Portugal – Madère (première partie)

Madère.
Drapeau Madère.

Portugal - L'Île de Madère.

Drapeau Portugal.

Situation géographique.

Les îles de Madère constituent un archipel d'îles volcanique situé dans l'océan Atlantique à 973 km de Lisbonne et à 640 km du Maroc. L'archipel fait partie de la Macaronésie, c'est une région autonome du Portugal.

L'archipel est composé de l'île Madère, celle de Porto Santo, des îles Desertas, des îles Selvagens et de nombreux îlots. Les îles sont d'origine volcanique et situées sur la plaque africaine. La dernière éruption remonte à 6 000 ou 7 000 ans. L’île principale, d'une superficie de 750 km² est très verdoyante.

L'île de Madère est la plus récente, apparue il y a environ 5 millions d'années, présentant un relief moins érodé que les autres îles.

L'archipel de Madère est situé en zone subtropicale : le climat de l'île est océanique subtropical, très doux toute l'année, avec une amplitude thermique annuelle faible.

Pour profiter des précipitations régulières du nord et de l'ensoleillement du sud de l'île principale, les Madériens ont construit un vaste réseau de canaux sinueux le long des courbes de niveau (les levadas), réseau qui parcourt toute l'île principale.

Funchal est la capitale de la région autonome et compte plus de 100.000 habitants.

Nous prenons un vol depuis Marseille pour Lisbonne, puis un autre pour Funchal où nous avons réservé un véhicule pour nous déplacer dans l’île.

Funchal.

Madère, Funchal.

Bien sûr, l'avion a eu du retard au départ de Marseille, mais nous avons eu notre correspondance qui avait elle aussi du retard à Lisbonne. Arrivée très tard à l'hôtel de Funchal, lever vers 8 heures et petit déjeuner avant d’aller découvrir la ville.

Découverte de la vieille ville avec la cathédrale, le couvent Santa Clara, les rues et ruelles. C’est propre, beau, bien entretenu, une ville nickel !

Puis nous prenons le téléphérique pour le jardin Monte Palace que nous visitons longuement. Bien qu’il soit beau et bien entretenu, il manque d’un peu de poésie. Nous y passerons un bon moment et l'apprécions tout de même. Visite de l’église juste au-dessus, puis nous reprenons le téléphérique pour redescendre avant qu’il n’y ai trop de queue.

Retour au centre ville, petit passage vers le bord de mer. Il n’y a aucune plage, des galets et c’est très peu fréquenté. Nous resterons dans la vieille ville à nous balader jusqu’au dîner puis retour à l’hôtel.

Nous avons beaucoup aimé ce couvent Santa Clara. Le lieu est par lui même splendide et le parcours pour le découvrir est bien organisé, permettant de voir où vivaient les nonnes et les différentes pièces de l'édifice dont le cloître. L'église est très impressionnante et belle et la chapelle, d'où les nonnes pouvaient assister aux offices sans être au contact des paroissiens, est sublime. De nombreux tableaux et sculptures sont bien mis en valeur, la collection est très riche. Vraiment à ne pas rater.

Madère, Funchal.

Second jour à Funchal, après le petit déjeuner nous visitons le marché municipal couvert. De beaux étals de fruits et légumes dont de nombreux tropicaux. Il y a notamment les fruits du faux philodendron ( Monstera deliciosa) que je ne connaissais pas.

Nous traversons ensuite la rue de Santa Maria, plus vieille rue de la ville, avec ses portes décorées et les restaurants accueillant le soir les nombreux touristes. La Chapelle Corpo Santo sur une petite place, très simple.

Au bout de la rue, la forteresse de São Tiago en bordure de côte et une plage très locale où les habitués viennent prendre le soleil en discutant avec quelques marins. On se croirait aux Goudes à Marseille.

Retour vers cette petite église du couvent Santa Clara puis nous montons jusqu’au fort … mais il est fermé le samedi. Tous ces efforts pour rien.

Côte ouest de Funchal.

Sortie en Catamaran.

Falaise avec le belvédère Cabo Girão (point rouge) Et le téléphérique Fajã dos Padres (2 points bleu)

Nous redescendons en centre ville pour déjeuner puis allons sur le port pour faire une balade en mer à bord d’un catamaran.

Beaucoup de passagers mais le bateau est grand et spacieux (2 ponts), nous ne nous gênons pas même lors des arrêts pour observer les dauphins que nous croisons.

Nous longeons les falaises à l'ouest de Funchal dont le point culminant est à 580 m avec le belvédère de Cabo Girão. Plusieurs téléphériques aussi partent du haut et plongent vers la plage, la verticalité est impressionnante. Nous prévoyons d’aller visiter le belvédère et un des téléphériques demain lorsque nous aurons récupéré la voiture.

Sur le chemin de retour, le catamaran s'arrête pour une baignade dans une eau à 23°c, rafraîchissant ! J'en avais trop envie à la vue de cette eau limpide d'un bleu profond.

Puis passage devant le village de Camara avec ses barques de pêcheurs accostées dans le petit port, village que nous retrouverons plusieurs fois lors de ce séjour.

Retour en centre ville, nous nous baladons dans les ruelles avant de trouver un resto pour dîner dans la vieille ville. Un dernier verre de vin de madère avant de retourner à l’hôtel.

Journée très agréable, l’ambiance de cette île est sereine, détendue, les gens courtois, bienveillants et il fait bon. Pas trop chaud, même en plein soleil, le vent est frais.

Calheta.

Départ de Funchal ce matin. Nous partons avec nos valises jusqu'à la location du véhicule. Ludo avait retenu un petit gabarit, nous nous retrouvons avec un break !

À Calheta nous avons trouvé une chambre d'hôtel avec une terrasse donnant sur une marina, des restos juste au-dessous au niveau du petit port de plaisance. Joli, confortable et bien placé. C'est à partir de Calheta que nous rayonnerons à la découverte de Madère et effectuerons des randonnées.

Le belvédère de Cabo Girão.

Vue de la côte en direction du large. Du BLEU !!!

Direction plein Ouest, nous allons voir le belvédère de Cabo Girão, un point de vue à 590 m au-dessus de la mer. Nous nous arrêtons à Camara pour un café et voir cette falaise du bas, puis nous prenons ces routes sinueuses qui grimpent de façon impressionnante vers le haut de la falaise.

Nous sommes tout en haut de la falaise que nous avions vu la veille en catamaran.

Une plate-forme aménagée avec une partie en dalles de verre, histoire d’impressionner le visiteur, surplombe le précipice de presque 600 m. Le panorama est impressionnant de cette hauteur. L’entrée (2€/personnes) est raisonnable. Il y a du monde mais on ne se marche pas dessus ! Juste attendre pour prendre quelques photos.

Le paysage, la vue sur l'immensité de l'océan, l'horizon au loin, tout ce bleu, c'est superbe.

Le téléphérique Fajã dos Padres.

Vue du haut, les bananiers, le resto, la station du bas.

Nous repartons et nous nous arrêtons au téléphérique Fajã dos Padres. Une cabine pour 8 personnes permet d’atteindre le bas de la falaise par une descente vertigineuse très impressionnante. Nous achetons deux billets et faisons la queue, il y a de nombreux touristes, environ 6 minutes le trajet.

Arrivés tout en bas, un chemin mène jusqu’à un restaurant, et ça tombe bien, c’est juste l’heure de déjeuner. Repas en bord de mer avec une vue splendide jusqu’à l’horizon. Il devait pleuvoir aujourd’hui, quasiment pas de nuages.

Petite balade jusqu’au ponton d’où on peut se baigner et louer un matelas pour lézarder au soleil. Par contre quasiment personne sur la plage aux gros galets peu confortable. Dommage, nous n'avons pas pris les maillots ...

Retour à l’embarquement du téléphérique, on gère car il n’y a personne. Le seul problème pour ces deux lieux touristiques est de trouver une place de parking … Pas évident avec les nombreux touristes comme nous.

Nous reprenons la route, défilé de tunnels et viaducs. Nous essayons tout de même d’emprunter la route côtière quand c’est possible pour atteindre Ponta do Sol.

Petite station balnéaire nichée au pied des falaises. Nous visitons église, plage, bord de mer. C'est joli, tout bien décoré pour les fêtes locales.

Puis nous repartons pour Calheta où nous avons retenu une chambre près de la Marina pour trois jours. Nous disposons d'une chambre au premier étage avec une terrasse privative, vue sur la marina et l'océan, bien placé pour arriver le soir et aller au resto.

Petite baignade puis apéro sur la terrasse face à la mer … détente.

Randonnée, Rabaçal - 25 Fontes.

Ce matin, nous partons pour notre 1ère randonnée. Lever tôt et départ pour les hauteurs de Madère et trouver une place sur le parking. Le sentier démarre de 1300 m d’altitude et plonge dans une petite vallée. Puis nous suivons un “levada”, un canal d'irrigation qui prend sa source au niveau de cascades. Le sentier est très beau, serpente dans un tunnel de végétation, des bruyères arborescentes centenaires, des lauriers typiques de la Macaronésie, des myrtilles sauvages endémiques de Madère, une végétation d’où pendent des lichens, signe de très faible pollution. C’est superbe, frais, vert, humide et en ce début de matinée, peu de randonneurs.

Le sentier aboutit au pied d’un petit cirque encaissé d’où de nombreuses résurgences d’eau sortent de la paroi. « Fontes » désigne les sources et il y en a plein dans la paroi de cette cascade. « Cascata das 25 fontes ».

Nous prenons le sentier de retour et faisons un petit détour pour une autre cascade, « Cascata do Risco ». L’eau descend d’une grande paroi (150 m de hauteur) et alimente là aussi un levada.

L’île est parcourue de kilomètres de ces canaux creusés à flanc de coteaux depuis l’arrivée des portugais. Travail titanesque, ces canaux passent par des tunnels, circulent à flanc de falaise, bien entretenus, une eau limpide y coule entourée de mousse et de fougère. Sublime ! Cette eau est captée sur le versant nord pour aller irriguer le versant sud plus aride. Là, elle alimentant une la centrale hydroélectrique de Calheta et les terres agricoles.

Le chemin de retour sera beaucoup plus humide, nous sommes dans les nuages et un petit crachin nous mouille. Un arrêt à la maison forestière pour un café et nous remontons au parking en croisant beaucoup de randonneurs qui vont se bousculer sur ces étroits sentiers. Un départ matinal est préférable, plus de chance d'avoir du beau temps, une place de parking pas trop éloignée du début de la randonnée et surtout pas trop de monde. Madère est réputée pour ses randonnées.

Porto Moniz.

Nous traversons le plateau d'altitude, envahi par la brume et le brouillard, pour nous rendre à Porto Moniz où nous déjeunons. Visite des piscines naturelles en bord de mer.

Elles sont bien aménagées et beaucoup de touristes s’y baignent. Ça donne vraiment envie, mais nous avons d'autres projets et nous continuons notre route.

Téléphérique d'Achadas da Cruz.

Au bas du téléphérique de Porto Moniz.

Nous allons jusqu’à Achadas da Cruz pour prendre le téléphérique qui descend jusqu’à la côte. Beaucoup de touristes en ce début d’après-midi et nous faisons la queue une demi-heure avant de pouvoir descendre, d'ailleurs nous sommes garés assez loin sur la route d'accès.

La descente est très impressionnante, 480 m suspendu au câble, presque à la verticale pour 600 m de trajet. Tout en bas quelques cultures, certaines en espaliers, mais le paysage n’est pas du tout le même que sur la côte sud. Ici c’est très aride et rocailleux. il n'y a pas de canaux d'arrosage. Des aeoniums, euphorbes, vipérines, des plantes adaptées à la sécheresse.

Le paysage au pied de ces falaises est splendide, sauvage, baigné de soleil. La plage, de gros galets, reçoit d’énormes vagues venues du large qui s’échouent avec fracas. Nous trouvons “le” bar du coin pour un petit rafraîchissement avant de repartir et reprendre le téléphérique et remonter en haut de la falaise. Belle expérience.

Nous regagnons Calheta en fin d’après-midi pour y passer la soirée.

Encumeada.

Ce matin nous partons pour une grande randonnée à Encumeada, la PR17, boucle de 17 km. Nous quittons l'hôtel assez tôt et montons jusqu’au départ du sentier, à 1007 m d’altitude.

Un panneau avertit que le chemin est fermé, mais nous l’empruntons tout de même. Le sentier suit un important Levada transportant une eau limpide. Nous cheminons sous une voûte ombragée le long du canal, c’est très agréable.

Nous avons parcouru un kilomètre et demi quand, effectivement, le sentier est fermé car la zone a subi des incendies et il y a des risques de chutes de pierre du haut des falaises. Il y a bien un tunnel, mais après une vingtaine de mètres, nous rebroussons chemin, ce n'est pas du tout aménagé pour la randonnée.

Retour au point de départ, puis nous empruntons la route pour continuer de marcher un peu. Envie d’explorer les lieux, nous prenons un nouveau sentier qui descend vertigineusement dans le sous-bois. Le point de vue étant à assez loin, nous rebroussons chemin.

Un peu raté ce matin.

Bica da Cana - Jardim do Mar.

Vue du Mirador Bica da Cana.

Retour à la voiture, nous décidons de continuer la route qui suit la crête de l’île, celle qui était complètement plongée dans le brouillard la veille, en plein milieu de l'île. Nous sommes sur un plateau en altitude, 1660 m, battu par les vents. Très peu d'arbres et de nombreuses éoliennes.

Nous nous arrêtons au Mirador Bica da Cana. Les paysages baignés de soleil sont splendides, le point de vue domine les vallées avec un petit village côtier tout en bas.

Nous empruntons un sentier qui suit un levada dans l'espoir d'avoir un autre mirador, mais ne le trouvons pas.

Nous redescendons sur la côte sud pour un arrêt à Paul do Mar où nous grignotons avant d’aller à Jardim do Mar.

Très joli village, les maisons sont fleuries, les ruelles pavées de jolis motifs, nous tombons sous le charme. Exploration des ruelles, du bord de mer, nous décidons d’y retourner dîner. Vraiment un coup de cœur !

Nous sommes très étonnés, en parcourant les routes de Madère, par le nombre de tunnels et de viaducs. Le relief très escarpé de l’île ne rend pas facile la construction des routes. Mais ici, se sont tunnels sur tunnels et viaducs qui se succèdent. L’aménagement du réseau routier a dû coûter une fortune !

São Vicente.

Ilheus da janela à Ribeira de Janela.

À São Vicente nous avons trouvé un B&B avec une chambre et une salle de bain commune, c’est propre, bien tenu, un peu vieillot côté décoration mais confortable.

Ce matin, nous avions prévu de randonner du côté nord de l'île, sur les hauteurs. Lever tôt, départ de Calheta pour passer du côté nord. Mais lorsque nous atteignons le départ du trek, en altitude, nous sommes en plein brouillard, crachin et vent violent. Nous renonçons et redescendons pour rejoindre la côte nord où le temps semble plus clément.

Le soleil transperce les nuages, se réfléchit sur la mer, les paysages sont somptueux.

Ribeira de Janela, Seixal.

La côte nord de Madère est beaucoup plus sauvage, plus humide aussi avec une végétation qui s’installe sur les abruptes falaises donnant aux paysages un aspect tropical.

Nous rejoignons la côte au niveau de Ribeira de Janela où nous prenons un café avant de partir marcher pour explorer le village et le bord de mer.

Un gros dyke, ilheus da janela, en face de la plage de galets et de nombreux kerns qui essaient de rivaliser avec lui. Nous suivons une ancienne route qui traverse un tunnel puis longe la côte. Toujours le soleil qui joue avec les nuages.

Nous reprenons la route vers l’Est, nous arrêtons à Seixal. Les piscines naturelles en bord de mer qui donnent trop envie de se baigner. Une des rares plage de sable noir de Madère et les surfeurs dans ce petit port protégé.

Puis nous regagnons les hauteurs, à Caminho de Fonte, pour une petite randonnée. La forêt est dense et les nuages défilent entre les pics arrondis. Ces paysages nous rappellent ceux de la Réunion par cette luxuriance de la végétation mais aussi par se relief volcanique.

Une autre petite balade sur les hauteurs, nous dominons São Vicente en empruntant un petit chemin. C'est calme, le soleil est bien chaud sur nos têtes, pas un souffle de vent, et le silence n'est perturbé que par les lézards qui partent se cacher à notre approche en faisant tomber de la terre sur les feuilles mortes.

Puis nous rejoignons São Vicente pour déjeuner et localiser notre gîte. L'adresse n'est pas très claire, nous nous renseignons à plusieurs repises et une dame promenant son chien fini par conduire Ludo jusqu'au gîte.

Nous retournons explorer São Vicente avant d’aller nous installer. Dîner dans le seul resto ouvert du village et un verre dans un pub en bord de mer.

Levada dos Cedros, Vereda do Fanal.

Forêt de Fanal.

Ce matin, lorsque nous nous levons il fait assez beau et nous décidons de faire la randonnée remise la veille. Nous avons environ une bonne demie heure de trajet pour arriver un peu tôt, avoir de la place sur le parking ou pas trop loin du départ. Nous nous mettons en marche vers 8h30.

Tout d’abord une descente assez vertigineuse dans la forêt, le sentier est très bien aménagé. C’est très humides et heureusement il y a des marches. Nous atteignons une Levada que nous suivons sur quelques kilomètres. La forêt est fournie et les arbres forment une voûte au-dessus du sentier et du canal. Là aussi, le sentier est vraiment très humide, certainement la pluie de la veille et les nombreux randonneurs, nous pataugeons dans la boue. Cette randonnée est très prisée. Nous suivons le PR14 qui descend et nous remontons par le PR13. Sauf que nous avons raté la bifurcation entre les deux et suivons une partie de la route pour retrouver le sentier. Heureusement que j’ai enregistré le parcours avec AllTrails qui nous indique bien le sentier à prendre. Nous finissons cette randonnée à Vereda do Fanal, une zone très ventée en haute d’une falaise avec un brouillard épais et quelques gros lauriers dégoulinants de pluie. L’ambiance devient mystérieuse et inquiétante, digne d'un conte de fée.

La Forêt Laurifère est un vestige d'un écosystème qui recouvrait autrefois une grande partie de l'Europe méridionale et du bassin méditerranéen, il y a environ 15 à 40 millions d'années. Plusieurs espèces de lauriers, arbres à feuilles persistantes, la compose avec d'autres espèces d'arbres et arbustes à feuilles persistantes aussi. Le tout soumis aux brumes portées par les alizés apportant une importante humidité qui se condense sur les feuilles. Nous pourrons constater cette eau qui coule le long des branches et des troncs recouverts de lichens et de mousses. Le sous-bois est riche aussi de fougères, d'herbacées avec des orchidées, géraniums, le milieu est très riche en biodiversité.

On ne voit pas à vingt mètres et je consulte fréquemment l'itinéraire sur AllTrails pour être sûr d’être dans la bonne direction. Étonnement nous rencontrons plusieurs randonneurs dans l’autre sens, certains paraissent un peu perdus, d’autres sont vraiment mal chaussés pour faire cette rando? En fait nous sommes arrivés au parking, désert ce matin, mais bien rempli en cette fin de matinée. Nous aurons marché 12 Km en 3h30, gravi 440 m. Bien belle randonnée dans une forêt primaire classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Après cette randonnée, nous reprenons la route et passons par Ribiera de Janela puis Seixal où nous déjeunons au restaurant des piscines naturelles.

La mer, déchaînée, envoie d’énormes vagues dans les piscines désertes, sacré spectacle. Nous nous demandions comment elles étaient remplies !

Nous repartons, passons par Ponta Delgada puis Boaventura où nous nous baladons en bord de mer. Toujours d’énormes vagues qui se fracassent sur la plage de galets. Pas vraiment propice à la baignade Madère ! Une île pas vraiment tournée vers la mer, peu de port de pêche, et pas le paradis pour les touristes aimant se baigner.

Un passage par São Jorge puis nous remontons à notre location sans oublier d'aller sur le bord de mer pour une bonne bière.

Portugal – Madère (seconde partie)

Madère, Fanal.
Drapeau Madère.

Portugal - L'Île de Madère.

Drapeau Portugal.

São Vicente.

Rocha do Novio.

Nous nous levons avec la pluie, elle était prévue par la météo, ils ne se sont pas trompés. C'est particulièrement bouché, on ne voit aucun sommet.

Du coup, nous partons explorer la partie Nord-Est. Levada dos Tornos où les pics sont noyés dans les nuages, Faial pour notre déjeuner, le parasol faisant office de parapluie. Porto da Cruz pour un café en bord de mer. Jeux d’ombre et de lumière sur les reliefs et l’océan, les vagues sont énormes.

Puis nous filons voir le téléphérique de Rocha do Novio pour atteindre le hameau de Chão da Rocha. Nous savions qu’il ne fonctionnait pas et du coup nous empruntons les escaliers pour descendre jusqu’au niveau de la mer et ce petit village d’agriculteurs. Essentiellement des vignes dont le raisin est prêt à être vendangé. Ce n’est pas un village de pêcheurs, pas d’embarcadère, la mer n’est pas accueillante ici. Nous aurons descendu, et donc remonté, les 300 m depuis le départ du téléphérique. Encore une belle balade. Nous rentrons à São Vicente pour boire notre bière avant d’aller dîner dans un des resto en façade de mer.

Façade de mer et non pas plage ! Constituée d’énormes galets, elle est battue par des vagues violentes et n’engage vraiment pas à se risquer dans l’eau. On la regarde de loin, à distance de sécurité !

Machico.

À Machico, nous trouvons une jolie location au-dessus d’un garage station-service. Un appartement spacieux et assez design prévu pour 4 personnes. C'est fonctionnel, tout confort et très agréable. Bravo Ludo pour cette trouvaille.

Caldeirão Verde.

Randonnée Caldeirão Verde.

Départ matinal pour cette randonnée, d’autant plus que nous quittons notre gîte de São Vicente. Arrivé à la maison forestière de Queimadas, départ du sentier, le parking n’est pas trop plein, nous trouvons une place.

Le sentier suit dès le départ une Levada et donc tout le long nous aurons guère de dénivelé. Cette randonnée est très prisée et nous nous retrouvons nombreux sur ce sentier qui devient assez étroit.

C’est la forêt primaire de lauriers qui est très humide, on patauge dans la boue un peu tout le long. Certains passages étroits obligent à marcher sur la margelle de la levada et quand nous sommes à flanc de falaise, une assurance courre tout le long pour éviter les chutes.

Je retrouve cette sérénité de la marche le long de ces canaux aux eaux limpides où quelques poissons évoluent, luttant pour ne pas être entraînés par le courant. Le sentier est recouvert par une arche de verdure où dominent les bruyères et les lauriers.

Ce sont des lauriers endémiques de Madère et des îles de la Macaronésie. Des lauriers proches de nos lauriers sauce (Laurus nobilis), ici Laurus Novocanariensis mais aussi de nombreuses autres essences, bruyères, myrtilles, qui donnent le caractère unique de cette forêt primaire et qui participe à l’équilibre hydrologique de l’île en captant l’eau des brumes et nuages. Autant dire que la végétation est typiquement des biotopes humides avec de très nombreuses mousses, hépatiques, fougères et lichens. Ces derniers sont un marqueur de la qualité de l’air, signe d’une très faible pollution atmosphérique.

La végétation forme une arche au-dessus du sentier et la levada. Nous passerons quelques tunnels, donc ne pas oublier d’apporter une lampe frontale ou une torche.

Nous passons par une première cascade puis la randonnée se termine au bout de 8 Km par la cascade de la Caldeirão Verde, une chute d’une centaine de mètre aboutissant dans un bassin aux eaux turquoises et fraîches.

Le retour sera un peu plus délicat lors des croisements avec ceux qui vont vers la cascades et ceux qui en reviennent. Mais finalement, des groupes se forment et l’attente est réduite lors des croisements. Beaucoup plus de monde dans l'autre sens, les lève tard ! Nous nous arrêtons à la maison forestière pour un petit en-cas avant de repartir.

Retour au parking, payement à la caisse automatique en espèces (pas de carte bancaire) et nous poursuivons notre exploration de Madère.

J'ai vraiment adoré cette randonnée, elle est emblématique de Madère car on y retrouve la végétation endémique, un sentier cheminant sous une voûte de verdure, l'humidité omniprésente avec les levadas et les cascade.

Le Pico Ruivo.

Le Pico Ruivo, 1 862 mètres d'altitude, point culminant de l'île de Madère.

Cette petite balade n’était pas prévue, lorsque nous empruntons la route qui y mène, nous étions dans le brouillard et le crachin. Mais un coin de ciel bleu nous a fait poursuivre la route en nous disant que le ciel serait dégagé en altitude.

Bien nous a pris, vers 1500 m d’altitude, nous passons au-dessus des nuages. Arrivés au parking du refuge, nous pensions faire juste une petite balade et au final nous sommes montés jusqu’au refuge du Pico Ruivo à 1788 m.

Vue splendide sur cette mer de nuages où les plus hauts pics et sommets les dépassent, illuminés par un soleil radieux. Nous ne monterons pas jusqu’au sommet à 1861 m, point culminant de Madère, car fermé depuis les incendies.

Nous aurons encore marché plus de 5 Km pour cette petite randonnée portant à presque 22 km dans la journée.

Encore une belle journée remplie de superbes paysages, de découvertes.

Le Pico Ruivo, 1 862 mètres d'altitude, point culminant de l'île de Madère.

Le Pico do Arieiro.

Randonnée au Pico do Arieiro.

Après le Pico Ruivo, il nous fallait aller voir son voisin, le Pico do Arieiro culminant à 1818 m. De très nombreux touristes font l’ascension depuis le parking en contrebas et nous nous joignons au “troupeau”. Premier arrêt pour un café et un en-cas au Pico, puis nous partons pour une petite randonnée et admirer les sommets dépassant de la couche de nuages qui les entourent. De là, on voit les zones qui ont brûlé et le sentier est vite interdit à cause des risques d’éboulement.

Il culmine à 1 818 mètres et forme le troisième sommet de l'île de Madère après le Pico Ruivo et le Pico das Torres. Sa hauteur de culminance permet, par ciel dégagé, une vue panoramique sur la côte nord et la côte sud de l'île. On peut notamment voir la pointe Saint-Laurent.

Le Pico do Arieiro fait partie d'un complexe pyroclastique et de dykes basaltiques inclinés dans différentes direction et résistant à l'érosion. L'ensemble date de 5,3 à 3,6 millions d'années.

Balcoes.

Nous nous arrêtons à Ribiera Frio pour déjeuner puis faire une petite balade jusqu’à Balcoes. Là encore nous suivons un Levada et un chemin assez large qui suit les courbes de niveau à flanc de montagne.

Joli parcours ombragé qui nous conduit jusqu’à un petit promontoire aménagé où nous avons une vue extraordinaire sur les nombreux pitons qui nous entourent.

Le relief est très escarpé et couvert d’une dense et luxuriante végétation. On se croirait sous les tropiques devant une jungle.

Nous avions vue ces pics lors d’une précédente randonnée au mirador de Bica da Cana, sur le versant opposé. Le centre de Madère est encore très sauvage, il semble inextricable et inaccessible tant la végétation est dense.

Vereda da Ponta do São Lourenço.

La presqu'île de São Lourenço ver l'ouest.

Ce matin, nous quittons tôt notre appartement pour cette randonnée à l'extrême Est de l’île. Elle est très prisée par les touristes et quand nous arrivons il n’y a plus de place sur le parking, nous en trouverons une assez proche tout de même.

Très belle randonnée qui traverse toute la presqu’île, sauvage et aride, à l'Est.

La roche volcanique est très tourmentée, les couches de cendre multicolores sont traversées de nombreux dykes. Avec la lumière de ce lever de soleil, les couleurs sont somptueuses.

Il y a déjà pas mal de monde sur le sentier, mais nous allons tous dans le même sens. Nous finissons par la Ponta de São Lourenço, il reste deux autres îlots, tout à l'Est, qui ne sont pas accessibles.

Chemin de retour, passage par le bar restaurant de la presqu'île pour un café puis nous retrouvons notre véhicule pour une autre randonnée.

Red Rocks.

Vue sur la presqu'île São Lourenço.

Au départ du cimetière de Caniçal, nous longeons la falaises où là encore les roches volcaniques sont très colorées. Passage par Alice Peak puis nous continuons de mirador en mirador jusqu’au Red Rocks.

La falaise atteint des hauteurs impressionnantes, plongeant dans un océan bleu intense, nous sommes vraiment conquis.

Nous retrouvons notre voiture et allons de nouveau vers la presqu’île et descendons à la plage de Prainha pour déjeuner et profiter un peu de la plage et d’un bon bain.

Encore une excellente journée.

Curral das Freiras.

Madère et le Pico Arieiro.
Curral das Freiras dans le fond de la vallée.

Ce matin nous quittons Machico et en profitons pour explorer une dernière fois le centre de Madère et ses pics. Retour au Pico Arieiro avec les nuages en contre-bas, les falaises et les dykes volcaniques, et une petite excursion sur un point de vue avec un beau neck volcanique.

Puis nous allons à Curral das Freiras, un village éloigné, entouré par de hautes falaises et qui n’est accessible que par un long tunnel qui traverse la montagne. Un premier arrêt pour un café, puis nous explorons un peu les environs avant d’aller déjeuner. Certaines routes n’étant pas accessibles, nos visites seront limitées. Nous ne retrouvons donc pas l’ancienne route d’accès qui devait passer par les sommets et non pas par le bas de la vallée.

Retour à Funchal par les routes plutôt que les tunnels pour profiter encore un peu de ces beaux paysages. Nous grimpons une petite colline (presque 100 m de D+) pour avoir une belle vue sur l’île et la mer de nuages.

Nous retrouvons l’hôtel de notre arrivée et allons nous balader dans la vieille ville retrouver les lieux connus.

Un neck volcanique.

Retour à Funchal.

Village de Camara.

Ce matin, nous montons visiter la forteresse do Pico qui était fermé le samedi de notre arrivée. Puis, nous passons de nouveau au cloître Santa Clara avant de commencer une randonnée jusqu'à Camara par le bord de mer.

La côte ouest de Funchal, au niveau de São Martinho, est le lieu des hôtels de luxe et est très touristiques. Le bord de mer est aménagé de piscines, dont certaines naturelles, et parcs publics.

Nous poursuivons le chemin piétonnier et atteignons la plage Formosa en traversant le tunnel das Porças do Gomes.

La plage est peu fréquentée car là encore de gros galets la composent peu propices pour étendre sa serviette, excepté dans la partie ouest où il y a un peu de sable. Nous y trouvons quelques adpètes de la bronzette.

Nous longeons une zone industrielle à l'ouest de Funchal avant de rentrer dans la petite ville de Camara.

Une bière sur le petit port sous un soleil de plomb, puis nous allons déjeuner dans un des restaurants de la rue principale, au calme.

Retour par le même chemin jusqu'à Funchla. Nous aurons marché quasiment 25 km.

Nous passons par l'hôtel pour un peu de repos avant de repartir se balader dans Funchal une dernière fois.

Nous dînerons dans un bon restaurant pour notre dernier soir.

Le lendemain nous prenons le bus pour rejoindre l'aéroport, le séjour à Madère prend fin.

Nous avons vraiment été emballés par ce séjour à Madère. Le climat est excellent, pas trop chaud ni trop humide et vraiment propice à toutes les randonnées que nous y avons fait. La forêt est un petit bijou de verdure et très agréable à parcourir. Certes, l'île est très escarpée et les randonnées sont souvent très sportives sauf quand elles suivent les Levadas.

Les paysages sont vraiment exceptionnels et nous ont rappelé ceux de la Réunion. L'île étant assez petite et la circulation est assez facile grâce aux très nombreux tunnels et viaducs, on s'y déplace très facilement et rapidement.

Les incendies qui ont eu lieu peu de temps avant notre arrivée ont défiguré le centre de l'île. Mais la nature à Madère est résiliente et en quelques années les versants reverdirons.

Le tourisme est un des moteurs de l'économie locale et les touristes sont donc très nombreux, surtout ceux souhaitant randonner. Il faut donc en tenir compte lors des visites et randonnées car les parkings sont très vite remplis. Cette île, pleine de charme, mérite un séjour prolongé tant il y a à découvrir, à randonner. Mais ne pas y aller pour la mer et les plages !

Vous pouvez nous envoyer vos demandes de renseignements, commentaires, en cliquant sur ce lien qui renvoie au formulaire de contact pour nos voyages. Alors, n'hésitez pas !

Pleine lune à Funchal.

Cap Vert – Île de Fogo, Pico do Fogo et Sao Filipe.

Cap Vert, le Pico do Fogo, Parc Naturel.
Drapeau du Cap Vert

Les Îles du Cap Vert.

Île de Fogo.

Parc Naturel de Fogo.

A l'aéroport nous sommes attendus par un chauffeur qui nous conduit directement à l'hôtel dans la caldeira à 1 770 m. La caldeira est immense avec le Pico do Fogo majestueux au centre qui nous domine.

Après notre installation, nous partons nous balader jusqu'à Portella et Bangaeira voir les maisons englouties par la lave lors de l'éruption de 2014/2015. Pour certaines, il ne reste plus grand chose, tout est recouvert sauf parfois le toit. Nous louons des vélos cross pour faire un peu la route dans la caldeira. Les parois de la caldeira sont immenses, d'une hauteur impressionnante.

Retour à l'hôtel, avant le repas notre chauffeur revient, c'est lui qui nous accompagnera pour l'ascension du Pico do Fogo. Nous convenons d'un départ à 6h30.

Bonne ambiance et bon repas à la Casa Mariza. Nous dégustons du vin des vignes poussant dans la caldeira, le Chã.

Puis nous rejoignons notre chambre où règne une chaleur dantesque, j'avais fermé porte et fenêtre. C'est le premier hôtel reconstruit après l'éruption de 2014/2015 et le sol est encore bien chaud, un plancher chauffant naturel. Nous laissons entrer l'air frais par la fenêtre grande ouverte !

Casa Mariza  e-mail

Ascension du Pico do Fogo.

Panorama du haut du Pico do Fogo.

Lever aux aurores, nous partons pour l'ascension du Pico do Fogo. Petit déjeuner à l'hôtel puis notre guide, Hélias, nous rejoint et partons de l'hôtel. Marche tranquille, Hélias a un bon rythme et nous progressons bien. Il parle parfaitement français avec un petit accent traînant ... trop mignon.

Arrivés au pied du cône, la pente devient bien plus raide et nous nous arrêtons régulièrement pour récupérer. Le sentier est relativement bien marqué et ne présente pas de difficultés particulières. La dernière portion est plus raide, bien praticable mais pénible à gravir. Nous mettrons 3h15 pour arriver jusqu'au cratère, un peu plus de 1000 m de dénivelé.

A 2 788 m, superbe vue sur la caldeira et les nombreux petits cratères adventifs qui entourent le cône principal. L'océan est recouvert de nuage et on ne voit qu'une toute petite portion de côte où les vagues se distinguent par l'écume blanche qu'elles laissent. Le cratère, bien dégagé, est profond et large. Quelques zones de fumerolles tapissées de soufre dégagent de la vapeur et des gaz soufrés témoignant de l'activité volcanique en sommeil. Nous mangeons notre sandwich en contemplant le paysage.

Pour redescendre, nous empruntons un autre sentier qui conduit à une grande pente de cendre volcanique qui permet de descendre sans effort presque jusqu'au pied du Fogo. Mes genoux remercient Hélias pour cette bonne initiative. Il a prévu des guêtres pour ne pas remplir ses chaussures de cendre, j'aurai dû prendre les miennes.

Retour à l'hôtel Mariza pour déjeuner et se reposer le reste de l'après-midi.

Un grand merci à Hélias pour la motivation qu'il nous a apportée et sa connaissance parfaite de ce volcan. Il est originaire de Portella dans la caldeira et a toujours vécu dans la caldeira.

Le Pico do Fogo est un volcan de point chaud lié au panache mantellique capverdien, actif depuis 22-24 millions d'années, qui a créé une succession d'îles dont l'âge décline de l'est vers l'ouest. L'île de Fogo est la plus jeune de ce groupe et la seule qui a été active au temps historique.

Elle a commencé à se former sous la mer il y a 4,5 millions d'années en trois phases successives. La troisième phase s'est terminée il y a 73 000 ans par un gigantesque glissement de terrain d'une centaine de km3 qui a provoqué un méga-tsunami avec des vagues de 170 mètres de haut qui a essentiellement frappé l'île voisine de Santiago.

Ce glissement de terrain est à l'origine de la caldeira et de ses falaises impressionnantes. C'est depuis cette date que le Pico do Fogo proprement dit a commencé de croître et de remplir la caldeira pour former une couche de 2 km d'épaisseur.

Surveillé depuis le XVe siècle, le Pico do Fogo est entré 30 fois en éruption. Alors que celles-ci se produisaient à son sommet jusqu'en 1769, les éruptions suivantes ont eu lieu sur les flancs au niveau de fissures éruptives (1785, 1799, 1847, 1852, 1857, 1951, 1995, 2014).

Le Pico do Fogo entre en éruption à partir du 23 novembre 2014. Des coulées de lave s'écoulent dans la caldeira de Chã das Caldeiras. Le petit village de Portela a quasiment disparu sous les laves du volcan. En dehors du monde lusophone, l'éruption du Pico do Fogo n'intéresse guère les médias internationaux comme le font remarquer dans leurs blogs le géographe franco-allemand Christophe Neff, qui parle de « l'éruption oubliée », et le géologue britannique David Rothery.

Après 77 jours de phase éruptive, le volcan a cessé son activité le 8 février 2015 laissant des habitants à la rue. (Wikipédia)

Le Pico Pequeno.

Aujourd'hui, randonnée jusqu'au cratère responsable de l'éruption de 2014/2015. Nous partons de l'hôtel et randonnons jusqu'à cette faille éruptive où l'on retrouve plusieurs cratères alignés. Pas beaucoup de dénivelé, le sentier est assez facile et nous nous guidons avec MAPS.ME.

Ces cratères sont très beaux, colorés de rouges et jaune sur fond noir, très esthétiques avec en fond la caldeira Chã et les coulées de laves des différentes éruptions. Noires pour les plus récentes, brunes à beiges pour les anciennes.

De l'autre côté, le cône majestueux du Grand Pico do Fogo semble nous écraser. Nous sommes partis vers 9h30 et avons mis 1h40 pour atteindre le Pico Pequeno. Retour plus rapide pour redescendre les 390 m de dénivelé, un peu moins de 3 heures en tout, ce que nous avait indiqué Hélias la veille.

Une petite halte à l'hôtel pour se désaltérer, les bagages étant prêts, nous sommes pris en charge par un chauffeur de l'hôtel pour notre transfert à São Filipe.

São Filipe .

L'hôtel de São Filipe est splendide. Une ancienne résidence coloniale restaurée et avec de très belles chambres. C'est très classe ! Situé dans le centre historique, Bila Baxo, qui est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Comme toujours, une fois installés, nous repartons explorer la ville. São Filipe est bâtie sur une falaise, nous descendons jusqu'à la plage Praia da Bila, de sable noir déserte. On pourrait croire que c'est une ville de pêcheurs, mais aucun port de pêche accessible de la ville. Le port est en dehors de la ville plus au nord avec une belle plage plus fréquentée. C'est la ville principale de l'île de Fogo.

Puis nous déambulons dans les rues pour visiter. Les nombreuses maisons colorées donnent une touche de gaieté aux rues désertes. Certaines magnifiques, d'autres dans un état de délabrement et de décrépitude, dommage qu'elles ne soient pas restaurées. Nous sommes étonnés de voir que beaucoup de lieux sont fermés comme le musée municipal ou les restaurants sans en connaître la cause.

Une bière sur la terrasse de l'hôtel pour voir le coucher de soleil sur l'île Brava pile à l'ouest. Nous avons quelques difficultés pour trouver un resto ouvert. Celui de l'hôtel fera l'affaire.

Aujourd'hui, nous trouvons un taxi pour aller jusqu'à Ponta da Salina et São Jorge. Négociation avec plusieurs chauffeurs, nous en trouvons un qui nous demande 3000 Escudos (27€). L'hôtel nous disait 5000 CVE (45€). Un peu déçu par la côte, certes c'est un peu plus vert que le reste de l'île mais rien d'extraordinaire. A Ponta da Salina, une belle piscine naturelle dans des orgues basaltiques. Protection des vagues du large qui se fracassent sur les rochers de la côte. Nous poursuivons jusqu'à São Jorge qui est un tout petit bourg sans charme. Notre chauffeur nous propose d'aller jusqu'à Mosteiros pour 3000 CVE de plus, mais nous déclinons l'offre, la côte ne présente pas vraiment d'intérêt.

Nous nous promenons dans la ville qui, aujourd'hui, est bien plus fréquentée avec notamment le marché municipal très animé. Énormément de petits commerces, épiceries, lieux de ravitaillement des villages alentour. Certainement qu'un événement se prépare car les rues sont balayées, nettoyées et l'église et son parvis décorés de fleurs en papiers crépon blanc et bleu. Une visite officielle peut-être ? L'église Nossa Senhora da Conceiçao est peinte d'un très joli bleu. Petite visite du musée municipal avec la reconstitution d'une case typique de la caldeira Chã et son toit de chaume. Un bricabrac de vieux ustensiles, vaisselles, meubles … mais aussi des photos.

Nous devions prendre le vol pour Praia à Santiago vers 13 heures aujourd'hui. Ludo va se renseigner à la réception pour l'heure du transfert à l'aérodrome. Mais, surprise, le vol est retardé à 16h25. Nous sommes un peu étonnés que la réception ne nous ait pas prévenus, mais c'est un peu l'Afrique ici, la contrepartie de la nonchalance locale ! Après une balade en ville et sur les hauteurs pour voir une dernière fois les contreforts du Fogo, nous nous installons autour de la piscine pour passer le temps au calme.

Nous aurons pris conscience sur Fogo de la pénurie d'eau. L'île est aride, sèche et nous aurons vu des files d'attente de personnes venant se ravitailler à des points de distribution. Les sources sont rares, quelques usines de dessalement de l'eau de mer sont installées à Santiago et les hôtels affichent tous des notes d'information pour avertir leur clientèle de faire attention à leur consommation d'eau ainsi que d'électricité. C'est un pays pauvre n'ayant pas de ressources naturelles mais, apparemment, qui est bien géré par les autorités. Nous verrons lors de notre voyage quelques éoliennes pour l'électricité.

Cap Vert – Île de Santo Antao. Ribeira Grande, Porto Novo.

Cap Vert, Santo Antao, vallee de Paul.
Drapeau du Cap Vert

Les Îles du Cap Vert.

Île de Santo Antão.

Vallée de Paùl.

Ce matin nous quittons São Vicente pour Santo Antão par bateau. Le ferry mettra une bonne heure pour effectuer la traversée. Au port nous sommes pris en charge par un chauffeur qui nous conduit au point de départ d’une randonnée pour rejoindre notre hôtel, il continue avec nos bagages.

Nous empruntons la route de la Corde qui part du port pour monter jusqu'à 1200 m d'altitude. Nous apercevons au loin l'île de São Vicente qui dépasse de la brume. La route est entièrement pavée comme toutes les routes au Cap Vert.

Nous commençons notre randonnée en contournant un ancien cratère rempli de culture et pâturages puis grimpons jusqu’à un col.

Au débouché, nous avons une vue extraordinaire sur la Vallée de Paùl jusqu'à la côte. C'est vraiment magnifique et nous sommes surpris par tant de verdure. Le relief tourmenté et recouvert de cultures et végétation nous surprend, c'est une claque !

A partir de là, nous descendons dans la vallée Paùl qui plonge jusqu’à l’océan. La vue est impressionnante, magnifique, grandiose. Nous le verrons à nos dépends car il y a plus de 1300 m à descendre jusqu'au gîte. Quatre heures de marche en tout et nous arrivons bien fourbus à l'hôtel avec encore 120 m à monter pour y parvenir. La Casa das Ilhas se mérite ! Nous nous reposons le reste de l’après-midi.

Randonnée dans la Vallée de Paùl.

Le lendemain matin, notre hôte Katelijne,  nous propose une petite randonnée dans la vallée. Elle place sur MAPS.ME des repères pour randonner sur les deux versants de la vallée. De grosses montées, de bonnes descentes, mais des paysages superbes avec le soleil qui envahit doucement la vallée.

Les plumeaux des cannes à sucre éclairés par les rayons du soleil donnent une touche magique à ces paysages. C’est vraiment différent de ce que nous avons vu jusqu’à présent car très vert, humide. L’eau gargouille dans les canaux d’arrosage et nous verrons de nombreux bassins de stockage pour l'irrigation. Cela tranche radicalement avec les autres îles arides vues jusqu’à présent. C'est un petit paradis tropical.

Le parcours de Katelijne fini, nous descendons jusqu’au bord de mer. Le petit village de Cidade das Pombas comporte de nombreux commerces et quelques hôtels et restaurants. Arrêt pour une bière bien fraîche en bord de l'océan puis nous continuons à explorer les ruelles avant de trouver un petit resto en bord de mer. Repas très simple, les touristes ne sont pas nombreux. Nous remonterons au gîte en Aluger et profiterons du point de vue sur la terrasse du gîte pour un repos bien mérité.

Nous vous recommandons ce Gîte.

Casa das Ilhas - casadasilhas@yahoo.fr - www.casadasilhas.com

Cette vallée tropicale nous rappellera la Réunion par sa verdeur et son relief tourmenté. De nombreuses cultures dont la canne à sucre qui sert à produire le "grogue" local comparable au Rhum, et toute en fleur avec leur toupets terminaux illuminés par le soleil. On retrouve aussi les tubercules avec patate douce, taro, igname. Des fruitiers avec manguiers, arbres à pain, pomme cannelle, agrumes, papaye ... C'est une terre volcanique fertile, riche et cette abondance d'eau permet de tout cultiver sous ces latitudes tropicales.

Ponta do Sol.

Tour de l'île de Santo Antao. Caldeira das Patas.

Ce matin nous quittons la Casa das Ilhas pour un tour de l’île. Les tarifs pour les aluguers sont fixés par le gouvernement. Le prix est multiplié par dix pour les taxis.

Nous descendons jusqu’à Cidade das Pombas et de là prenons la route côtière qui mène à Porto Novo. Nous sommes installés à l’arrière du pick-up et avons une belle vue sur les paysages que nous traversons.

La route passe bien au-dessus de la côte qui est souvent bordée par de falaises. Un détour pour monter vers un village, et dès que nous prenons un peu d’altitude, la végétation change, elle devient bien plus présente et tropicale. C’est dans les hauteurs que l’eau est présente et permet d’irriguer les cultures. On retrouve beaucoup de canne à sucre, bananiers.

Nous reprenons la route principale, un arrêt pour monter jusqu’à un phare, un autre pour un tout petit port de pêche avec une plage de sable noir. Il y a très peu de plage, la côte est trop rocheuse et présente souvent de grandes falaises.

Nous arrivons à Porto Novo pour un bref arrêt puis prenons la route jusqu'à la Caldeira das Patas. Très beaux paysages de montagnes verdoyantes.  Nous sommes entourés par de grandes murailles, les parois d’une grande caldeira.

Retour à Porto Novo pour nous restaurer et prendre en charge une nouvelle cliente de la Casa das Ilhas.

Nous quittons Porto Novo en empruntant une seconde fois la route des Cordes. L’atmosphère est beaucoup plus brumeuse qu’à notre arrivée, nous ne voyons plus São Vicente perdue dans la brume et même Porto Novo disparaît progressivement. Notre chauffeur nous dira que c’est le vent de poussière arrivant du Sahara qui efface tout à l’horizon.

Nous dépassons Cova de Paul, le cratère où nous avions commencé notre randonnée jusqu’au gîte, puis redescendons l’autre versant. La température est devenue beaucoup plus froide et je passe une polaire pour poursuivre la route.

Nous passons un col à 1390 m d’altitude, la température à nettement diminué, je me pèle, les versants sont boisés et très verts. La descente sur Ribeira Grande est extraordinaire. Des paysages verts et très escarpés, des falaises à couper le souffle, c’est vraiment très beau. La route passe sur une crête avec la falaise de part et d'autre, il ne faut pas avoir le vertige ! De plus, en fin d’après-midi, la lumière rasante crée des ombres sur les reliefs dans le style d'estampes japonaises, j’adore, c'est magnifique.

Nous dépassons Ribeira Grande pour nous rendre à Ponta do Sol où nous avons notre hôtel, Kasa Tambla.

La ville est très jolie et nous arrivons pour un superbe coucher de soleil sur l’océan. Petit tour sur le port, nous trouvons rapidement un restaurant pour l'apéro puis le dîner. Trois musiciens chantent des morceaux de Césaria Evora, bonne fin de journée.

Tour de l'île de Santo Antao. La vallée de Ribeira Grande.

Nous demandons à l’hôtel des randonnées à effectuer dans la région et il nous propose de faire la boucle de Ribeira da Torre.

Nous partons en Aluguer jusqu’a pied de l’hôtel Xoxo (Tchotcho) et de là nous prenons des sentiers qui partent dans les petits villages et zones cultivées.

Encore beaucoup de dénivelé et de très beaux paysages. Les plantations de cannes à sucres mais aussi de petits potagers et d’autres cultures maraîchères.

La boucle terminée, nous prenons une bière à l’hôtel Xoxo et rencontrons deux françaises (Betty et Mélissa) qui entament la randonnée et cherchent une cascade que nous pensons avoir vue sans eau. Nous prenons un Aluguer pour le retour.

Retour en Aluguer, nous nous arrêtons à Sinagoga pour voir des piscines naturelles.

Il y a bien une échelle pour descendre dans un bassin creusé dans le basalte, mais il y a vraiment trop de vagues et nous renonçons à la baignade. Les vagues se fracassent avec toujours autant de force sur les rochers de la côte. Voir la vidéo.

Nous reprenons un Aluguer pour rentrer à Ponta do Sol et passerons la soirée dans un resto en bord de mer. Un joli coucher de soleil vu du port, une soirée au resto, musique dans les bars.

Des chanteurs jouent à coté de notre table dans un petit restaurant à Ponta do Sol. Jolis airs de morna, musique traditionnelle cap-verdienne.

Vidéo 1  -  Vidéo 2

Cruzinha da Garça.

Randonnée de Ponta do Sol à Cruzinha.

Nous avons à nouveau un transfert en randonnée. Les bagages partent avec un chauffeur et nous à pied pour rejoindre le prochain gîte.

Nous voici donc, plan MAPS.ME à la main, nous dirigeant dans les rues de Ponta do Sol pour trouver le début du sentier de randonnée.

Nous suivons tout du long le bord de mer par une route pavée au début puis un sentier pavé lui aussi sur tout le parcours. Au Cap Vert les routes sont toutes pavées, cela nous parait un travail de titan. Des pavés noirs de roche basaltique très dure, bien alignés et dont la longévité est certainement bien supérieure à l'asphalte.

Ce sentier monte et descend de façon vertigineuse comme toujours au Cap Vert, et les paysages sont là aussi exceptionnels. L’océan en contrebas qui gronde, les vagues se fracassant sur les roches et formant de vastes étendues d’écume. Les falaises au-dessus de nous, impressionnantes avec le basalte foncé qui les constitue et les longs dykes qui les traversent.

Randonnée de Ponta do Sol à Cruzinha.

Nous faisons ce chemin dans le sens Ponta do Sol à Cruzinha, mais les touristes le font généralement dans l'autre sens, en prenant un Aluguer de Ponta do Sol à Cruzinha et revenant par le sentier du littoral. Il y a très peu d'Aluguer en arrivant à Cruzinha, pour ainsi dire aucun. Nous sommes bien content de le faire dans l'autre sens car certaines portions du sentier sont tout de même plus facile dans notre sens que dans l'autre.

La grande partie du trajet, nous serons à l’ombre des falaises et rafraîchis par le vent du large, que demander d’autre !

Nous mettrons sept heures pour faire ce trajet de 18 km avec une heure d’arrêt pour une petite bière et une autre pour nous restaurer.

908 m de dénivelé positif sur le parcours. Nous traverserons quelques petits villages, Fontainhas, Corvo, Formiguinhas pour une petite bière, un hameau abandonné aux maisons en ruine.

Encore une belle randonnée pour arriver au petit village de Cruzinha. Nous trouvons en bord de mer petit resto où nous nous restaurerons. Je n'aurais jamais manger autant de poisson qu'au Cap Vert. Essentiellement grillé, je me suis régalé. Il nous faudra encore une bonne heure pour rejoindre notre gîte un peu plus haut à Igreja.

Randonnée de Ponta do Sol à Cruzinha.

Puis nous arrivons à Casa d’Igrejà où nous retrouvons nos valises. Notre hôte nous conduit à notre chambre. Le lieu est magnifique, petite bâtisse en pierre sèche, espaces extérieurs arborés et bien aménagés pour le repos et un agréable séjour. Nous sommes en demi-pension et le repas du soir est succulent. Le propriétaire étant cuisinier.

Le gîte est installé dans un cirque montagneux qui ne reçoit que très peu d’eau. Cinq jours de pluie cette année et nous discutons avec la propriétaire des problèmes d’eau qu'elle rencontre et qu’il faut gérer au quotidien quand on reçoit des touristes européens chez qui l’eau coule toujours quand ils ouvrent un robinet.

Nous avons vu dans chaque gîte ou hôtel des informations sur cette pénurie d’eau et les mesures à prendre pour ne pas la gaspiller. Il n’est pas rare de voir nombre de personnes transportant des bidons pour les remplir aux points de délivrance d’eau potable. Le dernier hôtel n’était approvisionné que tous les quatre jours alors qu’avant c’était tous les deux jours. Le Cap Vert dans son intégralité doit faire face à cette pénurie d'eau chronique.

Randonnée de Ponta do Sol à Cruzinha.

Chã de Igrejà .

Aujourd’hui nous devions faire une petite randonnée vu les 18 km de la veille. Nous partons de Casa d’Igrejà pour le barrage Canto de Cagarra. C’est une jolie réserve d’eau à la surface miroir qui reflète le paysage. C’est d’un calme par rapport à l’océan déchaîné !

Nous en repartons en suivant le canyon jusqu’à la mer. Bifurquons pour aller à Cruzinha où nous retrouvons la patronne du resto de la veille. Une bière et nous partons pour la plage que nous avions vue durant la randonnée de la veille.

Un t-shirt rouge au bout d’un grand bâton, c’est certainement un drapeau rouge pour avertir que la baignade est interdite, ou du moins dangereuse. Mais pas de crainte, vu les rouleaux qui déferlent sur la plage, seuls les crabes inconscients s’y risquent.

C’est une belle plage de sable noir, déserte, très large jusqu’au pied de la falaise. On retrouve nombre de déchets plastiques, la pollution ne connait aucune frontière, traverse tous les océans !

Retour en repassant par le canyon et le village Chã de Igreja que nous visitons vite fait.

Plage vers Cruzinha.

Nous rentrons au gîte Casa d’Igreja. Ce lieu est plein de charme, l'accueil est chaleureux, la propriété est bien végétalisée ce qui contraste par rapport à ce qui l’entoure.

Notre hôte m’expliquera leur gestion de l’eau, notamment la récupération des eaux usées pour l’irrigation de la végétation de la propriété. Tout est fait pour ne rien perdre car la distribution de l’eau se fait tous les 36 jours et la piscine permet surtout le stockage du précieux liquide.

Les petits bâtiments en pierres sont bien décorés. Un apéritif est organisé avant le dîner et le repas est excellent, le propriétaire ayant de grands talents pour nous proposer chaque jour des plats succulents dignes de bons restaurants. Vous pouvez vous informer sur les randonnées ou activités à faire dans la région.

Kasa d'Igrea Ecologe   Tel: (00238)978 90 90 (00238) 352 64 47

Retour à Porto Novo.

Ce matin, nous quittons  la Casa d’Igreja et notre chauffeur emprunte la route pour Ribeira Grande puis celle pour Porto Novo où nous prenons le ferry pour Mindelo sur São Vicente.

Très belle route d’Igreja jusqu’à la côte. Les versants montagneux sont assez verts et toujours aussi escarpés. Les montagnes présentent sur leurs versants de très nombreux dykes orientés dans tous les sens ce qui donne aux paysages un aspect complexe.

Nous arrivons à l’heure pour l’embarquement. La traversée est un peu houleuse, l’océan est agité.

Nous rencontrons le groupe des “cousines” déjà vu à Santiago et Mindelo. Elles ont enfin récupéré leurs valises une semaine après leur arrivée. La compagnie cap-verdienne semble être coutumière de cet incident. Ce sont deux sœurs et leur cousine qui voyagent ensemble. Très sympathiques, nous discutons sur le pont supérieur du ferry et je ne vois pas passer cette traversée.

Vraiment nous aurons été enchantés par l'île de Santo Antão, c'est le paradis des randonneurs. Certes il faut avoir la "forme" car ces balades sont toujours assez sportives vu le relief escarpé de l'île, mais se sont des randonnées dans un cadre très vert, tropical et très agréable. Nous aurons rencontré beaucoup de randonneurs, français la pour la plupart.

Ce n'est pas une île où on va pour se baigner, certes les plages de sable noir sont magnifiques mais l'océan est agité et les vagues dissuadent toute baignade.

Les gîtes étaient vraiment à la hauteur, très agréables. Nous finissons notre séjour sur São Vicente avant de reprendre notre vol pour la France.

Encore un beau voyage !

Maroc – Six jours dans le Djébel Saghro

Six jours de trek dans le Djébel Saghro

Le Maroc.

Six jours dans le Djébel Saghro.

Berbère Flag

ⵚⴹⵉⵚ ⵏ ⵡⵓⵙⵙⴰⵏ ⴳ ⵓⴷⵔⴰⵔ ⵏ ⵚⴰⵖⵕⵓ

Berbère Flag

Arrivée au Maroc, aéroport de Ouarzazate.

Départ de Marseille pour Ouarzazate par un vol Ryanair. A l'aéroport je suis attendu par le chauffeur commandé par mon guide Hamou, direction N'Kob à quelques 140 Km. Mais avant de quitter Ouarzazate, je change quelques euros et achète une carte SIM plus un forfait 4G avec 10 Go de data pour le séjour (12 €).

Longue route jusqu'à N'Kob, je tente un peu de conversation avec le chauffeur mais il n'est pas très bavard. Arrivée à N'Kob, installation dans la maison d'hôte Berber Nomad Kasbah. J'ai la même chambre que l'année dernière.

Hamou passe dans la soirée pour préparer l'itinéraire de notre trek, on repassera en partie où nous étions allés l'an passé.

Et il me parle de l'Association Nomade Saghro pour le Développement qui s'occupe de la vie des nomades dans le Djébel Saghro. Création de gîtes, d'écoles, aménagement des sources d'eau, fournir des métiers à tisser pour la fabrication de tapis par les femmes. Promouvoir un tourisme solidaire et responsable de l’environnement.

Repas à l'hôtel.

Premier jour, Ighazzoun.

Départ le lendemain pour notre trek, nous partons de Handour et c'est en voiture que nous nous y rendons depuis N’Kob. Le muletier arrive, il se nomme Hamou lui aussi. Mule chargée, nous nous mettons en marche.

Courte étape jusqu'à 13 heures pour un arrêt repas. Les deux Hamous préparent une salade marocaine et dans un plat à tajine une omelette aux légumes. De délicieuses mandarines en dessert.

Petite sieste car il fait chaud, puis nous reprenons la route pour une courte distance. Nous aurons marché 8 km le matin et 5 l'après-midi.

Nous nous arrêtons chez notre muletier à Ighazzoun qui fait gite d'étape. Je vais dormir dans une petite pièce et sur un bon matelas.

Repas du soir avec un couscous poulet et des grenades en dessert. Bon repas et surtout les grenades que je ne consomme pas souvent.

Second jour de trek. Igli.

Matin du second jour.

Je me réveille un peu tôt pour ranger mes affaires et me doucher. Eau chaude, impeccable !, puis je fini mon paquetage.

Petit déjeuner vers huit heures, nous chargeons la mule et nous partons Hamou et moi. Nous passerons par un sentier qui rejoint l’habitation nomade que nous avions vu le l’an passé. Nous y prendrons un thé, Hamou discute avec le propriétaire. Certainement l'éloignement explique que la femme du propriétaire se tienne dans l'embrasure de la porte et participe à la conversation.

La veille, chez notre muletier, je n'ai pratiquement pas vu de femmes. Elles se tenaient toutes dans l'autre partie de l'habitation et n'apparaissaient pratiquement jamais. J'ai vu le frère, un gamin qui a dîné avec nous, une gamine, point de femme.

En fin d'après-midi, je suis sorti par une autre porte, apparemment celle du coin des femmes, et à mon retour j'ai voulu emprunter la même porte. Pendant que je tournais la clé pour ouvrir cette porte, j'ai entendu de grandes exclamations d'une femme qui semblait très perturbée par mon initiative. J'ai donc fait le tour pour entrer par la porte donnant sur le coin des hommes. La séparation entre les sexes est donc une règle peu transgressée ! Les femmes se tiennent dans une pièce, la même que dans la partie masculine, en quelque sorte symétrique. Mais toujours décalées par rapport à la porte de sorte qu'on ne les voie jamais.

Nous repartons et passons par un sentier nous menant au sommet des formations rocheuses qui ferment le cirque. Superbe vue, c'est grandiose. On continue un moment à suivre la crête, puis nous descendons dans un vallon où Hamou a installé le bivouac et prépare le repas. A l'abri du vent, nous faisons encore un bon repas. Un peu de repos avant de repartir.

J'aide à charger la mule et nous prenons un sentier qui traverse le massif montagneux. Sur le chemin, un cimetière musulman. Les tombes sont orientées est-ouest de façon à ce que le défunt ait la tête vers la Mecque. Un tas de pierres recouvre la tombe et des pierres plus longues à la tête et au pied positionnées à la verticale. Pas d'inscription, pas de signe distinctif, tout le monde est enterré de la même façon. Le cimetière paraît abandonné, mais c'est la tradition. Ce sont les nomades du coin qui sont enterrés là. Ce qui importe c'est de savoir que quelqu'un est enterré ici, l'aspect de la tombe importe peu. Hamou me montrera aussi des tumulus correspondant à des tombes avant l'arrivée des arabes et de l'Islam, soit il y a mille cinq cents ans.

Nous traversons toujours le massif, rencontrons des habitations abandonnées. Hamou m'expliquera que les habitants étaient trop isolés et que la maladie avait eu raison de cette famille. Un peu plus loin une petite source, l'eau étant littéralement le symbole de la vie dans ces contrées.

Nous croisons une grosse habitation et des enfants se précipitent pour étaler des babioles à vendre aux touristes. Minéraux, bracelets, couverts dont le manche en bois a été sculpté, petits pendentifs. J'achète mon second, j'en avais pris un lors du thé. Nous continuons, un puits avec une eau stagnante bonne pour les animaux et le potager. Puis au détour du sentier, nous longeons un petit ruisseau aux eaux limpides et fraîches. Là, la source est conséquente, elle remplit un grand bassin avant d'alimenter le ruisseau. Aussi les cultures sont bien plus abondantes.

Continuant le sentier, nous arrivons à Igli où nous avions campé l'année précédente. Nous aurons marché 16 Km.

Il y a de nombreuses tentes, un groupe Alibert s'y trouve, une bonne douzaine de français.

Nous nous réfugions dans la partie bâtie, prendrons le thé dans la cour pendant que notre muletier prépare le repas du soir. Plutôt que de planter ma tente, Hamou me propose de dormir dans la pièce suivante du bâtiment. Elle est grande et je m'établis dans un coin sur un matelas. Grand luxe, tranquille pour la nuit, à l'abri du vent et du froid.

Un thé puis le repas du soir toujours aussi délicieux. Un tajine poulet citron avec beaucoup de légumes, je me régale. Après le repas, je discute un bon moment avec Hamou et on refait le Monde …

Nous avons marché 16 km aujourd'hui dans des paysages fabuleux. Belle journée qui a comblé mon désir de revoir la beauté du Djébel Saghro. Ces butes, crêtes rocheuses, sont merveilleuses à la lumière du soleil couchant sur fond de ciel rougeoyant.

Après le repas du soir,  nous nous sommes installés dans la cour avec Hamou, face à un ciel étoilé sans lune, la voie lactée lumineuse, Vénus ou Mars rouge et bien distincte face à nous. Je suis sur un petit nuage …

Troisième jour de trek. Tagragra.

Au-dessus d'Igli.

Réveil un peu plus tard, pas grand-chose à ranger et surtout pas de douche ce matin. Petit déjeuner, chargement de la mule et nous partons.

Que de la montée ce matin, nous grimpons de notre campement d'Igli jusqu'aux crêtes que nous dépassons et poursuivons toujours en montant. Le point culminant sera un petit sommet à 2635 m. 885 m de dénivelé positif sur 9 km en cinq heures. Grosse matinée. Quand nous rejoignons Hamou le muletier, nous bouclons notre onzième kilomètre.

Hamou nous a fait des légumes cuits à la cocotte-minute, il cuisine très bien. C'est simple, goûteux avec des épices. Ce n’est pas encore ici que je vais commencer un régime ! Pour moi, il y a trop à manger. Mais ont un bon coup de fourchettes.

J'aurais parfois du mal à les suivre sur les sentiers. Même la mule est difficile à suivre. Toute tranquille qu'elle à l'air, c'est d'un rythme constant qu'elle avale les mauvais sentiers plein de pierres. Parfois je l'observe lors de passages difficiles. Là où je manque de me casser cent fois la figure sur les innombrables pierres en travers du chemin, elle hésite parfois, puis franchit le passage de façon déterminée toujours à un bon rythme. Nous aurons marché 11 km ce matin.

Après le repas, un peu de repos puis le même rituel du chargement de la mule en remplissant les deux paniers du bric-à-brac de la cuisine, sacs, vivres, ma valise … et par-dessus les matelas et couvertures. Tout un art pour équilibrer la pauvre bête mais c'est son karma ! Cet après-midi, beaucoup de descente, plus de 500 m sur 9 km en presque 3 heures.

Nous arrivons à Tagragra après 9 km. Nous nous invitons dans la famille de Mimoune et les deux Hamou discutent la fin d'après-midi avec le propriétaire tout en préparant le repas du soir. Encore un repas entre hommes, les femmes restent dans l'habitation principale. Hamou me dira que c'est lorsqu’il y a des invités, surtout des étrangers, que les femmes ne se montrent pas. Habituellement, la famille prend le repas ensemble.

Discussion avec Hamou sur les us et coutumes locales et sur le monde en général. Il me parlera de l'Association Nomade Saghro pour le Développement d'aide dont il est membre et des difficultés qu'il rencontre dans l'organisation de ses actions en montagne. Les familles sont souvent très isolées, de longues distances les séparent. Donner un peu d'autonomie aux femmes n'est pas une mince affaire et pas toujours bien vu des hommes. Et développer un tourisme qui apporte à la population locale n'est pas simple non plus. Lenteur, manque de budget, il faut convaincre, surtout les hommes.

Dans une société où l'homme est le chef de famille, décide de tout et tient les cordons de la bourse, les femmes n'ont pas droit au superflu.

Mais cela dépend beaucoup des familles qui bien souvent sont plus "ouvertes" et la femme a une place plus grande en société tout en respectant les traditions.

Grosse journée aujourd'hui, plus de 20 km, mais j'adore marcher ! Je devrais bien dormir. A part le chien qui aboie de temps en temps (oui, il finira bien par se laisser) le silence règne, juste le souffle intermittent du vent sur la muraille à côte de ma tente.

Quatrième jour de trek. Foudoud.

Finalement les chiens ont beaucoup aboyé et le vent a bien soufflé, mais j'ai tout de même passé une bonne nuit en ayant un peu froid. J'ai eu la flemme de prendre une petite polaire et enfiler le pantalon de jogging. Ce soir j'y penserai si je campe.

Petit déjeuner, chargement de la mule, les préparatifs sont toujours un peu longs avant de se mettre en marche. Nous descendons toujours cette vallée assez encaissée aux roches noires découpées et à la maigre végétation dans ce paysage aride. Le ciel est bien brumeux ce matin et nous aurons cette brume toute la journée.

Nous sommes invités à boire un thé dans une famille. La bâtisse est grande et un peu en hauteur avec une superbe vue sur une clue et ses hautes falaises. La rivière est à sec et l'agriculteur se plaint du manque de pluie.

Avec le thé berbère, on nous sert du pain que l'on trempe dans de l'huile d'olive. Il ne faut pas mordre le pain et le retremper, ça ne se fait pas. De même que traditionnellement on mange avec les doigts en formant une boulette de nourriture au creux de la paume qu'on ingurgite sans toucher la bouche. Lors du couscous chez Hamou, le plat est placé au centre de la table et chacun se sert avec une cuillère, ustensile utilisé car il y a des invités et surtout moi, l'étranger. On boit en faisant couler l'eau d'une bouteille dans la bouche sans toucher le goulot des lèvres.

Il y a aussi des dattes mais étant en altitude (1700 m) elles sont assez maigres. Hamou offre des cacahuètes, il y a toujours un échange. En partant, le propriétaire m'offre des figues sèches craquantes.

Nous continuons notre chemin, passons un col et redescendons dans une autre vallée.

Arrêt près d'une petite rivière où un filet d'eau remplit quelques mares. Des grenouilles et même des poissons ce qui ne manque pas de me surprendre. Il doit toujours y avoir un peu d'eau. Hamou est obnubilé par les sources qu'il voudrait protéger, amélioré pour prévoir des arrêts lors de ses treks.

L'association Nomade développe aussi des gîtes chez les agriculteurs pour leur amener des touristes et donc un peu de revenu. L'aspect éducatif est aussi au programme, les enfants doivent souvent faire un long chemin pour se rendre à l'école et certains sont hébergés dans de la famille plus proche d'une école.

A Tagragra, l'aîné des enfants était en vacances à la maison et ce matin il partait dans la famille pour se rapprocher du collège. Sa sœur, plus jeune, va à l'école mise en place par l'association Nomade. Il ne manque plus qu'à trouver l'instituteur qui leur fera classe. Très généreux Hamou et jamais à court d'idées.

A l'abri au bord la rivière, Hamou cuisine puis nous déjeunons.

Pendant le repas, j'explore les mares de cette petite rivière. Elles sont remplies de grenouilles qui se précipitent dans l'eau dès que j'approche. Et pour les plus limpides, plein de petits poissons. Cette rivière n'a de l'eau que ce court trajet marqué par une végétation dense mais réduite, la transition se faisant immédiatement avec le désert aride.

Pas de repos, nous repartons pour deux petits kilomètres et une belle côte qui nous emmènent chez Hamou. Nous aurons marché 10,5 km aujourd'hui.

Oui, le troisième, Hamou notre hôte et ses deux filles. Sa femme visitant de la famille, sera absente. Hamou, mon guide me dira qu'ils sont certainement les trois seuls Hamou de tout le Saghro. Hamou, notre cuistot muletier, se marre.

Hamou prépare donc le thé pour recevoir ses invités, les filles rentrent les chèvres et je monte ma tente. Ce soir je dors couvert, je me suis un peu gelé la nuit précédente, nous sommes à 1 700 m, je vais garder mes chaussettes et ma polaire.

Ils ont l'habitude de dîner assez tard. Après un énième thé, nous mangeons de la soupe. Puis re thé, puis plus d'une bonne heure plus tard, les filles apportent le couscous. Il est servi dans un grand plat et tout le monde autour pioche à la grosse cuillère. La coutume voudrait qu'on mange avec la main en faisant des boulettes. Autant dire que je peux tout mettre à la machine … Mais je campe !

Tout le monde, les filles, notre hôte et nous même, partageons ce repas très convivial. Je suis content de dîner en compagnie de ces filles qui rient beaucoup aux plaisanteries de leur père et d'Hamou.

Le partage est très important chez les berbères. L'hôte offre toujours quelque chose et l'invité fait de même. Hamou sort toujours quelques biscuits, amandes, raisins secs même aux personnes rencontrées sur le parcours. Il me dira que c'est encore plus marqué ici dans les montagnes du Saghro.

Ce soir c'est très calme. On n'entend un peu les chèvres, mais elles sont assez discrètes. Comme le chien, qui n'a aboyé que trois fois. Par contre les Hamou discutent bien. Hamou parle beaucoup de l'Association Nomade, où et comment mettre en place un abri pour les touristes de passage. Mais je vois bien que Hamou pense à son lit et Hamou se demande ce qu'il va nous cuisiner demain ...

Cinquième jour de trek. Tawhyyant.

Hamou nous propose du pain frais.

Donc en attendant que le pain cuise, nous allons chercher de l'eau au puits près de la rivière. Hamou conduit son âne tandis que Hamou guide sa mule et je pars donc avec Hamou qui connaît les lieux comme sa poche.

Nous descendons jusqu'à la rivière où se trouve la source alimentant la famille. Nous continuons avec mon guide car il veut me faire voir un grand bassin qui était rempli par la rivière jadis, durant son enfance et où il pêchait des barbeaux. Là, il reste un petit bassin qui recueille un filet d'eau qui fait le bonheur des grenouilles.

Nous remontons par un autre chemin en escaladant un peu la falaise et arrivons au niveau du four à pain où une des filles fait cuire les galettes. Nous repartirons avec du pain frais.

Après le repas, descente dans la vallée.

Nous sommes prêts, la mule est chargée, et nous prenons la route. On remonte un peu la vallée jusqu'à la casbah De Imi n Ighissi vue la veille puis nous bifurquons dans une autre vallée. Un point d'eau avec une végétation très fournie. Des figuiers, lauriers roses, roseaux.

Le chemin devient difficile car il prend une gorge étroite et il faut aménager certains passages pour que la mule passe. Je suis toujours surpris par l'agilité de cette bête. Elle franchit des obstacles impressionnants. La gorge débouche sur un vaste plateau, nous sommes à 1960 m.

Nous trouvons un endroit pour déjeuner. J'en profite pour aller jusqu'à un petit pic rocheux qui surplombe le paysage. On voit jusqu'à Ighli au loin, quel chemin parcouru ! En attendant le déjeuner, je profite du peu de réseau pour voir un peu les messages. Il y a du vent et du soleil, je brûle …

On reprend le sentier et descendons dans l'autre vallée. Nous nous installons chez la famille de Moha,  nomades qui occupent un emplacement où vivait la famille de Hamou, mon guide.

Le dernier frère ayant occupé les lieux est parti pour la ville il y a quelques années. La vie nomade est vraiment difficile avec des hivers froids, des étés caniculaires, le manque d'eau, l'isolement qui pose vraiment problème lors de maladie. C'est pour cela que Hamou œuvre dans l'Association Nomade, essayant de leur faciliter la vie.

Ce soir je suis encore sous la tente et ne manquerai pas de me couvrir. Les deux Hamou ont la leur, il n'y a pas de pièce pour les accueillir. La famille a une grande tente nomade, c'est la première fois que j'en vois une dans le Saghro. Hamou me dira qu’ils sont là depuis deux semaines avec leur fille et belle fille.

Ce soir, repas berbère sous la tente nomade. Grande tente rectangulaire faite d'une bâche en laine des animaux de la ferme. Ici poils de chèvres et laine de mouton. L'espace est divisé en deux, le côté des hommes où on reçoit les invités. L'autre côté est occupé par les femmes, les deux filles et leur mère. Il y a le fils qui reste aux côtés de sa femme et leur bébé. Très jeune couple d'une vingtaine d'années. Les femmes participent aux discutions, surtout l'épouse de Moha qui plaisante beaucoup.

Repas traditionnel avec un couscous légumes. On voit bien que ce n'est pas l'opulence, repas qui apporte des calories avant tout. Hamou a aussi cuisiné des légumes que nous partagerons. Mais repas toujours animé, Moha, notre hôte aura beaucoup d'humour comme Hamou la veille. Beaucoup de plaisanteries et on voit qu'ils ont plaisir à recevoir du monde.

Hamou me dira que l'isolement pèse beaucoup l'hiver, ils sont parfois coupés du reste du pays par une tempête de neige ou des orages diluviens qui endommagent les chemins.

Après le repas, traditionnellement on s'installe autour d'un feu et on joue au jeu des énigmes qu'il faut bien entendu deviner. Il n'y a pas de feu mais Hamou se prête au jeu avec l'épouse de Moha qui lui soumettra plusieurs énigmes ... Je vais me coucher.

Fin du trek, retour à Handour.

Au loin Amguene N'Sfia et la plaine agricole.

Après notre rituel du petit déjeuner et le chargement de la mule, nous nous mettons en route. Le ciel est bien couvert et nous aurons un peu de pluie, juste pour embêter. Nous redescendons dans la vallée, au détour du sentier, j'aperçois un village en contre-bas, c'est Amguene N'Sfia. C'est là que nous nous dirigeons, nous allons déjeuner chez un des frères d'Hamou mon guide. Le plus jeune est présent avec sa petite fille et son épouse. Il y a aussi sa belle-sœur, épouse du plus âgé absent. Repas familial puis nous reprenons la route.

En chemin, Hamou me fera part des difficultés pour faire changer les choses. Il veut développer une culture avec irrigation gouttes à gouttes pour économiser l'eau qui se fait de plus en plus rare avec la sécheresse. Mais il se heurte aux réticences de ses frères qui préfèrent une agriculture traditionnelle avec les canaux d'irrigation qui gaspillent l'eau. Les puits sont souvent recreusés ou remplacés par un forage plus profond et le coût qui en résulte.

Nous cheminons tant tôt dans le lit de la rivière, tant tôt dans les cultures qui la bordent. On s'arrête souvent pour grappiller quelques dattes, quel délice ! Je n'aurais jamais mangé autant de grenades et de dattes douces et moelleuses. Mais faute de pluie et d'entretien, les palmeraies s'étiolent.

Ayant eu un peu de pluie, Hamou me dit que c’est idéal pour les scorpions qui en général sortent pour chasser. Une petite pause dans le lit de la rivière, et en me retournant j’aperçois une bestiole sur un rocher. Un scorpion !

Un dernier petit raidillon et nous arrivons à Handour où le chauffeur, qui nous avait déposés lors du départ, est là pour nous ramener à N'Kob.

On décharge la mule et rempli la petite fourgonnette. Je dis au-revoir à notre muletier en le remerciant pour la bonne cuisine qu'il nous a concocté durant une semaine et son efficacité à diriger sa mule lors des passages difficiles. Il lui faudra deux bonnes heures pour regagner son domicile. Vraiment content d'avoir fait tout ce périple en sa compagnie, il ne parlait pas beaucoup en français, mais nous nous comprenions.

Un au-revoir à notre mule pour avoir transporter tout notre attirail sans faillir. Même si elle semblait très chargée, Hamou son maître a toujours veiller à ce que les paniers soient bien équilibrés et bien disposés sur son dos. Je ne l'ai jamais vue en difficulté, la charge étant correcte pour elle et j'avais peine à la suivre ! Ciao belle mule ...

Arrivée au gite Berber Nomade Kasbah, je rejoins ma chambre pour une bonne douche avant de ressortir pour boire un dernier verre avec Hamou.

De l'importance de faire appel aux locaux.

Ce trek a été pour moi un enchantement. Des paysages somptueux, le Saghro est sauvage et c'est un paradis pour les passionnés de géologie. Une immersion totale dans la culture nomade, prendre conscience de leurs conditions de vie, leurs coutumes. Et Hamou m'aura beaucoup donné d'explications, d'anecdotes sur la vie qu'il a passé dans le Saghro de son enfance. Il connait chaque lieu, chaque famille, chaque tribu. Parfois avec beaucoup d'émotion comme dans ce dernier campement qui était autrefois celui de sa famille. Finalement son frère a quitté les lieux pour s'installer plus bas dans le village. De son enfance loin de ses parents trop éloignés de l'école ou du lycée. De ses années à l'université d'Agadir en fac de géographie et d'histoire.

C'était un trek assez physique certains jours, mais Hamou peut très bien adapter les étapes et faire un circuit plus court. Son action auprès des nomades pour apporter un peu d'autonomie aux femmes, des écoles aux enfants, des revenus aux familles est louable et témoigne d'une grande générosité.

Privilégiez cette authenticité plutôt que ces grosses agences qui soupaient les guides et n'apportent rien aux familles nomades, vous ne serez pas déçus !

ⵜⴰⵏⵎⵎⵉⵔⵜ ⵉⵎⴷⴷⵓⴽⴰⵍ ⵉⵔⵃⵃⴰⵍⵏ, ⵙ ⵜⴰⵖⵣⵉ ⵏ ⵢⵉⵎⴰⵏ ⵉⵡⴼⴳⴰⵏ ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ.ⵜⵢⴷⴷⵓⴽⵍⴰ.

Merci mes amis nomades. Longue vie au peuple Berbère. Amitiés.

Tracé global de notre trek dans le Saghro.

Notre Trek, trajet dans le Saghro.

Vidéos de chaque étapes.