, on ne peut pas dire qu'il y ai beaucoup d'agitations mais vu la chaleur torride, nous comprenons que nous sommes les seuls fous à s'aventurer à l'extérieur.

Ce village date de l'époque soviétique. Apparu lors de la construction du gazoduc principal. Jusque dans les années 1990, il s'appelait Komsomolsk-on-Ustyurt .

Nous en profitons pour acheter de l'eau fraîches et des biscuits, puis nous repartons.

Le Village abandonné d'Ourga.

Les rives du lac Sudochye et les ruines du village d'Urga.

Urga est un village de pêcheurs sur les rives du lac Sudochye, partie de l'ancienne mer d'Aral.

Le lac Sudochye, peu profond,  est connu pour ses îles recouvertes de roseaux, ses hautes falaises  colorées et ses oiseaux sauvages.

Le lac Sudochye était autrefois le plus grand réservoir du delta de l'Amou Darya au Karakalpakstan, ayant été alimenté par une grande rivière et relié à la mer d'Aral par un canal. Pourtant, après que la mer d'Aral se  soit en grande partie asséchée au milieu du XXe siècle, le lac et la mer se sont séparés d'environ 150 kilomètres, et le lac Sudochye s'est progressivement divisée en plusieurs plans d'eau plus petits.

Le village de pêcheurs d'Urga était un des premiers établissements russes du Khorezm, fondé par des cosaques fugitifs. Urga a été déserté en 1971, lorsque les quelques pêcheurs restants ont été contraints d'abandonner la ville en raison d'une pénurie de poisson à la suite de la catastrophe de la mer d'Aral.

En 2008, le lac Sudochye a obtenu le statut de zone importante pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité, car il est situé sur le trajet des oiseaux de Sibérie et de la toundra arctique.

Nous continuons notre piste et arrivons à Noukous en fin d'après-midi.

Noukous.

Le Musée Savitskiy, le Louvre des Steppes.

À Noukous, nous retrouvons l’hôtel Jipek Joly de notre arrivée et sa charmante propriétaire. Franchement, si vous devez séjourner à Noukous, je vous recommande chaudement cet hôtel.

Le lendemain nous allons au Musée des Beaux-Arts de Savitskiy, surnommé « le Louvres des Steppes ». Nous découvrirons une riche collection des tableaux de l’avant-garde et post-avant-garde soviétique rassemblée par Igor Savitskiy.

Malgré le risque d’être dénoncé comme anticommuniste, il a réussi à sauver plus de 50.000 œuvres d’artistes réprimés durant la période stalinienne. Le Musée possède aussi un important fonds d’artisanat Karakalpak et d’antiquités de Khorezm.

Je vous propose une toute petite sélection parmi les œuvres qui m'ont marqué.

Puis notre chauffeur est venu nous prendre à l'hôtel pour nous conduire à Khiva.