Maroc – Flore du Djebel Saghro

Maroc flore du Saghro
Berbère Flag

La Flore du Djebel Saghro au Maroc.

Maroco Flag

Écologie de la Flore de l'Atlas.

Lors de mes trois séjours dans le Djebel Saghro au Maroc, j'ai tenté d'observer la maigre flore des zones désertiques d'altitude.

Le djebel Saghro constitue la zone la plus aride de la chaîne de l'Anti-Atlas. Il ne bénéficie pas, à la différence des zones situées plus à l'ouest, d'une humidité de l'air assez élevée du fait de l'éloignement de l'océan Atlantique. Les précipitations annuelles ne dépassent pas 100 mm au sud et 300 mm sur les sommets.

La végétation se présente de façon étagée entre la plaine et la montagne. Au premier étage (850 à 1 200 mètres), le doum (palmier nain) voisine avec le thuya de barbarie, le caroubier, l’olivier sauvage, le pistachier lentisque et le laurier–rose. Y abondent lavandes, cistes et genêts. Parfois, le thuya est associé à diverses sortes de genévriers. En moyenne montagne (1 000 à 2 000 mètres), l’humidité augmente et le chêne vert domine, mêlé de genévriers rouges.

Sur les hauts plateaux et les hautes vallées (2 000 à 2 500 mètres), les arbres disparaissent, remplacés par des genêts et des plantes buissonnantes. Le seul qui subsiste est le genévrier thurifère sur les versants nord ou ouest. En mars et jusqu’en juin, une pelouse humide apparaît sur les plateaux, égayée de narcisses. Seuls les coussinets épineux se maintiennent en haute montagne (à partir de 2 500 mètres) : l’alysson au feuilles grises, le buplèvre, le cytise de balancsa, un genêt à fleurs jaune, la sabine piquante.

Au–dessus de 3 600 mètres, les coussinets disparaissent et la végétation est absente. Le leucanthème de l’Atlas, une violette à feuilles épaisses, fleurit au sommet du Toubkal. La végétation a été dégradée par l’homme et ses troupeaux, au point de ne plus pouvoir se régénérer. Autrefois de belles chênaies devaient couvrir les versants de l’Atlas, aujourd’hui on tente de les reboiser, semble–t–il avec succès, avec des plantations de pins d’Alep.

 

Je n'ai bien sûr pas la prétention de faire un article exhaustif présentant la totalité de la flore du Saghro. Mais je présente ici certaines plantes, arbres rencontrées lors de mes treks et sur lesquelles nous avons parfois échangé avec mon guide Hammou, notamment sur leurs propriétés médicinales traditionnelles ou culinaires.

Pour les mordus, ce site Sahara Atlas, traite des végétaux du Maroc et de la bande saharienne.

Lawsonia inermis, Le Henné.

Parmi les plantes cultivées au Saghro, nous trouvons de nombreuses parcelles plantées de Henné et, en ce mois d'octobre, la récolte bas son plein.

Il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l'adoucissant. Au hammam, le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau où on le mélange au savon noir pour le répartir sur l'ensemble de la peau avant le rituel du gommage. Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation. En soin capillaire, il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique. Pour effectuer des tatouages lors de cérémonies comme les mariages.

Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.
Lawsonia inermis, Henné.

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Le Jujubier est très bien adapté aux zones arides, désertiques. Il supporte des conditions sévères de sécheresse, de vent et d'ensoleillement.

Nous verrons des essais de reboisement lors de nos randonnées journalières. Les sillons ont été creusés mais aucune plantules ne sera observées. Affaire à suivre ...

Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.

Punica granatum, Grenadier.

Dans les zones cultivées, irriguées, j'ai aimé tout particulièrement les grenadiers. Arbustes magnifiques avec leurs fruits mûrs aux couleurs éclatantes.

Il est en général entouré d'amandiers, d'oliviers, de palmiers dattier, abricotiers, figuiers.

Punica granatum, Grenadier.
Punica granatum, Grenadier.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Comme le Jujubier, il s'adapte bien aux zones arides. Une utilisation importante est la lutte contre l'érosion des sols. Il renforce le sol et est utilisé pour le reboisement des pentes arides et escarpées ainsi que pour la prévention des glissements de terrain.

Le pistachier de l'Atlantique (Pistacia atlantica ) est planté comme arbre d'ornement, offrant un ombrage agréable et résistant à la sécheresse.

Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Le caroubier est lui aussi cultivé. Pour son aspect ornemental et l'ombre qu'il fournit dans les villes, mais aussi pour ses fruits, les gousses dont les graines sont riches en protéines et nourrissent le bétail. Le caroubier est une plante mellifère intéressante à une période (l'automne) où pollen et nectar se font rares.

Au Maroc, troisième pays producteur mondial de caroubes (2017), il est utilisé pour ses vertus médicinales car, grâce à sa teneur élevée en fibres, elle exerce un effet régulateur sur la fonction intestinale et est utilisée dans les cas de diarrhée ou de constipation chez les enfants. Elle est alors administrée sous forme de préparation instantanée, comme un chocolat chaud. La gomme de caroube est utilisée comme épaississant ou gélifiant en industrie alimentaire.

Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu dans certaines zones. Hammou me dira que certaines crêtes en étaient couvertes quand il était enfant.

C'est un arbre qui pousse extrêmement lentement et nous verrons quelques spécimens ayant plusieurs siècles.

Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Comme pour le Cyprès, trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu.

Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Chamaerops humilis est un palmier nain dont la variété cerifera produit un feuillage gris bleuté. Cette espèce indigène se développe dans les montagnes de l'Atlas et on le retrouve ainsi dans le Djebel Saghro. Il est très rustique et se développe jusqu'à 1200 m d'altitude.

Il forme des touffes compactes et pousse dans les zones où il trouve de l'eau dans le sous-sol en suivant le trajet des ruisseaux ou sources. Il est communément appelé « doum » ou « alfa » par les locaux et est utilisé pour fournir des fibres végétales.

Hammou me dira qu'on peut consommé le cœur avec modération car présente une certaine toxicité.

Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.

Vitex agnus-castus, Arbre au poivre ou gattilier.

Utilisé comme condiment en remplacement du poivre.

Il est réputé calmer les ardeurs sexuelles et était notamment utilisé dans les matelas des lits médiévaux. On en tire d’ailleurs une épice nommée « poivre des moines ».

Les fruits du gattilier équilibrent la production de progestérone et d’œstrogène et viennent bloquer l’action des hormones androgènes, la testostérone par exemple. Son action progestéronique a été prouvée à travers de nombreuses études.

Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.
Vitex agnus castus, Arbre au poivre.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Il permet de lutter contre la désertification dans les zones arides. De par le peu d’exigences en eau qu'il requiert, et sa capacité à coloniser des milieux défavorisés, il est considéré comme l’arbre pionnier des surfaces sèches.

le bois présente un intérêt majeur comme combustible et comme bois de construction.

Les graines peuvent être mangées. L'Acacia faux-gommier présente un intérêt pastoral appréciable grâce aux feuilles, fruits et même épines qui pourront servir de fourrage pour le bétail, dont notamment les chèvres.

Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Espèce rustique, on le retrouve au Maroc où il supporte bien la sècheresse.

Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

La plante est utilisée comme remède pour le traitement des plaies cutanées, de l’asthme et de la bronchite. Au Maroc, le latex est appliqué extérieurement pour les furoncles et abcès et pour retirer les épines de la peau.

Des produits issus de Pergularia tomentosa sont utilisés en tant que dépilatoire.

Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.

Haloxylon salicornicum.

Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.
Haloxylon salicornicum.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

La plante est utilisée comme remède contre la toux, les maux de tête et les rhumatismes.

Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.
Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Cette plante colonise les premières pentes arides et ensoleillées de l'adret de l'Anti-Atlas et du Haut-Atlas.

Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Très souvent retrouvée dans le lit des rivières à sec, sur les chemins. Les fruits sphériques de 5 à 10 cm de diamètre (de la taille d'une petite orange), ressemblant à une petite pastèque, de couleur verte panaché de jaune clair, devient complètement jaune à maturité.

La chair légère, spongieuse, de couleur jaune orangé, est très amère et toxique. Les nombreuses graines ovoïdes et aplaties, de couleur variant de l'orange au brun noirâtre, sont comestibles.

Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.

Anvillea garcinii.

Anvillea garcinii
Anvillea garcinii

Deverra scoparia.

Cette Ombellifère fait partie de la pharmacopée traditionnelle des Touaregs pour le traitement de l’hépatite, du diabète et des infections urinaires en infusion et, en poudre, dans le traitement des morsures de vipères et de scorpions.

Son odeur de fenouil est utilisée dans la fabrication de fromages de chèvre.

Ses activités biologiques intéressent également la médecine moderne et de nombreuses études phytochimiques ont montré une grande richesse en huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antioxydantes, acaricides et anti-inflammatoires.

Deverra scoparia.
Deverra scoparia.
Deverra scoparia.

Launaea arborescens, Launée arborescente.

Launaea arborescens, Launée arborescente.
Launaea arborescens, Launée arborescente.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Lavandula mairei humbert, Lavande.

Ononis natrix, Bugrane gluante.

Cette plante aurait des propriétés diurétique, dépurative, utile contre les rhumatismes et en dermatologie contre certaines dermites.

Ononis natrix, Bugrane gluante.
Ononis natrix, Bugrane gluante.

Viscum cruciatum, Gui.

En médecine populaire, ses feuilles fraîches ou séchées sont reconnues pour leurs bienfaits sur divers troubles métaboliques (notamment le diabète et l'artériosclérose), les crises de goutte et les douleurs rhumatismales. Le gui est également apprécié pour son action régulatrice de la tension artérielle.

Ses propriétés hémostatiques en font un remède traditionnellement utilisé pour limiter les hémorragies, qu’elles soient intestinales, pulmonaires, menstruelles (ménorragies) ou nasales (épistaxis). Il joue un rôle préventif contre les accidents vasculaires cérébraux. Il a été employé pour atténuer les manifestations de l’épilepsie, grâce à ses effets antispasmodiques. Ces propriétés lui ont valu d’être utilisé dans l’accompagnement des affections impliquant des spasmes, comme l’asthme, les toux convulsives, la coqueluche ou encore les hoquets persistants.

Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.
Viscum cruciatum, Gui.

Withania adpressa.

Cette espèce est utilisée dans certaines régions pour ses propriétés antioxydantes, antibactériennes et antifongiques.

Withania adpressa.
Withania adpressa.
Withania adpressa.

Maroc – Le Djebel Saghro – Randonnée de six jours

maroc djebel saghro
Berbère Flag

Trek au Djebel Saghro, Maroc.

Maroco Flag

Situation géographique.

En tamazight, Saghro signifie sécheresse , un nom approprié si l'on considère que le Jbel Saghro est la région montagneuse la plus sèche de tout le massif de l'Atlas.

Le djebel Saghro, orienté selon un axe SO-NE, est un prolongement oriental de l'Anti-Atlas, dont il est séparé par la vallée du Draâ . Au nord de la chaîne s'étend la vallée du Dadès, qui la sépare du massif du Haut Atlas.

Le point culminant de la chaîne est l'Amalou n'Mansour (2 712 m) , situé au sud-est d'Iknioun.

Situé à l'intérieur des terres, ce massif ne bénéficie pas des vents de l'océan Atlantique qui apportent de l'humidité aux chaînes de l'Anti-Atlas, plus à l'ouest, ainsi qu'aux autres chaînes exposées à l'océan, plus au nord. Les précipitations annuelles ne sont que de 100 mm sur les versants sud et de 300 mm aux sommets.

Paysage lunaire de plateaux, de pics, de canyons parcourus par des oueds, des forêts, le tout dominé par des pitons de basalte (necks).

Histoire géologique.

Son histoire géologique est très ancienne avec une alternance de phases volcaniques, de sédimentation puis d'érosion. Les premiers reliefs volcaniques sont constitués de trachytes et de rhyolites. Leur érosion a formé des conglomérats et des grès.

Il y a eu ensuite des périodes de sédimentation continentale, puis marine (gisements de trilobites). Le soulèvement de la période hercynienne donne la forme générale du massif. Plusieurs épisodes tectoniques avec issue de roches magmatiques (dolérites), puis volcaniques au Tertiaire avec libération de phonolithes se prolongent jusqu'à l'orée du Quaternaire. L'érosion complète la morphologie actuelle du massif.

Des mines sont exploitées sur le versant nord à Tiouit (or, argent) et Imiter (argent).

Arrivée à N’kob ( ⵏⵇⵓⴱ ):

J’arrive aux aurores à l’aéroport de Marseille pour un vol en direction de Ouarzazate, où je retrouve Moha, le taxi envoyé par Hammou.

Nous nous arrêtons à Ouarzazate pour acheter une carte SIM et avoir un peu de connexion, bien que je sais qu’une fois que nous serons dans les montagnes, je n’aurais plus de réseau, donc plus de data. Finalement, certains jours j'aurais un peu de connexion avec ma carte Maroc télécom. Hammou me dira que le réseau Inwi est plus présent au Saghro. J'aurais du le savoir !

Puis, nous partons pour N’Kob, à 135 Km de l’aéroport, 2 heures de trajet.

A N’kob, je retrouve l’hôtel Berber Nomad Kasbah et on m’attribue la même chambre. Je retrouve Hammou pour le déjeuner dans un petit resto de la rue principale puis retourne à l’hôtel pour une petite sieste réparatrice.

Une petite balade pour visiter une jolie casbah et les jardins de la palmeraie puis retour à l’hôtel pour le dîner, un tajine au poulet et citron excellent.

Hammou, mon guide.

C'est le troisième trek que je fais avec Hammou, mon guide. C’est un enfant du pays. Ses parents étaient nomades dans le Djebel Saghro, où il y a gardé les chèvres dans son enfance.

Il connaît toute cette région comme sa poche, me montrant les emplacements des camps nomades de ses parents, l’endroit où il est né, perdu dans les montagnes, les sources où ils venaient chercher l’eau ou faire boire le bétail, les villages et maisons de sa famille.

Hammou est intarissable sur les plantes, leur vertu médicinale ou alimentaire. Nous ramassons des cailloux et il en détermine la nature. Il m'indique les traces dans le sable, serpent, lézard, renard ...

Il a construit, sur sa propriété, un igloo pour accueillir les touristes et a pour projet d'en construire un second et aménager une terrasse face à un paysages superbe pour la détentes de ses convives.

Hammou est très impliqué dans les projets d'aide aux nomades du Saghro, d'écoles permettant la scolarisation des enfants sans qu'ils fassent trop de kilomètres pour trouver une classe. Il ne manque jamais d'apporter ses conseils et soutiens aux nomades que nous rencontrons.

C’est avec un grand plaisir que je le retrouve et me laisse guider dans ces paysages sublimes pour la troisième fois.

Si vous soutez le contacter, consulter sa fiche avec ses coordonnées.

Jour 1: De Tifrit ( ⵜⵉⴼⵔⵉⵜ ) à Daw ourir nzgigi ( ⴰⴳⵔⴷ ⵏⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏⵣⴳⵉⴳⵉ )

Après le petit déjeuner au Berber Nomad Kasbah, je retrouve Hammou et nous partons en voiture à 8 km pour démarrer notre trek. La mule est là ainsi que Hammou, le muletier et cuisinier durant notre trek. Tri de nos affaires et des provisions, chargement des paniers et leur placement sur le dos de l’animal et nous pouvons prendre la route.

Nous marcherons dans le lit d’une rivière à sec, cheminant dans les paysages désertiques. Comme toujours, lors de la marche, nous échangeons souvent avec Hammou. La rivière à sec, le manque de pluie, la chaleur excessive et les problèmes rencontrés par les agriculteurs de la région du Saghro qui ont bien du mal à faire prospérer leur travail dans les champs.

Nous ferons un arrêt à zgigi ( ⵣⴳⵉⴳⵉ ), dans le lit de la rivière pour notre pique-nique de midi. Hammou en profite pour faire boire sa mule. Petite sieste à l'ombre avant de repartir.

Nous rencontrons un groupe d’agriculteurs mettant en sac le henné récolté. Nous traversons des champs où il n’y a plus de culture, seulement des amandiers et quelques dattiers. Nous sommes en pleine récolte des dattes, les bouquets étant protégés des prédateurs par des filets. Nous en cueillons quelques unes, sucrées, juteuses, un délice.

Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu, et les agriculteurs ont beaucoup investi dans des forages pour irriguer leurs cultures. Mais Hammou me dira que la jeunesse a du mal à se projeter dans l’agriculture, les revenus étant très aléatoires.

Nous finissons, au bout de douze kilomètres, notre première journée de trek. A l’écart d’un village, nous nous installons sur les hauteurs dominant la rivière.

Fin d’après-midi paisible, un premier thé berbère en arrivant puis, après avoir monté nos tentes, les deux Hammou préparent le repas.

Notre premier campement.

Des enfants viennent nous voir et discutent beaucoup en amazigh. Ils sont scolarisés dans le village voisin où ils apprennent l’arabe littéraire et le français. Hammou déplore que l'amazigh ne soit pas au programme car c’est leur langue maternelle dont l’écriture est si belle. Les enfants retournent au village et nous nous mettons à table.

Jour 2: De Daw ourir nzgigi ( ⴷⴰⵡ ⵓⵡⵔⵉⵔ ⵏ ⵣⴳⵉⴳⵉ ) à Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 2

Réveil tôt ce matin, juste après le lever du soleil. Petite toilette sous ma tente puis je rejoins les deux Hammou pour le petit déjeuner. C’est toujours un repas important au Maroc, il est copieux. Du pain grillé et miel, confiture, huile d’olive, fromage, omelette. Du café au lait juste pour moi alors qu'eux boivent du thé.

Je range mes affaires, remplit mon sac, replie ma tente et nous chargeons la mule en équilibrant bien les deux paniers. Rien ne traîne, nous levons le camp et partons sur les sentiers.

Nous étions à 1 300 mètres d’altitude et le sentier monte progressivement. Nous passons devant une grande bâtisse occupée par une famille, puis une école maternelle aux murs colorés, une autre ferme puis les pics typiques du Saghro pointent à l’horizon.

Les paysages sont arides, minéral. Nous cheminons comme la veille dans le lit d’une rivière à sec.

Arrêt pour déjeuner à Boygra ( ⴱⵓⵢⴳⵔⴰ ). Il y a toujours un thé pour commencer et aujourd’hui il est agrémenté d’une sorte de pizza qu’une paysanne nous à donner en même temps que quelques dattes et des grenades.

Il y a toujours un bon accueil sur la route lorsque nous rencontrons des nomades berbères. La majorité sont devenus sédentaires, occupant de grandes bâtisses où plusieurs familles coexistent. Nous sommes régulièrement invités pour un thé.

Ils vivent de l'élevage, surtout des chèvres, parfois des moutons, et de quelques cultures maraîchères ainsi que des arbres fruitiers.

Le repas terminé, nous faisons une petite sieste à l'ombre avant de repartir. Il fait assez chaud, plus de 27°c, le soleil est implacable et nous repartons en début d’après-midi.

Nous grimpons toujours, le Saghro nous entoure de ses formations majestueuses, imposantes, minérales.

Nous trouvons un emplacement adéquat pour notre camp. Nous avons demandé de l’eau à une famille avant d’atteindre les hauteurs. Nous sommes de nouveau installés dans le lit à sec d’une rivière, cette fois, de l’eau s’écoule en un mince filet ce qui suffira pour abreuver la mule et faire la vaisselle. Parmi les joncs, des grenouilles sautent dans l'eau et se cachent dans la vase.

On retrouve souvent des palmiers au bord des cours d'eau ainsi que les joncs et palmiers nains.

Nous avons atteint les 1 680 mètres d’altitude, il fait un peu plus frais ce soir. J'aurais un peu chaud dans mon duvet.

Une dernière infusion et je regagne ma tente. Un dernier coup d'œil au ciel étoilé, pas de pollution lumineuse, la voie lactée est magnifique. Peu avant 22 heures, la lune émerge derrière la montagne, le spectacle est magique.

Jour 3: De Tigniddin ( ⵜⵉⴳⵏⵉⴹⵉⵏ ) à Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ )

Maroc Djebel Saghro trek jour 3

Nous quittons notre campement après un copieux petit déjeuner. Nous empruntons un sentier qui longe la piste carrossable.

La plaine monte en pente douce vers des chaînes de grès qui barrent l’horizon. Les massifs rocheux sont sculptés par l’érosion et se découpent contre le ciel.

Aujourd’hui, un vent venu de l’Est, chargé de la poussière venue du désert, barre l’horizon. Cette brume estompe les sommets lointains rendant le paysage mystérieux. Aux Canaries, on appelle cette brume le Calima, et elle est bien présente aujourd’hui.

Nous suivons tantôt un sentier, tantôt la piste. Nous passons par un col à 2 052 m. Nous y rencontrons deux couples lyonnais qui explorent la région en quad. Petit arrêt pour discuter puis nous continuons la piste qui redescend. Nous rencontrons deux 4X4 de toulousains avec qui nous échangeons, ils sont un peu perdus. Hammou leur indiquera la bonne piste. C’est le premier jour où nous rencontrons des touristes.

Arrêt pour déjeuner près d’un point d’eau à Tagmout ( ⵜⴰⴳⵎⵓⵜ ). Il n’y a pas beaucoup d’ombre et nous ne ferons pas de sieste.

Hammou amène sa mule sur du sable où elle s'y roule pour un bon bain de poussière.

Nous repartons et traversons une chaîne montagneuse pour redescendre vers le village d'Assaka n'Ait Ouzzine.

Nous irons dans la famille Assaka, qui nous accueille, selon la tradition, avec un thé, accompagné, de dattes et d'amandes, de miel et huile d'olive et du pain.

Ma tente plantée dans la cour, j’en profite pour aller prendre une douche chaude. Un bonheur !

Hammou, le muletier, aidé des cuisinières de la famille, préparera un couscous que nous mangerons en compagnie de Mohamed, un des fils de la famille qui parle un français parfait.

Il tient la Guest House Ait Aamr (+212 710 708 966) où il accueille les touristes de passage.

Les discussions en Amazigh vont bon train. Hammou me donne de temps en temps des traductions.

Ils se donnent des nouvelles des uns et des autres, le Saghro est peu peuplé, tout le monde se connaît.

La Guest House Ait Aamr.

Mohamed Assaka parle avec Hammou de son gîte pour accueillir des touristes, des améliorations qu'il compte faire.

Belle étape, nous avons marché presque 18 km avec plus de 600 m de dénivelé positif comme négatif.

Durant notre marche, je discute toujours autant avec Hammou, sur les minéraux et les plantes rencontrés sur le sentier. Certaines plantes sont utilisées pour leur valeur médicinale ou culinaire. Nous passons aussi devant d’anciennes mines de quartz et barytine, et les pistes sont construites pour y accéder, un plus pour la région.

Encore une super journée avec de fantastiques paysages.


Guest House Ait Aamr

Contact : Mohamed Assaka (tel et WathsApp +212 710 708 966)

Jour 4: De Assaka ( ⴰⵙⴰⴽⴰ ) à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ )

Lever de soleil à Assaka.
Maroc Djebel Saghro trek jour 4

Je me lève un peu avant le lever de soleil, le village est encore endormi, seuls les coqs chantent.

C'est Hammou, le muletier, qui se lève en premier et commence à préparer le petit déjeuner. Nous le prenons tous ensemble, Mohamed Assaka nous rejoint et discute avec mes guides.

Je range mes affaires, démonte la tente pendant que les deux Hammou rangent, eux aussi, tout le matériel.

J'aide à charger la mule, puis nous quittons la Guest House Ait Aamr. Je remercie Mohamed Assaka pour son accueil et hospitalité et nous prenons le chemin en direction de l’Est.

Aujourd’hui, nous ne croiserons aucun touriste, quelques berbères dans des camps nomades, la région est vraiment peu peuplée.

Les paysages sont toujours aussi beaux et désertiques. Pas un seul arbre. Hammou me montrera une crête où il y avait, jadis, de grands genévriers. Ils ont tous été coupés pour faire du bois de construction. Ces arbres mettent des dizaines d'années à se développer, une perte pour cette nature difficile.

Nous passons sur de grandes zones où des sillons parallèles ont été creusés. Hammou me dit qu’un essai de reboisement avec des jujubiers est en cours. Ces arbustes sont bien adaptés aux terrains désertiques.

Des forages ont été faits pour apporter de l’eau aux familles nomades et aussi certainement pour irriguer ces plantations. Pour le moment, nous ne voyons rien, pas de plantules.

Au creux de certains vallons, des palmiers nains poussent. C'est le signe qu'il y a de l'eau à cet endroit, parfois uniquement souterraine.

Des roches en forme de champignon, érodées par le vent. Je retrouve aussi, tout au long des sentiers, des roches patinée. Leur surface est foncée, lisse et brillante. C'est l'action du vent chargé de sable qui poli leur surface.

Nous passons devant une source que j'avais vue lors de mon dernier trek. Elle a été bien aménagée avec un abreuvoir pour le bétail. L'eau est bien claire bien qu'un petit filet coule. Je ramasse un peu de menthe pour le thé.

Arrêt à Tinwayour ( ⵜⵉⵏ ⵡⴰⵢⵓⵔ). Nous déjeunons en plein soleil étant sur un plateau dépourvu d’ombre. Donc pas de sieste encore aujourd'hui.

Dans la descente, nous croisons une chèvre avec son cabri de quelques heures qui marche à peine. Nous nous approchons, mais elle nous regarde, inquiète. Nous ne les dérangeons pas plus.

Nous entamons une grande descente, raide, dans les pierres. Le sentier est difficile, mal marqué car peu de monde l'emprunte.

Vers le fond de la vallée, nous retrouvons un point d'eau. Il n'a pas plu depuis de nombreux mois, et le peu d'eau est capté pour irriguer quelques cultures.

Nous terminons notre journée de trek dans la vallée de Berkou, à Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ). Nous nous installons sur les berges d'une rivière là encore à sec. Hammou ira chez de la famille pour se procurer de l'eau.

Nous avons marché 18 km avec un col à 1971 m, plus de 500 m de D+ et presque 800 m de D-.

Le sentier de la descente était en mauvais état, très raide et je suis toujours étonné de l’agilité de notre mule qui, guidée par Hammou, franchit tous les obstacles et progresse habilement là où je me dit que je vais bien finir par m’étaler.

On la sentait tout de même bien contente d’être arrivée et déchargée. Un sac d’avoine a été sa récompense bien méritée. Et elle sera abreuvée avant la préparation de notre repas.

Les deux Hammou cuisinent un tajine aux légumes pour ce soir et de la grenade en dessert. Je me régale.

Même s'ils n'ont pas apporté beaucoup d'ustensiles de cuisine, cocotte minute et plat à tajine, les repas sont toujours délicieux et ce n'est pas encore là que je perdrai du poids.

Jour 5: De Daw aabid ( ⴷⴰⵡ ⵄⴱⵉⴷ ) à Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ )

Une journée où les paysages sont exceptionnels ! Mais aussi un trek très long, 23 km. Ce sera la plus longue distance parcourue durant cette semaine au Maroc. Certainement ma plus belle journée de randonnée.

Maroc Djebel Saghro trek jour 5

Nous démarrons notre trek en suivant la rivière pratiquement à sec. Subsistent quelques mares envahies de têtards et de grenouilles qui plongent pour se cacher dans la vase.

Nous passons devant une vieille bâtisse qui appartenait au grand-père de Hammou. De là, nous montons vers un col, la vue sur les sommets est superbe. Hammou me fait voir des crêtes où nous pourrions faire un trek une prochaine fois.

Je lui donne, dès à présent, rendez-vous pour l'an prochain. La vue de cette montagne me donne vraiment très envie d'y parcourir les crêtes.

Du col, nous montons vers un plateau et atteignons les 1814 m d’altitude. De là, nous redescendons vers l'autre versant et je retrouve les formations vues lors de mes derniers treks.

On se croirait en Arizona. Des pics, des plateaux tabulaires, le paysage est magique et je ne m’en lasse toujours pas.

Des parois de grès sculptées, de larges plateaux aux falaises abruptes surplombant des roches rouges et orangées. Je reconnais les lieux de nos derniers passages, où nous avions campé ou déjeuné.

Nous poursuivons et arrivons chez Hammou, le muletier, à ighazoun (ⵉⵖⴰⵣⵣⵓⵏ) Il nous attendait pour le déjeuner. Arrivée un peu tardive, nous avons déjà marché 16 km.

Hammou apporte le thé puis un tajine aux légumes. Ils n'utilisent pas de poivre, comme condiment, mais de la poudre de cumin.

Un peu de repos avant de reprendre la route, puis une fois la mule chargée, nous nous mettons en marche.

Nous suivrons le cours d’une rivière à sec pour arrivée dans la famille de Hammou, mon guide, qui nous attendait.

Un thé, les deux frères et la belle-sœur discutent un moment, puis nous rejoignons l’igloo que Hammou a construit l'hiver dernier.

Très accueillant, l'espace est grand et confortable pour quatre personnes. Il y a un coin toilette et douche dans un autre local tout proche. La vue sur les montagnes en face est superbe et je conseille à Hammou de construire un espace de repos face à ce magnifique panorama.

Nous dînons devant l’igloo, je les laisserais en grande discussion tous les trois pour aller me reposer dans l'igloo.

Nous avons marché plus de 23 km aujourd’hui, je suis un peu vanné, un grand besoin de reposer mes jambes. Extraordinaire randonnée.

Jour 6: De Tifdassin ( ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ ) à Nkob ( ⵏⵇⵓⴱ )

Igloo de Hammou à Tifdassin . ⵜⵉⴼⴷⴰⵙⵉⵏ
Maroc Djebel Saghro trek jour 6

Après un dernier chargement de la mule, nous nous mettons en marche. Nous suivons le cours de la rivière et passons par des terrasses de cultivées.

Outre les palmiers, amandiers, oliviers, grenadiers et autres arbres fruitiers, nous trouvons des jardins maraîchers où les semis d’hiver commencent à se développer. Des carottes, navets, coriandre, mais aussi de la luzerne et de l'alfalfa pour le bétail.

Rencontre avec quelques paysans qui viennent s’occuper de leurs cultures, notamment de l'irrigation de leur parcelle.

En chemin, nous glanons quelques dattes que nous dégustons sur place, elles sont sucrées, succulentes, j'en raffole. Hammou cueille aussi quelques grenades.

Nous rencontrons une équipe qui effectue des forages de prospection pour un futur barrage de 20 mètres de haut sur cette rivière.

Gros problèmes d’eau dans le Saghro, plusieurs épisodes de sécheresse ont entraîné un exode rural.

Depuis ma dernière venue il y a deux ans, j’ai pu voir le nombre de nouveaux forages et pompes pour puiser d’eau de la nappe phréatique. Beaucoup d’agriculteurs se sont équipés. Beaucoup de cultures sont maintenant irriguées par des dispositifs de gouttes à gouttes bien plus économes en eau.

Un peu plus loin, Hammou me montre quelques gravures rupestres puis un petit serpent qui se faufile sur les rochers.

Nous arrivons au terme de notre trek et retrouvons Hammou qui a déchargé sa mule et préparé le repas. Un petit thé à la menthe pour nous désaltérer, le chauffeur qui doit nous ramener à N’kob vient se joindre à nous.

Fin du repas, fin de l’aventure berbère, je remercie chaleureusement notre muletier qui va repartir chez lui avec sa mule déchargée. Nous rentrons, Hammou et moi, à N’Kob où je retrouve ma chambre à Berber Nomade Kasbah.

De retour à l'aéroport de Ouarzazate, on voit la centre solaire avec sa tour où les faisceaux des miroirs concentrent les rayons du soleil afin de faire chauffer un réservoir de sel et produire de l'électricité.

Totalité des Treks de 2023 et 2025.

En 2023, j'avais effectué un grand trek de six jours en compagnie de Hammou. J'ai retrouvé certains lieux où nous étions passés en 2025.

Cette année, nous aurons fait de plus grandes étapes, et j'ai adoré ces paysages immenses lors de ces longues randonnées, près de 100 km cette année dans des paysages sublimes !

Maroc Djebel Saghro trek 2025
Maroc Djebel Saghro treks 2025 et 2023

C’était un plaisir de rencontrer de nouveau tous ces nomades perdus dans les immensité du Saghro, leur accueil chaleureux, leur hospitalité, toujours prêts à vous servir un thé ou vous inviter à partager leur repas ou vous héberger pour la nuit. Hammou est très actif pour le développement du tourisme dans le Saghro, c'est toujours un petit supplément de revenu pour eux.

Rendez-vous pris pour l'an prochain, j'espère bien découvrir ces fameuses crêtes !

Maroc – Trois jours de randonnée dans le Djebel Saghro.

Djebel Saghro

Le Maroc.

Randonnée dans le Djebel Saghro

ⵜⴰⵏⵢⵓⴷⴷⵓⵜ ⴳ ⵉⴷⵓⵔⴰⵔ ⵏ ⵚⴰⵖⵔⵓ

Arrivée au Maroc et transfert à N'Kob.

Mimou nous accueille à Berber Nomad Kasbah.

Dès notre arrivée à Ouarzazate, un taxi envoyé par l'hôtel nous conduit à N'Kob où nous logerons à la Berber Nomad Kasbah. Mimoun nous accueille et nous visitons la petite ville de N Kob et ses nombreuses kasbah.

Le soir, notre guide Hamou, vient pour mettre au point l'itinéraire que nous suivrons et voir avec lui ce que nous devons emporter pour trois jours. Le matin, nous partons pour notre point de départ où nous attendent Zaid et Ahmed, le cuisinier et son aide de camp ainsi que leur deux mules pour porter matériel et bagages.

Le soleil brille, il fait très beau en cette fin du mois de mars mais la température est très fraîche.

 

Nous sommes accueillis par ⴰⵎⴰⴷⴰⵏ ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ (Le peuple Berbère).

Premier jour de trek.

Nous commençons notre trek conduits par Hamou tandis que nos aides, Zaid et Ahmed, partent de leur coté avec les mules.

Nous cheminons dans le lit d'une petite rivière que nous remontons à travers de belles gorges. Puis nous débouchons sur des cultures et les aiguilles du Saghro nous apparaissent au loin.

C'est le début du printemps dans le Saghro et les cultures d'orge, de luzerne verdissent le paysage. Les amandiers ne sont plus en fleur mais déjà les embryons d'amande sont présents et le reste des arbres présentent des feuilles naissantes donnant au paysage une douceur réconfortante. Îlots de verdure cernés par l'aridité des montagnes environnantes.

Hamou, notre guide au Maroc dans le Djébel Saghro.

Nous rejoignons Zaid et Ahmed qui  préparent le repas et installent la natte sur laquelle nous le prendrons. Notre cuisinier nous préparera une salade de crudité et un  tajine. Malgré la précarité de l'installation, nous ferons un bon repas équilibré et savoureux.

Nous repartons et grimpons toujours en direction du col en passant sous une grande falaise. Arrivé au col à 2200 m, nous redescendons en direction de notre campement à 1 700 m d'altitude, l'équipe logistique étant déjà arrivée et prépare le repas du soir.

La redescente du col est fabuleuse avec un panorama fantastique sous une lumière de fin de journée qui met en valeur le grès rouge des falaises.

Nous arrivons à notre campement en fin d'après-midi. Plus de 7 heures de randonnée, 18 km de parcourus avec plus de 700 m de dénivelé positif ... Belle balade !

Mais Hamou a su nous ménager, bon rythme, poses régulières et nos discussions sur la faune, la flore, les minéraux vraiment inintéressantes, un bon guide connaissant bien le Saghhro, sa région natale.

A notre arrivée au campement, le repas était en préparation, le thé nous attendait sous une tente pour nous abriter du vent mais aussi de la fraîcheur pour ne pas dire du froid. Nous montons notre tente et installons le couchage. Repas copieux et délicieux. De nouveau un thé en fin de repas. Nuit de repos dans un silence absolu car bien loin de tout village ou ville. Ciel limpide et très étoilé, pas de pollution  lumineuse, des myriades d'étoiles, merveilleux !

Second jour de trek.

Nous traversons de somptueux paysages.
Le matin au petit déjeuner.

Après une nuit de repos, nous prenons notre petit-déjeuner entourés d'un somptueux paysage. Comme pour les repas de midi et du soir, nous ne manquons vraiment de rien. Grosses crêpes, café, vache-qui-rit, confitures... Nous prenons des forces pour la suite du trek.

Nous rangeons nos affaires, refaisons nos sacs, démontons notre tente et nous nous mettons en route. Nous croisons un campement de nomades et leur troupeau de chèvres.

De notre campement, nous remontons sur un plateau pour changer de vallée.

Chemin faisant, j'observe les pierres et le Saghro est un paradis pour un géologue en herbes que je suis. Les terrains sont très âgés, entre 400 et 350 millions d'années. On y observe de beaux cristaux de cristal de roche mais aussi des nodules dont l'intérieur est rempli de cristaux ou du poudre noire très fine.

Bien que claire semée, nous sommes au printemps et de nombreuses plantes sont en fleur et ce sont adaptées à ce climat aride. Bien que la température oscille entre 6°c le matin et un peu moins de 20°c dans la journée, Hamou me dira qu'en plein été, elles atteignent facilement 40° à 45°c

Nous traversons de somptueux paysages.

Nous finissons par arriver au campement du déjeuner déjà aménagé par notre équipe logistique. A l'ombre des beaux amandiers, nous prenons notre repas au bord d'un champ d'orge. Un peu de repos puis nous repartons en suivant le cours d'une petite rivière.

Nous croisons Zaid et Ahmed sur leur mules qui se dirigent vers le campement du soir que nous atteignons en fin d'après midi.

Nous traversons de somptueux paysages.

Notre second campement est proche d'un petit village et les enfants viennent curieux d'avoir la visite d'étrangers.

Confection d'un pain à la berbère.

Zaid et Ahmed préparent déjà le repas du soir et nous assistons à la fabrication de pain cuit à la berbère sur des pierres chaudes.

Composé de farine de blé, de maïs et de semoule, Zaid pétrit énergiquement la pâte et la laisse reposer pendant qu'il prépare le foyer pour la cuisson.

Des pierres sont bien rangées, un feu est allumé dessus pour les chauffer. Puis débarrassées de la cendre, Zaid étale le pâton dessus. Avec des branches de palmier il faire cuire le dessus du pâton pour y déposer des graviers afin qu'ils n'y collent pas. Puis un feu est allumé au-dessus pour cuire le pain.

Une fois cuit, les graviers sont enlevés, la cendre balayée et le pain retiré.

Nous passons à table !

Lors de cette seconde journée de trek, nous aurons parcouru 18,8 km en 5 heures environ et nous sommes passés de 1840 m à 1 302 m d'altitude. Petite journée !

Troisième jour de trek.

Aiguilles dans le Djebel Saghro.

Après le petit déjeuner, nous reprenons notre route après avoir plié nos affaires, fait nos sacs, rangé la tente. En chemin nous rencontrons un jeune garçon qui vend de petites décorations en laine colorée, j'en ai déjà achetées plusieurs pour ma sacoche photo.

Nous empruntons le lit de la rivière avant de monter vers un plateau. De fabuleuses aiguilles rocheuses commencent à apparaître. Nous cheminons jusqu'à un camp de nomades perdu dans une immensité entourés de barres d'aiguilles magnifiques.

Hamou discute avec les femmes et nous sommes invités à boire un thé. Le mari est parti avec un fils pour travailler aux champs et les femmes s'occupent des chèvres et brebis mais aussi du linge.

Quelques photos durant la préparation du thé et j' hallucine, leur petite maison en pierres sèches est au centre d'un cirque d'aiguilles en demi cercle ouvert sur une vallée immense !

C'est la "Petite Maison dans la prairie" façon berbère, ici c'est désertique, c'est minéral, c'est vrai.

Et à la fois aussi très terrifiant de ce dire que cette famille vit ici dans un froid glacial, neige en hivers, une canicule durant tout l'été ( jusqu'à 45°c) Les femmes vont parfois loin et bas pour trouver de l'eau.

La vie doit être bien rude dans ce paradis visuel.

Un petit billet pour remercier la famille et nous repartons en direction de la grande vallée. Tout le long de ce trek, j'ai souvent le regard qui observe les pierres et terrains que nous rencontrons et je ne suis pas déçu par ce que je vois. Des granites très particuliers, des roches avec des géodes incluses, un régal !

Sur le plateau, un camp de nomades dans un paysage fabuleux.

Durant le trajet, on peu observer une immense faille où on voit bien son trajet rectiligne qui remonte la pente et ce n'est donc pas la trace de l'érosion hydrique mais bien une faille tectonique.

Des photos avec Hamou, des enclos pour bétails et bien sûr des aiguilles. Ici la pierre est d'un beau ton saumon, jaunâtre et est constituée d'un pudding (ou conglomérat) avec de gros galets inclus dans une gangue.

Nous arrivons en vue du campement du déjeuner. Zaid et Ahmed ont déjà tout préparé et lorsque nous arrivons, on nous sert un thé berbère à la menthe accompagné de cacahuètes. A la fin du repas, nous remercions et disons au-revoir à Ahmed qui rentre chez lui. Puis nous reprenons le sentier de retour.

Aiguilles dans le Djebel Saghro.

Nous finissons notre trek au même point de départ. Nous remercions Zaid et rentrons à notre hôtel en voiture.

Lors de cette troisième étape, nous avons marché 18,8 km en 5 heures en passant de 1703 m à 1380 m d'altitude. Le total de notre trek en 3 jours, 53 km. Assez content de cette merveilleuse balade dans le Saghro.

Arrivés à notre hôtel, Minoum nous dit que nous sommes invités dans la famille du propriétaire de l'hôtel pour déguster un couscous en compagnie de 5 autres clients de l’hôtel. Ambiance bon enfant, les discussions vont bons train et nous comprenons bien qu'ici nous sommes en territoire berbère et non pas arabe.

3 jours de trek, 53 Km de parcourus.

Ainsi se terminent notre séjour à N'Kob et nos trois jours de trek. Un accueil chaleureux et des paysages de folies, nous qui aimons particulièrement les contrées désertiques, ces montagnes sans végétation où la Terre est à nu et expose ses merveilles.

Le lendemain, nous repartons pour Ouarzazate et nous récupérons notre véhicule de location pour de nouvelles aventures.

Je vous invite à visionner l'autre site, celui des photos, où il y a plus de photos ainsi que des commentaires sur notre voyage au Maroc.