Le Krakatau.

Indonésie, le Krakatau en 2008

Spécial éruption du volcan Anak Krakatau

Guy de Saint-Cyr nous donne des explications sur le volcan Krakatau. Stéphane Cosme, journaliste de France Inter enregistre.

En janvier 2008, l'agence Aventure et Volcans me propose un voyage « spécial éruption » pour aller voir la reprise de l'activité du volcan Anak Krakatau dans le détroit de la Sonde entre les îles de Sumatra et Java.

Nous serons un petit groupe d'une dizaine de participants accompagnés par Guy de Saint-Cyr, directeur de l'agence, et d'un journaliste de France Inter (Stéphane Cosme) qui effectue un reportage sur notre expédition.

Nous sommes arrivés la veille en Indonésie et avons pris la route pour le petit port de Carita. Nous serons accueillis par Mimie qui nous a préparé un repas typique indonésien qui rassasiera et régalera tout notre groupe. Puis nous irons nous coucher en attendant patiemment le lendemain pour cette nouvelle aventure.

Les habitants de Carita nous dirons que depuis plusieurs semaines la terre tremble et de grosses explosions sont audibles signe que l'Anak Krakatau a repris son activité. J'avais déjà visité ce volcan en 2005 et nous avions pu faire le tour du cratère car il n'y avait aucune activité.

Enfin je vais voir le Krakatau en pleine forme !

Nous passerons par la station volcanologique de surveillance du Krakatau.

Sur le pas de la porte, une longue vue est pointée sur le volcan pour observer l'activité éruptive. A l'intérieur des enregistreurs à cylindre surveillent les soubresauts du volcan. Sur les enregistrements on peut voir les crises éruptives signalées par ces tracés tourmentés ainsi que les signaux de remontée du magma en surface signalé par un trémor.

L'équipement est obsolète mais il permet de suivre l'activité éruptive. Dans la pièce nous entendons une sorte de sifflement accompagné de craquements. C'est la transformation du signal des sismographes en son. Le gardien n'ayant pas toujours les yeux fixés sur les enregistreurs, le son lui permet de savoir si un événement sismique se produit.

De nos jours les enregistreurs graphiques ont disparus remplacés par des écrans de contrôle et un système automatique d'alarme quand survient un événement majeur.

Notre petit groupe embarque sur un bateau de pêcheur pour rejoindre l'île d'Anak Krakatau.

Le lendemain matin, nous prenons un petit bateau de pêcheur pour rejoindre l'île d'Anak Krakatau dans le détroit de la Sonde.

La signification du mot « Anak » est «fils de ». En effet, le 20 mai 1883 une éruption cataclysmique, plinienne, détruit complètement le complexe volcanique laissant un grand vide entouré 3 îles. 36 417 morts, les côtes de Sumatra et Java dévastées par un tsunami et des coulées pyroclastiques et 20 Km3 de cendre se répandent sur des kilomètres.

En 1927, l'activité volcanique reprend et une nouvelle île sort des eaux et elle sera donc nommée Anak Krakatau, «fils du Krakatoa».

Une fois embarqués, nous mettons le cap sur les îles de la Sonde, les panaches de cendre s'échappant du volcan sont déjà visibles et guide notre capitaine.

Dans le groupe, je retrouve Fady avec qui j'avais voyagé au Kamchatka. Notre groupe est bien sympathique et nous avons hâte d'être en place face au volcan.

Repas en groupe avant de rejoindre nos tentes.

Arrivés en vue du volcan, le bateau s'arrête pour que nous puissions observer l'activité volcanique. Après des années d'inactivité, le volcan s'est réveillé depuis quelques mois et Aventure et Volcans a rapidement mis en place cette expédition.

Puis nous installons nos tentes en bordure de la plage à l'autre extrémité de l'île pour être protégés des chutes de bombes volcanique projetées par le volcan. Nous souhaitons tout de même qu'il n'y ait pas une trop grosse explosion car juste derrière la plage nous verrons quelques bombes volcaniques d'aspect assez récent à l'intérieur de gros impacts.

Il faut choisir entre les bombes volcaniques et d'énormes lézards qui parcourent la plage à la recherche de nourriture. Mais Guy de Saint-Cyr nous dira que ces lézards deviennent léthargiques après le coucher du soleil et se terrent sous des branchages pour la nuit. Je ne suis pas vraiment rassuré ...

Séquence éruptive vue de notre bateau

Le bateau s'est placé juste en face du cône éruptif et assis sur le pont, malgré la houle qui nous agite, je prends des séries de photos de chaque éruption.

Dans un silence total, une colonne de cendre sort du cratère et s'élève dans le ciel bleu formant un magnifique chou-fleur tandis que retombe les particules les plus lourdes un peu plus loin du cône.

Absorbé par ce spectacle, je réalise que certains membres du groupe ont le mal de mer et sont penchés par-dessus bord rendant tripes et boyaux. C'est vrai que la houle est assez présente et le bateau se balance d'un bord à l'autre. Heureusement que je ne crains aucun mal des transports mais j'aurais mal aux reins à force d'être balancé.

Les explosions se succèdent, toujours dans le même silence, et on peut distinguer de la cendre très fine grise qui se dépose en partie sur les bords du cratère et une cendre plus sombre qui monte plus haut. Apparemment il y a deux bouches éruptives, peut-être même trois. Quand toutes explosent en même temps, le spectacle est total et grandiose. Guy nous dira que le volcan «débourre» le conduit éruptif. La reprise d'activité est assez récente et le cratère est encore assez petit.

A un moment, le panache de cendre monte très rapidement et de nombreuses bombes volcaniques retombent sur les flancs du cratère et certaines en pleine mer tout autour de notre embarcation. Le bateau manœuvre alors rapidement pour s'éloigner un peu de l'île et nous mettre à l'abri. Nous avons été surpris par cette explosion bien plus forte que les précédentes.

Repas du soir, Guy nous raconte ses expériences. Fascinant.

Quand le soleil commence à décliner, nous rejoignons la côte pour une repas en groupe et une discussion sur la plage. Guy de Saint-Cyr est intarissable, il nous raconte ses expériences sur les volcans et nous buvons ses paroles. Stéphane enregistre toujours cette conversation.

Puis nous allons sous nos tentes pour la nuit des images plein les yeux. Je serais réveillé plusieurs fois par le crépitement de la cendre volcanique qui tombe sur la toile de tente, pensant que c'est la pluie mais le bruit est différent.

Une excursion en approche du cratère est prévue le lendemain.

Après notre petit déjeuner, nous nous mettons en marche. Notre campement est à l'opposé du cratère et pour l'atteindre nous traversons les anciennes caldeiras remplies de cendre et on peut voir les vestiges d'anciens cratères devenus inactifs. La reprise d'activité se déplace en direction du sud dans le temps avec l'apparition d'un nouveau cratère.

Arrivés en vue du cône actif, Guy nous demande de nous arrêter pour observer et chronométrer le rythme des explosions.

Nous attendrons ainsi presque une heure en photographiant, observant les panaches qui passent au-dessus de nos têtes mais parfois qui nous enfument complètement. Il faut plusieurs explosions pour avoir un temps moyen entre chacune.

Puis nous reprenons notre cheminement pour atteindre un énorme bloc à l'aplomb du cratère qui devrait nous protéger des projections lors des explosions.

Derrière notre abri, nous attendons les éruptions.

Les instructions de Guy sont claires, il faut rester à proximité de ces blocs pour pouvoir se cacher si des projections viennent vers nous. Tout le monde se regroupe donc derrière ces rochers assez haut mais nous ne voyons rien du cratère.

Guy occupé avec Stéphane qui l’interview, tout le monde se disperse, discute en dehors de l'abri rocheux, prend des photos, s'avance un peu pour mieux voir ou même reste assis face au cratère l'appareil photo prêt.

Survient alors une fine pluie que le vent projette sur nous et finalement nous nous réfugions derrière l'abri rocheux quand soudain...

 

Guy nous crie "planquez-vous, planquez-vous !!!".

La séquence d'une explosion vue sur le côté du cratère.

Une grosse explosion projette une grande quantité de lapilli et petites bombes volcaniques dans notre direction. Tout le monde se colle au rocher serrés les uns contre les autres, la pluie de pierres ricoche sur la crête de notre abri rocheux et s'abat avec fracas devant nous en soulevant de la poussière. C'est très rapide et violent !

Quand le silence revient, on se regarde, on se compte, tout le monde est là sain et sauf.

A l'endroit où un des membres du groupe s'était assis face au cratère, un gros bloc a laissé une belle dépression dans le sol.

Quelque chose me brûle le dos et en envoyant la main vers mon sac pour saisir ce «truc» chaud, je me brûle avec une petite bombe qui s'était coincée entre la roche et mon sac en tombant à notre aplomb. Cette toute petite bombe aura fait fondre une partie de la garniture en plastic du sac à dos.

Finalement cette petite pluie a été bénéfique et salvatrice.

Nous n'entendrons pas la prochaine explosion et décidons de repartir vers notre campement.

Mais la curiosité de Guy le pousse à aller voir ce cratère de plus près et pourquoi pas de plus haut.

Donc certains suivrons notre guide vers le haut du cratère juste après une explosion. Nous savons qu'ils n'ont qu'une vingtaine minutes entre deux explosions. Mais tout le monde redescendra bien avant l'explosion. Guy, qui sera monté tout en haut sur un petit plateau qui surplombe le cratère, nous dira qu'il est criblé de centaines d'impact de bombes et qu'il ne s'est pas attardé.

Puis nous rejoindrons la plage, reprendrons le bateau pour aller sur Rakata, l'île juste en face du cratère. Elle appartenait au complexe volcanique du dernier Krakatau. Toute sa partie nord a été détruite lors de la dernière explosion en 1883.

Du coup nous y arrivons pour le déjeuner suivi d'une série d'observations entrecoupées de plongeons dans l'eau turquoise de la petite anse.

Il fumait bien ce cratère !
Détente à Rakata.

Nous voici installés aux premières loges pour observer le Krakatau. Un peu de sur-place dans l'eau à la douceur tropicale pour admirer une éruption et quelques brasses entre. Il faut dire que ce n'était pas désagréable. On discute, prend le soleil, se balade sur la plage sans oublier de monter nos tente et aider à la préparation du repas. C'est la détente totale.

La nuit tombée, certains ferons de superbes photos nocturnes. N'ayant plus de batteries chargées, je regarderai juste ce spectacle nocturne extraordinaire.

Une séquence éruptive vue de Rakata.
Séquence éruptive au soleil couchant.

Le lendemain nous reprendrons le petit bateau de pêcheur pour rentrer à Carita puis direction Jakarta pour notre vol vers la métropole. Le voyage durant 48 heures avec les escales, cela fera une semaine en tout.

Plein d'images dans la tête, je rêve déjà au prochain voyage, à la prochaine expédition ...

L'activité de l'Anak Krakatau connait un rebond en 2009 puis en 2012 avec une grosse éruption. Puis six années de sommeil et en juin 2018 l'activité s'intensifie et une énorme éruption suivie d'un effondrement des deux tiers du cône actif se produit accompagné d'un tsunami meurtrier qui ravage les côtes du détroit de la Sonde entraînant des centaines de décès dans la population. L'activité continue ensuite avec des éruptions surtseyiennes, dans la mer. La physionomie de l'île est complètement bouleversée, tout le relief a disparu ainsi que la végétation.

Voici quelques photos avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé qui a visité l'Anak Krakatau en janvier et novembre 2019. La petite île est méconnaissable, complètement transformée, arasée. Il ne reste quasiment rien de l'ancienne structure, le cône volcanique a disparu ainsi que la végétation. Les îles alentours (Rakata) montrent les ravages du tsunami qui a tout détruit sur plusieurs mètres de haut emportant la végétation et la terre. A Sumatra et Java, les côtes du détroit de la Sonde ont elles aussi été fortement touchées par le tsunami et on dénombres de très nombreuses victimes.

Retrouver les photos de Pascal Blondé prises en Janvier 2019  et Novembre 2019, ainsi que le récit de ses expéditions avant et après la crise de 2018.

La Jordanie

Jordanie, désert du Wadi Rum.

Voyage en Jordanie en novembre 2018.

Par un vol AlItalia, nous atterrissons en Jordanie à 2 heures du matin (dur dur les voyages !!!).

Transfert dans un hôtel réservé pour finir notre nuit puis retour à l’aéroport le lendemain  pour prendre possession de notre voiture de location.

Direction le sud, par la route du Roi, nous partons visiter la réserve de Dana.

Mais la route est longue, parsemée de paysages somptueux et nous nous arrêterons souvent pour admirer le paysage.

Jordanie, notre voiture de location.

Premier arrêt visiter la forteresse de Makawir.

Coucher de soleil sur la mer Morte à la forteresse de Makawir.

Nous arrivons sur ce site archéologique qui ne présente que peu de ruines.

Deux colonnes encore debout, des murs, une citerne … Mais l’intérêt est la vue exceptionnelle sur la mer Morte que l’on voit miroiter au loin dans le soleil couchant.

Site de Makawir.

le Wadi mujib.

Nous continuons notre route et passons par le Wadi mujib, profond et spectaculaire canyon. La route plonge de 800 m d’altitude jusqu’à un barrage à 200 m d’altitude.

Jordanie, un camp de Bédouins proche d'un village.

Nous verrons quelques barrages tout le long de notre route en Jordanie. Ils sont essentiels pour l’agriculture dans ce pays désertique. L’arrosage se fait par du goutte à goutte pour économiser l’eau.

Quelques campements de Bédouins sur notre route.

En chemin, des vestiges d’un ancien volcan et d’une belle coulée basaltique. Nous sommes dans le rift, la zone de fracture qui remonte la mer Rouge jusqu’en Jordanie. Cette région est située entre trois plaques tectoniques. Les plaques africaine, arabique et euro-asiatique.

Le Wadi Mujib. Le cours d'eau en aval du barrage.

Nous trouverons un hôtel bien situé  sur les hauteurs, en bordure du canyon. Nous y arrivons de nuit, pas de vue mais une bonne bière pour l’apéro et un accueil sympathique.

Le lendemain, nous reprenons la route et finirons par arriver à Dana.

Dana était au départ un petit village particulièrement bien situé car cinq sources l’alimentaient. Les habitants ont longtemps vécu en quasi autarcie grâce à l’élevage et les cultures sur de bonnes terres irriguées par ces sources.

Réserve naturelle de dana.

Dans les années 1970, une cimenterie s’installe au niveau du plateau et peu à peu le village se vide de ses habitants au profit d’une nouvelle petite ville à proximité de ce nouvel employeur. Mais les conditions de subsistance, tant matérielle que psychologiques, s’étaient appauvries.

Plusieurs projets de réhabilitation du vieux village virent le jour.

Ce village, situé sur un éperon rocheux, était un site propice au tourisme. Quelques hôtels ont ouvert proposant des produits artisanaux. La poterie, broderie, culture et conditionnement des plantes médicinales sont de nouveau enseignées et transmises. Cela assure un revenu aux habitants de cette région. Le village a été réhabilité, quelques maisons ont été reconstruites offrant des hébergements pour le tourisme. Certes il y a encore beaucoup à faire mais le lieu est accueillant et agréable.

Jordanie, le village de Dana au coucher de soleil.

L’éperon rocheux, sur lequel est installé Dana, domine une vallée qui se poursuit jusqu’aux plaines de la mer Morte. C’est un véritable havre de paix hors des grands centres touristiques.

Trek dans la réserve naturelle de Dana.

Nous y arrivons en fin d’après-midi et trouvons rapidement un hôtel pour deux nuits. Une bonne bière en terrasse avec une très belle vue sur la vallée au soleil couchant puis repas à l’hôtel.

Jordanie, trek dans la vallée de la réserve de Dana.

Tôt le matin, nous nous mettons en marche pour descendre dans la vallée.

Le plateau se situe à  1500 m d’altitude et le village à 1 300 m. Une réserve naturelle a été créée dans cette région incluant la vallée de Dana et nous décidons d’aller voir cette nature préservée.

Bien sûr, la descente ne comporte pas de difficulté, le sentier est bien tracé et nous cheminons à la fraîcheur matinale.

La caractéristique principale de ce paysage est qu’il débute en altitude (1 500 m) pour finir dans la plaine de la mer Morte à –400 m au-dessous du niveau des océans. La flore va changer tout le long de cette descente vertigineuse. De méditerranéenne, elle passe à désertique.

 

La vallée est taillée dans un grès très coloré et érodé comportant des motifs qu’on pourrait croire sculptés par la main de l’homme.

Nous rencontrons quelques bergers avec leur troupeau de chèvres et de brebis, mais dans l’ensemble il n’y a pas grand monde.

 

Nous continuerons notre chemin en espérant arriver en vue de la plaine, mais une colline en cachant une autre, au bout de 4 heures nous décidons de rebrousser chemin. Nous sommes tout de même arrivés à une altitude de 400 m en étant partis de 1 200 m.

Une grosse pause déjeuné pour reprendre des forces et nous remontons vers le village. En chemin nous croiserons plusieurs groupes accompagnés de leur guide dont un nous souhaitera « bon courage » pour la remontée.

En effet, nous sommes en plein après-midi et la chaleur commence à être assez forte. Nous serons dans la fournaise pour la partie la plus pentue qui remonte au village et finirons nos réserves d’eau un peu avant d’arriver.

Très belle balade dans cette région aride où la roche est vraiment somptueuse, la nature préservée et la quiétude immense.

C’est là que j’apprécie le plus les « vacances », du calme, de la sérénité, de l’espace.

Retour à l'hôtel de Dana au soleil couchant.

Nuit dans le même hôtel pour repartir le lendemain.

 

Nous reprenons la route du Roi, direction Pétra. Nous sommes toujours en altitude au niveau du plateau avec des paysages désertiques à perte de vue. Le matin, il y a un peu de brume, mais elle se lève rapidement et nous ne voyons qu’occasionnellement la plaine de la mer Morte. Toujours le même type de roche, un grès érodé, souvent rouge ou jaune qui donne de superbes paysages.

Forteresse de Shawbak.

Rencontre de quelques bergers accompagnant leur troupeau de chèvres et de brebis et qui nous saluent au passage.

Sur notre route, nous passons par la forteresse de Chawbak. Celle-ci est beaucoup mieux conservée que la première. Nous montons pour la visiter. Nous avons acheté avant de partir un « Jordan Pass » qui nous donne accès aux sites jordaniens sans en payer l’entrée. L’entrée des sites archéologiques jordaniens est assez onéreuse et ce pass nous fait faire de substantielles économies car nous en visiterons pas mal tout au long de notre séjour.

La forteresse de Chawbak est assez bien restaurée, nombreuses salles voûtées, arches gothiques, souterrains, le tout construit dans cette pierre aux couleurs chaudes. Nous ferons pas mal de photos. De ce promontoire, nous avons une superbe vue sur le Wadi Araba avec au loin un champ d’immenses éoliennes.

Jordanie, la forteresse de Shawbak.

Construite par Baudouin 1er, roi de Jérusalem et à la tête des croisés. Les inscriptions en arabe sur les façades sont de Saladin.

Forteresse de Chawbak.
Forteresse de Chawbak.

Nous continuons notre route et finissons par arriver à Petra pour le déjeuner. Installation à l’hôtel puis nous partons pour quelques visites afin de se mettre dans l’ambiance.

Il est trop tard pour visiter le site principal et décidons d’aller visiter « Little Pétra » pour avoir un avant-goût de ce que nous découvrirons demain.

Little Petra.

Jordanie, Little Pétra.

Le site de Little Pétra est assez petit et quand nous arrivons la plupart des touristes en sortent.

Nous cheminons dans un canyon, appelé Siq, qui débouche sur un tombeau. Nous continuerons dans le canyon qui devient très étroit, mais il est tard et nous n’irons pas plus loin.

Il faut un guide pour explorer la suite du site car il est facile de s’y perdre. Bel aperçu de ce qui nous attend demain.

Site archéologique de Petra.

Aujourd’hui, visite de Pétra.

Nous nous levons tôt pour être dans les premiers sur ce site mythique. Dès l’entrée, nous ne voyons pas trop de touristes et les barrières passées nous accélérons le pas pour dépasser ceux qui lambinent en cours de route. Ici aussi le canyon est appelé Siq. C’est une profonde gorge qui coupe le massif de grès et qui par endroit est tantôt large, tantôt très étroit.

Je remarque de part et d’autre des rigoles creusées dans la paroi qui servaient à l’alimentation en eau de la ville.

On presse le pas pour arriver dans les premiers.
Des touristes asiatiques photographient une "star" éphémère sans se soucier de la merveille qui se trouve juste à côté.

Quelques calèches, tirées par des chevaux, passent avec les touristes qui ne veulent pas marcher. A un moment le Siq se resserre et on aperçoit entre les deux parois le Trésor.

On débouche alors sur une esplanade face à ce monument d’une extrême beauté.

Nous avons bien fait de presser le pas car il y a peu de touristes et l’esplanade est assez dégagée pour faire des photos sans personne dessus. Nous restons un bon moment à contempler cette merveille puis reprenons notre chemin pour grimper en hauteur juste en face du Trésor et attendre que le soleil se lève et éclaire la façade.

Le site de Pétra est rempli de marchands en tout genre. Vente de bibelots, souvenirs, étoffe mais aussi de boissons. Nous nous installerons face au Trésor, un café oriental à la cardamome à observer la façade qui s’éclaire petit à petit.

Nous passerons la journée entière à la découverte du site. Les tombeaux nabatéens, les édifices construits par les romains et ceux édifiés par les byzantins. C’est un site très riche et qui n’a pas été encore totalement fouillé. Mais il est immense et une journée ne suffira pas pour tout voir, tout explorer. Une bonne paire de chaussures est nécessaire car qu’est-ce qu’on peut marcher à Pétra, surtout accompagné de Ludo qui s’émerveille à chaque détour du chemin et veut tout voir.

Jordanie, sur les sentiers de Pétra.
Le site est envahi de marchands. On se demande s'ils peuvent tous en vivre tellement il y en a.
Après les calèches, des dromadaires pour parcourir le site.
Un spectacle son et lumières bien décevant.

Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après-midi, dînons et retournons sur le site pour un spectacle son et lumière. Pour l’occasion le Siq a été illuminé par des lampions tout le long jusqu’au Trésor et l’esplanade qui lui fait face est illuminées elle aussi. C’est très esthétique, mystérieux mais les touristes affluent, l’organisation laisse à désirer et c’est un peu la pagaille. Les nouveaux arrivant ne sachant pas trop où se placer, il n’y a pas assez de nattes pour que tout le monde puisse s’asseoir … finalement la musique commence par un Bédouin jouant de la flûte suivi d’un autre jouant d’un instrument à corde et quand la musique s’arrête un Bédouin entame un discours fleuve qui aura raison de notre patience.

Le Monastère à Pétra, Jordanie.
Jordanie, Pétra. Une habitation de Bédouins en bordure du site archéologique

Nous quitterons les lieux assez déçus par le manque d’organisation et la pauvreté du spectacle. Nous aurions dû faire confiance au Guide du Routard qui ne recommandait pas ce spectacle !

Nous passerons une journée de plus le lendemain pour visiter plus en détails le site. Sortir des sentiers remplis de touristes pour se perdre dans les méandres des canyons, monter sur les reliefs pour avoir une belle vue sur l’ensemble du site de Pétra et voir d’autres monuments non visités la veille. Nous irons ainsi voir le « Monastère » la « Pierre du sacrifice » et finirons par nous retrouver seuls dans des coins reculés où nous rencontrerons quelques Bédouins qui y vivent.(9)

Le site de Pétra est immense, mais vaut vraiment la peine d’être exploré car nombres de merveilles sont à l’écart et peu de touristes s’aventurent loin des chemins principaux.

La roche à Pétra est de toute beauté, à elle seule c’est tout un spectacle et on la découvre en rentrant dans les tombeaux creusé à même la paroi rocheuse.

Un peu vanné après une journée de marche dans le site ...
A l’entrée du site, le flot de touristes au second jour. Nous sommes arrivés bien plus tard que le premier jour.

Troisième et dernier jour à Pétra. Nous décidons de passé par une autre entrée, mais pas vraiment pratique et en plein soleil. Nous finissons quelques visites et notamment cette église byzantine avec quatre colonnes en pierre bleue et de jolies mosaïques.

Quelques jours dans le désert du Wadi Rum.

Le désert du Wadi Rum dans le sud de la Jordanie. Somptueux ...

Nous reprenons la route pour descendre encore plus au sud, jusqu’au désert du Wadi Rum que nous atteignons en fin d’après-midi.

Nous avons rendez-vous à 18 heures avec notre contact de Bédouin Friends. Une fois les présentations faites, nous partons en 4x4, passons par l’agence où Anne nous attend et filons vers notre premier campement. Nous serons en compagnie d’un couple de français bien sympathique.

Arrivés au campement, nous retrouvons deux autres couples de français que nous avions rencontrés à Pétra. S’ensuit une soirée très agréable, nos chauffeur et guide jouerons de cette guitare traditionnelle en chantant et de notre côté nous discutons entre nous des voyages et de la Jordanie.

Jordanie. Balade dans les canyons du Wadi Rum.

Nuit à la belle étoile, bien installé sur de bons matelas et sous de bonne couverture.

Quel bonheur de se réveiller dans le silence du désert, le calme, la quiétude, le soleil encore bas sur l’horizon donne une couleur fantastique au paysage désertique. Ludo se lève et part explorer les alentours de notre campement et je fini par faire de même en attendant que les autres sortent des bras de Morphée.

Les deux couples nous quittent après le petit déjeuné et nous partons avec Sélam faire une belle balade dans le désert.

Jordanie. Mais qui pilote le 4X4 dans le Wadi Rum ?... Notre chauffeur, Ahmed à gauche et guide, Sélam, à droite marchent tranquillement.

Durant nos trois jours dans le désert, nous alternerons les balades en compagnie de Sélam et les virés sur le toit du 4X4 piloté par Ahmed qui peu à peu nous emmènent vers le sud du Wadi Rum.

Durant les balades, j’aurais du mal à arracher mon regard du sol à la recherche de belles pierres, fleurs, plantes, traces d’animaux. Le désert est vraiment très riche, il y a énormément de choses à observer, un régal. Mais il faut aussi lever les yeux et apprécier ces paysages de rêve.

De notre perchoir, nous avons le sentiment d’être les rois du Wadi Rum et surtout nous avons une vue extraordinaire sur le désert. Ahmed et Sélam nous taquinent en sortant du 4X4 qui roule lentement seul sur la piste.

Les paysages sont somptueux, parmi les plus beaux que je n’ai jamais vus et surtout dans le sud, vers la frontière avec l’Arabie Saoudite.

Avec Bédouin Friends, nous sommes allés loin des zones trop touristiques, des campements fixes où les touristes s’entassent. Nous avons bivouaqué dans des lieux isolés où il n’y avait que nous et toujours des lieux somptueux.

La nuit venue, quelques essais de photos en compagnie de François et Yzza. Nous avons réalisés quelques beaux clichés, beaucoup de ratés mais il faut bien apprendre.

Trois nuits, trois couchers et autant de levers de soleil dans la joie et bonne humeur et la quiétude du désert. Expérience unique et il sera difficile de trouver mieux.

Jordanie, Wadi Rum. Les complexes touristiques envahissent peu à peu ce superbe désert.
Lors des pauses dans nos treks, nous recherchons l'ombre ... il fait en effet très chaud.
De même lors des pauses déjeuner, toujours à l'ombre des falaises.
Préparation de la nuit dans un abri sous roche.
Jordanie, Wadi Rum. Les complexes touristiques envahissent peu à peu ce superbe désert.

 

Merci Anne, qui organise TOUT et est débordée, Sélam pour tes belles balades et Ahmed pour ton humour et ta musique.

Au soir du troisième jour, Ahmed nous raccompagne sur le parking du départ et nous le remercions chaleureusement.

Nous trouvons finalement un Resort pour passer la nuit et repartons le lendemain pour remonter vers le nord cette fois.

Au petit matin, nuit à la belle étoile.
Soirée dans le désert du Wadi rum. Ahmed chante accompagné de sa guitare.
Dernier jour dans le Wadi Rum. Merveilleux séjour grace à Bédouins du Désert.

La mer Morte.

Nous allons vers le mer Morte pour une petite baignade. Difficile de trouver un coin où se baigner sans payer une fortune. Toute la côte est envahie de complexes luxueux  qui proposent des baignades à 40 dinars (50 €) minimum et nous finirons par le complexe gouvernemental où l’on paiera 20 dinars par personne. Le complexe est tout en travaux, tout est déglingué mais il y a une douche et on se change pour une baignade surprenante.

Vue sur la mer Morte du mont Nébo.

L’eau de la mer Morte contient dix fois plus de sel que le reste des océans et cette eau très dense nous porte, on flotte vraiment beaucoup. Expérience surprenante ! Mais il ne faut surtout pas boire la tasse car cela peut être dangereux voire mortel, on ne peut pas non plus y rester trop longtemps car on risque la déshydratation.

Nous y restons une petite demi-heure en tout puis repartons.

Nous remontons des plaines de la mer Morte jusqu’à Madaba où nous trouvons un hôtel.

Jordanie, ville de Madaba.

Site antique de Jesrah.

Le lendemain nous partons pour le nord du pays, jusqu’à Jerash, pour visiter la cité antique.

Cité antique de Jearsh.
Très beau site antique.

Très belle cité romaine bien préservée et les fouilles ont mis à jours des merveilles. Nous y passerons la journée puis repartons en passant par la forteresse d’Ajlun. Là encore un très beau monument bien restauré avec de très belles salles voûtées. Cet édifice construit pour contrer les croisés se situe sur une colline qui domine toute la vallée.

Forteresse d'Ajlun.

Forteresse d'Ajlun.
Forteresse d'Ajlun.
Forteresse d'Ajlun.
Jordanie. Thé à la menthe, café à la cardamome ...

Nous reprenons la route pour rentrer sur Madaba et retrouver notre petit hôtel bien simple mais terriblement sympathique. Jolie petit ville que Madaba avec une communauté chrétienne que nous fréquenterons assidument car on y sert de la bière !

Dernier jour en Jordanie. Etant à Madaba, nous partons pour le mont Nébo visiter le mémorial de Moïse avec ses somptueuses mosaïques, la vue sur la mer Morte est superbe d’autant qu’il a plu toute la nuit et ce matin le ciel est dégagé et il y a peu de brume (par rapport aux autres jours !)

En Jordanie, le vendredi est comparable au dimanche chez nous, tout est fermé ! Dans la nuit de jeudi à vendredi, nous sommes passés à l’heure d’hivers, du coup plus de décalage horaire.

Nous avons choisi de rester à Madaba car très proche de l’aéroport. Le vol étant programmé à 3 heures du matin, nous aurons attendu de longues heures avant de décoller.

Je garderais un excellent souvenir de ce voyage en Jordanie, Pétra, le désert en général et cette région du Wadi Rum en particulier, la population accueillante et ces trois jours en immersion complète dans le désert.

 

Nous vous recommandons Bédouin Friends pour visiter le Wadi Rum en contactant Anne (wadirumbedouinfriends@gmail.com )

Le Mont sacré du Kailash au Tibet.

Le Mont sacré du Kailash au Tibet.

Le Mont Kailash, centre de l'Univers.

Cette montagne sacrée culmine à 6 638 m et fait partie de la chaine de Gangdise ou Transhimalaya. Certains fleuves majeurs d’Asie prennent leur source à proximité de ce mont, l'Indus, le Sutlej, le Brahmapoutre et la Karnali un affluent du Gange.

Cette montagne est tenue pour sacrée par les pratiquants de quatre des grandes religions asiatiques: les hindous, les jaïns, les bouddhistes et les bönpos. Elle correspondrait au mythique Mont Meru, le Centre du Monde dans les mythologies persane, bouddhique, jaïne et surtout hindoue.

Dans l’hindouisme, il est traditionnellement reconnu comme la demeure de Shiva, qui y résidait avec sa déesse épouse Parvati et leurs enfants, Ganesha et Kartikeya. Le mot Kailash signifie cristal en hindi.

Selon les écritures jaïns, Ashtapada, la montagne à côté du mont Kailash, est le site où le premier Jain Tirthankara, Rishabhadeva, atteignit moksha (libération). Dans le jaïnisme, la montagne est connue sous le nom d' Ashtapada.

Dans le bouddhisme, Thangka représentant le mont Kailash. Le mont Kailash (Kailasa) est connu sous le nom de mont Meru dans les textes bouddhistes. Il est au cœur de sa cosmologie et un lieu de pèlerinage majeur pour certaines traditions bouddhistes.

Les bouddhistes Vajrayana croient que le mont Kailash est le foyer du bouddha Cakrasaṃvara (également connu sous le nom de Demchok), qui représente la félicité suprême.

Les Tibétains l'appellent Ghang Rimpoche ou Khang Ripoche qui signifie précieux joyau de neige.

Pour les Böns, une religion originaire du Tibet, soutiennent que toute la région mystique et Kailash, qu'ils appellent la « montagne à croix gammée de neuf étages », est l' axe mundi , Tagzig Olmo Lung Ring .

Cette montagne n'a jamais été gravie à cause de sa sacralité.

Faire le tour de cette montagne constitue la Kora du Mont Kailash, un des pèlerinages le plus important dans la vie des croyants. Je vous invite à découvrir notre Kora sur cet article.

Le mont Kailash est entouré de deux lacs immenses, les lacs Manasarovar et Rakshastal, tous deux situés au-dessus de 4 500 mètres. Ces lacs sont eux aussi sacrés et une Kora peut être effectuée autour du lac Manasarovar.

Du point de vue géologique, le mont Kailash est constitué de roches métamorphiques reposant sur un socle granitique.

Les roches du mont Kailash sont issues de calcaires marins déposés avant la subduction de la croûte océanique de l’océan Téthys.

Les quatre bords du mont Kailash correspondent presque exactement aux principaux points cardinaux, et les fissures sur son côté sud ont la forme d'une croix gammée, symbole bouddhiste de force spirituelle.

Nous avons pu apprécier la beauté du Mont Kailash lors de la Kora que nous avons faite en 2010. Lorsque nous marchions dans les vallées qui entourent le mont, nous sentions sa présence bienveillante entourés de tous ces pèlerins venus, eux aussi, pour l’honorer. Ce fut le « voyage d’une vie ».

La Kora du Mont Kailash.

Le Mont Kailash au Tibet.

Retour au Tibet.

Om maṇi padme hūm, le mantra de la grande compassion.

Après un premier voyage au Tibet l’été 2009, où nous avions été éblouis par ce pays, ce peuple, cette culture millénaire, nous avons décidé d’y retourner l’année suivante pour un grand périple de trois semaines avec pour point d’orgue le pèlerinage du Mont Kailash.

Petite déception, nous n’aurons pas les mêmes guides et chauffeurs avec lesquels nous avions tant sympathisé. Mais nous ne serons pas déçus par ceux qui nous attendent à notre arrivée à l’aéroport de Lhassa.

Le Potala, ancienne résidence du Dalaï-lama à Lhassa au Tibet.

Il est déjà tard lorsque nous atteignons Lhassa et nous installons à l’hôtel, mais nous ne pouvons nous  empêcher d’aller voir le Potala se dresser majestueusement dans le ciel d’un bleu profond et aller tourner en compagnie des pèlerins autour du Jokhang dans le centre ville. Nous constatons de nouveau avec émotion la grande ferveur et dévotion des tibétains qui tournent inlassablement en faisant tourner leur moulin à prières d'une main ou en se prosternant tout au long du parcours.

Le Potala, ancienne résidence du Dalaï-lama à Lhassa au Tibet.

Notre hôtel étant proche du Potala, nous ne pouvons nous empêcher d'aller le saluer avant de regagner notre chambre. Avec ce ciel de nuit, il est encore plus magnifique et mystérieux.

Pendant deux jours nous resterons autour de Lhassa à visiter les monastères que nous n’avions pas vus le précédent voyage. C’est aussi pour nous acclimater à cette altitude de 3 600 m, nous qui venons du bord de mer. Notre longue route nous fera franchir des cols à plus de 5 000 m.

Départ, direction plein Ouest.

Aujourd'hui nous quittons définitivement Lhassa pour traverser d’Est en Ouest le haut plateau tibétain d’une altitude moyenne de 4500 m. Durant cette longue traversée nous verrons de splendides paysages et aurons quelques surprises comme un pont infranchissable, la perte d’une roue en roulant, l’aide pour sortir d’un bourbier des pèlerins en déshérence, nos chauffeurs et guides punis par les militaires chinois, un trajet se prolongeant tard dans la nuit complètement perdus parmi les routes en travaux.

Le Tibet nous a réservé bien des émotions, pas toujours agréables. Soupe avariée, toilettes d’une puanteur cadavérique, hôtels d’état  à la propreté douteuse où tout est déglingué.

En compagnie de notre guide Tempa (à gauche) et chauffeur Sampa (à droite).

Mais nous étions au Tibet, accompagnés d’un chauffeur et d’un guide tibétain et très rapidement des liens se sont tissés entre nous et une confiance mutuelle a scellé notre amitié.

Le départ à la fin de notre séjour a été très chargé en émotion. Que vont ils devenir, nous ne le saurons pas car la censure interdit les échanges de mail. Quand on peut en envoyer, on se rend compte qu'il est formaté "Tout va bien" De plus nous resterons très discrets pour surtout ne pas leur attirer d'ennuis. La répression est terrible, dix ans de prisons pour posséder une image du Dalaï-lama avec torture en prime.

La ville de Lhassa est peu à peu envahie par les chinois et les tibétains deviennent minoritaires dans leur pays. Depuis que la ligne de train rapide arrive au Tibet, ce phénomène ne fait que s'amplifier.

Notre guide, Tempa et notre chauffeur, Sampa, tous deux tibétains. Nous aurons l'occasion de revoir Tempa lors d'un troisième voyage au Tibet en novembre 2012.

Retrouvailles empruntes d'une grande émotion comme lorsque nous nous étions quittés car une grande complicité s'était établie entre nous. Je me souviens d'une soirée où nous avions bu pas mal de bières et nous avons ri aux larmes de nos pitreries. Tempa et Sampa ne se connaissaient pas avant ce voyage et pour eux aussi une grande complicité s'est établie entre eux à la fin de ce parcours.

En compagnie de notre guide Tempa (à gauche) et chauffeur Sampa (à droite).
Tempa et Sampa déposent à un col une banderole en offrande.

Grand contraste entre Lhassa très peuplée où nous déambulions parmi la foule et cette grande traversée du haut plateau tibétain quasi désertique avec quelques nomades rencontrés au hasard de notre route. Quelques habitations isolées ou des campements nomades perdus en plein désert. Les enfants qui devaient à notre rencontre et auxquels nous offrions quelques ballons. Nous sommes aussi allés boire un thé au beurre plusieurs fois chez certains habitants quand notre chauffeur voulait avoir des renseignements sur la route.

Au départ de Lhassa, nous avons déjeuné dans un restaurant. Le lendemain notre guide nous dit qu'on va s'arrêter pour déjeuner. Mais nous n'avons rien prévu.

C'est comme ça que nous avons partagé le repas de Tempa et Sampa. La fameuse Tsampa, la bouillie (ou pâte) de farine d'orge grillé délayée dans le thé au beurre de yak et du fromage de yak. Sampa dépose la farine et le fromage sur une peau fine et circulaire. Il referme la peau, secoue pour tout bien mélangé, ouvre la poche pour rajouter le thé au beurre referme et secoue, remue jusqu'à obtenir une pâte style sablée. Il nous en distribue des morceaux que nous accompagnons de thé au beurre en mangeant des pattes de poulet en conserve.

Tsampa pour notre repas et thé au beurre de yak.

A partir du lendemain, nous avons remplacé les pattes de poulet par des cuisses et quelques petits gâteaux achetés dans les villes que nous atteignions le soir pour aller à l'hôtel. A cette époque, le Tibet était en travaux. Construction de routes de toute part et parfois nous nous sommes arrêtés dans de petits restaurants de chantier abrités sous une tente au contact des ouvrières et ouvriers tibétains qui venaient se reposer et se réchauffer quelques instants.

Darchen.

 

Nous arrivons à Darchen en fin d’après-midi après 1 400 km de piste depuis Lhassa et allons nous installer dans un hôtel.

Cette petite bourgade est le point de départ du pèlerinage, la Kora du mont Kailash.

Nous commençons par nous installer à l'hôtel.

La bourgade de Darchen, point de départ de la Kora du Mont Kailash.
Le Mont Kailash.

Cette montagne sacrée est vénérée par les Bouddhistes, mais aussi les Böns (prononcer beun) les  Hindous et les Jains. Nous avons la chance de ne pas être en période de pleine lune ce qui limite les Hindous qui viennent par centaines, parfois plus de deux mille. Notre pèlerinage en sera plus clément et pour nous plus authentique.

Pour les Bouddhistes le mont Kailash est la demeure de Chenresig, le Bouddha de la compassion. Pour les Hindous il est le mont Meru, le centre du monde et la demeure de Shiva. Pour les Jains il est le mont Ashtapada où Rishabhadeva, fondateur de leur foi, atteignit le nirvana. Pour les Böns c’est la demeure de la déesse Sipaimen.

Tempa, notre guide, nous dit que nous allons rencontrer notre porteur et il faut préparer le sac à lui confier.

Nous trions donc les affaires qui nous serons nécessaires pour les trois jours de pèlerinage puis allons porter ce sac au porteur.

Surprise, le porteur est une femme et nous sommes honteux de faire porter par une femme notre sac. Mais Tempa nous dira qu’elle est habituée à porter ainsi les sacs des voyageurs et que c’est son gagne-pain.

Donc Sondja inspecte notre sac, discute en tibétain avec Tempa puis repart. Tempa nous dira que notre sac n’est pas très pratique à porter.

Notre porteuse, Sondja.
Les rues de Darshen quasi déserte. Quelques touristes seulement et les locaux qui jouent au billard.

Les rues de Darchen sont clairsemées, pas beaucoup de touristes.

Les locaux jouent au billard en pleine rue en buvant des bières. Nous dinons puis allons nous coucher.

Notre chambre donne coté toilettes et l’odeur est épouvantable, nous finissons par nous endormir.

Départ de Darshen.

Réveil tôt le matin, c’est le grand jour, nous partons faire la Kora! Nuit un peu agitée. Un peu inquiets tout de même car nous démarrons à 4 400 m d’altitude et un col à 5 600 m nous attend.

Tempa nous propose d’aller en voiture jusqu’à l’entrée de la vallée pour gagner 8 km sur le parcour.

Mais nous préférons partir de Darchen pour un parcours plus authentique. C'est aussi ce qui a plu à Tempa.

Départ de notre hôtel à Darchen. Sondja porte notre sac.
Les enfants de Sondja a qui nous avons offert des ballons avant notre départ.

Nous passons par la maison de Sondja et là elle transfère toutes nos affaires dans un sac de riz qu’elle portera dans le dos maintenu par une bandoulière.

C’est la façon traditionnelle de porter des charges et nous nous mettons en chemin après avoir dit au-revoir à ses enfants à qui nous avons offert quelques ballons.

La maison de Sondja est très modeste mais bien décorées, le plus pur style tibétains. C'est joyeux, intrigant et très colorés.

Ces enfants sont bien habillés et Sondja travaille toute la saison touristique.

Le sentier grimpe doucement vers l’entrée de la vallée de la Lha-chu, nous faisons une première halte au niveau d’un shorten décoré de drapeaux de prière.

La vue sur la chaîne de l’Himalaya est splendide et derrière nous, le sommet du Kailash pointe dans le ciel bleu.

Premier arrêt, le Mont Kailash est en vue.
Les pèlerins tibétains sur la Kora du Kailash.

Nous ne sommes pas seuls, de nombreux tibétains font eux aussi la Kora. C’est un moment très important dans leur vie spirituelle.

La Kora est un effort considérable tant physique que psychique et permet  d’acquérir des mérites pour espérer une meilleure renaissance dans le cycle des réincarnations.

Les pèlerins ont revêtus des habits traditionnels d’apparat, les femmes arborent des bijoux et des pierres précieuses dans leur coiffure.

Ils transportent leurs bagages à dos de mulet, cheval ou de yak. L’ambiance est détendue, de fête car c’est le début du pèlerinage.

Yaks accompagnant un pèlerin pour sa Kora.
Au début de notre Kora, nous sommes à Tarboche.

Nous cheminons tranquillement, le sentier grimpe progressivement et cette ascension n’est pas difficile.

Nous arrivons à Tarboche où se dresse un grand mat de prières et Tempa nous expliquera qu’au printemps se déroule la fête de Sagadawa qui commémore l’illumination de Bouddha.

Sondja et Ludo main dans la main pour affronter le chemin de la Kora.

Au bout de quelques kilomètres Sondja s’empare du bâton  de marche de Ludo puis lui prend la main et je les vois repartir sur le sentier main dans la main. Ils effectueront ainsi la Kora, l'un proche de l’autre.

Nous avons confié à Tempa un petit appareil photo et lui avons demandé de prendre quelques photos des pèlerins car nous n’osons pas le faire pour ne pas les déranger. Lui saura le moment opportun pour faire ces clichés.

Nous progressons dans la vallée, elle se resserre et le sommet du Kailash est juste au-dessus de nous.

Sa masse est imposante, énorme pyramide de roche sombre couronnée d’un glacier dont la neige tranche avec la pierre.

Nous progressons bien sur le chemin de la Kora. Le Kailash juste au-dessus de nous.
Petite halte pour un thé au beurre avec Tempa et Sondja.

Nous faisons une pause sous une tente qui peut héberger des pèlerins mais aussi nous désaltérer.

Le propriétaire propose du thé au beurre de yak ou nature, nous l’accompagnerons de petits gâteaux.

Après cette halte, nous reprenons notre route et croisons un groupe de Böns qui marchent dans le sens inverse.

Pour eux c’est presque l’arrivée, alors que pour nous ce n’est que le commencement.

Les paysages qui nous entourent sont grandioses et je scrute les montagnes pour reconnaitre la nature de leurs roches tout en profitant de la quiétude de cette nature trompeuse.

Après environ six heures de marche nous arrivons au monastère de Dira-puk situé à 5060 m sur la rive droite de la Lha-chu.

Ces vingt-quatre premiers kilomètres auront été assez faciles. Nous étions bien acclimatés à l’altitude et avons marché tranquillement.

Nous irons dormir dans l’hostellerie du monastère de Dira-puk où on trouve quelques chambres au confort sommaire pourvues de plusieurs lits.

Nous passerons la fin de l’après-midi à nous reposer, explorer les environs, visiter le temple et sa grotte, rencontrer le moine dépositaire des lieux que connait Tempa.

Le temple se situe face au Kailash, Tempa nous le fera visiter de fond en comble ayant les clés données par le moine.

Hostellerie du monastère de Dira-puk, confort sommaire mais repos récupérateur.
Hostellerie du monastère de Dira-puk, quelques touristes.
Sur le toit du monastère de Dira-puk en compagnie du moine.

Il y a peu de touristes, presque aucun Hindous et les lieux sont vraiment très calmes.

Nous discuterons avec quelques touristes dont une française et prendrons une bière. Ici aussi il y a un billard en plein air et Tempa fera une partie en compagnie d’autres jeunes tibétains.

Nous nous reposons après cette première journée de marche.
Nous nous reposons après cette première journée de marche.
Et nous terminons cette journée par une petite mousse.

Le jour décline et une jolie teinte chaude enveloppe les sommets et j’en profite pour aller faire quelques photos en solitaire loin de l’agitation.

Le Mont Kailash vu du monastère de Dira-puk.
Ludo profite de cette quiétude.
Un jeune pèlerin curieux de voir des occidentaux en ces lieux.
Les yaks de trait se reposent, le jour décline.
Le mont Kailash se pare de jolies couleurs chaudes lors du coucher de soleil.

Nous dînons en puisant dans notre sac transporté par Sondja puis irons nous coucher.

Second jour de notre Kora.

Départ de nuit pour notre seconde étape, le mont Kailash dans la pénombre.

 

Au second jour de notre Kora, nous nous levons très tôt, bien avant le lever de soleil. Petit déjeuner où Tempa nous engage à prendre des forces pour le chemin à venir puis nous mettons en marche dans la nuit.

Le chemin est identique à celui de la veille, il grimpe doucement.

Mais je suis anxieux car un col à 5 600 m nous attend.

Tempa a emporté avec lui une petite bouteille d’oxygène au cas où nous en aurions besoin.

Nous partons donc d’une altitude de 5 060 m et devons gravir 600 m de dénivelé.

Nous entamons le raidillon qui mène au col de Drölma-la.
Le raidillon qui mène au col de Drölma-la, le souffle est un peu court.

Le soleil se lève et mon anxiété fait place à une grande exaltation, nous sommes près du but.

Nous arrivons au pied du raidillon qui grimpe jusqu'au col de Drölma-la.

Le rythme est plus lent, chaque pas est mesuré, anticipé car maintenant je ressens vraiment que l’air est plus tenu, plus rare.

Durant cette montée, nous passons devant une grande pierre plate suivie d’un petit cimetière. Avant de venir faire cette Kora, j’avais lu quelques récits et je reconnais ces cimetières des pèlerins morts en cours de route ce qui ne me rassure pas du tout.

Mais je comprends que ce sont essentiellement les pèlerins Hindous qui succombent à l’altitude car ils viennent d’un pays peu élevé, ne sont pas du tout sportifs et ont acheté tout leur équipement sur la route qui remonte du Népal, en témoignent leur baskets toute neuves.

Pendant l’ascension, Tempa utilisera la bouteille d’oxygène pour soulager quelques vieilles tibétaines à la peine.

Je suis admiratif de ces vielles femmes qui font encore ce pèlerinage malgré leur âge.

Les tibétains sont habitués à l’altitude, leur corps la supporte bien mieux que nous.

Le jour se lève illuminant le Mont Kailash.
L'inscription du haut est un mantra. Celui du bas est "Om maṇi padme hūm"

Malgré ce sentier pentu et tortueux, nous croisons quelques pèlerins qui effectuent la kora en s’allongeant de tout leur long puis se relevant, marchant la longueur de leur corps pour s’allonger de nouveau.

Pour eux, se prosterner,  cette pratique exténuante, leur permet d’acquérir  encore plus de mérites. Ils sont vêtus d’un épais tablier pour amortir les pierres quand ils s’allongent.

Faire la Kora en se prosternant équivaut à vingt Kora ordinaires et quand on arrive à 108, on gagne directement le nirvana. Donc il nous en restera 107 !

Au détour du sentier nous voyons les premiers drapeaux de prières ce qui signifie que nous arrivons au point culminant de la Kora, le col de Drölma-la à 5 650 m.

Finalement ce n’était pas si difficile que ça et je m’en veux d’avoir douté de ma condition physique.

De son côté Tempa nous dira qu’il est très agréablement surpris par notre ascension et pensait que nous mettrions beaucoup plus de temps pour arriver au col.

Arrivée au col de Drölma-la à 5 650 m.
Le col de Drölma-la 5 650 m, nous sommes fiers de nous.

Les pèlerins font une longue halte au col et nous accueillent par des « tashi délé » (bonjour).

Ceux qui arrivent au col crient « Ki ki so so laghyalo » (les Dieux sont victorieux, je suis parvenu au col).

Prières, offrandes, tout le monde fête cette arrivée au point culminant de leur parcours et se restaurent avant de reprendre le sentier.

La fierté d'être parvenu à une telle altitude, merci Sondja.
Au col de Drölma-la, encore une petite photo pour immortaliser cet instant.

L’ambiance est très conviviale, on retrouve toutes les générations de tibétains qui se restaurent, se rencontrent, discutent. C’est un peu irréel à cette altitude.

Au col de Drölma-la, moment de repos, de recueillement, de prières.
Au col de Drölma-la, les pèlerins font des offrandes.

Parmi les offrandes, de la farine d’orge grillée (base de la Stampa), des poudres d’herbes odorantes qu’ils font brûler et cela embaume tout l’air environnant.

Mais aussi de nouvelles guirlandes de drapeaux de prières qu’ils déploient et installent. Le sol en est recouvert.

Tempa est fier de nous, il est surpris de notre rapidité à gravir ce col.
Sondja et son amie.

Nous ferons plusieurs photos pour immortaliser cet instant en compagnie de Sondja et Tempa et une amie de Sondja.

Nous allions prendre le sentier pour redescendre l’autre versant quand Tempa nous dit que puisque nous avons aussi bien marché jusqu’au col en peu de temps, nous pourrions faire le reste de la Kora en une seule étape au lieu de deux.

L’étape intermédiaire ne présentant que peu d’intérêt et cela nous fera gagner une journée dans notre périple.

Nous acceptons sans penser à ce qui nous attend.

Chemin faisant, nous croisons des Böns, les femmes portent leurs parures composées de turquoise, corail rouge, coquillage.

Elles ont leur costume traditionnel avec invariablement le tablier au tissu rayé.

Tempa ayant dit que j’étais médecin, tout le monde me demande des médicaments et je distribue des comprimés de paracétamol jusqu’à épuisement de mon stock. Tempa me conseille de ne pas leur en donner de grosses quantités car ils vont prendre tout d'un coup !

Après le col de Drölma-la, la vallée de la Lam-chu Khir par laquelle nous redescendons.
Un groupe de femmes Bön qui montent vers le col.
Un tibétain en costume traditionnel.
Juste après le col de Drölma-la, un petit lac glacière.
Un couple de tibétains. Le mari égraine son chapelet. Madame avec le tablier et la parure sur ses cheveux.

Nous continuons notre périple par la vallée de la Lam-chu Khir.

Prairies verdoyantes qui contrastent avec les roches nues et acérées des montagnes qui la bordent.

Nous avons beaucoup de chance car très peu d’Hindous, presque uniquement des tibétains ce qui fait que notre Kora en sera plus authentique.

Nous ferons une halte pour déjeuner et nous reposer car le chemin est long.

Le temps est très variable mais la pluie n’est pas loin et nous ne ralentissons pour arriver à Darchen, nous passons par le monastère de Zuthl-puk sans nous arrêter puis par les gorges de la Dzong-chu.

Un arrêt bien venu pour pique-niquer et nous reposer un peu.
Sondja attend Ludo pour repartir.

Sondja attend systématiquement Ludo lorsqu’il s’arrête prendre quelques photos.

Le gamin rencontré au monastère de Dira-puk nous rejoint et je lui donne quelques ballons.

Je retrouve le gamin du monastère de Dira-puk.

Dernière ligne droite, nous cheminons dans la plaine de Darchen.

Nous sommes vraiment fatigués et nous languissons d’arriver au but.

Cette plaine est interminable et lorsque Darchen est en vue cela nous donne du courage pour arriver à la fin de notre Kora.

Le début des gorges de la Dzong-chu.

Après les gorges de Dzong-chu, nous entamons la longue plaine qui mène à Darchen.

Nous arrivons à Darchen vers dix-huit heures trente complètement exténués, marchant de façon automatique sans s’arrêter car pas sûr de pouvoir repartir.

Le tibétains nous dépassent sur le sentier vers Darchen.
Le descente vers Darchen. La route est longue, très longue !

Tempa nous conduit à notre hôtel pour récupérer nos bagages, nous remercions chaleureusement Sondja et lui offrons ce qu’il reste de nos vivres, la prenons dans nos bras mais ce n’est pas dans leur culture et nous la sentons gênée.

Ludo et moi garderons un souvenir impérissable de cette femme courageuse qui incarne le peuple tibétain et qui l'a accompagné durant toute cette Kora.

Nous sommes exténués, des zombies, nous marchons de façon automatique. Mais nous l'avons faite cette Kora, ces 32 km de retour à Darchen ont été vraiment difficiles pour nous. Que dire de ces tibétains qui la font en une journée et de ceux qui la font en se prosternant sur plusieurs jours !

Le lac Manasarovar .

Visite du monastère de Chiu gompa en compagnie de Tempa.

Nous partons à quelques kilomètres de là, sur les berges du lac Manasarovar où un hôtel est réservé, l’hôtellerie du monastère de Chiu.

Nous en profiterons pour nous reposer de cette longue marche en altitude.

Cela nous permet de revenir sur cette Kora du mont Kailash.

56 km de marche, 1000 m de dénivelé, un col à 5 650 m le tout en deux jours à altitude moyenne de 5 000 m.

Mais aussi toutes ces rencontres, ces pèlerins à la foi inébranlable qui font cette Kora en une journée ou bien en se prosternant ou encore en famille.

On touche là du doigt la culture tibétaine et le bouddhisme qui fait partie intégrante de leur vie.

Sur les rives du lac Manasarovar, nous ne ferons pas de Kora même si on peut faire le tour de ce lac sacré en trois jours. (80 km tout de même !)

Nous reprendrons des forces pour la fin du voyage en visitant le monastère de Chiu et logerons dans le refuge juste à côté.

Monastère de Chiu gompa, pierres avec des mantras.
Monastère de Chiu gompa avec le mont Kailash en fond.

Nous arrivons en fin d'après-midi dans l’hôtellerie du monastère de Chiu. Nous nous reposerons car les jambes ne peuvent plus nous porter.

Soirée en compagnie de Tempa et Sampa où nous boirons pas mal de bières.

Le lac Manasarovar se situe à 4 590 m d’altitude, il est voisin du lac Rakshatal (4 575 m). Le Manasarovar fait 20 km de large et 80 km de circonférence. Le Sutlej, le Brahmapoutre, l’Indus et le Karnali prennent leur source dans ses environs.

C’est un lac sacré pour les bouddhistes tibétains, les böns, les jaïns et les hindous.

Pour les bouddhistes tibétains, il représente les eaux primordiales de l’univers, et plusieurs pèlerins en font également le tour. Tout autour du lac se trouvent plusieurs monastères.

Monastère de Chiu gompa avec le Mont Kailash en fond.
Le lac Manasarovar et le monastère de Chiu gompa.

Nous passons une journée entière à nous reposer sur les bords de ce lac sacré Nous visiterons le monastère de Chiu gompa et les environs de l'hôtellerie.

Le lac sacré de Manasarovar à 4 590 m d'altitude.

Le lac Manasarovar est une des plus grandes réserves d'eau douce du monde. 90 m de profondeur et 395 Km2. Dans ses environs prennent naissance les plus grands fleuve d'Asie.

Le monastère de Chiu gompa et le mont Kailash en fond.
Des pèlerins qui font la Kora du Manasarovar.

Le monastère de Chiu gompa est une halte dans le pèlerinage autour du lac Manasarovar.

Nous retrouvons les pèlerins avec leurs motos chinoises très robustes dans cet environnement hostile.

Les femmes en tenues traditionnelles, les hommes généralement habillés à l'occidentale.

Nous passerons la journée à nous promener autour du monastère et sur les bord du lac. Rencontre avec des enfants, des pèlerins et repos dans le restaurant de l'hôtellerie.

Les enfants tibétains.

Nous passerons du temps en compagnie de Tempa et Sampa mais irons aussi nous balader sur les rives du lac.

En fin d'après-midi, un énorme orage se forme vers le mont Kailash et se dirige vers nous. Nous faisons de nombreuses photos avant d'aller vite nous mettre à l'abri lorsque le déluge commence !

Tempa a revêtu le manteau traditionnel nomade et pavoise peu fier !

Nous passerons notre dernière soirée dans ce restaurant en compagnie de Tempa et Sampa.

Sampa ne parle pas anglais mais nous arrivons bien à nous comprendre et nous aurons de nombreux fou-rires en faisant des pitreries.

Tempa essaiera ce manteau traditionnel des nomades, manteau que nous aurons vu souvent chez les pèlerins lors de notre Kora.

Le lendemain nous nous levons avant le soleil ( cinq heures) car nous avons une très longue route. Finalement étant partis à six heures du matin, nous arriverons dans la ville étape à plus de une heure du matin complètement abasourdis par ce voyage dantesque.

Perte d'une roue, route barrée pour tir de mines, humiliation par les militaires chinois car nous avons roulé sur une route toute neuve au goudron encore chaud, complètement perdus au milieu des routes défoncées en construction et pour finir le restaurant de l'hôtel nous sert une soupe avariées.

Très dure journée ! Pour nous mais surtout pour Sampa, admiration.

Départ pour Zhangmu.

Tempa et Sampa ne se connaissaient pas avant notre départ. En trois semaines, une grande complicité s'est établie entre eux. Etant tous deux tibétains, ils nous auront fait profiter de la connaissance de leur pays, de leurs coutumes et rencontrer quelques nomades pour boire un bol de thé au beurre avec eux.

Nous poursuivrons notre retour deux jours durant en direction de la frontière Népalaise. Nous laisserons Tempa et Sampa à Zhangmu, ville frontalière, et traverserons le « Pont de l'Amitié » et tirant notre valise des larmes plein les yeux de quitter des amis chers dont on n'aura certainement jamais plus de nouvelles.

Nous déciderons, deux ans plus tard, de retourner voir le Tibet en plein hiver et insisterons auprès de notre agence pour avoir les mêmes guides et chauffeur.

Nous retrouverons avec émotions Tempa qui nous guidera durant cinq jours au travers des monastères et temples perdus dans les montagnes enneigées et glaciales.

Il nous donnera des nouvelles de Sampa qui ne fait plus chauffeur pour touristes mais plutôt de gros camions.

 

La grande complicité entre Tempa et Sampa. « N'aurais-tu pas un peu grossi Sampa ! »

Retour sur notre aventure.

Le Mont Kailash.

Cet article est pour moi une façon de les remercier et de leur rendre hommage. Il y a bien longtemps que je n'ai plus aucun mail de Sempa. Aux dernières nouvelles, il n'était plus guide car pas assez de touristes et travaillait dans un restaurant comme sa femme.

Leur conditions sont précaires et c'est une lutte perpétuelle pour survivre dans leur pays où ils sont devenus minoritaires.

 

Cette grande traversée du haut plateau tibétain avec la Kora du Kailash pour point d'orgue aura été le voyage d'une vie. Des paysages fantastiques, une minéralogie et géologie extraordinaire, même si je n'ai que quelques notions, des monastères et temples somptueux. Je n'ai pas parlé des fresque, peintures, sculptures dans les temples, des Bouddha se dressant dans chacun d'eux ... (peut être un prochain article)

L'épreuve que nous avons traversée en faisant la Kora du Mont Kailash, a été source d'une grande joie teintée d'humilité et fierté. Humbles car nous ne sommes que poussière face à l'immensité du Mont Kailash, centre du monde, demeure des Dieux. Fierté de l'avoir fait, d'avoir la santé et les conditions physiques pour réaliser ce pèlerinage en haute altitude. Et joie d'être si bien accueillis par ce peuple tibétain que nous garderons à jamais dans nos cœurs.

Les images de ces trois voyages son à voir sur mon site des photos de voyage  Tibet.

 

Pèlerins se prosternant devant le Jokhang à Lhassa.

Pour ces trois voyages, nous sommes passés par l'agence Asie Online que nous vous recommandons pour leur professionnalisme.

Groupe de jeunes tibétains refaisant le toit dans un monastère au rythme de leurs chants et martèlement de la pierre au bout du bâton.

Le Sultanat d’Oman

Sultanat d'Oman, ville de Rustaq.
J'aime le Sultanat d'Oman.

Le Sultanat d'Oman, retour en terre inconnue.

Nous connaissions déjà le Sultanat d’Oman de façon impromptue. Nous rentrions du Népal et notre vol, ayant du retard, nous a fait raté la correspondance pour Londres et passer 24 heures dans un hôtel proche de l’aéroport.

Nous avions pu visiter la Mosquée Muhammad Al-Amin proche de notre hôtel.

Sulatant d'Oman. la Mosquée Muhammad Al-Amin.

Cette année, nous allons de notre « plein grès » visiter ce pays. Nous louons un véhicule 4X4 à l’aéroport et partons directement vers Sour plus au sud. Un véhicule 4X4 n’est pas indispensable en Oman mais recommandé si vous souhaitez explorer les pistes de montagne, c’est bien plus confortable.

Notre véhicule, un Kia Sportage 2.4 4X4.

A savoir, rendre le véhicule propre sinon le loueur vous facturera son nettoyage ! (5 Rial)

Nous pensions que les Omanais étaient accros de leurs grosses voitures rutilantes, non ! Une loi interdit d’avoir un véhicule sale …

Mais ce sont tout de même des "fous" du volant, ils vont très vite et supportent mal qu'un véhicule "se traîne" devant eux !

Arrivée à Sour.

Nous arrivons à Sour en fin d’après-midi et profitons de cette fin de journée pour visiter les plages de la ville et assister au coucher de soleil.

Des enfants jouent au foot sur la plage, des pêcheurs tirent leur embarcation hors de l’eau. La plage est assez animée. Nous continuons notre balade jusqu’au coucher de soleil.

Sultanat d'Oman. Fin d'après-midi à Sour.

Le Wadi Shab.

Le lendemain, nous partons visiter le Wadi Shab.

Il faut s’acquitter d’un droit de passage, car le sentier débute de l’autre côté de la rivière et une barque permet d’y accéder.

Le Wadi Shab et ses eaux turquoises.

Le paysage est somptueux, voir ces bassins d’eau limpide, turquoise, côtoyer la montagne désertique est fascinant.

De nombreux touristes sont présents et certains se baignent.

Arrivés au fond du canyon, le sentier devient périlleux et des panneaux mettent en garde sur sa dangerosité. Nous n’irons pas au-delà.

Nous repassons par la côte avant de partir dans les hauteurs en empruntant une route dantesque.

En quelques kilomètres, nous passons du bord de mer à une altitude de près de 1 600 m et nous nous retrouvons dans les nuages.

Côte Nord-Est de Sour, Sultanat d'Oman.

Quelques villages sur notre route dans un paysage complètement désertique. Nous redescendons et allons boire un thé en bord de plage à Sour.

La côte au loin sous le soleil, mais nous sommes dans les nuages qui se créent au niveau de ce relief élevé de l'Hajar Oriental au nord-est de Sour.

Quelques villages dispersés sur notre route dans ce paysage complètement désertique. Malgré cette brume, la végétation est claircemée.

Nous redescendons et allons boire un thé en bord de plage à Sour.

Hajar oriental, côte nord-est de Sour. Sultanat d'Oman.

Le Wadi Tiwi.

Le lendemain nous partons visiter le Wadi Tiwi.

Nous le préfèrerons au Wadi Shab car moins touristique et d’un accès plus facile par la route.

Après s’être garé nous partons en randonnée, traversons un premier village dans une palmeraie.

Premier village du Wadi Tiwi. Canal d'irrigation. Sultanat d'Oman.

L’eau coule partout ce qui est très étonnant dans ce pays désertique.

Depuis des centaines d’années (1 500 ans), des canaux ont été construits pour acheminer l’eau des Wadi dans les vallées pour la culture des palmiers dattiers majoritairement.

 

C’est une véritable prouesse technique pour suivre les lignes de niveau en empruntant des aqueducs, des tunnels et construire des canaux sur plusieurs kilomètres.

Le résultat est la présence de très nombreuses oasis avec des palmeraies mais aussi des cultures d’arbres tropicaux comme les manguiers, papayers, bananiers en plus des agrumes.

 

Le palmiers dattiers est très représenté au Sultanat d'Oman. C'était une question de survie car les dattes peuvent se conserver jusqu'à deux années. Elles étaient stockées dans les forts permettant de tenir un siège sur une très longue période.

Le Wadi Tiwi est très beau, succession de palmeraies au milieu d’un paysage montagneux et désertique.

Parfois la rivière s’élargie et des piscines naturelles aux eaux turquoises tranchent avec la roche ocre qui les entoure.

Ce foisonnement de végétation, alors que quelques dizaines de mètres plus loin rien ne pousse, est surprenant.

Après 2 heures à parcourir cette vallée parsemée de nombreux villages, nous rentrons à Sour.

Petit bassin aux eaux turquoises dans le Wadi Tiwi non loin de Sour.

Nous visitons un peu la vieille ville et profitons de nouveau d’un joli coucher de soleil.

C’est notre dernière nuit à Sour. Demain nous quitterons Sour et la côte pour l’intérieur du pays.

Ayjah et le pont Khor al-Batah qui relie cette vieille ville à Sour.
Coucher de soleil sur Sour avec le pont Khor al-Batah la reliant à Ayjah.

Le Wadi Bani Khalid.

Le Wadi Bani Khalib très touristique.

Le Wadi Bani Khalid est très réputé mais aussi très touristique. Dès notre arrivée, nous remarquons que le parking est immense et déjà bien rempli !

Ce lieu est très prisé des omanais qui y viennent pique-niquer en famille. L’organisation est sans faille. Des porteurs attendent les touristes avec une brouette pour transporter tout le nécessaire au pique-nique vers le bord du Wadi.

Il y a vraiment beaucoup de monde ce qui nous gâche la visite.

Nous remonterons le Wadi jusqu’à ce que le sentier devienne trop périlleux pour progresser plus avant. Mais il y a vraiment trop de monde pour apprécier ce magnifique paysage de bassins aux eaux turquoise entourés de roches blanches.

Nous ne nous attardons pas et repartons pour Wahiba.

Wahiba Sands.

Dès que nous sortons de la montagne, nous traversons le désert de sable en direction du nord. Une magnifique route remonte vers le nord du pays.

Tout le long de notre périple omanais, nous observerons beaucoup de travaux. Nouvelles routes, grosses infrastructures touristiques.

Le Sultanat d’Oman est en pleine mutation économique et ceci grâce à ses ressources en pétrole et au dynamisme impulsé par le Sultan Qaboos bin Said al Said qui a sorti ce pays du moyen âge en renversant son père le 23 juillet 1970

Transition entre montagne et désert.

Arabian Oryx Camp.

l'Arabian Oryx Camp est en vue.

Après quelques heures de route, et un petit café pris dans un village, nous arrivons à l’Arabian Oryx Camp.

La piste que nous empruntons n'est que sable à perte de vue. Mais cette piste est très passante et nous ne nous ensablerons pas.

Nous aurons quelques difficultés au niveau du camp de tentes car le sable est très meuble. Notre guide local dégonflera les pneus pour que nous puissions garer la voiture plus facilement.

Nous avions réservé avant notre départ sur le Net.

A l’arrivée, nous observons un petit village de vacance perdu en plein désert avec de petits bungalows.

Ce n’est pas vraiment ce que nous espérions, mais le réceptionniste nous indique que notre camp se situe un peu plus loin et plus haut en haut des dunes que ce petit village et nous découvrons un ensemble de tentes disposées en cercle.

Le village d'Arabian Oryx camp.

Nous sommes ravis, c’est vraiment ce que nous recherchions et c’est même un peu trop luxueux.

La tente comporte une petite salle de bain séparée en plus d’une jolie « pièce » avec trois lits bien confortables, un frigo et même un canapé en extérieur devant la tente.

Une fois installés, nous allons boire un thé au restaurant en terrasse puis nous partons à la découverte du désert.

Arabian Oryx Camp, installation dans notre tente.
Arabian Oryx Camp, l'intérieur de notre tente très confortable.
Arabian Oryx Camp, intérieur de notre tente.
Arabian Oryx Camp, le restaurant du camp de tentes.

Des dunes de sable à perte de vue entrecoupées de vallée où on retrouve quelques villages aux maisons clairsemées. Nous passons le reste de l’après-midi à explorer ce désert, descendant et remontant de dune en dune jusqu’au coucher de soleil qui sera somptueux.

Les dunes entourant notre camp au loin sur la droite de cette photo.

Vraiment, nous vous recommandons ce camp perdu en plein désert, à échelle humaine avec un personnel très efficace et sympathique. Retenez, Arabian Oryx Camp !

Lever de soleil à Arabian Oryx Camp.

Nous nous levons à l’aube le lendemain pour profiter cette fois du lever de soleil tout aussi somptueux que le coucher.

Après une belle balade dans les dunes pour immortaliser cet instant magique, nous rejoignons les autres touristes au restaurant pour le petit déjeuner puis reprenons la voiture pour continuer notre périple vers le sud.

Lever de soleil dans le déser à Arabian Oryx Camp.

Les dunes blanches.

Plage au sud d'Oman.

Direction le sud à la recherche des dunes blanches.

Les routes principales sont belles et très bien entretenues, mais dès qu’on s’en écarte, nous empruntons des pistes et là les difficultés commencent car il n’y a en général pas de panneaux indicateurs ou bien ils sont en arabe.

Nous consultons la carte et le GPS mais difficile de trouver ces fameuses dunes au sable blanc immaculé.

Nous rencontrons un couple d'allemands tout aussi perdus que nous.

Nous rebroussons chemin pour prendre la route en direction de Salalah.

Le paysage change, du désert à perte de vue mais surtout complètement plat. Pas de relief à l'horizon, rien ne dépasse.

Nous décidons de prendre une petite piste qui se dirige vers la côte en espérant voir ces fameuses dunes blanches.

Route en direction de Salalah à la recherche des dunes blanches.
En direction de la côte, le paysage est plat !
Nous sommes avertis ! des dromadaires peuvent traverser la route (ou piste).
Une maman dromadaire et son petit.

Nous étions prévenus !

Nous avons ENFIN trouver ces fameuses et fabuleuses dunes de sable blanc immaculé.

Nous nous arrêtons pour une petite balade en plein soleil pour nous rapprocher de ces dunes et prendre quelques clichés. Ce ne sont peut être pas celles du guide, mais elles correspondent bien à la description qui en est faite.

Les dunes blanches d'Oman.

Une petite balade pour immortaliser ces fameuses dunes blanches.

Sous un soleil de plomb nous progressons en direction des dunes, le sol est jonché de coquillages, nous sommes proches de la mer. Des traces sur le sable, passage de dromadaires, petits rongeurs, canidés ....

Nous repartons pour la ville de Nizwa où nous resterons quelques jours pour visiter cette région.

Le trajet jusqu’à cette ville nous fera traverser une zone désertique extrêmement plate en empruntant une superbe route à quatre voies toute neuve. Nous arrivons à Nizwa en fin d’après-midi et trouvons notre hôtel pour nous y installer.

Et voilà les fameuses dunes blanches.

Nizwa.

Au départ de Nizwa, nous commençons par la visite du château de Jabrin suivit par le Fort de Bahla inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Ce dernier est vraiment splendide, bien restauré, une forteresse immense avec tout un dédale de couloirs, escaliers où il est facile de se perdre.

Le château de Jabrin.

Nous commençons nos visites par le château de Jabrin. Ce château bien restauré est aussi bien meublé, des meubles mais aussi des livres, poteries, objets artisanaux d'époque.

Fort de Bahla.

Extraordinaire fort de Bahla, immense et très bien restauré comme tous ceux que nous avons visités. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. A ses pieds, un village en ruine, un patrimoine qui disparaît.

Le village de Misfat.

Nous reprenons la route pour le village de Misfat que nous finissons par trouver. Difficile de trouver les routes ou villages sans panneaux indicateurs ou, quand ils sont présents, écrits en arabe. Mais nous y sommes parvenus !

Le village de Misfat et sa palmeraie à ses pieds.

Ce très joli village pittoresque, construit à flanc de montagne surplombe une belle palmeraie.

En cheminant dans le dédale de ruelles, nous débouchons sur la palmeraie. Mais il n’y a pas que des palmiers dattiers, nous retrouvons des manguiers, bananiers, papayers et des agrumes. Grâce à l’irrigation et le climat chaud, nombres d’espèces tropicales poussent ainsi en plein désert faisant la richesse de ces villages.

Le village de Misfat, oasis au milieu du désert omanais.
Le village de Misfat, grâce à l’irrigation des espèces tropicales prospèrent.

Le village est en pleine restauration et nombres de maisons deviendront des résidences touristiques dans un cadre calme et verdoyant.

Cela tranche avec les autres constructions que nous avons rencontrées durant notre périple. En effet, tout au long de notre voyage, nous verrons beaucoup de chantiers d’hôtels, de résidences touristiques assez imposantes et il s’en construit un peu partout.

Avant de repartir, nous nous arrêtons dans un petit restaurant local pour boire un thé en terrasse surplombant la palmeraie. Très agréable !

Le village de Misfat, des nombreuses maisons demeurent abandonnées mais beaucoup de restaurations
Le village de Misfat. Un café dans ce petit établissement qui propose restauration et hôtellerie. Beaucoup de restaurations pour accueillir de futurs visiteurs.

Le village d'Al Hamra.

Nous redescendons de Misfat et passons par le village d'Al Hamra.

Cet ancien village, l’un des plus anciens d’Oman, est situé au pied des monts Hajar et construit en briques de terre dans le style yéménite. Les bâtisses comportent deux à trois étages mais la majorité est en ruine, prête à s’effondrer. Dommage de perdre ce précieux patrimoine.

Mais il n’est pas dans la culture omanaise de restaurer les villages. Ils en construisent un nouveau un peu plus loin.

L'ancien village d'Al Hamra. Un patrimoine en disparition.
L'ancien village d'Al Hamra. Rare maison restaurée et habitée.
L'ancien village d'Al Hamra. Dédale de maisons abandonnées.
L'ancien village d'Al Hamra, beaucoup de construction sont en ruine.

Nous regagnons notre hôtel à Nizwa en fin d’après-midi.

Notre hôtel ne sert pas d’alcool dans son bar et nous décidons d’aller dans un autre un peu plus loin qui en sert.

La terrasse devant le bar est remplie de touristes occidentaux alors que dans le bar de nombreux omanais sirotent leur bière en costume traditionnel. Et oui ici, comme aux USA, il faut se cacher pour consommer un peu d’alcool !

Nous avons choisi un hôtel confortable car nous y restons quelques jours. C’est un hôtel moderne sans grand cachet avec restaurant, piscine, salle de musculation.

Le restaurant n’est pas génial, salle très ordinaire et bruyante, plats assez communs mais nous y verrons pas mal de locaux qui semblent apprécier cette ambiance occidentale.

Randonnée dans le Djebel Shams.

Au départ de Nizwa, nous allons dans le Djebel Shams pour une randonnée.

Le Djebel Shams est le point culminant du Sultanat d’Oman à 3009 m d’altitude. Il comporte un canyon, les gorges du Wadi Ghul, aux parois abruptes hautes par endroit de plus de 1000 m.

Au sommet sont installés des radars et donc interdit au public, c’est une zone militaire.

Randonnée dans le Djebel Shams. Départ du sentier.

C’est le sentier en balcon W6, qui va du village d’Al-Khateen à Sap Bani Khamis.

Nous effectuerons une très belle randonnée à flanc de falaise jusqu’au fond de ces gorges appelées le Grand Canyon d’Arabie.

En effet, le sentier longe des falaises vertigineuses et même s’il n’y a pas du tout de passages dangereux, il vaut mieux ne pas avoir le vertige. Mais on reste en sécurité sur ce beau sentier en balcon et la balade est très agréable jusqu’au village abandonné de Sap Bani Khamis.

Randonnée dans le Djebel Shams. Nous irons jusqu'au dessus de cette grande arche. Le sommet à 3009 m se situe au niveau des 2 petits points blancs (radars militaires).

Après cette belle randonnée, nous reprenons les pistes pour explorer ce massif montagneux et nous arrêterons pour un petit pique-nique en pleine nature.

Nous découvrirons quelques oasis avec des cultures maraîchères irriguées par un forage et sur le chemin du retour nous nous arrêterons pour voir l’ancien village de Ghul.

Nous essayerons de remonter le Wadi de Ghul mais la piste est vraiment impraticable pour notre petit 4X4 et nous renoncerons.

Nous rentrons à notre hôtel de Nizwa et retournerons boire une bonne bière fraîche avant le dîner.

L’ancien village de Ghul et les cultures maraîchères.

Le Djebel Akhdar.

Des pistes qui deviennent rapidement impraticables pour notre petit 4X4.

Au départ de Nizwa, nous partons explorer cette région montagneuse et désertique.

Ludo a planifié un itinéraire mais c’est parfois simple et clair sur une carte et beaucoup moins sur les routes et surtout les pistes que nous rencontrerons.

Nous empruntons une piste qui devient rapidement impraticable pour notre petit 4X4. Nous rebroussons chemin et repartons explorer d'autres pistes.

Nous nous dirigeons vers le Djebel Akhdar et passons un contrôle routier avant de gravir la route vers les sommets et hauts plateaux. Des militaires contrôlent notre véhicule pour être certains que nous avons bien quatre roues motrices et que le véhicule est pourvu d’un système de freinage autonome.

Nous saurons vite pourquoi car quelques centaines de mètres après le contrôle routier, la route commence à grimper de façon vertigineuse.

C’est une très belle route, toute neuve, pourvue de nombreuses voies de détresse pour ceux qui en descendent et on peut voir sur les parapets de grosses marques de véhicules qui l’ont percuté.

La route vertigineuse du Djebal Akhdar. Contrôle routier tout en bas.
Dans le Wadi Bani Habib, ce petit village abandonné. Dans le vallon en contre-bas, des cultures de noyers.

Le Dejebel Akhdar ou montagne verte, englobe à la fois la montagne elle-même et toutes les hautes terres situées à une altitude moyenne de  2000 m.

Nous commençons par visiter le Wadi Bani Habib sur le plateau inférieur. Belle balade au milieu des vergers de noyers et visite du village en ruine.

Nous repartons et grimpons sur le plateau supérieur, le plateau de Saiq où se situe la ville de Sayq et ses hôtels luxueux.

Un superbe point de vue nous permet de voir des cultures en terrasse, point fort du Sultanat d’Oman que d’arriver à cultiver en pleine zone désertique.

Le Djebel Akhdar à plus de 2000 m d'altitude. C'est un des vergers d'Oman.

 

Un cappuccino sur notre parcours puis nous repartons explorer cette splendide région.

Nous serons toujours bien accueillis en Oman, dans les restaurants, les bars, les hôtels. Ce fût une vraie surprise et un pur bonheur de rencontrer les omanais sur notre route.

 

Nous verrons beaucoup de vergers. A cette altitude, les températures sont plus clémentes et les cultures maraîchères et fruitières sont bien développées.

Après quelques beaux panoramas, nous redescendons et testons notre freinage assisté dans les pentes vertigineuses du retour.

Un cappuccino avant de reprendre la route.
Du haut du Djebel Akhdar, vue impressionnante sur la plaine en contre-bas.
Djebel Akhdar, la route vertigineuse du retour.

Arrivés dans la plaine, nous nous arrêtons à Birkat pour voir un ancien village abandonné comportant de nombreuses bâtisses de style yéménite.

Nous cheminons dans la palmeraie entourant ce vieux village et j’observe avec amusement les petits poissons qui essayent de remonter le courant dans les canaux aux eaux limpides.

Nous rentrons à notre hôtel à Nizwa.

Le village abandonné de Birkat au soleil couchant.
Village de Birkat. Un patrimoine en péril.

Sohar.

Aujourd’hui, nous remontons vers le nord-ouest pour la ville de Sohar. Là encore nous rencontrerons des difficultés sur notre itinéraire programmé car une des routes est coupée, en complète reconstruction.