Maroc – Flore du Djebel Saghro

Maroc flore du Saghro
Berbère Flag

La Flore du Djebel Saghro au Maroc.

Maroco Flag

Écologie de la Flore de l'Atlas.

Lors de mes trois séjours dans le Djebel Saghro au Maroc, j'ai tenté d'observer la maigre flore des zones désertiques d'altitude.

Le djebel Saghro constitue la zone la plus aride de la chaîne de l'Anti-Atlas. Il ne bénéficie pas, à la différence des zones situées plus à l'ouest, d'une humidité de l'air assez élevée du fait de l'éloignement de l'océan Atlantique. Les précipitations annuelles ne dépassent pas 100 mm au sud et 300 mm sur les sommets.

La végétation se présente de façon étagée entre la plaine et la montagne. Au premier étage (850 à 1 200 mètres), le doum (palmier nain) voisine avec le thuya de barbarie, le caroubier, l’olivier sauvage, le pistachier lentisque et le laurier–rose. Y abondent lavandes, cistes et genêts. Parfois, le thuya est associé à diverses sortes de genévriers. En moyenne montagne (1 000 à 2 000 mètres), l’humidité augmente et le chêne vert domine, mêlé de genévriers rouges.

Sur les hauts plateaux et les hautes vallées (2 000 à 2 500 mètres), les arbres disparaissent, remplacés par des genêts et des plantes buissonnantes. Le seul qui subsiste est le genévrier thurifère sur les versants nord ou ouest. En mars et jusqu’en juin, une pelouse humide apparaît sur les plateaux, égayée de narcisses. Seuls les coussinets épineux se maintiennent en haute montagne (à partir de 2 500 mètres) : l’alysson au feuilles grises, le buplèvre, le cytise de balancsa, un genêt à fleurs jaune, la sabine piquante.

Au–dessus de 3 600 mètres, les coussinets disparaissent et la végétation est absente. Le leucanthème de l’Atlas, une violette à feuilles épaisses, fleurit au sommet du Toubkal. La végétation a été dégradée par l’homme et ses troupeaux, au point de ne plus pouvoir se régénérer. Autrefois de belles chênaies devaient couvrir les versants de l’Atlas, aujourd’hui on tente de les reboiser, semble–t–il avec succès, avec des plantations de pins d’Alep.

 

Je n'ai bien sûr pas la prétention de faire un article exhaustif présentant la totalité de la flore du Saghro. Mais je présente ici certaines plantes, arbres rencontrées lors de mes treks et sur lesquelles nous avons parfois échangé avec mon guide Hammou, notamment sur leurs propriétés médicinales traditionnelles ou culinaires.

Pour les mordus, ce site Sahara Atlas, traite des végétaux du Maroc et de la bande saharienne.

Lawsonia inermis, Le Henné.

Parmi les plantes cultivées au Saghro, nous trouvons de nombreuses parcelles plantées de Henné et, en ce mois d'octobre, la récolte bas son plein.

Il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l'adoucissant. Au hammam, le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau où on le mélange au savon noir pour le répartir sur l'ensemble de la peau avant le rituel du gommage. Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation. En soin capillaire, il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique. Pour effectuer des tatouages lors de cérémonies comme les mariages.

Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Le Jujubier est très bien adapté aux zones arides, désertiques. Il supporte des conditions sévères de sécheresse, de vent et d'ensoleillement.

Nous verrons des essais de reboisement lors de nos randonnées journalières. Les sillons ont été creusés mais aucune plantules ne sera observées. Affaire à suivre ...

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Punica granatum, Grenadier.

Dans les zones cultivées, irriguées, j'ai aimé tout particulièrement les grenadiers. Arbustes magnifiques avec leurs fruits mûrs aux couleurs éclatantes.

Il est en général entouré d'amandiers, d'oliviers, de palmiers dattier, abricotiers, figuiers.

Punica granatum, Grenadier.
Punica granatum, Grenadier.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Comme le Jujubier, il s'adapte bien aux zones arides. Une utilisation importante est la lutte contre l'érosion des sols. Il renforce le sol et est utilisé pour le reboisement des pentes arides et escarpées ainsi que pour la prévention des glissements de terrain.

Le pistachier de l'Atlantique (Pistacia atlantica ) est planté comme arbre d'ornement, offrant un ombrage agréable et résistant à la sécheresse.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Le caroubier est lui aussi cultivé. Pour son aspect ornemental et l'ombre qu'il fournit dans les villes, mais aussi pour ses fruits, les gousses dont les graines sont riches en protéines et nourrissent le bétail. Le caroubier est une plante mellifère intéressante à une période (l'automne) où pollen et nectar se font rares.

Au Maroc, troisième pays producteur mondial de caroubes (2017), il est utilisé pour ses vertus médicinales car, grâce à sa teneur élevée en fibres, elle exerce un effet régulateur sur la fonction intestinale et est utilisée dans les cas de diarrhée ou de constipation chez les enfants. Elle est alors administrée sous forme de préparation instantanée, comme un chocolat chaud. La gomme de caroube est utilisée comme épaississant ou gélifiant en industrie alimentaire.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu dans certaines zones. Hammou me dira que certaines crêtes en étaient couvertes quand il était enfant.

C'est un arbre qui pousse extrêmement lentement et nous verrons quelques spécimens ayant plusieurs siècles.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Comme pour le Cyprès, trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Chamaerops humilis est un palmier nain dont la variété cerifera produit un feuillage gris bleuté. Cette espèce indigène se développe dans les montagnes de l'Atlas et on le retrouve ainsi dans le Djebel Saghro. Il est très rustique et se développe jusqu'à 1200 m d'altitude.

Il forme des touffes compactes et pousse dans les zones où il trouve de l'eau dans le sous-sol en suivant le trajet des ruisseaux ou sources. Il est communément appelé « doum » ou « alfa » par les locaux et est utilisé pour fournir des fibres végétales.

Hammou me dira qu'on peut consommé le cœur avec modération car présente une certaine toxicité.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Vitex agnus-castus, Arbre au poivre ou gattilier.

Utilisé comme condiment en remplacement du poivre.

Il est réputé calmer les ardeurs sexuelles et était notamment utilisé dans les matelas des lits médiévaux. On en tire d’ailleurs une épice nommée « poivre des moines ».

Les fruits du gattilier équilibrent la production de progestérone et d’œstrogène et viennent bloquer l’action des hormones androgènes, la testostérone par exemple. Son action progestéronique a été prouvée à travers de nombreuses études.

Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Il permet de lutter contre la désertification dans les zones arides. De par le peu d’exigences en eau qu'il requiert, et sa capacité à coloniser des milieux défavorisés, il est considéré comme l’arbre pionnier des surfaces sèches.

le bois présente un intérêt majeur comme combustible et comme bois de construction.

Les graines peuvent être mangées. L'Acacia faux-gommier présente un intérêt pastoral appréciable grâce aux feuilles, fruits et même épines qui pourront servir de fourrage pour le bétail, dont notamment les chèvres.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Espèce rustique, on le retrouve au Maroc où il supporte bien la sècheresse.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

La plante est utilisée comme remède pour le traitement des plaies cutanées, de l’asthme et de la bronchite. Au Maroc, le latex est appliqué extérieurement pour les furoncles et abcès et pour retirer les épines de la peau.

Des produits issus de Pergularia tomentosa sont utilisés en tant que dépilatoire.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

Haloxylon salicornicum.

Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

La plante est utilisée comme remède contre la toux, les maux de tête et les rhumatismes.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.
Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Cette plante colonise les premières pentes arides et ensoleillées de l'adret de l'Anti-Atlas et du Haut-Atlas.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Très souvent retrouvée dans le lit des rivières à sec, sur les chemins. Les fruits sphériques de 5 à 10 cm de diamètre (de la taille d'une petite orange), ressemblant à une petite pastèque, de couleur verte panaché de jaune clair, devient complètement jaune à maturité.

La chair légère, spongieuse, de couleur jaune orangé, est très amère et toxique. Les nombreuses graines ovoïdes et aplaties, de couleur variant de l'orange au brun noirâtre, sont comestibles.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Anvillea garcinii.

Anvillea garcinii
Anvillea garcinii

Deverra scoparia.

Cette Ombellifère fait partie de la pharmacopée traditionnelle des Touaregs pour le traitement de l’hépatite, du diabète et des infections urinaires en infusion et, en poudre, dans le traitement des morsures de vipères et de scorpions.

Son odeur de fenouil est utilisée dans la fabrication de fromages de chèvre.

Ses activités biologiques intéressent également la médecine moderne et de nombreuses études phytochimiques ont montré une grande richesse en huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antioxydantes, acaricides et anti-inflammatoires.

Deverra scoparia.
Deverra scoparia.
Deverra scoparia.

Launaea arborescens, Launée arborescente.

Launaea arborescens, Launée arborescente.
Launaea arborescens, Launée arborescente.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Ononis natrix, Bugrane gluante.

Cette plante aurait des propriétés diurétique, dépurative, utile contre les rhumatismes et en dermatologie contre certaines dermites.

Ononis natrix, Bugrane gluante.
Ononis natrix, Bugrane gluante.

Viscum cruciatum, Gui.

En médecine populaire, ses feuilles fraîches ou séchées sont reconnues pour leurs bienfaits sur divers troubles métaboliques (notamment le diabète et l'artériosclérose), les crises de goutte et les douleurs rhumatismales. Le gui est également apprécié pour son action régulatrice de la tension artérielle.

Ses propriétés hémostatiques en font un remède traditionnellement utilisé pour limiter les hémorragies, qu’elles soient intestinales, pulmonaires, menstruelles (ménorragies) ou nasales (épistaxis). Il joue un rôle préventif contre les accidents vasculaires cérébraux. Il a été employé pour atténuer les manifestations de l’épilepsie, grâce à ses effets antispasmodiques. Ces propriétés lui ont valu d’être utilisé dans l’accompagnement des affections impliquant des spasmes, comme l’asthme, les toux convulsives, la coqueluche ou encore les hoquets persistants.

Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.

Withania adpressa.

Cette espèce est utilisée dans certaines régions pour ses propriétés antioxydantes, antibactériennes et antifongiques.

Withania adpressa.
Withania adpressa.
Withania adpressa.

Maroc – Le Djebel Saghro – Randonnée de six jours

maroc djebel saghro
Berbère Flag

Trek au Djebel Saghro, Maroc.

Maroco Flag

Situation géographique.

En tamazight, Saghro signifie sécheresse , un nom approprié si l'on considère que le Jbel Saghro est la région montagneuse la plus sèche de tout le massif de l'Atlas.

Le djebel Saghro, orienté selon un axe SO-NE, est un prolongement oriental de l'Anti-Atlas, dont il est séparé par la vallée du Draâ . Au nord de la chaîne s'étend la vallée du Dadès, qui la sépare du massif du Haut Atlas.

Le point culminant de la chaîne est l'Amalou n'Mansour (2 712 m) , situé au sud-est d'Iknioun.

Situé à l'intérieur des terres, ce massif ne bénéficie pas des vents de l'océan Atlantique qui apportent de l'humidité aux chaînes de l'Anti-Atlas, plus à l'ouest, ainsi qu'aux autres chaînes exposées à l'océan, plus au nord. Les précipitations annuelles ne sont que de 100 mm sur les versants sud et de 300 mm aux sommets.

Paysage lunaire de plateaux, de pics, de canyons parcourus par des oueds, des forêts, le tout dominé par des pitons de basalte (necks).

Histoire géologique.

Son histoire géologique est très ancienne avec une alternance de phases volcaniques, de sédimentation puis d'érosion. Les premiers reliefs volcaniques sont constitués de trachytes et de rhyolites. Leur érosion a formé des conglomérats et des grès.

Il y a eu ensuite des périodes de sédimentation continentale, puis marine (gisements de trilobites). Le soulèvement de la période hercynienne donne la forme générale du massif. Plusieurs épisodes tectoniques avec issue de roches magmatiques (dolérites), puis volcaniques au Tertiaire avec libération de phonolithes se prolongent jusqu'à l'orée du Quaternaire. L'érosion complète la morphologie actuelle du massif.

Des mines sont exploitées sur le versant nord à Tiouit (or, argent) et Imiter (argent).

Arrivée à N’kob ( ⵏⵇⵓⴱ ):

J’arrive aux aurores à l’aéroport de Marseille pour un vol en direction de Ouarzazate, où je retrouve Moha, le taxi envoyé par Hammou.

Nous nous arrêtons à Ouarzazate pour acheter une carte SIM et avoir un peu de connexion, bien que je sais qu’une fois que nous serons dans les montagnes, je n’aurais plus de réseau, donc plus de data. Finalement, certains jours j'aurais un peu de connexion avec ma carte Maroc télécom. Hammou me dira que le réseau Inwi est plus présent au Saghro. J'aurais du le savoir !

Puis, nous partons pour N’Kob, à 135 Km de l’aéroport, 2 heures de trajet.

A N’kob, je retrouve l’hôtel Berber Nomad Kasbah et on m’attribue la même chambre. Je retrouve Hammou pour le déjeuner dans un petit resto de la rue principale puis retourne à l’hôtel pour une petite sieste réparatrice.

Une petite balade pour visiter une jolie casbah et les jardins de la palmeraie puis retour à l’hôtel pour le dîner, un tajine au poulet et citron excellent.

Hammou, mon guide.

C'est le troisième trek que je fais avec Hammou, mon guide. C’est un enfant du pays. Ses parents étaient nomades dans le Djebel Saghro, où il y a gardé les chèvres dans son enfance.

Il connaît toute cette région comme sa poche, me montrant les emplacements des camps nomades de ses parents, l’endroit où il est né, perdu dans les montagnes, les sources où ils venaient chercher l’eau ou faire boire le bétail, les villages et maisons de sa famille.

Hammou est intarissable sur les plantes, leur vertu médicinale ou alimentaire. Nous ramassons des cailloux et il en détermine la nature. Il m'indique les traces dans le sable, serpent, lézard, renard ...

Il a construit, sur sa propriété, un igloo pour accueillir les touristes et a pour projet d'en construire un second et aménager une terrasse face à un paysages superbe pour la détentes de ses convives.

Hammou est très impliqué dans les projets d'aide aux nomades du Saghro, d'écoles permettant la scolarisation des enfants sans qu'ils fassent trop de kilomètres pour trouver une classe. Il ne manque jamais d'apporter ses conseils et soutiens aux nomades que nous rencontrons.

C’est avec un grand plaisir que je le retrouve et me laisse guider dans ces paysages sublimes pour la troisième fois.

Si vous soutez le contacter, consulter sa fiche avec ses coordonnées.

Jour 1: De Tifrit ( ⵜⵉⴼⵔⵉⵜ ) à Daw ourir nzgigi ( ⴰⴳⵔⴷ ⵏⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏⵣⴳⵉⴳⵉ )

Après le petit déjeuner au Berber Nomad Kasbah, je retrouve Hammou et nous partons en voiture à 8 km pour démarrer notre trek. La mule est là ainsi que Hammou, le muletier et cuisinier durant notre trek. Tri de nos affaires et des provisions, chargement des paniers et leur placement sur le dos de l’animal et nous pouvons prendre la route.

Nous marcherons dans le lit d’une rivière à sec, cheminant dans les paysages désertiques. Comme toujours, lors de la marche, nous échangeons souvent avec Hammou. La rivière à sec, le manque de pluie, la chaleur excessive et les problèmes rencontrés par les agriculteurs de la région du Saghro qui ont bien du mal à faire prospérer leur travail dans les champs.

Nous ferons un arrêt à zgigi ( ⵣⴳⵉⴳⵉ ), dans le lit de la rivière pour notre pique-nique de midi. Hammou en profite pour faire boire sa mule. Petite sieste à l'ombre avant de repartir.

Nous rencontrons un groupe d’agriculteurs mettant en sac le henné récolté. Nous traversons des champs où il n’y a plus de culture, seulement des amandiers et quelques dattiers. Nous sommes en pleine récolte des dattes, les bouquets étant protégés des prédateurs par des filets. Nous en cueillons quelques unes, sucrées, juteuses, un délice.

Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu, et les agriculteurs ont beaucoup investi dans des forages pour irriguer leurs cultures. Mais Hammou me dira que la jeunesse a du mal à se projeter dans l’agriculture, les revenus étant très aléatoires.

Nous finissons, au bout de douze kilomètres, notre première journée de trek. A l’écart d’un village, nous nous installons sur les hauteurs dominant la rivière.

Fin d’après-midi paisible, un premier thé berbère en arrivant puis, après avoir monté nos tentes, les deux Hammou préparent le repas.

Notre premier campement.

Des enfants viennent nous voir et discutent beaucoup en amazigh. Ils sont scolarisés dans le village voisin où ils apprennent l’arabe littéraire et le français. Hammou déplore que l'amazigh ne soit pas au programme car c’est leur langue maternelle dont l’écriture est si belle. Les enfants retournent au village et nous nous mettons à table.

Jour 2: De Daw ourir nzgigi ( ⴷⴰⵡ ⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏ ⵣⴳⵉⴳⵉ ) à Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 2

Réveil tôt ce matin, juste après le lever du soleil. Petite toilette sous ma tente puis je rejoins les deux Hammou pour le petit déjeuner. C’est toujours un repas important au Maroc, il est copieux. Du pain grillé et miel, confiture, huile d’olive, fromage, omelette. Du café au lait juste pour moi alors qu'eux boivent du thé.

Je range mes affaires, remplit mon sac, replie ma tente et nous chargeons la mule en équilibrant bien les deux paniers. Rien ne traîne, nous levons le camp et partons sur les sentiers.

Nous étions à 1 300 mètres d’altitude et le sentier monte progressivement. Nous passons devant une grande bâtisse occupée par une famille, puis une école maternelle aux murs colorés, une autre ferme puis les pics typiques du Saghro pointent à l’horizon.

Les paysages sont arides, minéral. Nous cheminons comme la veille dans le lit d’une rivière à sec.

Arrêt pour déjeuner à Boygra ( ⴱⵓⵢⴳⵔⴰ ). Il y a toujours un thé pour commencer et aujourd’hui il est agrémenté d’une sorte de pizza qu’une paysanne nous à donner en même temps que quelques dattes et des grenades.

Il y a toujours un bon accueil sur la route lorsque nous rencontrons des nomades berbères. La majorité sont devenus sédentaires, occupant de grandes bâtisses où plusieurs familles coexistent. Nous sommes régulièrement invités pour un thé.

Ils vivent de l'élevage, surtout des chèvres, parfois des moutons, et de quelques cultures maraîchères ainsi que des arbres fruitiers.

Le repas terminé, nous faisons une petite sieste à l'ombre avant de repartir. Il fait assez chaud, plus de 27°c, le soleil est implacable et nous repartons en début d’après-midi.

Nous grimpons toujours, le Saghro nous entoure de ses formations majestueuses, imposantes, minérales.

Nous trouvons un emplacement adéquat pour notre camp. Nous avons demandé de l’eau à une famille avant d’atteindre les hauteurs. Nous sommes de nouveau installés dans le lit à sec d’une rivière, cette fois, de l’eau s’écoule en un mince filet ce qui suffira pour abreuver la mule et faire la vaisselle. Parmi les joncs, des grenouilles sautent dans l'eau et se cachent dans la vase.

On retrouve souvent des palmiers au bord des cours d'eau ainsi que les joncs et palmiers nains.

Nous avons atteint les 1 680 mètres d’altitude, il fait un peu plus frais ce soir. J'aurais un peu chaud dans mon duvet.

Une dernière infusion et je regagne ma tente. Un dernier coup d'œil au ciel étoilé, pas de pollution lumineuse, la voie lactée est magnifique. Peu avant 22 heures, la lune émerge derrière la montagne, le spectacle est magique.

Jour 3: De Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ ) à Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 3

Nous quittons notre campement après un copieux petit déjeuner. Nous empruntons un sentier qui longe la piste carrossable.

La plaine monte en pente douce vers des chaînes de grès qui barrent l’horizon. Les massifs rocheux sont sculptés par l’érosion et se découpent contre le ciel.

Aujourd’hui, un vent venu de l’Est, chargé de la poussière venue du désert, barre l’horizon. Cette brume estompe les sommets lointains rendant le paysage mystérieux. Aux Canaries, on appelle cette brume le Calima, et elle est bien présente aujourd’hui.

Nous suivons tantôt un sentier, tantôt la piste. Nous passons par un col à 2 052 m. Nous y rencontrons deux couples lyonnais qui explorent la région en quad. Petit arrêt pour discuter puis nous continuons la piste qui redescend. Nous rencontrons deux 4X4 de toulousains avec qui nous échangeons, ils sont un peu perdus. Hammou leur indiquera la bonne piste. C’est le premier jour où nous rencontrons des touristes.

Arrêt pour déjeuner près d’un point d’eau à Tagmout ( ⵜⴰⴳⵎⵓⵜ ). Il n’y a pas beaucoup d’ombre et nous ne ferons pas de sieste.

Hammou amène sa mule sur du sable où elle s'y roule pour un bon bain de poussière.

Nous repartons et traversons une chaîne montagneuse pour redescendre vers le village d'Assaka n'Ait Ouzzine.

Nous irons dans la famille Assaka, qui nous accueille, selon la tradition, avec un thé, accompagné, de dattes et d'amandes, de miel et huile d'olive et du pain.

Ma tente plantée dans la cour, j’en profite pour aller prendre une douche chaude. Un bonheur !

Hammou, le muletier, aidé des cuisinières de la famille, préparera un couscous que nous mangerons en compagnie de Mohamed, un des fils de la famille qui parle un français parfait.

Il tient la Guest House Ait Aamr (+212 710 708 966) où il accueille les touristes de passage.

Les discussions en Amazigh vont bon train. Hammou me donne de temps en temps des traductions.

Ils se donnent des nouvelles des uns et des autres, le Saghro est peu peuplé, tout le monde se connaît.

La Guest House Ait Aamr.

Mohamed Assaka parle avec Hammou de son gîte pour accueillir des touristes, des améliorations qu'il compte faire.

Belle étape, nous avons marché presque 18 km avec plus de 600 m de dénivelé positif comme négatif.

Durant notre marche, je discute toujours autant avec Hammou, sur les minéraux et les plantes rencontrés sur le sentier. Certaines plantes sont utilisées pour leur valeur médicinale ou culinaire. Nous passons aussi devant d’anciennes mines de quartz et barytine, et les pistes sont construites pour y accéder, un plus pour la région.

Encore une super journée avec de fantastiques paysages.


Guest House Ait Aamr

Contact : Mohamed Assaka (tel et WathsApp +212 710 708 966)

Jour 4: De Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ ) à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ )

Lever de soleil à Assaka.
Maroc Djebel Saghro trek jour 4

Je me lève un peu avant le lever de soleil, le village est encore endormi, seuls les coqs chantent.

C'est Hammou, le muletier, qui se lève en premier et commence à préparer le petit déjeuner. Nous le prenons tous ensemble, Mohamed Assaka nous rejoint et discute avec mes guides.

Je range mes affaires, démonte la tente pendant que les deux Hammou rangent, eux aussi, tout le matériel.

J'aide à charger la mule, puis nous quittons la Guest House Ait Aamr. Je remercie Mohamed Assaka pour son accueil et hospitalité et nous prenons le chemin en direction de l’Est.

Aujourd’hui, nous ne croiserons aucun touriste, quelques berbères dans des camps nomades, la région est vraiment peu peuplée.

Les paysages sont toujours aussi beaux et désertiques. Pas un seul arbre. Hammou me montrera une crête où il y avait, jadis, de grands genévriers. Ils ont tous été coupés pour faire du bois de construction. Ces arbres mettent des dizaines d'années à se développer, une perte pour cette nature difficile.

Nous passons sur de grandes zones où des sillons parallèles ont été creusés. Hammou me dit qu’un essai de reboisement avec des jujubiers est en cours. Ces arbustes sont bien adaptés aux terrains désertiques.

Des forages ont été faits pour apporter de l’eau aux familles nomades et aussi certainement pour irriguer ces plantations. Pour le moment, nous ne voyons rien, pas de plantules.

Au creux de certains vallons, des palmiers nains poussent. C'est le signe qu'il y a de l'eau à cet endroit, parfois uniquement souterraine.

Des roches en forme de champignon, érodées par le vent. Je retrouve aussi, tout au long des sentiers, des roches patinée. Leur surface est foncée, lisse et brillante. C'est l'action du vent chargé de sable qui poli leur surface.

Nous passons devant une source que j'avais vue lors de mon dernier trek. Elle a été bien aménagée avec un abreuvoir pour le bétail. L'eau est bien claire bien qu'un petit filet coule. Je ramasse un peu de menthe pour le thé.

Arrêt à Tinwayour ( ⵜⵉⵏ ⵡⴰⵢⵓⵔ). Nous déjeunons en plein soleil étant sur un plateau dépourvu d’ombre. Donc pas de sieste encore aujourd'hui.

Dans la descente, nous croisons une chèvre avec son cabri de quelques heures qui marche à peine. Nous nous approchons, mais elle nous regarde, inquiète. Nous ne les dérangeons pas plus.

Nous entamons une grande descente, raide, dans les pierres. Le sentier est difficile, mal marqué car peu de monde l'emprunte.

Vers le fond de la vallée, nous retrouvons un point d'eau. Il n'a pas plu depuis de nombreux mois, et le peu d'eau est capté pour irriguer quelques cultures.

Nous terminons notre journée de trek dans la vallée de Berkou, à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ). Nous nous installons sur les berges d'une rivière là encore à sec. Hammou ira chez de la famille pour se procurer de l'eau.

Nous avons marché 18 km avec un col à 1971 m, plus de 500 m de D+ et presque 800 m de D-.

Le sentier de la descente était en mauvais état, très raide et je suis toujours étonné de l’agilité de notre mule qui, guidée par Hammou, franchit tous les obstacles et progresse habilement là où je me dit que je vais bien finir par m’étaler.

On la sentait tout de même bien contente d’être arrivée et déchargée. Un sac d’avoine a été sa récompense bien méritée. Et elle sera abreuvée avant la préparation de notre repas.

Les deux Hammou cuisinent un tajine aux légumes pour ce soir et de la grenade en dessert. Je me régale.

Même s'ils n'ont pas apporté beaucoup d'ustensiles de cuisine, cocotte minute et plat à tajine, les repas sont toujours délicieux et ce n'est pas encore là que je perdrai du poids.

Jour 5: De Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ ) à Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ )

Une journée où les paysages sont exceptionnels ! Mais aussi un trek très long, 23 km. Ce sera la plus longue distance parcourue durant cette semaine au Maroc. Certainement ma plus belle journée de randonnée.

Maroc Djebel Saghro trek jour 5

Nous démarrons notre trek en suivant la rivière pratiquement à sec. Subsistent quelques mares envahies de têtards et de grenouilles qui plongent pour se cacher dans la vase.

Nous passons devant une vieille bâtisse qui appartenait au grand-père de Hammou. De là, nous montons vers un col, la vue sur les sommets est superbe. Hammou me fait voir des crêtes où nous pourrions faire un trek une prochaine fois.

Je lui donne, dès à présent, rendez-vous pour l'an prochain. La vue de cette montagne me donne vraiment très envie d'y parcourir les crêtes.

Du col, nous montons vers un plateau et atteignons les 1814 m d’altitude. De là, nous redescendons vers l'autre versant et je retrouve les formations vues lors de mes derniers treks.

On se croirait en Arizona. Des pics, des plateaux tabulaires, le paysage est magique et je ne m’en lasse toujours pas.

Des parois de grès sculptées, de larges plateaux aux falaises abruptes surplombant des roches rouges et orangées. Je reconnais les lieux de nos derniers passages, où nous avions campé ou déjeuné.

Nous poursuivons et arrivons chez Hammou, le muletier, à ighazoun (ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ) Il nous attendait pour le déjeuner. Arrivée un peu tardive, nous avons déjà marché 16 km.

Hammou apporte le thé puis un tajine aux légumes. Ils n'utilisent pas de poivre, comme condiment, mais de la poudre de cumin.

Un peu de repos avant de reprendre la route, puis une fois la mule chargée, nous nous mettons en marche.

Nous suivrons le cours d’une rivière à sec pour arrivée dans la famille de Hammou, mon guide, qui nous attendait.

Un thé, les deux frères et la belle-sœur discutent un moment, puis nous rejoignons l’igloo que Hammou a construit l'hiver dernier.

Très accueillant, l'espace est grand et confortable pour quatre personnes. Il y a un coin toilette et douche dans un autre local tout proche. La vue sur les montagnes en face est superbe et je conseille à Hammou de construire un espace de repos face à ce magnifique panorama.

Nous dînons devant l’igloo, je les laisserais en grande discussion tous les trois pour aller me reposer dans l'igloo.

Nous avons marché plus de 23 km aujourd’hui, je suis un peu vanné, un grand besoin de reposer mes jambes. Extraordinaire randonnée.

Jour 6: De Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ ) à Nkob ( ⵏⵇⵓⴱ )

Igloo de Hammou à Tifdassin . ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ
Maroc Djebel Saghro trek jour 6

Après un dernier chargement de la mule, nous nous mettons en marche. Nous suivons le cours de la rivière et passons par des terrasses de cultivées.

Outre les palmiers, amandiers, oliviers, grenadiers et autres arbres fruitiers, nous trouvons des jardins maraîchers où les semis d’hiver commencent à se développer. Des carottes, navets, coriandre, mais aussi de la luzerne et de l'alfalfa pour le bétail.

Rencontre avec quelques paysans qui viennent s’occuper de leurs cultures, notamment de l'irrigation de leur parcelle.

En chemin, nous glanons quelques dattes que nous dégustons sur place, elles sont sucrées, succulentes, j'en raffole. Hammou cueille aussi quelques grenades.

Nous rencontrons une équipe qui effectue des forages de prospection pour un futur barrage de 20 mètres de haut sur cette rivière.

Gros problèmes d’eau dans le Saghro, plusieurs épisodes de sécheresse ont entraîné un exode rural.

Depuis ma dernière venue il y a deux ans, j’ai pu voir le nombre de nouveaux forages et pompes pour puiser d’eau de la nappe phréatique. Beaucoup d’agriculteurs se sont équipés. Beaucoup de cultures sont maintenant irriguées par des dispositifs de gouttes à gouttes bien plus économes en eau.

Un peu plus loin, Hammou me montre quelques gravures rupestres puis un petit serpent qui se faufile sur les rochers.

Nous arrivons au terme de notre trek et retrouvons Hammou qui a déchargé sa mule et préparé le repas. Un petit thé à la menthe pour nous désaltérer, le chauffeur qui doit nous ramener à N’kob vient se joindre à nous.

Fin du repas, fin de l’aventure berbère, je remercie chaleureusement notre muletier qui va repartir chez lui avec sa mule déchargée. Nous rentrons, Hammou et moi, à N’Kob où je retrouve ma chambre à Berber Nomade Kasbah.

De retour à l'aéroport de Ouarzazate, on voit la centre solaire avec sa tour où les faisceaux des miroirs concentrent les rayons du soleil afin de faire chauffer un réservoir de sel et produire de l'électricité.

Totalité des Treks de 2023 et 2025.

En 2023, j'avais effectué un grand trek de six jours en compagnie de Hammou. J'ai retrouvé certains lieux où nous étions passés en 2025.

Cette année, nous aurons fait de plus grandes étapes, et j'ai adoré ces paysages immenses lors de ces longues randonnées, près de 100 km cette année dans des paysages sublimes !

Maroc Djebel Saghro trek 2025
Maroc Djebel Saghro treks 2025 et 2023

C’était un plaisir de rencontrer de nouveau tous ces nomades perdus dans les immensité du Saghro, leur accueil chaleureux, leur hospitalité, toujours prêts à vous servir un thé ou vous inviter à partager leur repas ou vous héberger pour la nuit. Hammou est très actif pour le développement du tourisme dans le Saghro, c'est toujours un petit supplément de revenu pour eux.

Rendez-vous pris pour l'an prochain, j'espère bien découvrir ces fameuses crêtes !

Maroc – Haut Atlas, Le Djebel Toubkal.

Le Djebel Toubkal.

Le Maroc.

Le Djebel Toubkal.

Berbère Flag

ⵜⵓⴳⴳ ⴽⴰⵍ

Berbère Flag

Situation géographique.

Le Djebel Toubkal est le sommet culminant du Haut Atlas avec une altitude de 4 167 m.

Le Haut Atlas est une chaîne montagneuse marocaine orientée sud-ouest/nord-est. Cette chaîne appartient au massif de l'Atlas marocain qui en compte aussi deux autres, le Moyen Atlas et l'Anti-Atlas.

L’Atlas est le massif le plus élevé d'Afrique du Nord. Il forme une immense barrière d'environ 750 km de longueur qui délimite le Maroc saharien du Maroc atlantique et méditerranéen.

Le Haut Atlas se divise en trois entités différentes, d'ouest en est, le Haut Atlas occidental, le Haut Atlas central et le Haut Atlas oriental.

Le Haut Atlas occidental est le massif le plus ancien, son point culminant est le Djebel Toubkal à 4 167 m d'altitude.

Le parc national de Toubkal est créé en 1942 en raison de la biodiversité et de la richesse naturelle du djebel Toubkal.

Arrivée à Marrakech.

Je prends un vol Royal Air Maroc de Marseille à Marrakech. A l'arrivée Mohamed, notre guide, m’attend à la sortie de l'aérogare. Nous restons pour attendre une autre voyageuse et je trouve un coin où je me protège de la chaleur, il fait 45°C cet après-midi à Marrakech !

Mini bus jusqu’à l’hôtel où je retrouve Yanis avec qui je partage la chambre. Nous restons dans la fraîcheur de la chambre et en sortons pour aller dîner. Je trouve un petit resto loin du tumulte de la place Djemal Afna qui nous servira une pastilla. Retour à l’hôtel, nous n’avons pas vu d’autres participants au trek. Le guide nous a juste indiqué qu’il ferait une petite réunion à 8 heures avant de partir.

Premier jour de trek. De Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Haut Atlas.
Premier jour de trek, de Imi Oughlad à Tizi Oussem.

Lever, petit déjeuner à l'hôtel puis nous descendons avec nos bagages pour rejoindre les autres participants du groupe. Nous sommes dix, trois femmes et sept hommes.

Le mini bus, bien rempli de nos bagages et matériel de bivouac, nous mène d’abord dans un village où notre cuisinier fera le plein de victuailles pendant que nous prenons tranquillement un café. Nous sommes déjà à 1000 m d’altitude et il fait bien moins chaud qu'à Marrakech. Nous repartons et nous arrêtons à Imi Oughlad, point de départ de notre trek, où nous attend l’équipe de muletiers. Ils sont six accompagnés de leur mule.

Nous ferons une première étape de 13 Km avec 764 m de dénivelé positif en arrivant à Tizi Oussem, premier campement du trek.

Cette première étape aura été très éprouvante pour le cadet du groupe, malade, n'arrêtant pas de vomir tout le long du sentier, il a vraiment de la peine à progresser. Les jus d’orange ou un repas contaminé consommés la veille à Marrakech l'auront rendu malade. Il n’est vraiment pas en forme et à un moment nous craignons qu’il ne puisse poursuivre l'aventure. Avec une des filles du groupe, nous l’aidons, le soutenons du mieux que nous pouvons. Un arrêt opportun pour grignoter, nous réhydrater puis nous poursuivons sur le sentier.

Nous finissons par atteindre le lieu du bivouac, au pied d'un village, où les muletiers ont déjà dressé nos tentes, la tente du mess ainsi que la cuisine. Un thé à la menthe de bienvenue, puis repos bien mérité, surtout pour notre malade qui part se reposer sous sa tente. Le groupe se retrouve et nous faisons connaissance avant de dîner. Marouan, le cuisinier nous a préparé une soupe puis un couscous excellent. Melon et orange en dessert puis chacun rejoint sa tente pour la nuit.

Le lendemain, nous verrons que ce village a subit de très gros dégâts lors du séisme de 2023. De nombreuses maisons, construites en pisé, sont inhabitables ou détruites et les villageois sont installés dans des tentes provisoires en redoutant le prochain hiver qui arrive. Lors de l'arrêt, pendant que nous buvions un café, quelques hommes sont venus nous raconter les décès qu'ils ont eu dans leur famille.

Second jour de trek. De Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Second jour de trek, de Tizi Oussem à Tizi-n Tizikert.

Beaucoup d'ascension cette seconde journée, plus de 1000 m de dénivelé positif sur une distance de 9 Km. Au niveau du groupe, nous faisons connaissance et, vu que deux pères sont venus avec leur fils, tout le monde pensait que j'étais le père de notre cadet. Ce dernier commence à récupérer mais a toujours des nausées et difficultés à digérer.

Nous commençons donc par une belle montée sur une courte distance. Il fait chaud et un arrêt chez un marchand de jus d’orange et de boissons est bienvenu. Le meilleur Coca-Cola de leur vie pour certains !

Puis nous repartons vers la cascade annoncée par Mohamed.

La chute d'eau n'est pas très importante mais c’est toujours un beau spectacle que de voir toute cette humidité dans ces contrées si arides. Seul le fond des vallées est verdoyant avec de nombreuses cultures en espaliers rendues possibles par les canaux d’irrigation acheminant l’eau des torrents.

Nous repartons et prenons une autre vallée qui nous permettra d’atteindre notre second campement. Les tentes sont déjà montées, le repas est prêt et nous buvons un thé à la menthe, le fameux « Whisky berbère » . Nous aurons marché un peu plus de 5 heures dans la chaleur.

Après le déjeuner nous prenons un peu de repos sous nos tentes car il fait très chaud. Vers les 17 heures, nous partons avec Muriel et Clément pour une excursion jusqu’aux crêtes visibles depuis le campement d'où nous dominons les villages d'Aroumd et Imlil, terme de notre trek marocain. Encore une belle ascension de 460 m sur 4,5 Km.

La descente sera plus compliquée car nous avons manqué le sentier de retour et nous nous sommes perdus dans les pentes couvertes de genévriers au milieu de la rocaille. Il ne fallait pas suivre les chèvres !

Retour au campement pour un thé à la menthe bien désaltérant suivi du repas avec un tajine aux légumes. Nous mangeons vraiment bien, Marouan nous gâte. Un renard viendra nous rendre visite, attiré par la nourriture.

Petite soirée autour du feu avant de rejoindre nos tentes.

Balade jusqu'aux crêtes.

Vue du haut des crêtes, au-dessus de notre campement.
Clément, Muriel et moi en haut des crêtes.

Troisième jour de trek. De Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous sommes pratiquement à 3000 m d'altitude.
Troisième jour de trek, de Tizi-n Tizikert au Refuge du Toubkal.

Nous partons un peu plus tôt ce matin car le trajet est difficile. Nous reprenons le sentier pris la veille pour notre petite balade vers les crêtes, puis rapidement nous bifurquons vers l’ouest pour contourner le massif et prendre de la hauteur. Le sentier serpente et nous conduit au pied d’un grand éboulis que nous grimpons en lacets.

Nous avons déjà gravi près de 400 m arrivés au pied de ces éboulis et la fin du sentier, tout en haut, nous parait bien loin. Nous distinguons à peine les mules qui y arrivent. Nous aurons gravi 600 m dans ces lacets en arrivant au col à 3509 m et plus de 1000 m depuis notre départ.

Plusieurs pauses avant d’atteindre le col pour grignoter des fruits secs et boire. Heureusement le ciel est un peu couvert et il ne fait pas trop chaud et nous prenons de l'altitude.

Le sentier continue jusqu’au refuge Neltner à 3107 m. Nos muletiers ont installé le campement un peu plus bas sur une grande plate-forme et Marouan a préparé le repas.

3000 m dépassés !

Un thé à la menthe avant de déjeuner puis le temps se gâte et il se met à pleuvoir. Je passe un peu de temps sous la tente avant d’aller acheter de l’eau en compagnie de Claude et son fils Jean-Christophe. On prendra un café avant de repartir.

De nouveau je passe du temps sous la tente car il pleut toujours et je profite d’une accalmie pour aller prendre une bonne douche chaude au refuge. Le temps demeure incertain avec quelques gouttes de pluie de temps en temps.

Nous prenons notre repas sous la tente mess puis une partie du groupe joue aux cartes avant d'aller se coucher. Le ciel s'est dégagé lorsque je vais dormir mais j'entendrais un peu de pluie sur la toile durant la nuit. J'appréhende la montée vers le sommet le lendemain sous la pluie ...

3000 m dépassés !

Quatrième jour de trek: Le Djebel Toubkal 4 167m.

Derniers mètres avant le sommet.
Quatrième jour de trek. Ascension jusqu'au sommet 4 167 m.

Départ très tôt ce matin car nous avons un chemin difficile pour atteindre le sommet. Heureusement, le ciel est bien dégagé ce matin et la lune apparait clairement au-dessus des crêtes. Ce sera notre plus grand dénivelé positif, 1112 m, pour un peu plus de 9 Km.

Nous partons un peu avant 6 heures avec nos lampes frontales en file indienne sur le sentier. Dès le départ nous grimpons. Le chemin, déjà bien raide, nous enchaînons raidillons sur raidillons entre-coupés de faux plats. L’ascension durera 3 heures et demi avec deux petits arrêts sur le parcours. Nous ne sommes pas seuls, de nombreux groupes nous précèdent ou nous suivent. Le Toubkal est très fréquenté en ce mois d'août et nous avons pu nous en rendre compte par les nombreux touristes dans les deux refuges et terrains de campement alentours.

Les derniers mètres pour atteindre le sommet nous font comprendre que le Toubkal se mérite. Nous aurons gravi 1112 m en 9 Km.

La vue est splendide même si le ciel est un peu brumeux. Le soleil s’est levé durant notre ascension illuminant les roches sombres du massif de belles teintes chaudes.

Au Nord et à l'Ouest, des sommets escarpés sombres. Au sud et vers l'Est, des plaines désertiques aux teintes orangées lumineuses. C'est magnifique.

Nous passons un bon moment à nous photographier trop heureux de notre exploit. Je mitraille tout azimut pour garder des souvenirs du but ultime de ce trek.

Nous nous déplaçons pour laisser aux autres groupes l’espace au sommet et nous installons un peu plus bas pour un petit casse-croûte bien mérité.

Puis nous entamons la descente par un autre itinéraire choisi par Mohamed.

Il nous conduit, pour ceux qui le souhaitent, en haut d’un petit pic offrant une superbe vue sur la vallée et le désert au loin. Dans les années 60 un avion s’est craché sur ce pic laissant en contre bas une myriade de débris. Seul l’épave du moteur est resté accroché au pic.

Nous reprenons notre descente. Le sentier est plein de pierres et de gravillons rendant la progression difficile et très physique. Un moment d’inattention et c’est la glissade assurée. Deux heures et demi de descente, nous arrivons à notre camp de base fourbus.

Marouan, le cuisinier, a déjà dressé la table et le thé à la menthe nous attend accompagné de beignets et de confiture de patate douce. Tout le monde se régale, la confiture ainsi que les beignets disparaissent rapidement. Marouan nous en prépare de nouveau, ils disparaissent aussi vite.

Après une bonne douche au refuge, tout le monde se repose ou joue aux cartes. J'apprécie cette bonne entente au sein du groupe rapidement apparue. Belle complicité entre Jean-Philippe et son fils Gautier. Les filles, Saïda, Céline et Muriel, s'entendent bien. Yanis a bien récupéré.

Cinquième jour de trek. Du refuge à Aroumd.

Cinquième jour de notre trek.

Ce matin nous quittons notre campement du refuge du Toubkal pour redescendre. Lever un peu tard, petit déjeuner pendant que les muletiers démontent nos tentes et rangent le matériel dans les paniers avant de charger les mules.

Une photo avec l'ensemble des participants, muletiers, cuisinier et guide. Nous remercions les muletiers pour leur engagement, nous ne les reverrons plus.

Nous prenons la route, de la descente tout du long par un sentier assez praticable, pas trop pentu. Nous marchons un peu plus de 10 km pour 1220 m de dénivelé négatif en 4 heures.

Nous arrivons au village d’Aroumd où se trouve le gîte qui nous accueille. Installation dans les chambres, un thé berbère puis le repas préparé par Marouan.

Après-midi à se reposer pour ma part tandis que Mohamed emmène une partie du groupe visiter le village et une jolie cascade. Toujours quelques extra avec Mohamed !

Pour notre dernier repas, Marouan nous a préparé un tajine au poulet délicieux. Nous aurons toujours bien mangé durant ce séjour.

Sixième et dernier jour de trek. De Aroumd à Imlil.

Dernière étape de notre trek, d'Aroumd à Imlil.

Courte étape aujourd'hui pour rejoindre le mini-bus qui nous ramènera à Marrakech. Mais c'est sans compter sur l'imagination de Mohamed qui nous fait prendre un joli sentier passant dans la végétation et nous abritant du soleil de plomb pour rallier Aroumd à Imlil où nous attend le chauffeur. De plus nous profitons d'une jolie vue sur les villages environnants.

Un peu plus de deux heures de routes pour rejoindre Marrakech où nous nous installons dans le même hôtel qu'à l'arrivée. Nous remercions chaleureusement Mohamed, notre guide, ainsi que  Marouan qui nous a régalé tout le long de ce trek par ses plats traditionnels délicieux. Nous reverrons plusieurs fois Mohamed pour connaitre les modalités de retour, l'horaire du mini bus nous conduisant à l'aéroport.

Dans l'après-midi, j'accompagne Claude, Jean-Christophe et Muriel dans le Souk pour quelques achats et le soir nous déjeunons tous ensemble dans un restaurant typique de Marrakech. Nous partageons nos derniers moments marocains avant que chacun ne reparte pour la métropole, Bretagne, Savoie, région parisienne ou le sud, des souvenirs plein la tête.

Le lendemain matin, je profite de quelques heures avant mon vol pour aller visiter le Jardin Majorelle ainsi que les musées Berbère et Yves Saint Laurent en compagnie de Yanis.

L'intégrale du trek Djebel Toubkal.

L'intégralité de notre trek pour l'ascension du Djebel Toubkal.

J'ai vraiment apprécié cette semaine marocaine. L'organisation sans faille de l'équipe conduite par Mohamed. L'installation des bivouacs avec nos tentes prêtes, les repas copieux et délicieux, la sécurité assurée par cette équipe connaissant parfaitement le terrain et qui veillait sur nous jour et nuit.

Mais aussi cette harmonie et bonne entente au sein de notre groupe, une grande solidarité et complicité entre nous dans les efforts comme dans les moments de détente.

Vous pouvez nous envoyer vos demandes de renseignements, commentaires, en cliquant sur ce lien qui renvoie au formulaire de contact pour nos voyages. Alors, n'hésitez pas !

Bonus. Les bons petits plats de Marouan !

Marouan, notre cuisinier, nous aura régalés tous les jours de bon plats de la cuisine marocaine. Soupe, pour nous réchauffer, caloriques pour nos efforts d'ascension, gourmands pour notre plaisir.

Merci Marouan !

Maroc – Six jours dans le Djébel Saghro

Six jours de trek dans le Djébel Saghro

Le Maroc.

Six jours dans le Djébel Saghro.

Berbère Flag

ⵚⴹⵉⵚ ⵏ ⵡⵓⵙⵙⴰⵏ ⴳ ⵓⴷⵔⴰⵔ ⵏ ⵚⴰⵖⵕⵓ

Berbère Flag

Arrivée au Maroc, aéroport de Ouarzazate.

Départ de Marseille pour Ouarzazate par un vol Ryanair. A l'aéroport je suis attendu par le chauffeur commandé par mon guide Hamou, direction N'Kob à quelques 140 Km. Mais avant de quitter Ouarzazate, je change quelques euros et achète une carte SIM plus un forfait 4G avec 10 Go de data pour le séjour (12 €).

Longue route jusqu'à N'Kob, je tente un peu de conversation avec le chauffeur mais il n'est pas très bavard. Arrivée à N'Kob, installation dans la maison d'hôte Berber Nomad Kasbah. J'ai la même chambre que l'année dernière.

Hamou passe dans la soirée pour préparer l'itinéraire de notre trek, on repassera en partie où nous étions allés l'an passé.

Et il me parle de l'Association Nomade Saghro pour le Développement qui s'occupe de la vie des nomades dans le Djébel Saghro. Création de gîtes, d'écoles, aménagement des sources d'eau, fournir des métiers à tisser pour la fabrication de tapis par les femmes. Promouvoir un tourisme solidaire et responsable de l’environnement.

Repas à l'hôtel.

Premier jour, Ighazzoun.

Départ le lendemain pour notre trek, nous partons de Handour et c'est en voiture que nous nous y rendons depuis N’Kob. Le muletier arrive, il se nomme Hamou lui aussi. Mule chargée, nous nous mettons en marche.

Courte étape jusqu'à 13 heures pour un arrêt repas. Les deux Hamous préparent une salade marocaine et dans un plat à tajine une omelette aux légumes. De délicieuses mandarines en dessert.

Petite sieste car il fait chaud, puis nous reprenons la route pour une courte distance. Nous aurons marché 8 km le matin et 5 l'après-midi.

Nous nous arrêtons chez notre muletier à Ighazzoun qui fait gite d'étape. Je vais dormir dans une petite pièce et sur un bon matelas.

Repas du soir avec un couscous poulet et des grenades en dessert. Bon repas et surtout les grenades que je ne consomme pas souvent.

Second jour de trek. Igli.

Matin du second jour.

Je me réveille un peu tôt pour ranger mes affaires et me doucher. Eau chaude, impeccable !, puis je fini mon paquetage.

Petit déjeuner vers huit heures, nous chargeons la mule et nous partons Hamou et moi. Nous passerons par un sentier qui rejoint l’habitation nomade que nous avions vu le l’an passé. Nous y prendrons un thé, Hamou discute avec le propriétaire. Certainement l'éloignement explique que la femme du propriétaire se tienne dans l'embrasure de la porte et participe à la conversation.

La veille, chez notre muletier, je n'ai pratiquement pas vu de femmes. Elles se tenaient toutes dans l'autre partie de l'habitation et n'apparaissaient pratiquement jamais. J'ai vu le frère, un gamin qui a dîné avec nous, une gamine, point de femme.

En fin d'après-midi, je suis sorti par une autre porte, apparemment celle du coin des femmes, et à mon retour j'ai voulu emprunter la même porte. Pendant que je tournais la clé pour ouvrir cette porte, j'ai entendu de grandes exclamations d'une femme qui semblait très perturbée par mon initiative. J'ai donc fait le tour pour entrer par la porte donnant sur le coin des hommes. La séparation entre les sexes est donc une règle peu transgressée ! Les femmes se tiennent dans une pièce, la même que dans la partie masculine, en quelque sorte symétrique. Mais toujours décalées par rapport à la porte de sorte qu'on ne les voie jamais.

Nous repartons et passons par un sentier nous menant au sommet des formations rocheuses qui ferment le cirque. Superbe vue, c'est grandiose. On continue un moment à suivre la crête, puis nous descendons dans un vallon où Hamou a installé le bivouac et prépare le repas. A l'abri du vent, nous faisons encore un bon repas. Un peu de repos avant de repartir.

J'aide à charger la mule et nous prenons un sentier qui traverse le massif montagneux. Sur le chemin, un cimetière musulman. Les tombes sont orientées est-ouest de façon à ce que le défunt ait la tête vers la Mecque. Un tas de pierres recouvre la tombe et des pierres plus longues à la tête et au pied positionnées à la verticale. Pas d'inscription, pas de signe distinctif, tout le monde est enterré de la même façon. Le cimetière paraît abandonné, mais c'est la tradition. Ce sont les nomades du coin qui sont enterrés là. Ce qui importe c'est de savoir que quelqu'un est enterré ici, l'aspect de la tombe importe peu. Hamou me montrera aussi des tumulus correspondant à des tombes avant l'arrivée des arabes et de l'Islam, soit il y a mille cinq cents ans.

Nous traversons toujours le massif, rencontrons des habitations abandonnées. Hamou m'expliquera que les habitants étaient trop isolés et que la maladie avait eu raison de cette famille. Un peu plus loin une petite source, l'eau étant littéralement le symbole de la vie dans ces contrées.

Nous croisons une grosse habitation et des enfants se précipitent pour étaler des babioles à vendre aux touristes. Minéraux, bracelets, couverts dont le manche en bois a été sculpté, petits pendentifs. J'achète mon second, j'en avais pris un lors du thé. Nous continuons, un puits avec une eau stagnante bonne pour les animaux et le potager. Puis au détour du sentier, nous longeons un petit ruisseau aux eaux limpides et fraîches. Là, la source est conséquente, elle remplit un grand bassin avant d'alimenter le ruisseau. Aussi les cultures sont bien plus abondantes.

Continuant le sentier, nous arrivons à Igli où nous avions campé l'année précédente. Nous aurons marché 16 Km.

Il y a de nombreuses tentes, un groupe Alibert s'y trouve, une bonne douzaine de français.

Nous nous réfugions dans la partie bâtie, prendrons le thé dans la cour pendant que notre muletier prépare le repas du soir. Plutôt que de planter ma tente, Hamou me propose de dormir dans la pièce suivante du bâtiment. Elle est grande et je m'établis dans un coin sur un matelas. Grand luxe, tranquille pour la nuit, à l'abri du vent et du froid.

Un thé puis le repas du soir toujours aussi délicieux. Un tajine poulet citron avec beaucoup de légumes, je me régale. Après le repas, je discute un bon moment avec Hamou et on refait le Monde …

Nous avons marché 16 km aujourd'hui dans des paysages fabuleux. Belle journée qui a comblé mon désir de revoir la beauté du Djébel Saghro. Ces butes, crêtes rocheuses, sont merveilleuses à la lumière du soleil couchant sur fond de ciel rougeoyant.

Après le repas du soir,  nous nous sommes installés dans la cour avec Hamou, face à un ciel étoilé sans lune, la voie lactée lumineuse, Vénus ou Mars rouge et bien distincte face à nous. Je suis sur un petit nuage …

Troisième jour de trek. Tagragra.

Au-dessus d'Igli.

Réveil un peu plus tard, pas grand-chose à ranger et surtout pas de douche ce matin. Petit déjeuner, chargement de la mule et nous partons.

Que de la montée ce matin, nous grimpons de notre campement d'Igli jusqu'aux crêtes que nous dépassons et poursuivons toujours en montant. Le point culminant sera un petit sommet à 2635 m. 885 m de dénivelé positif sur 9 km en cinq heures. Grosse matinée. Quand nous rejoignons Hamou le muletier, nous bouclons notre onzième kilomètre.

Hamou nous a fait des légumes cuits à la cocotte-minute, il cuisine très bien. C'est simple, goûteux avec des épices. Ce n’est pas encore ici que je vais commencer un régime ! Pour moi, il y a trop à manger. Mais ont un bon coup de fourchettes.

J'aurais parfois du mal à les suivre sur les sentiers. Même la mule est difficile à suivre. Toute tranquille qu'elle à l'air, c'est d'un rythme constant qu'elle avale les mauvais sentiers plein de pierres. Parfois je l'observe lors de passages difficiles. Là où je manque de me casser cent fois la figure sur les innombrables pierres en travers du chemin, elle hésite parfois, puis franchit le passage de façon déterminée toujours à un bon rythme. Nous aurons marché 11 km ce matin.

Après le repas, un peu de repos puis le même rituel du chargement de la mule en remplissant les deux paniers du bric-à-brac de la cuisine, sacs, vivres, ma valise … et par-dessus les matelas et couvertures. Tout un art pour équilibrer la pauvre bête mais c'est son karma ! Cet après-midi, beaucoup de descente, plus de 500 m sur 9 km en presque 3 heures.

Nous arrivons à Tagragra après 9 km. Nous nous invitons dans la famille de Mimoune et les deux Hamou discutent la fin d'après-midi avec le propriétaire tout en préparant le repas du soir. Encore un repas entre hommes, les femmes restent dans l'habitation principale. Hamou me dira que c'est lorsqu’il y a des invités, surtout des étrangers, que les femmes ne se montrent pas. Habituellement, la famille prend le repas ensemble.

Discussion avec Hamou sur les us et coutumes locales et sur le monde en général. Il me parlera de l'Association Nomade Saghro pour le Développement d'aide dont il est membre et des difficultés qu'il rencontre dans l'organisation de ses actions en montagne. Les familles sont souvent très isolées, de longues distances les séparent. Donner un peu d'autonomie aux femmes n'est pas une mince affaire et pas toujours bien vu des hommes. Et développer un tourisme qui apporte à la population locale n'est pas simple non plus. Lenteur, manque de budget, il faut convaincre, surtout les hommes.

Dans une société où l'homme est le chef de famille, décide de tout et tient les cordons de la bourse, les femmes n'ont pas droit au superflu.

Mais cela dépend beaucoup des familles qui bien souvent sont plus "ouvertes" et la femme a une place plus grande en société tout en respectant les traditions.

Grosse journée aujourd'hui, plus de 20 km, mais j'adore marcher ! Je devrais bien dormir. A part le chien qui aboie de temps en temps (oui, il finira bien par se laisser) le silence règne, juste le souffle intermittent du vent sur la muraille à côte de ma tente.

Quatrième jour de trek. Foudoud.

Finalement les chiens ont beaucoup aboyé et le vent a bien soufflé, mais j'ai tout de même passé une bonne nuit en ayant un peu froid. J'ai eu la flemme de prendre une petite polaire et enfiler le pantalon de jogging. Ce soir j'y penserai si je campe.

Petit déjeuner, chargement de la mule, les préparatifs sont toujours un peu longs avant de se mettre en marche. Nous descendons toujours cette vallée assez encaissée aux roches noires découpées et à la maigre végétation dans ce paysage aride. Le ciel est bien brumeux ce matin et nous aurons cette brume toute la journée.

Nous sommes invités à boire un thé dans une famille. La bâtisse est grande et un peu en hauteur avec une superbe vue sur une clue et ses hautes falaises. La rivière est à sec et l'agriculteur se plaint du manque de pluie.

Avec le thé berbère, on nous sert du pain que l'on trempe dans de l'huile d'olive. Il ne faut pas mordre le pain et le retremper, ça ne se fait pas. De même que traditionnellement on mange avec les doigts en formant une boulette de nourriture au creux de la paume qu'on ingurgite sans toucher la bouche. Lors du couscous chez Hamou, le plat est placé au centre de la table et chacun se sert avec une cuillère, ustensile utilisé car il y a des invités et surtout moi, l'étranger. On boit en faisant couler l'eau d'une bouteille dans la bouche sans toucher le goulot des lèvres.

Il y a aussi des dattes mais étant en altitude (1700 m) elles sont assez maigres. Hamou offre des cacahuètes, il y a toujours un échange. En partant, le propriétaire m'offre des figues sèches craquantes.

Nous continuons notre chemin, passons un col et redescendons dans une autre vallée.

Arrêt près d'une petite rivière où un filet d'eau remplit quelques mares. Des grenouilles et même des poissons ce qui ne manque pas de me surprendre. Il doit toujours y avoir un peu d'eau. Hamou est obnubilé par les sources qu'il voudrait protéger, amélioré pour prévoir des arrêts lors de ses treks.

L'association Nomade développe aussi des gîtes chez les agriculteurs pour leur amener des touristes et donc un peu de revenu. L'aspect éducatif est aussi au programme, les enfants doivent souvent faire un long chemin pour se rendre à l'école et certains sont hébergés dans de la famille plus proche d'une école.

A Tagragra, l'aîné des enfants était en vacances à la maison et ce matin il partait dans la famille pour se rapprocher du collège. Sa sœur, plus jeune, va à l'école mise en place par l'association Nomade. Il ne manque plus qu'à trouver l'instituteur qui leur fera classe. Très généreux Hamou et jamais à court d'idées.

A l'abri au bord la rivière, Hamou cuisine puis nous déjeunons.

Pendant le repas, j'explore les mares de cette petite rivière. Elles sont remplies de grenouilles qui se précipitent dans l'eau dès que j'approche. Et pour les plus limpides, plein de petits poissons. Cette rivière n'a de l'eau que ce court trajet marqué par une végétation dense mais réduite, la transition se faisant immédiatement avec le désert aride.

Pas de repos, nous repartons pour deux petits kilomètres et une belle côte qui nous emmènent chez Hamou. Nous aurons marché 10,5 km aujourd'hui.

Oui, le troisième, Hamou notre hôte et ses deux filles. Sa femme visitant de la famille, sera absente. Hamou, mon guide me dira qu'ils sont certainement les trois seuls Hamou de tout le Saghro. Hamou, notre cuistot muletier, se marre.

Hamou prépare donc le thé pour recevoir ses invités, les filles rentrent les chèvres et je monte ma tente. Ce soir je dors couvert, je me suis un peu gelé la nuit précédente, nous sommes à 1 700 m, je vais garder mes chaussettes et ma polaire.

Ils ont l'habitude de dîner assez tard. Après un énième thé, nous mangeons de la soupe. Puis re thé, puis plus d'une bonne heure plus tard, les filles apportent le couscous. Il est servi dans un grand plat et tout le monde autour pioche à la grosse cuillère. La coutume voudrait qu'on mange avec la main en faisant des boulettes. Autant dire que je peux tout mettre à la machine … Mais je campe !

Tout le monde, les filles, notre hôte et nous même, partageons ce repas très convivial. Je suis content de dîner en compagnie de ces filles qui rient beaucoup aux plaisanteries de leur père et d'Hamou.

Le partage est très important chez les berbères. L'hôte offre toujours quelque chose et l'invité fait de même. Hamou sort toujours quelques biscuits, amandes, raisins secs même aux personnes rencontrées sur le parcours. Il me dira que c'est encore plus marqué ici dans les montagnes du Saghro.

Ce soir c'est très calme. On n'entend un peu les chèvres, mais elles sont assez discrètes. Comme le chien, qui n'a aboyé que trois fois. Par contre les Hamou discutent bien. Hamou parle beaucoup de l'Association Nomade, où et comment mettre en place un abri pour les touristes de passage. Mais je vois bien que Hamou pense à son lit et Hamou se demande ce qu'il va nous cuisiner demain ...

Cinquième jour de trek. Tawhyyant.

Hamou nous propose du pain frais.

Donc en attendant que le pain cuise, nous allons chercher de l'eau au puits près de la rivière. Hamou conduit son âne tandis que Hamou guide sa mule et je pars donc avec Hamou qui connaît les lieux comme sa poche.

Nous descendons jusqu'à la rivière où se trouve la source alimentant la famille. Nous continuons avec mon guide car il veut me faire voir un grand bassin qui était rempli par la rivière jadis, durant son enfance et où il pêchait des barbeaux. Là, il reste un petit bassin qui recueille un filet d'eau qui fait le bonheur des grenouilles.

Nous remontons par un autre chemin en escaladant un peu la falaise et arrivons au niveau du four à pain où une des filles fait cuire les galettes. Nous repartirons avec du pain frais.

Après le repas, descente dans la vallée.

Nous sommes prêts, la mule est chargée, et nous prenons la route. On remonte un peu la vallée jusqu'à la casbah De Imi n Ighissi vue la veille puis nous bifurquons dans une autre vallée. Un point d'eau avec une végétation très fournie. Des figuiers, lauriers roses, roseaux.

Le chemin devient difficile car il prend une gorge étroite et il faut aménager certains passages pour que la mule passe. Je suis toujours surpris par l'agilité de cette bête. Elle franchit des obstacles impressionnants. La gorge débouche sur un vaste plateau, nous sommes à 1960 m.

Nous trouvons un endroit pour déjeuner. J'en profite pour aller jusqu'à un petit pic rocheux qui surplombe le paysage. On voit jusqu'à Ighli au loin, quel chemin parcouru ! En attendant le déjeuner, je profite du peu de réseau pour voir un peu les messages. Il y a du vent et du soleil, je brûle …

On reprend le sentier et descendons dans l'autre vallée. Nous nous installons chez la famille de Moha,  nomades qui occupent un emplacement où vivait la famille de Hamou, mon guide.

Le dernier frère ayant occupé les lieux est parti pour la ville il y a quelques années. La vie nomade est vraiment difficile avec des hivers froids, des étés caniculaires, le manque d'eau, l'isolement qui pose vraiment problème lors de maladie. C'est pour cela que Hamou œuvre dans l'Association Nomade, essayant de leur faciliter la vie.

Ce soir je suis encore sous la tente et ne manquerai pas de me couvrir. Les deux Hamou ont la leur, il n'y a pas de pièce pour les accueillir. La famille a une grande tente nomade, c'est la première fois que j'en vois une dans le Saghro. Hamou me dira qu’ils sont là depuis deux semaines avec leur fille et belle fille.

Ce soir, repas berbère sous la tente nomade. Grande tente rectangulaire faite d'une bâche en laine des animaux de la ferme. Ici poils de chèvres et laine de mouton. L'espace est divisé en deux, le côté des hommes où on reçoit les invités. L'autre côté est occupé par les femmes, les deux filles et leur mère. Il y a le fils qui reste aux côtés de sa femme et leur bébé. Très jeune couple d'une vingtaine d'années. Les femmes participent aux discutions, surtout l'épouse de Moha qui plaisante beaucoup.

Repas traditionnel avec un couscous légumes. On voit bien que ce n'est pas l'opulence, repas qui apporte des calories avant tout. Hamou a aussi cuisiné des légumes que nous partagerons. Mais repas toujours animé, Moha, notre hôte aura beaucoup d'humour comme Hamou la veille. Beaucoup de plaisanteries et on voit qu'ils ont plaisir à recevoir du monde.

Hamou me dira que l'isolement pèse beaucoup l'hiver, ils sont parfois coupés du reste du pays par une tempête de neige ou des orages diluviens qui endommagent les chemins.

Après le repas, traditionnellement on s'installe autour d'un feu et on joue au jeu des énigmes qu'il faut bien entendu deviner. Il n'y a pas de feu mais Hamou se prête au jeu avec l'épouse de Moha qui lui soumettra plusieurs énigmes ... Je vais me coucher.

Fin du trek, retour à Handour.

Au loin Amguene N'Sfia et la plaine agricole.

Après notre rituel du petit déjeuner et le chargement de la mule, nous nous mettons en route. Le ciel est bien couvert et nous aurons un peu de pluie, juste pour embêter. Nous redescendons dans la vallée, au détour du sentier, j'aperçois un village en contre-bas, c'est Amguene N'Sfia. C'est là que nous nous dirigeons, nous allons déjeuner chez un des frères d'Hamou mon guide. Le plus jeune est présent avec sa petite fille et son épouse. Il y a aussi sa belle-sœur, épouse du plus âgé absent. Repas familial puis nous reprenons la route.

En chemin, Hamou me fera part des difficultés pour faire changer les choses. Il veut développer une culture avec irrigation gouttes à gouttes pour économiser l'eau qui se fait de plus en plus rare avec la sécheresse. Mais il se heurte aux réticences de ses frères qui préfèrent une agriculture traditionnelle avec les canaux d'irrigation qui gaspillent l'eau. Les puits sont souvent recreusés ou remplacés par un forage plus profond et le coût qui en résulte.

Nous cheminons tant tôt dans le lit de la rivière, tant tôt dans les cultures qui la bordent. On s'arrête souvent pour grappiller quelques dattes, quel délice ! Je n'aurais jamais mangé autant de grenades et de dattes douces et moelleuses. Mais faute de pluie et d'entretien, les palmeraies s'étiolent.

Ayant eu un peu de pluie, Hamou me dit que c’est idéal pour les scorpions qui en général sortent pour chasser. Une petite pause dans le lit de la rivière, et en me retournant j’aperçois une bestiole sur un rocher. Un scorpion !

Un dernier petit raidillon et nous arrivons à Handour où le chauffeur, qui nous avait déposés lors du départ, est là pour nous ramener à N'Kob.

On décharge la mule et rempli la petite fourgonnette. Je dis au-revoir à notre muletier en le remerciant pour la bonne cuisine qu'il nous a concocté durant une semaine et son efficacité à diriger sa mule lors des passages difficiles. Il lui faudra deux bonnes heures pour regagner son domicile. Vraiment content d'avoir fait tout ce périple en sa compagnie, il ne parlait pas beaucoup en français, mais nous nous comprenions.

Un au-revoir à notre mule pour avoir transporter tout notre attirail sans faillir. Même si elle semblait très chargée, Hamou son maître a toujours veiller à ce que les paniers soient bien équilibrés et bien disposés sur son dos. Je ne l'ai jamais vue en difficulté, la charge étant correcte pour elle et j'avais peine à la suivre ! Ciao belle mule ...

Arrivée au gite Berber Nomade Kasbah, je rejoins ma chambre pour une bonne douche avant de ressortir pour boire un dernier verre avec Hamou.

De l'importance de faire appel aux locaux.

Ce trek a été pour moi un enchantement. Des paysages somptueux, le Saghro est sauvage et c'est un paradis pour les passionnés de géologie. Une immersion totale dans la culture nomade, prendre conscience de leurs conditions de vie, leurs coutumes. Et Hamou m'aura beaucoup donné d'explications, d'anecdotes sur la vie qu'il a passé dans le Saghro de son enfance. Il connait chaque lieu, chaque famille, chaque tribu. Parfois avec beaucoup d'émotion comme dans ce dernier campement qui était autrefois celui de sa famille. Finalement son frère a quitté les lieux pour s'installer plus bas dans le village. De son enfance loin de ses parents trop éloignés de l'école ou du lycée. De ses années à l'université d'Agadir en fac de géographie et d'histoire.

C'était un trek assez physique certains jours, mais Hamou peut très bien adapter les étapes et faire un circuit plus court. Son action auprès des nomades pour apporter un peu d'autonomie aux femmes, des écoles aux enfants, des revenus aux familles est louable et témoigne d'une grande générosité.

Privilégiez cette authenticité plutôt que ces grosses agences qui soupaient les guides et n'apportent rien aux familles nomades, vous ne serez pas déçus !

ⵜⴰⵏⵎⵎⵉⵔⵜ ⵉⵎⴷⴷⵓⴽⴰⵍ ⵉⵔⵃⵃⴰⵍⵏ, ⵙ ⵜⴰⵖⵣⵉ ⵏ ⵢⵉⵎⴰⵏ ⵉⵡⴼⴳⴰⵏ ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ.ⵜⵢⴷⴷⵓⴽⵍⴰ.

Merci mes amis nomades. Longue vie au peuple Berbère. Amitiés.

Tracé global de notre trek dans le Saghro.

Notre Trek, trajet dans le Saghro.

Vidéos de chaque étapes.

Maroc – Aït Ben Haddou, le Moyen Atlas, Kasbah du Glaoui.

Talamzit

Le Maroc.

Un printemps en Pays Berbère.

Berbère Flag

ⵜⴰⴼⵙⵓⵜ ⵖⵓⵔ ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ

Berbère Flag

De Zagora vers Ouarzazate.

Notre trajet de Zagora vers Aït Ben Haddou.

Pour échapper aux tempêtes de sables, nous remontons vers le moyen Atlas. Départ de Zagora pour Aït Ben Haddou dans le moyen Atlas.

Sur notre route, de nombreuses kasbah abandonnées dont nous apprécions l'architecture, mais aussi des paysages désertiques et grandioses.

Nous circulons dans la vallée du Drâa, de nombreuses familles font leur lessive dans la rivière en faisant sécher leurs effets au soleil.

Pour ce trajet de Zagora à Aït Ben Haddou, nous empruntons des routes secondaires qui nous permettent de visiter d'anciennes kasbah et profiter de paysages magnifiques.

Nous commençons par la Kasbah des Caïds à Agdz puis prendrons un guide pour le Ksar de Tamnougalt.

La Kasbah des Caïds est assez récente, elle date des années 1930. Construite en pisé avec la terre environnante, elle s'intègre dans le paysage et semble aussi âgée que les autres.

Puis nous prendrons un guide pour la visite du Ksar de Tamnougalt datant du XVIe siècle. Il nous conduit dans un dédale de couloirs, salles, ruelles. Ce Ksar est toujours habité et une populations de juifs y habitaient avec synagogue, ateliers mais ils sont partis depuis bien longtemps...

La Kasbah des Caïds âgée de 170 ans mais semblant bien plus vieille.

Le Ksar de Tamnougalt du XVIe siècle.

Le Ksar de Tamnougalt du XVIe siècle.

Nous quittons la vallée du Drâa.

Nous quittons la vallée du Drâa et poursuivons vers Ouarzazate que nous dépassons pour nous rendre à Aït Ben Haddou. Nous avons retenu un hôtel qui se révèle très bien situé face au Ksar de Aït Ben Haddou.

La route traverse les paysages désertiques que nous affectionnons et nous nous retrouvons de plus en plus en altitude, les températures baissent de nouveau et nous sortons nos polaires.

Entre Agdz et Ouarzazate.

De Ouarzazate vers Aït Ben Haddou.

Après notre installation "Chez Brahim", nous irons visiter le Ksar Aït Ben Haddou à la lumière de cette fin de journée. Brahim nous fait accompagner par un guide local qui nous donnera moult informations sur ce Ksar.

Bien qu'un peu modifié par des tournages cinématographiques successifs, il garde son aspect de caravansérail almoravide du XIe siècle et est sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Sur la droite en base de la photo, on peut voir un grand portail ainsi qu'un plus petit plus à droite qui ont été construits pour les besoins de plusieurs films (Lawrence d'Arabie, Jésus de Nazareth, Games of Thrones) Ces productions hollywoodiennes ont aussi permis de restaurer, pour ne pas dire reconstruire, une bonne partie du Ksar.

La plupart des habitations sont occupées par des marchands de souvenirs bien que quelques familles y habitent toujours. Nous suivons notre guide qui nous amène jusqu'à l'agadir, le grenier à grain du Ksar qui culmine au sommet de la colline. Nous voyons l'ancienne synagogue ainsi que les kasbah entourées de petites maisons. La lumière de fin du jour est propice aux photos vue du haut car l'exposition est idéale.

Grande boucle jusqu'à Télouet, la Kasbah du Glaoui.

Village proche du Moyen Atlas.

Après le petit déjeuné sur la terrasse de l'hôtel avec pour vue le Ksar Aït Ben Haddou, une visite du village fortifié pour le voir avec une autre exposition puis nous prenons la route pour une grande boucle qui nous conduira jusqu'à la Kasbah Télouet.

La vallée que nous empruntons est magnifique avec les roches aux tons rouge, du clair au très sombre.

Quelques arrêts à Tamedakhte pour une ancienne kasbah et Timal pour des paysages sublimes. Puis nous arrivons à Télouet et sa Kasbah.

Nous arrivons à Télouet et allons visiter la kasbah du Glaoui. Téoulet se situe sur la route des caravanes entre Marrakech et Ouarzazate et est la ville natale de Hadj Thami el Glaoui surnommé le Pacha de Marrakech.

Lorsque nous arrivons, un tournage est en court mais la visite de la Kasbah est possible. De l'extérieur cette kasbah parait en ruine, mais dès que l'on y pénètre, les pièces ont été restaurées et certaines d'entre elles ont conservé leur splendeur. Les toits comportaient une couverture en tuiles vernissées vertes.

Seulement quelques pièces sont meublées et d'autres présentent des mur nus. Mais les parties restaurées sont magnifiques avec des stucs finement ciselés, des zelliges sur les murs, des plafonds en cèdre, c'est vraiment splendide. Cette kasbah, appelée aussi Palais du Glaoui, a été construite entre le XVIIIe et XIXe siècles. Située sur la route des caravanes mais aussi à proximité de mines de sel, les Pachas en ont tiré leur richesse.

L'engagement du Pacha Glaoui avec les français lui vaut une déchéance à l'indépendance et la kasbah est abandonnée et sombre dans l'oubli et la décrépitude.

Après notre visite et un thé, nous reprenons la route  qui serpente entre les sommets enneigés de l'Atlas. Nous terminons notre boucle en rentrant à Aït Ben Haddou que nous irons de nouveau visiter, on ne s'en lasse pas d'une telle splendeur.

Sur les routes de l'Atlas.
Le Ksar d'Aït Ben Haddou.

Grande boucle dans l'Atlas.

Grande boucle dans l'Atlas.

Aujourd'hui, nous partons pour une grande boucle dans l'Atlas. Nous ne sommes pas sûr de passer sur toutes les routes ou pistes et nous partons donc un peu à l'aventure.

Sur la route, nous passons près du complexe solaire d'Ouarzazate, à la pointe de la technologie.

Puis nous poursuivons en direction de l'Atlas aux sommets enneigés.

Le complexe solaire de Ouarzazate comporte trois types technologie.

Une partie de production électrique avec les panneaux solaires photovoltaïques, une autre partie thermique avec production de vapeur à partir de miroirs concaves qui concentrent l'énergie solaire sur des tuyaux horizontaux.

Une troisième partie du parc avec des miroirs qui concentrent les rayons du soleil au sommet d'une tour et chauffent du sel. L'avantage de cette dernière technologie est que le sel fondu peut être stocké et utilisé la nuit pour produite de l'électricité en produisant de la vapeur. Lors de notre passage, les miroirs concentraient les rayons du soleil sur un point décalé par rapport à la tour, d'ou ce petit "nuage blanc" juste à coté.

Cette boucle dans l'Atlas nous sera assez difficile, enfin surtout pour Ludo qui conduit. Nous commençons par une route en travaux sur 60 km. Bon ça roule mais sur une piste souvent défoncée par les travaux.

Nous allons en direction de Demnate et évitons cette ville pour prendre un bon café. Puis nous poursuivons en direction de Tabant.

Tout au long de ce périple, nous voyons les sommets enneigés de l'Atlas et nous sommes dans des vallées proche de 2000 m d'altitude. Les paysages sont splendides, le contraste des roches rouges, ocres, de la végétation dans le fond des vallées et la neige sur les sommets.

Au loin nous voyons une grande barre montagneuse couverte de neige et nous nous demandons où va passer la route. Lorsque nous commençons à gravir cette chaîne couverte de neige, la route fini par être encadrée par les chutes de neige de ces derniers jours et nous nous demandons si la voiture pourra passer.

Nous atteignons un premier col à 2917 m et le paysage est magnifique. Mais dès que nous franchissons le col et passons sur l'autre versant, le paysage est tout simplement féerique.

Au col d'Ighir n'Tissent

Nous sommes subjugués par une telle beauté, on ne s'y attendait vraiment pas. Finalement la tempête de sable dans le sud aura été bénéfique. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines car il reste encore beaucoup de route et l'après-midi est déjà bien avancée.

Nous poursuivons donc la route qui descend vertigineusement dans la vallée puis elle remonte vers une autre chaîne enneigée.

Une fois redescendus, nous remontons une nouvelle chaîne de montagnes et passons par un col à 2947 m et l'autre versant, bien que différent, est magnifique.

Nous avons la chance de passer ces deux cols en fin de journée et que ces deux vallées soient orientées est-ouest avec une jolie lumière de fin de journée qui donne ces tons chauds aux photos.

Nous poursuivons notre route et aboutissons dans une petite village à la nuit tombée. Nous suivons la direction "Ouarzazate" mais à un moment nous ratons la route et emprunterons une mauvaise piste caillouteuse sur plus de 45 km. Heureusement la route devient plus carrossable lorsque nous atteignons des villages.

Un message à l'hôtel pour les avertir que nous arriverons très tard et qu'ils nous gardent de quoi dîner. Nous arriverons tard à Ouarzazate puis direction Fint où se trouve notre hôtel dans une palmeraie.

Finalement, notre boucle dans l'Atlas aura duré plus de 13 heures et nous aurons parcouru 481 km. Ludo arrivera éreinté de ce périple !

Ouarzazate.

La Kasbah de Ouarzazate.

Après notre nuit dans la palmeraie de Fint, nous retournons à Ouarzazate pour rendre notre véhicule.

Nous en profitons pour visiter la Kasbah Taourirt de Ouarzazate, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO et très bien restaurée.

Au final, nous aurons parcouru 2112 Km lors de ce séjour au Maroc. Les routes étaient relativement en bon état et nous n'avons pas vu beaucoup de déchets traîner dans les bas-côté, bien moins de chez nous dans le sud de la France ! Les villes et villages traversés toujours très bien entretenus et propres.

L'accueil des marocains a toujours été chaleureux et les marchands de souvenirs ne nous ont jamais harcelé, parfois un peu insistants. Les hôtels toujours confortables, propres et décorés avec gout.

Nous avons senti une détresse car cela fait bientôt deux ans que le tourisme est interrompu par la crise sanitaire du COVID et les revenus du tourisme font vivre beaucoup de monde.

Nous aurons vu le Maroc profond, celui des nomades et paysans qui vivent des ressources de leurs terres et les sécheresses successives rendent leur vie bien difficile. Mais ils gardent le sourire et nous accueillent chaleureusement en proposant un thé.

Belle expérience !

Notre trajet cumulé au Maroc.

Maroc – Errachidia Meski Rissani Merzouga Zouala Zagora

Merzouga

Le Maroc.

Un printemps en Pays Berbère.

Berbère Flag

ⵜⴰⴼⵙⵓⵜ ⵖⵓⵔ ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ

Berbère Flag

En direction de Rich.

Trajet de Tighir à Zouala.

Nous partons en direction de l'Est avec comme objectif le désert à la frontière Algérienne.

Nous quittons la palmeraie de Tinghir et retrouvons les paysages désertiques en reprenant la route pour Tamtetoucht que nous poursuivons au-delà.

En prenant de petites routes (ou pistes) nous traversons le Maroc profond, visitons de petits villages typiques et visitons d'anciennes kasbah en ruines ou plus ou moins restaurées. Nous rencontrons très peu, pour ne pas dire aucun touriste.

Plateau désertique du Maroc profond.

Circulant sur un grand plateau d'altitude (1 500 à 1 800 m) le désert a repris ses droits et rares sont les zones de verdures. C'est lorsque nous redescendons dans l'étroites vallées que les oueds (rivières) apportent l'eau nécessaires aux cultures. Sinon, seules des chèvres et brebis trouvent de quoi se nourrir avec cette maigre végétation.

Difficile de photographier les femmes qui généralement se cachent ou nous invectivent pour nous signaler leur refus. Les chèvres ne se plaignent pas !

Nous croisons des nomades avec un âne chargé de branchages pour le feu et le bétail.

De Rich à Zouala.

Rich.

Un arrêt à Rich pour prendre un thé et faire quelques achats. Nous voyons des cigognes sur le minaret d'une des mosquées de la ville. C'est la première fois qu'il y en a autant sur un seul minaret. Il faut dire que sur celui-ci, elles ont beaucoup de place. C'est la saison des amours et de leur reproduction.

Nous continuons notre route en allant vers le sud. Nous avons comme objectif les dunes de sable de Zouala.

Peu après Rich, notre route prend la direction du sud vers Errachidia.

Zouala.

En route, nous voyons cette ancienne kasbah en ruine. Nous continuons en passant par Errachidia et progressons vers le sud.

Nous nous arrêtons à Meski pour voir la "Source Bleue". Quelle déception ! Dans un parc quasiment abandonné, un jeune guide nous conduit voir une sorte de piscine avec un peu d'eau au fond et quelques poissons. La grotte où devrait sortir l'eau n'est plus que l'ombre d'elle même. Le guide nous expliquera qu'à cause de la sécheresse, les agriculteurs pompent dans la nappe phréatique qui baisse et n'alimente plus la source. Ne faites pas ce détour, c'est franchement moche.

Nous circulons sur un vaste plateau désertique et au détour d'un virage, la palmeraie nous apparaît en contre-bas. Cette palmeraie serpente au grès du parcours de l'oued Ziz sur des dizaines de kilomètres. Nous descendons et trouvons une guesthouse bien sympathique. Nous nous installons et partons visiter une partie de cette grande palmeraie et leur village. L'accueil dans les villages est mitigé et la circulation dans les étroites ruelles est problématique.

La palmeraie de Zouala.

De Zouala à Merzouga.

Désert et dunes à Merzouga.
Notre trajet jusqu'à Merzouga et les dunes.

De Zouala, nous reprenons notre route vers le sud et finissons par atteindre Merzouga aux portes du désert. Nous essayons de faire quelques photos des dunes et nous sommes accostés par le patron d'un hôtel que nous suivons. Cela tombe bien car nous n'avions rien retenu.

Nous nous retrouvons donc à la lisière du désert dans un hôtel confortable pour la nuit. Lors de notre arrivée, le vent se levait et deux heures plus tard il souffle bien fort soulevant des nuages de poussière qui limite la visibilité. Je ne baverais par cette tempête et passerais la fin de l'après-midi à lire dans notre chambre.

Ludo ira explorer les ruelles de Merzouga ainsi que le début du désert, mais il ne fera que peu de photos car trop de poussière.

De Merzouga à Zagora.

Le désert aux portes des habitations.
Notre trajet de Merzouga à Zagora.

Ce matin le vent est tombé et l'atmosphère est redevenue limpide, mais notre hôtelier nous dira que le vent va de nouveau se lever et nous le constaterons quelques heures plu tard en quittant Merzouga.

Du coup notre programme est perturbé, chamboulé et nous devons trouver un nouvel itinéraire. Nous décidons de remonter dans les montagnes car nous aurons froid mais le temps sera plus clément. Nous irons dans un premier temps à Zagora.

Nous repassons par Rissani où nous nous arrêtons pour visiter le mausolée mais il est fermé pour cause de COVID. Nous allons un peu plus loin pour visiter un Ksar (village fortifié) le Ksar Ouled Abdelhalim.

Le Ksar Ouled Abdelhalim présente de jolies pièces assez bien conservées mais l'ensemble mériterait une bonne restauration. Nous n'aurons pas accès aux parties habitées. Nous irons aussi visiter le Ksar El Faidha où se trouve une résidence royale mais en restauration et donc fermée.

Poursuite de notre itinéraire en direction de Zagora. Nous suivons une grande chaîne de montagne entourée d'une paysage désertique où on ne verra que quelques dromadaires. Une partie de ce paysage ressemble à de la savane avec des acacias disséminés.

Nous arrivons à Zagora où nous avons retenu une chambre dans un riad de la palmeraie.

Une fois installé dans le Riad Soleil du Monde, on nous propose d'aller visiter une ancienne kasbah qui comprend un quartier juif dont les occupants sont partis depuis plusieurs années. La synagogue a été transformée en mosquée ...

Repas au riad en terrasse, les températures sont nettement plus douces. Nous dînerons d'un éternel tajine au poulet.

Le lendemain, nous repartons en direction de Ouarzazate puis de nouveau dans les montagnes.