La Flore du Djebel Saghro au Maroc.
Écologie de la Flore de l'Atlas.
Lors de mes trois séjours dans le Djebel Saghro au Maroc, j'ai tenté d'observer la maigre flore des zones désertiques d'altitude.
Le djebel Saghro constitue la zone la plus aride de la chaîne de l'Anti-Atlas. Il ne bénéficie pas, à la différence des zones situées plus à l'ouest, d'une humidité de l'air assez élevée du fait de l'éloignement de l'océan Atlantique. Les précipitations annuelles ne dépassent pas 100 mm au sud et 300 mm sur les sommets.
La végétation se présente de façon étagée entre la plaine et la montagne. Au premier étage (850 à 1 200 mètres), le doum (palmier nain) voisine avec le thuya de barbarie, le caroubier, l’olivier sauvage, le pistachier lentisque et le laurier–rose. Y abondent lavandes, cistes et genêts. Parfois, le thuya est associé à diverses sortes de genévriers. En moyenne montagne (1 000 à 2 000 mètres), l’humidité augmente et le chêne vert domine, mêlé de genévriers rouges.
Sur les hauts plateaux et les hautes vallées (2 000 à 2 500 mètres), les arbres disparaissent, remplacés par des genêts et des plantes buissonnantes. Le seul qui subsiste est le genévrier thurifère sur les versants nord ou ouest. En mars et jusqu’en juin, une pelouse humide apparaît sur les plateaux, égayée de narcisses. Seuls les coussinets épineux se maintiennent en haute montagne (à partir de 2 500 mètres) : l’alysson au feuilles grises, le buplèvre, le cytise de balancsa, un genêt à fleurs jaune, la sabine piquante.
Au–dessus de 3 600 mètres, les coussinets disparaissent et la végétation est absente. Le leucanthème de l’Atlas, une violette à feuilles épaisses, fleurit au sommet du Toubkal. La végétation a été dégradée par l’homme et ses troupeaux, au point de ne plus pouvoir se régénérer. Autrefois de belles chênaies devaient couvrir les versants de l’Atlas, aujourd’hui on tente de les reboiser, semble–t–il avec succès, avec des plantations de pins d’Alep.
Je n'ai bien sûr pas la prétention de faire un article exhaustif présentant la totalité de la flore du Saghro. Mais je présente ici certaines plantes, arbres rencontrées lors de mes treks et sur lesquelles nous avons parfois échangé avec mon guide Hammou, notamment sur leurs propriétés médicinales traditionnelles ou culinaires.
Pour les mordus, ce site Sahara Atlas, traite des végétaux du Maroc et de la bande saharienne.
Lawsonia inermis, Le Henné.
Parmi les plantes cultivées au Saghro, nous trouvons de nombreuses parcelles plantées de Henné et, en ce mois d'octobre, la récolte bas son plein.
Il est réputé embellir la peau (par coloration) et en l'adoucissant. Au hammam, le henné est encore fréquemment utilisé pour adoucir la peau où on le mélange au savon noir pour le répartir sur l'ensemble de la peau avant le rituel du gommage. Il était réputé purifier, nettoyer la peau et faciliter la cicatrisation. En soin capillaire, il est réputé anti pelliculaire et anti séborrhéique. Pour effectuer des tatouages lors de cérémonies comme les mariages.
Ziziphus lotus, Jujubier de Berbérie.
Le Jujubier est très bien adapté aux zones arides, désertiques. Il supporte des conditions sévères de sécheresse, de vent et d'ensoleillement.
Nous verrons des essais de reboisement lors de nos randonnées journalières. Les sillons ont été creusés mais aucune plantules ne sera observées. Affaire à suivre ...
Punica granatum, Grenadier.
Dans les zones cultivées, irriguées, j'ai aimé tout particulièrement les grenadiers. Arbustes magnifiques avec leurs fruits mûrs aux couleurs éclatantes.
Il est en général entouré d'amandiers, d'oliviers, de palmiers dattier, abricotiers, figuiers.
Pistacia atlantica desf, Pistachier de l’atlas.
Comme le Jujubier, il s'adapte bien aux zones arides. Une utilisation importante est la lutte contre l'érosion des sols. Il renforce le sol et est utilisé pour le reboisement des pentes arides et escarpées ainsi que pour la prévention des glissements de terrain.
Le pistachier de l'Atlantique (Pistacia atlantica ) est planté comme arbre d'ornement, offrant un ombrage agréable et résistant à la sécheresse.
Ceratonia siliqua, le Caroubier.
Le caroubier est lui aussi cultivé. Pour son aspect ornemental et l'ombre qu'il fournit dans les villes, mais aussi pour ses fruits, les gousses dont les graines sont riches en protéines et nourrissent le bétail. Le caroubier est une plante mellifère intéressante à une période (l'automne) où pollen et nectar se font rares.
Au Maroc, troisième pays producteur mondial de caroubes (2017), il est utilisé pour ses vertus médicinales car, grâce à sa teneur élevée en fibres, elle exerce un effet régulateur sur la fonction intestinale et est utilisée dans les cas de diarrhée ou de constipation chez les enfants. Elle est alors administrée sous forme de préparation instantanée, comme un chocolat chaud. La gomme de caroube est utilisée comme épaississant ou gélifiant en industrie alimentaire.
Cupressus dupreziana, Le Cyprès de Duprez.
Trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu dans certaines zones. Hammou me dira que certaines crêtes en étaient couvertes quand il était enfant.
C'est un arbre qui pousse extrêmement lentement et nous verrons quelques spécimens ayant plusieurs siècles.
Juniperus thurifera, Genévrier thurifère.
Comme pour le Cyprès, trop utilisé comme bois de construction, il a pratiquement disparu.
Chamaerops humilis cerifera, Palmier nain du Maroc ou Palmier bleu.
Chamaerops humilis est un palmier nain dont la variété cerifera produit un feuillage gris bleuté. Cette espèce indigène se développe dans les montagnes de l'Atlas et on le retrouve ainsi dans le Djebel Saghro. Il est très rustique et se développe jusqu'à 1200 m d'altitude.
Il forme des touffes compactes et pousse dans les zones où il trouve de l'eau dans le sous-sol en suivant le trajet des ruisseaux ou sources. Il est communément appelé « doum » ou « alfa » par les locaux et est utilisé pour fournir des fibres végétales.
Hammou me dira qu'on peut consommé le cœur avec modération car présente une certaine toxicité.
Vitex agnus-castus, Arbre au poivre ou gattilier.
Utilisé comme condiment en remplacement du poivre.
Il est réputé calmer les ardeurs sexuelles et était notamment utilisé dans les matelas des lits médiévaux. On en tire d’ailleurs une épice nommée « poivre des moines ».
Les fruits du gattilier équilibrent la production de progestérone et d’œstrogène et viennent bloquer l’action des hormones androgènes, la testostérone par exemple. Son action progestéronique a été prouvée à travers de nombreuses études.
Vachellia tortilis, Acacia faux-gommier.
Il permet de lutter contre la désertification dans les zones arides. De par le peu d’exigences en eau qu'il requiert, et sa capacité à coloniser des milieux défavorisés, il est considéré comme l’arbre pionnier des surfaces sèches.
le bois présente un intérêt majeur comme combustible et comme bois de construction.
Les graines peuvent être mangées. L'Acacia faux-gommier présente un intérêt pastoral appréciable grâce aux feuilles, fruits et même épines qui pourront servir de fourrage pour le bétail, dont notamment les chèvres.
Buxus balearica lam, le Buis des Baléares.
Espèce rustique, on le retrouve au Maroc où il supporte bien la sècheresse.
Pergularia tomentosa, Pergulaire tomenteuse.
La plante est utilisée comme remède pour le traitement des plaies cutanées, de l’asthme et de la bronchite. Au Maroc, le latex est appliqué extérieurement pour les furoncles et abcès et pour retirer les épines de la peau.
Des produits issus de Pergularia tomentosa sont utilisés en tant que dépilatoire.
Haloxylon salicornicum.
Forsskaolea tenacissima, Forsskaolée très tenace.
La plante est utilisée comme remède contre la toux, les maux de tête et les rhumatismes.
Convolvulus trabutianus, Le Liseron buissonant.
Cette plante colonise les premières pentes arides et ensoleillées de l'adret de l'Anti-Atlas et du Haut-Atlas.
Citrullus colocynthis, la Coloquinte.
Très souvent retrouvée dans le lit des rivières à sec, sur les chemins. Les fruits sphériques de 5 à 10 cm de diamètre (de la taille d'une petite orange), ressemblant à une petite pastèque, de couleur verte panaché de jaune clair, devient complètement jaune à maturité.
La chair légère, spongieuse, de couleur jaune orangé, est très amère et toxique. Les nombreuses graines ovoïdes et aplaties, de couleur variant de l'orange au brun noirâtre, sont comestibles.
Bupleurum spinosum gouan, le Buplèvre épineux.
Anvillea garcinii.
Deverra scoparia.
Cette Ombellifère fait partie de la pharmacopée traditionnelle des Touaregs pour le traitement de l’hépatite, du diabète et des infections urinaires en infusion et, en poudre, dans le traitement des morsures de vipères et de scorpions.
Son odeur de fenouil est utilisée dans la fabrication de fromages de chèvre.
Ses activités biologiques intéressent également la médecine moderne et de nombreuses études phytochimiques ont montré une grande richesse en huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antioxydantes, acaricides et anti-inflammatoires.
Launaea arborescens, Launée arborescente.
Lavandula mairei humbert, Lavande.
Ononis natrix, Bugrane gluante.
Cette plante aurait des propriétés diurétique, dépurative, utile contre les rhumatismes et en dermatologie contre certaines dermites.
Viscum cruciatum, Gui.
En médecine populaire, ses feuilles fraîches ou séchées sont reconnues pour leurs bienfaits sur divers troubles métaboliques (notamment le diabète et l'artériosclérose), les crises de goutte et les douleurs rhumatismales. Le gui est également apprécié pour son action régulatrice de la tension artérielle.
Ses propriétés hémostatiques en font un remède traditionnellement utilisé pour limiter les hémorragies, qu’elles soient intestinales, pulmonaires, menstruelles (ménorragies) ou nasales (épistaxis). Il joue un rôle préventif contre les accidents vasculaires cérébraux. Il a été employé pour atténuer les manifestations de l’épilepsie, grâce à ses effets antispasmodiques. Ces propriétés lui ont valu d’être utilisé dans l’accompagnement des affections impliquant des spasmes, comme l’asthme, les toux convulsives, la coqueluche ou encore les hoquets persistants.
Withania adpressa.
Cette espèce est utilisée dans certaines régions pour ses propriétés antioxydantes, antibactériennes et antifongiques.




























































































































































