La Namibie (2018)

Voyage en février 2018.

Jamais deux sans trois … (enfin pour moi !)

En juillet 2017, nous avons traversé le désert australien du sud au nord et une envie de désert nous est venue que nous avons concrétisée l’année suivante par ce voyage en Namibie mais aussi au Ladakh et Zanskar au mois de juillet et en Jordanie au mois d’octobre.

Et nous avons de nouveau contacté mon amie Mathilde pour avoir des renseignements sur les régions qui pourraient nous intéresser.

« Le Kaokoveld me répondit elle. »

« Kezako le Kaokoveld … »

Mais dans le Kaokoland bien sûr !!! Qui correspond à la partie nord-ouest de la Namibie, jusqu’à la frontière avec l’Angola.

Nous voici donc à préparer ce voyage ; enfin surtout Ludo, champion de la logistique et de l’organisation de nos voyages !

Arrivée à Windhoek, préparation de notre expédition.

Arrivée à Windhoek, installation dans notre hôtel fétiche, Londiningi Guest House, reçus par Nathalie.

Dîner en compagnie de Mathilde qui nous donne les derniers conseils pour la route, nous fournit une carte de la Namibie très détaillée.

Le lendemain nous prenons la route avec notre 4x4 équipé d’une tente repliable sur le toit, double réservoir de carburant (140 litres de gasoil pour environ 1 400 km d’autonomie), deux roues de secours, un compresseur, un jerrican de 25 litres d’eau, 9 litres d’eau en bouteilles, des vivres pour 4 jours, un GPS, une carte routière très détaillée (merci Mathilde) et un téléphone satellitaire.

Normalement, on craint dégun !!! (« Personne » en marseillais)

Notre campement à Spitzkoppe.

Grand départ pour le Kaokoveld, la Mareinfluss Valley.

Notre campement à Zebra Rest Camp.
Notre campement à Zebra Rest Camp.

Nous voilà enfin sortis de Windhoek après avoir tourné en rond une demi-heure …

...  et si on mettait en route le GPS !

Premier arrêt dans un camping près d’un village Himba que nous visiterons le lendemain matin avant de repartir.

Un peu gênés de voir ces femmes en représentation mais Mathilde nous expliquera qu’elles sont habituées car proche de la route et vivent en partie de leur artisanat. Bon …

Second jour de trajet jusqu’à Sesfontein, passage du col de Grootberg à 1 540 m puis redescente dans une plaine où nous verrons beaucoup de girafes, d’oryx.

Ça y est, nous sommes en Afrique.

A Sesfontein, nous irons au Zebra Rest Camp où il n’y a pas eu de touriste depuis trois mois. Mais tout est propre et bien tenu.

Une petite grenouille a élu domicile dans le réservoir de la chasse d’eau et plonge au fond quand on tire la chasse. Un peu de compagnie dans les toilettes … c’est mieux que les scorpions.

D’ailleurs cette année nous avons emporté des lampes torche UV pour les détecter la nuit, nous verrons bien.

Puros, Elephant Lodge.

Nous poursuivons notre route, dont l’objectif est le Kaokovled avec la Marienfluss Valley. La route est encore longue et Ludo a décidé de passer par le sud, la piste semble plus praticable même s’il y a plus de kilomètres à faire.

En chemin nous croisons des bergers qui déplacent leur troupeau vers d’autres pâturages. Ce sont des herero et la femme porte le costume traditionnel très coloré.

Nous avons atteint le désert avec du sable orangé et une très maigre végétation au milieu de laquelle on peut observer des cercles où rien ne pousse. Apparemment aucune explication pour comprendre ce phénomène, on pourrait penser aux ronds de sorcières que nous avons en Europe du au développement de certains champignons, mais ici avec l’aridité, la thèse des champignons est moins plausible.

Elephant Lodge à Puros.
Elephant Lodge à Puros.

Nous arrivons à Puros et traversons le village pour aller nous rafraîchir à l’Elephant Lodge.

Très bel hôtel avec une vue magnifique sur le désert et les montagnes, une architecture et ameublement très design. Bref on aurait volontiers troqué notre tente sur le toit du 4x4 pour une nuit dans ce lodge, les tarifs eux aussi étaient design …

Mais l’accueil est très chaleureux et la bière pour l’apéro bien fraîche. Un moment de repos bien mérité pour Ludo qui a conduit des heures durant. Nous en profitons pour consulter les cartes et vérifier notre itinéraire.

Marble Rest Camp et "The House on the Hill" Lodge.

Une des sculptures de Trevor Nott à Marble Rest Camp et son lodge The House on the Hill.
Une des sculptures de Trevor Nott à Marble Rest Camp et son lodge The House on the Hill.

Après notre repas, pris assis sur le coffre arrière du 4x4, nous poursuivons jusqu’à Orupembe puis Onjuwa pour nous installer à Marble Camp Site.

Il y a une ancienne exploitation de marbre et quelques gros blocs sont disséminés le long de la route. Trop loin, perdu dans le nord du pays, cette exploitation n’a jamais été rentable et donc abandonnée.

Après notre installation, nous grimpons sur la colline de marbre pour un joli point de vue au soleil couchant.

Au passage, j’observe des jolis arbres et plantes endémiques de la Namibie.

En grimpant sur cette colline, nous passons par « The house on the Hill », un lodge créé par un artiste, Trevor Nott.

Il a disséminé plusieurs sculptures en plein désert représentant un personnage formé de pierres et fil de fer dans une position unique pour chacune d’elles. Il n’y a jamais d’indication sur leur emplacement, et nous en découvrirons quelques-unes au hasard de notre route.

Ce lodge, très design, en présente quelques-unes.

Le lendemain, nous appréhendons cette nouvelle étape qui nous fait passer par une piste réputée difficile.

La piste grimpe dès Marble Camp Site, la végétation est un peu plus dense car nous sommes en altitude.

Un arbre en fleur sur le bord de la route nous surprend, il est de la même famille que celle des lauriers roses ou du frangipanier, celle des Apocynacée, ne sent rien mais est très beau.

Nous n’aurons pas à attendre bien longtemps pour découvrir la piste difficile.

Elle est tracée dans un schiste aux strates verticales et présente beaucoup de blocs et ornières difficiles à franchir. Mais ce n’est pas très long, Ludo avance lentement et je le guide en marchant devant la voiture.

Bidon Rouge sur la piste pour Marienfluss.
Bidon Rouge sur la piste pour Marienfluss.

Puis nous finissons par redescendre l’autre versant qui donne dans la Marienfluss Valley.

Nous nous trompons de piste malgré notre GPS mais arrivons finalement au « Bidon Rouge » que nous avait indiqué Mathilde. Nous sommes sur la bonne piste !

Nous rencontrons quelques Himba sur notre passage et je serais impressionné par le nombre élevé de bêtes de leurs troupeaux. Vu la maigre végétation, je me demande ce que ces bêtes peuvent bien brouter, mais elles ne sont pas faméliques et les Himba en vivent.

La Mareinfluss Valley.

Vortex sur la piste dans la Mareinfluss valley.
Vortex sur la piste dans la Mareinfluss valley.

Nous atteignons le panneau indiquant l’entrée de la Marienfluss Valley, soulagement, nous y sommes arrivés sans encombre, comme des pros !

Maigre végétation sur un sol de sable orangé, les paysages sont de toute beauté avec au loin des montagnes arides.

La plaine est parsemée d’arbres qui suivent le cours de la nappe phréatiques alors que de part et d’autre il n’y en a aucun.

 

Et soudain un vortex de poussière se forme puis se déplace devant nous. Il n’y a aucun bruit, pas un souffle de vent et c’est la chaleur du sable en surface qui provoque ce phénomène.

C’est vrai qu’il fait chaud, nous ne mettons pas la clim pour économiser le carburant mais il fait environ 40°C.

J’aurais le temps de faire quelques photos et une vidéo. Ce vortex traversera la route avant de mourir sur le côté toujours dans le silence. Impressionnant !

 

Nous irons jusqu’à la frontière de la Namibie et de l’Angola concrétisée, à ce niveau, par la rivière Kunene. Contraste marqué de cette rivière aux eaux troubles, boueuses coulant en plein désert aride.

Un lodge est établi à ce niveau mais nous n’aurons pas le loisir d’aller y boire une bonne bière fraîche.

Des touristes sont sur le point d’arriver (en avion bien sûr), nous dira le vigile à l’entrée, et nous rebrousserons chemin pour boire une bière fraîche de notre frigo en contemplant le désert et les montagnes au coucher de soleil. Sûr que nous ne débarquons pas en plein désert habillés en Dior ou Chanel.

Nous irons au camping communautaire Himba plutôt que le camping privé.

Nous y rencontrerons tout un groupe de français se déplaçant en 4x4 (une douzaine) qui eux sont venus dans la Marienfluss par la route du nord et nous ont raconté la galère de cette piste vraiment très difficile.

Le choix de Ludo était très judicieux même si la route plus longue.

Soirée camping puis nous reprenons la route le lendemain pour explorer la Marienfluss Valley. Ludo a glané quelques bons tuyaux pour explorer la région en discutant avec le groupe de français que nous expérimenterons le jour même. Nous prenons notre temps voir admirer le paysage qui nous entoure.

Je vais casser quelques roches et cailloux pour recueillir du mica noir et observer la géologie qui est très intéressante en Namibie.

Du mica noir dans la Marienfluss valley.
Du mica noir dans la Marienfluss valley.

"Bidon Bleu" "Bidon Orange", piste pour la Hartman Valley.

Nous souhaiterions aller voir la vallée d’Hartman, qui est parallèle à celle de Marienfluss.

Nous aurions pu y aller par le nord de Marienfluss, mais nous ne connaissons pas l’état de la piste et surtout on ne peut pas y passer la nuit, c’est interdit.

Nous passons donc par le sud et remonterons un peu cette vallée sans pour autant aller jusqu’au bout.

Il aurait fallu prévoir cette excursion en campant au début de la piste mais il n’y a pas de terrain. Il y a un hôtel tout au bout de la vallée, un lodge dont on ne connaît pas les tarifs et de plus nous sommes un peu juste en gasoil.

Bidon Orange entre la Marienfluss valley et Hartman valley.
Bidon Orange entre la Marienfluss valley et Hartman valley.

Grâce au GPS, on trouve la bonne piste et on arrive au « Bidon Bleu », puis on poursuit dans la vallée qui est toute aussi somptueuse que la Marienfluss.

Du sable orange formant des dunes sur fond de collines rouges et quelques autruches qui fuient devant nous.

On continu jusqu’au « Bidon Orange » nous sommes sur la bonne piste.

Dans les pierres placées sur ce bidon, je découvre un carnet dans un étui de cuir et y laisse quelques mots à la suite de ceux laissés par les autres avant moi. Peu de passage, c’est une piste assez confidentielle dont nous sommes assez fiers.

C’est là qu’un véhicule arrive dans notre direction, c’est un namibien, qui connaît parfaitement le pays, donnera quelques conseils de route à Ludo. Les lieux à voir, la difficulté des pistes …

Nous n’aurions pas dû venir jusqu’ici car le paysage est trop beau et nous regrettons de ne pas pouvoir poursuivre. Une autre fois, sniff !!!

Retour à Puros et à l'Elephant Lodge.

La piste devient bien compliquée, nous cherchons un itinéraire mal répertorié sur la base de données du GPS et on finit par rebrousser chemin et prendre la route directe vers Orupembe puis Puros.

Retour à Elephant Lodge pour boire une bière mais le lodge est déserté, personne, tout est resté ouvert, la boutique, le bar, mais pas âme qui vive.

Nous prenons donc notre bière, comme l’habitude, sur le coffre arrière du 4x4 en admirant le paysage au coucher de soleil. Puis allons dans le camping tenu par un Himba.

Le lendemain Ludo me tire de la tente pour voir tout un troupeau de girafes qui déambulent dans le lit de la rivière en bordure du camping.

Revue de notre itinéraire autour d'une bière à Elephant lodge.
Revue de notre itinéraire autour d'une bière à Elephant lodge.

Vision fantastique de ces animaux à la démarche ample et chaloupée qui se suivent à la queue leu leu.

Le patron du camping nous propose un petit safari dans le lit de la rivière à la recherche d’éléphants.

Nous partons donc avec notre 4x4 et remontons loin dans le lit de la rivière mais aucun éléphant à l’horizon. En montant sur une colline, nous aurons une très belle vue sur tout ce qui nous entoure mais pas le moindre éléphant à l’horizon.

Superbe vue à Elephant lodge.
Superbe vue à Elephant lodge.

Nous remercions notre guide, déjeunons et prenons la route pour le canyon de Puros.

Ici la rivière ressort du sable pour couler doucement dans les méandres du canyon.

L’eau est limpide mais beaucoup d’algues indiquent que la rivière est polluée, dommage.

Nous verrons des babouins, de grosses bouses d’éléphants mais rien de transcendant.

Retour à Eléphant Lodge pour une bonne bière en fin d’après-midi. Cette fois toute l’équipe est présente et nous sommes très bien accueillis. Petit tour dans Puros parmi les petites maisons, les habitants nous interpellent par de grands signes mais les échanges sont difficiles, compliqués.

Camping à Palmwag, réveil avec les girafes.

Cette fois nous prenons une nouvelle piste, bien indiquée sur notre GPS, en direction de Sesfontein puis Palmwag.

Nous n’avons fait que quelques kilomètres depuis Puros quand nous crevons.

Première crevaison depuis que nous faisons du 4x4 ! Le plus difficile sera de desserrer les boulons. Mais à grands coups de pierre sur la croix, nous en viendrons à bout.

Nous ferons réparer notre roue à Sesfontein, réparation bien difficile car le matériel du réparateur est vieillissant et en plus d’une déchirure sur le flanc du pneu, il y a un trou dans le chemin de roulement qu’ils ont beaucoup de mal à colmater.

Deux heures plus tard nous repartons avec une roue bien gonflée et arrivons à Palmwag.

Installation dans un tout petit camping désert, apéro en admirant un coucher de soleil agrémenté d’un arc-en-ciel.

Nuit paisible, le propriétaire nous a dit que les branchages, tout autour du campement, nous protégeraient des girafes …

Il revient au matin pour allumer du feu et faire de l’eau chaude pour la douche et nous indique un troupeau de girafes un peu plus loin que nous nous empressons d’aller photographier.

Le lendemain nous reprenons la piste pour le sud.

A Palmwag, du feu pour l'eau chaude de la douche.
A Palmwag, du feu pour l'eau chaude de la douche.

Ludo a trouvé une piste qui doit nous mener jusqu’à un camping vraiment isolé.

Toujours de magnifiques paysages, nous filons vers Burn Montain pour y voir des orgues basaltiques, signe d’un volcanisme datant de quelques millions d’années.

On effectue un détour vers un petit village pour acheter quelques vivres et de la bière !

Piste difficile pour Rhino Camp Site.

Les strates de schiste à la verticale en se dirigeant vers Divorce Pass.
Les strates de schiste à la verticale en se dirigeant vers Divorce Pass.

On reprend la piste, rencontre avec un troupeau de zèbres.

Puis la piste monte sur un relief accidenté comparable à celui de Marble Camp Site. Du schiste à la verticale !

Notre progression est lente et précautionneuse et nous passerons le « divorce pass » sans nous engueuler !

A la fin de ce parcours tortueux, je serai obligé de casser une pierre, qui menaçait de trancher le flanc d’un pneu, à grands coups de marteau de géologue.

Nous arrivons en vue d’un petit canyon où la rivière est à sec. Très beau paysage qui tranche de l’agressivité de ces montagnes tranchantes avec la douceur du sable clair au fond de ce canyon.

Mais la piste se révèle difficile à cause du sable dans lequel nous ne voulons pas nous arrêter de peur de nous ensabler et de ne plus pouvoir repartir.

Une rencontre stupéfiante ... avec des éléphants du désert !

Aïe Aïe Aïe  !!! des élphants et leurs bébés !!! ça craint ...
Aïe Aïe Aïe !!! des élphants et leurs bébés !!! ça craint ...

Ludo, très concentré sur la conduite, ne remarque pas les grosses bouses d’éléphants ni les trous d’eau qui jalonnent la rivière, mais moi oui !

Et en plein milieu de ce canyon, nous tombons nez à nez avec un troupeau d’éléphants.

Je remarque instantanément la présence de petits, dont un bébé, au milieu d’une quinzaine d’éléphants et crie à Ludo de remonter toutes les vitres et d’arrêter le moteur.

Ludo stoppe le véhicule.

Les éléphants ne sont plus qu’à une dizaine de mètres de nous et je me fige dans mon siège, très inquiet de la suite, les yeux dissimulés derrière mes solaires.

Ludo passe précipitamment à l’arrière et se terre derrière les sièges.

Les éléphants passent, nonchalamment, de part et d’autre de la voiture, sans un bruit, en silence et surtout sans signe d’agressivité à notre égard.

Le dernier de la troupe marquera une pause pour pencher la tête et regarder l’intérieur de la voiture. Nous ne bougeons même pas un cil !

Ouf, ils passent leur chemin ...
Ouf, ils passent leur chemin ...

Quand ils sont tous passés, nous finirons par tourner lentement la tête vers l’arrière et nous les verrons progresser, tout aussi lentement, vers l’entrée du canyon.

Une fois assez loin, nous sortons faire quelques photos et la tension retombe.

Puis on rit de notre frousse, mais nous avons eu les bons réflexes car un éléphant n’oublie jamais rien et s’il a eu quelques problèmes avec des humains, par le passé, il risque de nous le faire payer.

C’était donc des éléphants forts sympathiques … mais de loin ! Nous garderons longtemps en mémoire ces images de cette rencontre insolite.

Rhino Camp Site. Vous campez à vos risques et périls !

Nous sortons enfin de ce canyon et arrivons à Rhino Camp Site, petit camping isolé.

Le propriétaire nous accueille chaleureusement et nous indique un emplacement avec un petit arbre qui ne devrait pas attirer les éléphants !

Un comble, on vient de croiser tout un troupeau mais il y en a quantité dans les parages nous dit-il.

L’emplacement en face du notre a été saccagé, il y a deux jours, par quelques éléphants mal léchés à la recherche d’eau.

D’ailleurs la douche est entourée d’un petit muret en pierre pour dissuader les éléphants.

La douche entourée d'un muret de pierres pour éviter la destruction par les éléphants à Rhino Camp Site.
La douche entourée d'un muret de pierres pour éviter la destruction par les éléphants à Rhino Camp Site.
Il y a des lions et des éléphants, on campe à nos risques et périls à Rhino Camp Site.
Il y a des lions et des éléphants, on campe à nos risques et périls à Rhino Camp Site.

Des panneaux indiquent la présence d’éléphants (on savait déjà, merci !) mais aussi de lions et que nous campons ici à nos risque et périls !

Bon, on va se boire une bonne bière fraîche pour ce coucher de soleil plein d’émotions avant de réfléchir à la tactique à adopter.

Il nous conseille de nous réfugier dans la voiture si l’un d’entre eux vient se frotter à notre tente ! Mais la tente est sur le toit du véhicule !!!

Ludo ira dormir sur la banquette arrière et moi, résigné, dans la tente où j’entendrais toute la nuit les bruits très graves, presque des infrasons.

Au réveil, on distingue un gros mâle qui s’est attaqué à un arbre qu’il a presque entièrement dévoré, mais ne semble pas s’intéresser à notre présence. C’est lui que j’aurais entendu toute la nuit.

Au moment de partir, nous donnons tous nos vivres au propriétaire du camping qui semble être dans le besoin et est très éloigné du premier village.

Après le petit déjeuner, nous reprenons notre route. Tortueuse au début puis une grande, large et belle piste qui dessert une mine juste à côté du camping.

Nous filons bon train mais il nous faut faire du gasoil et acheter des vivres et faisons un détour par Uis, petite bourgade qui vit de la mine.

Piste vers Mussum Crater.

Welwitschia mirabilis.
Welwitschia mirabilis.

Depuis Burn Montain, nous voyons une plante très particulière : La Welwitschia mirabilis, plante fossile qui n’a pas évolué depuis des millions d’années.

C’est une plante que nous verrons en abondance dans certaines parties du désert et absente dans d’autres.

Pique-nique à Messum Crater.
Pique-nique à Messum Crater.

Puis direction Messum Crater en passant à côté du massif du Brandberg.

Messum Crater est une très ancienne caldeira, vestige de l’activité volcanique d’il y a quelques millions d’années, quand le continent africain s’est séparé du continent sud-américain.

Honnêtement il faut savoir que c’est une caldeira, elle est immense, et nous nous en rendons compte en grimpant sur une petite colline d’où la vue embrasse toute cette immensité.

Nous prenons, bien sûr, les tonnes de photos et admirons ce paysage à couper le souffle. Mais que c’est beau !

Et nous sommes seuls à admirer ce paysage, pas une voiture, pas un touriste en vue depuis des jours.

Messum Crater nous appartient pour quelques instants.

 

Après tant d’émotions, nous redescendons déjeuner de quelques sandwichs, comme à notre habitude, agrémentés d’une bonne bière fraîche (qu’est-ce qu’il fonctionne bien ce frigo !)

Nous repartons cette fois en direction de la côte.

Sur la piste, un panneau nous indique la présence de lichens protégés.

Le vent de l’océan transporte beaucoup d’humidité qui se dépose et profite aux plantes et animaux du désert.

Le lichen prolifère dans cette région proche de l’océan mais n’ayant pas de racines, il est très fragile. Mais cette humidité ne se condense jamais en nuage de pluie en bord de côte ce qui explique la présence du désert inhospitalier.

Cap Cross, réserve d'Otaries à fourrures du Cap.

On ne peut pas dire que la côte soit vraiment accueillante, l’océan est glacée, et c’est surtout le paradis des pêcheurs car ces eaux froides, riches en nutriments, sont très poissonneuses.

La petite ville de Cap Cross est une station balnéaire … des contrées australes.

Pas de matelas ni de serviettes sur la plage, pas plus que de touristes en mal de soleil et de chaleur.

Des enfants jouent en pull et les adultes se promènent bien couverts.

Camping à Cap cross.
Camping à Cap cross.

Nous irons dans un camping bien abrité du vent et dormirons bien couvert après un bon repas à l’hôtel du coin où j’ai dégusté des huîtres et un bon dessert !

Odeur .... comment dire, prenante !
Odeur .... comment dire, prenante !

Le lendemain nous allons voire la colonie d’otaries à fourrure de Cap Cross.

Elles sont environs 100 000 sur ce bout de plage et ont tout envahi, le parking, les pontons, le view-point, les abris pique-niques.

Elles sont partout et même les yeux fermés, on détecte aisément leur présence rien qu’à l’odeur. Il faut dire que plus de 100 000 bestioles qui font leurs besoins sur la plage, ça ne passe pas inaperçu !

Les femelles viennent mettre bas, et les petits sont vraiment trop mignons, peu farouches, à condition de respecter un peu de distance.

Les adultes le sont moins et fuient dès qu’on s’approche. Il y en a des centaines dans l’océan, qui partent pêcher, qui reviennent, un balai incessant

En route pour Spitzkoppe.

Un énorme dike en plein désert.
Un énorme dike en plein désert.

Route, toujours en bord de mer, jusqu’à Henties bay, autre station balnéaire.

Puis on remonte, vers l’est, dans les terres, pour Spitzkoppe.

Le long de la route de nombreux dykes parallèles attestent de l’activité volcanique ancestrale de ces contrées australes.

Les dikes sont des remontées de lave suivant des fractures dans le sol. Le basalte, étant plus dur et résistant que la roche sédimentaire qui les entoure, s’érode moins vite et forme de longues crêtes parallèles qui dépassent dans la plaine sableuse. C’est un vestige de la séparation des continents et date de plusieurs millions d’années.

Spitzkoppe, gros massif granitique, est une autre curiosité de la Namibie.

Nous nous installons au camping qui est immense, nous ne sommes vraiment pas les uns sur les autres.

Une fois installés, nous partons à la découverte des blocs et collines de granit.

La grande arche et les autres petites et grandes formations érodées par le vent. Les contrastes thermiques, la pluie, le vent  leur donnent ces formes arrondies.

Certains blocs énormes sont juste posés les uns sur les autres dans un équilibre qui semble précaire.

Sur les collines de Spitzkoppe.
Sur les collines de Spitzkoppe.

J’essaie de gravir une petite colline pour avoir un joli point de vue sur le désert environnent, mais le dédale de rochers me barre le passage et je ne monte pas très haut. J’ai tout de même un beau panorama devant moi.

Retour au campement pour un énième coucher de soleil somptueux.

A la recherche du rayon vert à Spitzkoppe.
A la recherche du rayon vert à Spitzkoppe.

Le lendemain, nous sortons du camp pour visiter la région.

Ludo veut m’emmener voire des grottes, mais c’est fermé. Nous verrons des suricates comme lors du second voyage.

Les orages ont fait reverdir et fleurir le désert dans cette région et le contraste est saisissement par rapport aux contrées que nous avons traversées.

Mais rien de vraiment fantastique dans cette région, nous revenons en passant par la petite ville d’Usakos et rentrons à Spitzkoppe.

De nouveau un superbe coucher de soleil et je pense avoir vu le rayon vert, le dernier rayon du soleil avant qu’il ne disparaisse derrière l’horizon.

Mais c’est tellement bref et furtif que je n’ai pas pu le photographier et finalement j’ai des doutes sur sa réelle existence (j’ai lu adolescent le roman de jules Verne du même nom).

Coucher de soleil sur Spitzkoppe.
Coucher de soleil sur Spitzkoppe.

Retour à Windhoek.

Nous repartons, le lendemain, sur Windhoek par une piste qui n’existe pas dans la base de données de notre GPS.

On la retrouve sur la carte fournie par Mathilde et cet itinéraire s’avère un peu compliqué et surtout très long.

Mais nous passons par de hauts plateaux, à plus de 2 000 m d’altitude et la piste est de très bonne qualité.

Les paysages sont totalement différents, verdoyants, avec des vaches presque aussi grosses que nos normandes. Certaines prairies sont recouvertes de fleurs. Le paysage est vallonné, très doux.

 

Nous arrivons à Windhoek par les faubourgs où une concentration de bidonvilles nous ramène à la triste réalité de la misère dans ce pays.

Nous donnons le reste de nos provisions à une fillette qui nous regardait passer, et sa mère nous remercie par un large sourire.

Dîner chez les parents de Mathilde qui sont installés en Namibie depuis de très nombreuses années.

Accueil chaleureux et discussions jusqu’à tard dans la soirée.

Nous sommes vraiment très heureux d’avoir fait leur connaissance et d’avoir écouté le récit de leur vie en Afrique, partis de Belgique dans les années 90.

De grands aventuriers, admiration !

Famille de Mathilde.
Famille de Mathilde.

Ainsi s’achève ce fabuleux voyage en Namibie, deux semaines riches en beauté, aventures, émotions.

Encore quelques milliers de photos à trier. Et l’idée qu’on n’en restera pas là avec ce pays, qu’il faudra bien y retourner un jour, il y a tellement encore à découvrir, à explorer !!!

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